Jour 88 à Jour 94: L’envoûtante Ile de Pâques

Lorsque je me réveille aujourd’hui, mon premier réflexe est d’aller voir ma boite mail afin de voir si je n’ai pas reçu une mauvaise nouvelle de la Lan. C’est effectivement le cas ! Notre vol prévu à 10h30 est repoussé de trois heures … Je me lève malgré tout afin d’aller prévenir Adolfo (le propriétaire de la guesthouse) que notre départ est retardé car c’est lui notre chauffeur pour l’aéroport. Il propose en effet de nous y conduire pour un tarif légèrement plus bas que celui demandé par les chauffeurs de taxi de la ville. C’est en fait illégal mais outre sa gentillesse, nous avons aussi le confort d’un chauffeur prêt à partir lorsque nous le souhaitons. Départ reporté donc en fin de matinée. Lorsqu’il est temps, nous montons à bord de son van et nous effectuons la petite demi-heure de trajet qui nous sépare de l’aéroport.

Arrivé sur place, nous nous rendons directement aux guichets de la Lan afin d’enregistrer nos bagages. J’avais déjà réalisé le check-in 48h auparavant sur le net (pile quand il ouvrait !) et j’avais eu la mauvaise surprise de constater que la quasi totalité des sièges étaient déjà réservés par des agences ! Nous n’avions dès lors normalement pas de sièges côte à côte mais après avoir demandé à l’hôtesse, celle-ci nous trouve deux sièges séparés par un couloir … C’est déjà mieux que rien mais il est râlant de constater qu’encore une fois, le voyageur individuel est grugé par les agences de voyage ! Il ne nous reste plus ensuite qu’à attendre patiemment notre vol dans un aéroport relativement petit (compte tenu que nous sommes dans une capitale) et à embarquer dans un avion super moderne ! Les sièges sont confortables et chacun à son écran tactile avec une multitude de films, séries et jeux. Je constate avec plaisir que j’arrive maintenant à suivre un film en espagnol grâce aux sous-titres ! De plus, la nourriture – même si elle est en faible quantité – est très bonne et le whisky est offert à la fin du repas !

Bref, les 5h30 de vol jusque Hanga Roa se déroulent sans souci et il 17h -heure locale – quand nous atterrissons sur le minuscule aéroport de l’Ile de Pâques. Il est effectivement minuscule mais il possède une des pistes les plus longues du monde car elle est prévue pour faire atterrir une fusée dessus en cas de problème ! Assez étonnant tout de même pour cette minuscule île de 173 km² et considérée comme la plus éloignée de tout autre lieu habité dans le monde: à près de 3800 kilomètres du Chili et près de 4100 kilomètres de Tahiti et la Polynésie ! Il n’y a aucun contrôle ici car le vol que nous venons de prendre est un vol national (l’île appartenant au Chili, n’en déplaisent aux natifs) mais l’attente pour récupérer les bagages est interminable ! Pourtant, on ne peut pas dire qu’ils soient débordés de boulot, il n’y a en tout et pour tout qu’un vol qui arrive et qui part par jour en direction de la capitale. Rajoutez à cela deux vols par semaines en direction de la Polynésie « voisine » et vous aurez toute la charge de travail du personnel de cet endroit. Mais comme nous allons le constater, nous sommes ici sur une véritable île du Pacifique, à la mentalité très cool ! Le stress, ils ne connaissent pas …

Pendant que j’attends péniblement nos sacs à dos, mon épouse part à la recherche de Martin, le propriétaire d’une guesthouse recommandée par d’autres voyageurs. Il est censé être reconnaissable car nettement plus grand que les autres mais aucun des loueurs de chambres présent à l’aéroport ne correspond à cette description. Elle tente alors de demander de l’aide à un de ces loueurs et je m’attends à un refus. C’est tout le contraire qui se passe ! Martin est apparemment connu de tous et après avoir regardé autour de lui, nous apprend qu’il ne le voit nul part. D’après le loueur, il devrait arriver d’ici peu et il nous conseille d’attendre … De toute façon, je n’ai toujours pas les sacs donc nous n’avons pas trop le choix mais quand au bout d’une petite demi-heure nous les avons enfin récupérés, toujours pas de Martin. Nous demandons alors à deux ou trois personnes (tous des professionnels louant eux aussi des chambres) et ils se mettent tous en quête de le trouver. L’un d’entre eux n’hésite même pas à essayer de lui téléphoner … sans succès malheureusement. Ce dernier nous propose alors de venir voir ce qu’il a à proposé et mon épouse l’accompagne pour écouter son offre. Le prix est intéressant (25000$ la nuit après discussion pour une chambre avec salle de bain privée) mais moins que celui qu’on nous a vanté (17000$ pour le même type de chambre). Nous le remercions et décidons de partir en taxi jusque chez Martin car on nous apprend qu’en fait, il est occupé avec sa fonction de guide aujourd’hui et qu’il ne viendra donc pas. Malheureusement, aucun taxi n’est présent (forcément, tous les autres passagers qui n’étaient pas attendus par une agence de voyage sont déjà partis) et nous nous décidons à partir à pied, muni d’un plan fourni par l’un des loueurs. Alors que nous sortions du petit parking (forcément, pour un petit aéroport), un vieil homme nous fait signe de venir. Il nous dit de monter à bord de sa camionnette et qu’il va nous y emmener. N’ayant pas l’habitude des services gratuits en Amérique du Sud, je demande à plusieurs reprises à l’homme combien ça va nous coûter mais il me répond toujours avec un grand sourire sans dire un mot. Arrivé dans la bonne rue, il nous dépose dans l’allée d’une grande maison et nous annonce que c’est ici. C’est alors qu’il nous souhaite une bonne fin de journée et qu’il s’en va, sans rien nous demander en retour ! Décidemment, cette semaine sur l’île part sur de bonnes bases !

Nous nous engageons donc dans la petite allée et tombons sur une jeune femme qui nous annonce que ni Martin ni son épouse ne sont présent pour l’instant. Je lui demande si elle pense qu’il y a une chambre de libre et elle nous en montre une, donnant comme toutes les autres sur un patio. Après l’avoir visitée, je comprends en fait qu’elle n’a rien à voir avec ici (en fait si – je m’en apercevrai plus tard – mais j’ai un peu de mal avec son accent) et nous décidons d’attendre le propriétaire sous le patio. Propriétaire qui arrivera une grosse demi-heure plus tard et qui est assez surpris de trouver deux personnes chez lui qu’il ne connait pas. Il est effectivement assez grand, nettement plus que la majorité des chiliens, et très souriant. Il parle assez bien le français et nous propose de nous rasseoir le temps d’aller chercher son livre d’enregistrement. Avant de signer quoique ce soit, nous voulons nous entendre sur le prix car comme nous allons rester six nuits (contrairement à la majorité des voyageurs qui ne restent que de une à trois nuits) nous devons avoir une réduction. Quelle n’est pas notre surprise quand il nous annonce un prix de … 40000$ par personne et par nuit !!! Impossible de payer cela et puis surtout ça ne les vaut pas ! A notre tête, il comprend qu’il a tapé nettement trop haut et très vite nous arrivons à un accord: ça sera 14000$ par personne et par nuit avec accès à la cuisine mais sans le petit-déjeuner. C’est un peu plus cher que ce qui nous a été proposé à l’aéroport mais d’après les photos que mon épouse a vue, c’est aussi nettement mieux. Nous acceptons donc ce dernier prix tout en se demandant comment ceux qui nous ont conseillés ont obtenu un prix si bas (mystère pas encore résolu à ce jour, je dois les contacter). L’attitude de Martin change alors complètement … Comprenant que nous ne lui rapporterons que cela (nous refuserons aussi ses services de guide qu’il facture …300$ américain par jour et par personne !!!), son sourire disparaît et pour le reste du séjour, nous ne serons à peu près plus que des fantômes à ces yeux. A une exception près, ça sera le seul de l’île à être aussi distant avec nous ! Décidemment, il y a une relation assez malsaine avec les gens dès qu’il est question d’argent !

Nous décidons ensuite de ne pas traîner ici et de partir découvrir la ville d’Hanga Roa, la seule et unique de l’île. Avec moins de 4000 habitants, elle est malgré tout très étendue car ici chaque propriété a son propre – grand – jardin. Contrairement aux Galapagos, ici les bâtiments sont terminés et les rues sont propres. Il fait encore très chaud en cette fin d’après-midi et nous décidons de mettre le cap sur le petit port de la ville afin d’y prendre le frais et surtout de voir nos premiers moaïs ! Pour nous y rendre, nous devons passer devant l’unique église de l’île, pas spécialement belle mais posée dans un cadre verdoyant. Ensuite, il nous faut descendre l’allée « commerçante » durant une petite dizaine de minutes pour enfin arriver face à l’océan et ses statues si mythique !

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Pour l’histoire, ces statues appelées moaïs ont commencés à être construites vers l’an 800 pour s’arrêter vers 1680. Elles pèsent plusieurs tonnes (la plus grande pesant approximativement 180 tonnes !) et représentent systématiquement un personnage qui dans la quasi-totalité des cas (à une ou l’autre exception près) tournent le dos à la mer sans qu’on ne sache trop pourquoi. Des fois porteuses d’un chapeau (appelé pukau) de couleur rouge, elles étaient en plus avant « équipées » d’yeux en corail et obsidienne qui n’étaient ajoutés que lorsque le moaï était en place sur son ahu (la plate-forme sur laquelle ils se trouvent). Et c’est bien là que réside tout le mystère de cette île ! Ces moaïs ont été taillés (dans 95% des cas) à la carrière de Rano Raraku, distante parfois de 20 kilomètres ! Comment peut-on imaginer qu’ils aient réussi à déplacer ces énormes statues sur d’aussi grandes distances ? Les plus pragmatiques rappellent que les égyptiens notamment ont bien construits les pyramides bien avant cela et qu’il suffit d’un peu d’imagination, de beaucoup de volonté et d’un temps infini pour y arriver. Les plus fous pensent que les extraterrestres sont venus sur cette île et ont aidé à leur mise en place ! Se pose aussi la question de comment cette île s’est retrouvée peuplée il y a de cela 1500 ans. De nouveau, les scientifiques penchent pour un peuplement depuis les îles Marquises (en Polynésie) ou depuis l’Amérique du Sud (un norvégien réalisera même l’expérience de fabriquer un radeau avec des matériaux de l’époque et s’élancera du Pérou accompagné d’une équipe pour accoster sur l’île de Pâques). Les plus originaux pensent qu’il s’agit d’un reste de l’Atlantide ou du moins de quelque chose y ressemblant. Bref, on ne sait en réalité pas grand chose sur cette île et c’est pour cela qu’elle est aussi intéressante !

Même si celle que nous voyons en premier lieu – posée sur l’ahu Tautira – ne sera pas la plus belle ni la plus impressionnante de notre séjour, cela reste quand même un moment unique ! On les a tant vues en photo que nous avions très peur d’être déçu. C’est très loin d’être le cas ! Mesurant deux gros mètres de haut, elle  nous fait face en tournant le dos au minuscule port. Posée le long de la « route », elle n’est clairement pas mise en valeur mais je ne peux m’empêcher de la mitrailler à tout va et ce même si le soleil tombant nous fait un méchant contre-jour.

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Il y en a en réalité une autre à une dizaine de mètres mais celle-ci n’est en fait qu’une copie exposée là. Nous en profitons ensuite pour nous balader sur le minuscule quai ou s’aligne une dizaine de bateaux colorés d’une part et deux restaurants et deux boutiques de plongées d’autre part jusqu’à arriver au bord de l’océan.

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Les vagues ont l’air puissantes mais apparemment pas assez pour les quelques surfeurs que nous pouvons apercevoir à une cinquantaine de mètres de nous car aucun ne fera de tentatives d’en prendre une … Par curiosité, nous allons aussi voir les prix des restaurants derrière nous … Il est donc maintenant clair que nous allons nous faire à manger nous-mêmes systématiquement ! Entre 15 et 20000 le plat de viande, plus cher pour du poisson ! Au mieux, nous décidons de peut-être tenter l’expérience le dernier soir de notre présence ici mais pas avant, ça c’est sur !

Nous nous mettons en route ensuite vers le studio tattoo de Mokomae ou nous devons nous rendre le lendemain matin. Martin nous l’avait situé sur ma carte et comme c’est apparemment pas très loin, nous décidons de faire le petit détour … Sauf qu’à l’endroit indiqué, il n’y a rien et qu’il nous a déjà fallu marcher un bon moment ! Je demande alors à une dame dans son jardin qui m’apprend que c’est à deux rues d’ici et elle m’indique le chemin. Sauf qu’ici, deux rues ça prend vite quinze à vingt minutes de marche tant tout est étendu ! Sur le chemin, nous trouverons un petit magasin vendant de l’alcool et nous décidons de craquer pour une bouteille de rhum (étonnamment peu cher, 7000$ la bouteille de 70cl) qui nous servira pour nos apéros du soir. Finalement, nous trouvons le studio de Mokomae: c’est le seul des trois tatoueurs de l’île a être originaire d’ici et celui qui a la meilleure réputation auprès des autochtones (tous tatoués à peu près, jeune ou vieux, homme ou femme). Il est déjà fermé à cette heure mais au moins nous n’aurons pas à galéré demain matin pour y être à l’ouverture comme prévu avec lui dans notre échange de mail. Ensuite, il est temps de faire la longue route pour revenir à notre guesthouse, située à peu près à l’opposé de notre position pour s’y faire à manger (nous avons comme voisin la supérette la moins cher de l’île apparemment): pâtes aux chorizos ! Les courses juste pour ce repas nous auront coutées à peu près 10 euros … et en plus de cela, c’est à ce moment que nous comprenons que nous dérangeons un peu quand nous utilisons la cuisine. Tant pis pour eux, c’est compris dans notre accord et nous n’avons pas les moyens de faire autrement !

Après une nuit ou nous nous sommes fait dévorés par les moustiques (expérience assez inhabituelle pour moi mais ici, ils sont assez voraces !), nous décidons que notre premier achat serait un répulsif à la pharmacie du village. Fait assez étonnant, nous devrons constamment nous en tartiner lorsque nous serons à la guesthouse (de jour comme de nuit) alors que nous n’aurons jamais aucun problème sur le reste de l’île. Allez savoir pourquoi ? Après un rapide petit-déjeuner dans le patio (nous ne sommes pas vraiment les bienvenues dans la salle réservée au petit-déjeuner), nous nous mettons donc en route en direction du centre et donc de la pharmacie. Nous n’achetons que du répulsif car il nous restait encore de l’apaisant depuis notre passage en Equateur puis nous en profitons de passer devant des loueurs de véhicules pour leur demander les prix des scooters et des quads. En gros, il faut compter 25000$ pour un scooter et de 35000 à 45000 pour un quad, moins cher si on le loue plusieurs jours. A cela, il faut rajouter soit un dépôt de garantie en liquide (50000$) soit laisser son empreinte de carte de crédit. Vu les prix, nous nous dirigeons naturellement vers les scooters mais fait assez surprenant pour nous, il faut le permis moto pour pouvoir le louer ! Par contre, pour le quad, seul le permis voiture suffit … Drôle de logique, ces derniers étant nettement plus puissant mais c’est comme cela. C’est de toute façon ce que j’espérais louer mais pas aujourd’hui, un peu plus tard dans notre séjour. Il ne nous reste plus qu’à continuer la rue (atamu tekena) pour retrouver le petit studio de Mokomae.

Il est déjà occupé avec un client et il nous invite à feuilleter ses innombrables books de dessin. Nous nous installons tranquillement pour regarder tout cela, tout en ayant tous les deux une idée très précise de ce que nous voulons. Nous trouvons néanmoins des modèles qui nous plaisent bien et après lui avoir expliqués ce que nous voulions, il nous demande de revenir à 10h, la veille de notre départ ceci afin d’éviter le soleil et de ne pas nous bloquer si on veut nager (règles classiques post-tatouage). Il nous demande aussi d’éviter les coups de soleil, très fréquent ici car le soleil tape dur sinon il ne pourra rien pour nous. Nous discutons rapidement du prix et ne cherchons même pas à négocier, les artistes détestant cela: ça fera donc 40000$ pour mon épouse pour un tatouage sur le pied (7cm sur 3cm) et 100000$ pour moi et mon tatouage sur l’épaule et le bras (15 sur 15). Ca reste nettement moins cher qu’en Belgique et de toute façon, c’est celui que nous attendons le plus ! Afin d’éviter un plan foireux, nous lui proposons de lui verser un acompte mais il refuse catégoriquement, nous assurant qu’il n’y aura pas de problème. Bon, nous espérons aussi d’autant plus que pour être passé devant, les deux autres studios sont fermés (l’un jusqu’à la fin du mois, l’autre jusque fin mars !) et nous n’aurons donc pas d’autre alternative … En attendant que tout cela soit fait, il est déjà presque midi quand nous sommes de retour chez Martin et nous décidons de manger nos sandwichs avant de repartir.

Au programme de cette après-midi, une petite boucle qui doit d’abord nous emmener au nord du village avant de longer l’océan vers le sud du village en repassant par le port. En tout, trois sites de moaïs théoriquement à voir dont un déjà vu la veille (celui du port). Pour nous rendre au premier, nous devons tout d’abord trouver le cimetière de la ville. Posé au bord de l’océan et légèrement à l’écart des habitations, il est à l’image de l’île: coloré et occupé par un moaï (un faux d’accord mais un moaï quand même). De là, une piste en terre part en direction du nord jusqu’à trois ahu distant d’une vingtaine de mètres l’un de l’autre: le ahu Vai Uri, le ahu Tahai et le ahu Ko Te Riku.

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Le premier est aussi un des plus visités et il y a de quoi ! Sur cette plate-forme, ce n’est pas un moaï qui est présenté mais cinq, dans des états de conservation différents. Adossés à la mer, posés sur une grande pelouse, ils invitent à la contemplation. C’est d’ailleurs le cas ! Plusieurs couples sont ici, posés dans l’herbe sans faire de bruit, juste à admirer ce qu’ils ont sous les yeux. C’est ça le plus fou … Si on observe froidement, ce ne sont que des statues à moitié en ruines mais pour je ne sais quelle raison, on est hypnotisé par ce que l’on voit et on pourrait rester ici des heures à les regarder !

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Toujours sur la même pelouse, il y a donc aussi le ahu Tahai: seul et posé entre les deux autres ahus, il ressemble très fort à celui du port. Derrière lui, une rampe descend tranquillement vers l’océan mais c’est de loin le moins intéressant des trois ahus car à côté de lui se trouve le ahu Ko Te Riku. Outre le fait que c’est le premier moaï que nous voyons coiffé de son fameux pukau (c’est donc un chapeau ou la représentation d’un chignon – allez savoir – posé sur la tête sans qu’on ne comprenne non plus comment il est arrivé là !), c’est le seul moaï à avoir récupéré ses « yeux » sur l’île lorsque celui-ci a été restauré. Nous décidons donc de faire comme les autres et de nous poser dans l’herbe pendant quelques temps.

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Après ce moment très agréable, nous continuons notre promenade en direction de l’ahu Hanga Kio’e, posé un peu plus loin encore au nord. Le long du chemin se trouve toute une « salle de sport » en plein air avec toute une série d’appareils de musculation en assez bon état et tourné vers la mer. Nous essayons tour à tour tous les appareils proposés en prenant notre temps car nous sommes ici complètement seul. Nous voyons à deux cent mètres de là le ahu que nous souhaitons voir avec plus ou moins à mi-chemin, tout un groupe de chevaux. L’occasion est belle pour prendre la photo même si on ne peut pas dire que l’on soit gâté avec la météo aujourd’hui: il pleut par intermittence, heureusement de manière très brève et comme il fait très chaud malgré tout, on sèche tout de suite. Mais de gros nuages gris occupent le ciel, ce qui gâche un peu les photos … Néanmoins, nous finissons par arriver à l’ahu ou se dressent encore une fois un très beau moaï, solitaire. Comme à chaque fois, le charme opère et ils nous est difficile de nous arracher de là !

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Ensuite, le chemin continue mais ça sera pour le lendemain car il est encore assez long et nous n’avons plus le temps aujourd’hui. Nous faisons donc demi-tour jusqu’à retrouver le cimetière et de là, l’entrée de la ville. Nous longeons toujours l’océan jusqu’à arriver à une minuscule plage posée à côté de l’ahu O’rongo. Ici pas de moaï mais des statues très différentes et surtout beaucoup plus récentes. C’est en effet ici qu’à lieu le festival du Tapati ou des équipes concurrentes font un concours de sculpture sur pierre de lave. Le gagnant voit alors son travail exposé aux yeux de tous.

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Ce n’est pas vilain mais ça n’exerce pas la même fascination sur nous et si nous restons un petit peu ici, c’est pour profiter de l’ombre bienfaitrice des quelques palmiers plantés là. Il faut savoir en effet que les arbres sont assez rares sur l’île à cause de l’homme qui les a surexploités et forcément l’ombre est elle aussi devenue une denrée rare. Nous nous décidons finalement à quitter la plage (ou l’on peut se baigner grâce à la présence d’une petite digue en grosse pierre qui forme une petite piscine naturelle) pour continuer notre marche en direction du port tout proche puis d’un moaï que nous ne trouverons jamais (c’est en écrivant ce récit que je me rends compte qu’on aurait pu le chercher encore longtemps car il n’y en a en fait aucun dans ce coin là !). Nous tomberons néanmoins sur un panneau indicateur de distances pour apprendre que Marseille se trouve à … plus de 16000 kilomètres de là ! La vue est elle aussi jolie car on peut admirer Hanga Roa d’un peu plus loin.

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Cela fait maintenant plusieurs heures que nous sommes partis de notre guesthouse et nous nous retrouvons une fois de plus à l’opposé de celle-ci (encore plus loin que le tatoueur). Comme le temps ne s’arrange pas, nous décidons de retourner tout doucement vers notre chambre afin de prendre un apéro bien mérité. Au menu, encore des pâtes mais cette fois … avec des saucisses !

Ce matin, malgré la présence de quelques nuages, le temps est au beau fixe. C’est donc le moment idéal pour aller un peu randonner sur l’île. Au menu, un nouveau volcan: le Rano Kau situé sur la pointe sud de l’île. Et pour y accéder, il faut tout d’abord que l’on retraverse complètement le village et que l’on longe l’aéroport sur toute sa longueur puis sur toute sa largeur afin de trouver l’entrée du sentier. Et ben, vous savez quoi ? C’est vachement grand un aéroport ! De plus, il n’est peut-être que 9h du matin mais il fait déjà très chaud … Bref, le début de la marche n’est pas très intéressant mais il nous permet de rencontrer nos nouveaux compagnons: trois chiens nous attendent sur le bord de la route et alors que nous les dépassons, nous emboîtent le pas. Il ne nous lâcherons plus durant tout le temps de la marche et ce jusqu’à ce qu’on soit revenu à peu près au même endroit. Comportement déjà observé avec d’autres chiens durant ce séjour mais qui reste malgré tout étrange lorsque c’est aussi flagrant.

Bref, après avoir dépassé l’aéroport et encore avoir marché un petit bout de temps le long de cette route à sens unique qui permet de monter directement au sommet, nous trouvons sur le côté l’entrée du sentier, bien indiqué.

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Nous marchons quelques minutes dessus avant d’arriver sur le parking de la CONAF, l’administration qui gère les parcs nationaux chiliens. Comme toute l’île est considérée comme parc national, nous devons payer théoriquement un droit d’accès ou qu’on aille. D’ailleurs, on peut acheter ce pass directement à l’aéroport mais il ne l’impose pas. En réalité, le pass n’est vérifié que sur deux sites: l’ancien village d’Orongo – au sommet de ce cratère et ou nous comptons nous rendre maintenant – et la carrière Rano Raraku ou nous irons plus tard. Valable normalement pour une seule visite, il parait que les gardiens peuvent accepter de laisser rentrer les visiteurs qui prouveraient leur attachement à ces lieux. Je pense surtout que peu de personnes prennent le temps de revenir deux fois sur le même site vu la durée moyenne du séjour sur place mais bon … Il n’y a personne à notre arrivée au guichet si ce n’est l’employé de la CONAF. Nous lui demandons le prix (30000$ chiliens tout de même par personne) et par curiosité je lui demande combien c’est en dollar américain: 60$ US !!! Bref, ramené à l’euro, ça fait une différence de 15 à 20 euros ! En réalité, tout est payable en dollar américain sur l’île mais les taux sont très clairement en la défaveur du touriste. Il vaut mieux aller à la banque changer (il ne faut avoir que son passeport avec soi) pour obtenir un taux nettement plus intéressant (nous avons eu du 700$ pour un dollar américain). L’employé nous remet donc un minuscule ticket et un plan de l’île. Nous le saluons et nous mettons en route en direction du sentier.

Durant l’heure qui va suivre, nous allons grimper progressivement sur les pentes de ce volcan, sans autre difficulté que le soleil, de plus en plus accablant que le temps passe. Seul un très court moment ou nous traversons un minuscule bois nous apporte un peu de fraicheur mais même nos compagnons à quatre pattes ont l’air de souffrir. Si ce n’est un joggeur, nous ne croiserons personne à l’aller et seulement une dizaine de randonneurs en train de grimper quand nous redescendrons. En réalité, la plupart des gens visitent l’île en véhicule car ils n’ont pas le temps de faire autrement … Quoi qu’il en soit, il y a quand même un avantage à ce manque criant d’arbres: la vue derrière nous est complètement dégagée et l’on peut voir Hanga Roa dans son ensemble.

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Finalement, après une dernière ligne droite en plein cagnard, nous finissons par arriver au point de vue sur le fond du cratère de ce volcan vieux de 2.5 millions d’années. Et ce point de vue est tout simplement … incroyable ! Le cratère, large de 1600 mètres et profond de 200 est rempli par un nombre incroyable de petits lacs sur lequel flotte du totora (une sorte de jonc) et dans lesquels se reflètent le ciel. Un morceau de la paroi s’est effondré et a ouvert une vue grandiose sur l’océan qui se trouve juste derrière. Certes, le vent souffle assez fort ici mais il fait toujours très chaud et ce n’est donc pas un problème.

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Le site est vraiment très beau et nous prenons tout le temps qu’il nous faut pour l’admirer tout en entreprenant de suivre la crête du cratère afin de rejoindre le fameux village pour lequel nous avons payé en bas. Une route passe une dizaine de mètres en contrebas mais elle n’offre pas de point de vue sur le fond du cratère, nous empruntons donc le sentier des écoliers qui permet de traverser toute une végétation basse et sèche. Phénomène amusant car le vent se prend dans des sortes de clochettes (en réalité des fleurs mortes) qui émettent un son étrange ce qui intrigue également nos compagnons.

En à peine quinze minutes, nous arrivons à l’entrée du site, veillé par un visitor center. Nous nous rendons au guichet afin de faire tamponner nos tickets et recevoir un plan explicatif sur ce fameux village abandonné, perché au sommet d’un promontoire. C’est en fait une boucle de 20 minutes qui nous est proposée avec une dizaine de sites différents à observer.

Le village d’Orongo est en réalité un village cérémoniel, utilisé uniquement dans ces occasions là. C’est ici qu’était célébré le culte de l’homme-oiseau qui a pris de plus en plus d’importance que les moaïs eux en perdaient. En réalité, il y avait sur l’île plusieurs tribus et afin de choisir un chef spirituel, il fût décidé une sorte de « course ». Chaque tribu se choisissait un « champion » qui allait devoir nagé jusqu’aux trois petits îlots (appelé motu) qui se trouve à quelques centaines de mètres dans l’océan – en luttant contre les vagues, les courants et bien évidemment les requins – pour y trouver l’œuf d’un oiseau.

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L’attente pouvait alors durer plusieurs jours, voire même semaines, jusqu’à leur découverte. C’est alors que le champion doit se l’attacher sur le front et retraverser l’océan jusqu’à la falaise à escalader (300 mètres tout de même !) pour rejoindre son chef et lui offrir … Le gagnant sera le nouvel homme-oiseau jusqu’à l’année suivante. Comme la course ne se terminait pas en quelques heures, les représentants présents dormaient sur place dans des maisons de formes élliptiques et particulièrement basses. L’entrée est minuscule et sur un côté afin d’éviter qu’on ne puisse les attaquer et que le vent s’y engouffre le moins possible. Il y avait aussi la possibilité de voir quelques centaines de pétroglyphes mais le site est fermé pour l’instant sans savoir quand il réouvrira … si il le réouvre un jour ! Dommage mais ce qui l’est encore plus, c’est l’absence d’un moaï, volé par je ne sais plus qui et qui se trouve actuellement au British Museum à Londres …

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En gros, la visite est agréable et vaut le coup d’être faite. La vue sur l’océan est splendide et si l’on se retourne, on est face au cratère. Les maisons sont bien conservées, il est juste dommage de ne pouvoir y jeter un œil. Mais force est d’avouer que même en prenant son temps, on a fait le tour assez rapidement et nous sommes sur le parking à peine une demi-heure après notre arrivée …

Pour le chemin du retour, nous décidons d’essayer de redescendre en stop car la chaleur est insupportable. Nous décidons donc de marcher le long de la « route » mais les deux véhicules que nous croiserons jusqu’à notre retour à l’entrée du sentier ne s’arrêtent pas. Nous ne voulons pas la longer pendant encore une heure et nous finissons par redescendre jusqu’au bureau d’entrée par le chemin par lequel nous sommes venus. Rien de spécial si ce n’est une rencontre bruyante avec  un gang de vaches sur lesquelles se sont déchainées nos compagnons à quatre pattes. L’une d’entre elles tentera bien de les charger mais ils sont assez agiles que pour ne pas s’en inquiéter. Nous laissons tout ce petit monde s’exprimer bruyament et nous continuons notre chemin. Lorsque nous sommes de retour sur la route principale, nous tentons à nouveau notre chance mais rien ne marche et nous faisons finalement tout le trajet à pied jusqu’à notre hostel. Le reste de la journée sera tranquille, entre sieste et apéro !

Le lendemain, il fait toujours aussi beau et nous souhaitons à nouveau partir en promenade. Notre carte nous indique qu’il y a moyen de faire une boucle en longeant la côte ouest de l’île en direction du nord jusqu’à l’Ahu Tepeu puis de repiquer vers Hanga Roa en passant par les terres et un des ahu les plus célèbres de l’île, l’Ahu Akivi. Je demande la faisabilité de la chose à notre hôte qui me confirme qu’il est possible de le faire dans la journée. Malheureusement, nous nous y sommes pris un peu tard pour prendre une décision et n’avons pas pensé que nous étions aujourd’hui dimanche. Nous nous retrouvons donc à devoir attendre qu’il soit dix heures du matin pour pouvoir acheter quelque chose à manger pour notre repas du midi. C’est aussi l’heure à laquelle la messe se termine et qui se déroule juste en face d’une des rares épiceries ouvertes dans l’île ce jour-ci ce qui fait qu’à notre arrivée, il y a une file qui emplit tout le magasin … Nous perdons donc encore une demi-heure à être servi …

Il est donc 10h30 passé quand nous nous mettons enfin en route, une nouvelle fois en direction du cimetière puis des trois ahus déjà rencontrés il y a deux jours.

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Comme nous ne nous attardons pas, il ne nous faut pas vingt minutes pour rejoindre l’Ahu Hanga Kio’e (si si, j’en ai déjà parlé !) et le dépasser. Nous pourrions suivre le chemin bien tracé qui passe à quelques dizaines de mètres de nous mais nous préférons longer la falaise sur un terrain d’herbe et de grosses pierres.

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Certes, nous avançons moins vite mais ça nous permet d’avoir de magnifiques point de vue sur l’océan. J’aperçois un peu par hasard en me penchant au dessus du vide un jeune pêcheur pascuan en train de lancer sa ligne depuis les rochers en contrebas sur lesquels s’écrasent de grosses vagues.

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Drôle de méthode mais ça fonctionne car hasard ou véritable talent, au deuxième lancer il en ramène un beau. Est-ce pour le sport ou parce qu’il est déçu de la taille mais il le rejette aussitôt à la mer avant de recommencer à lancer son hameçon.

Nous cheminons ainsi pendant un moment mais il devient de plus en plus difficile de le faire, la faute à un terrain de plus en plus de plantes et de rochers. Comme le chemin ne se trouve qu’à une centaine de mètres, nous le rejoignons assez facilement et nous pouvons avancer un peu plus vite. Le soleil donne à ce moment-là tout ce qu’il a et comme midi est déjà passé, nous décidons de profiter de l’ombre bienfaitrice d’une dizaine d’arbres (ce sont d’ailleurs les seuls !!!) pour pique-niquer.

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Après nous être à nouveau tartiné de crême solaire, nous reprenons notre chemin sous un soleil infernal jusqu’à arriver au niveau de deux motu (les îlots, comme la veille) indiqué sur notre plan. Le chemin passe à cet endroit là assez loin de la falaise et nous décidons de nous rapprocher en traversant en ligne droite. Le premier randonneur que nous croisons et qui hésitait un peu plus loin nous emboîte alors le pas jusqu’à arriver au bord de la falaise. Les deux îlots (motu tautara) sont juste la devant nous et les vagues s’écrasent dessus sans s’arrêter.

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C’est joli mais nous souhaitons avancer sans trop traîner car il me semble qu’il nous reste encore une bonne distance à parcourir. Alors que nous nous dirigeons vers le chemin, des cris retentissent provenant de deux dames à une centaine de mètres de nous. Elles nous font de grands signes pour nous faire venir et nous obtempérons non sans que je râle un peu contre ce nouveau contretemps.

Et comme nous l’aurions regretté si nous avions ignoré leurs appels car nous n’aurions alors jamais trouvé l’entrée de l’Ana Kakenga que nous ne cherchions même pas. C’est en fait une grotte dont l’accès se fait par une minuscule entrée au niveau du sol et qui n’est pas très engageante.

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Elles nous demandent si nous avons une lampe de poche ou si nous voulons leur emprunter la leur. J’ai la mienne mais l’autre randonneur (un allemand d’une soixantaine d’années) n’en a pas et accepte avec plaisir. Je m’engage sur leurs conseils à reculons dans ce trou et sur quelques mètres, je ne peux me redresser. Lorsque le plafond se relève, j’appelle mon épouse qui vient me rejoindre malgré sa légère claustrophobie.

Afin de laisser un peu de place au troisième arrivant, je m’engage dans la caverne avec ma lampe de poche, outil indispensable dans ce noir absolu. J’éclaire le chemin pour mon épouse dès que j’ai avancé de quelques mètres pour qu’elle puisse me rejoindre jusqu’à arriver à un Y d’ou provient la lumière du jour.

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Nous choisissons une des deux voies qui nous amène très vite jusqu’au précipice. C’est en fait à une véritable fenêtre sur l’océan et le motu que nous sommes arrivés. C’est un endroit vraiment incroyable que nous avons failli rater là !

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La deuxième voie ramène elle aussi au précipice mais on ne voit plus le motu, elle est donc légèrement moins intéressante. Nous finissons par remonter jusqu’à l’air libre ou nous rejoignons les deux dames chiliennes. Elles nous demandent si tout va bien et si nous avons apprécié et nous ne pouvons que les remercier ! En discutant un peu avec elles, elles nous apprennent que nous sommes encore loin d’être rentré à Hanga Roa si nous voulons accomplir l’intégralité du parcours. Pour elles, il est même fort probable que ça ne soit pas possible du tout de le terminer avant la nuit. Et toujours d’après elles, il nous faudra encore au moins une heure pour arriver à l’Ahu Tepeu. Sous cette chaleur incroyable, nous décidons alors de laisser tomber. Demain, nous comptons louer un quad et nous irons les voir de cette manière car malgré l’arrivée de quelques nuages, la marche devient de plus en plus difficile à cause de ce soleil infatigable. Nous refaisons donc l’intégralité du trajet retour en passant par le chemin et vers 15h, nous sommes de retour à Hanga Roa, plus précisément au port.

Alors que nous espérions manger une glace au glacier du port, notre déconvenue est immense ! Est-ce parce qu’il est trop tôt ou parce que c’est dimanche mais il est fermé ! En fait, tout est fermé dans le « centre » de la ville et nous trouverons heureusement par hasard un autre ouvert sur le chemin de notre guesthouse. Pour le reste, rien d’autre qu’une bonne douche et un bon apéro en compagnie d’un couple américano-japonais vivant à Okinawa avec lequel nous sympathisons. Nous bénéficions alors d’une nouvelle invitation pour visiter un nouveau pays ! Destination qui nous attire de plus en plus au fur et à mesure de la soirée et de leurs explications. Nous mangeons malheureusement séparément (ils se rendent au restaurant alors que nous nous faisons à manger) mais nous gardons un très agréable souvenir de cette soirée.

Le lundi, à 9h pile, nous sommes devant un des loueurs de véhicules. Nous sommes décidés tous les deux à louer un quad et à tenter une nouvelle expérience. Malheureusement, le loueur que nous avions ciblé n’est toujours pas la au bout d’un quart d’heure contrairement à ses concurrents. Nous décidons donc de nous reporter sur notre deuxième choix, certes un peu plus cher mais possédant une flotte plus récente. Je négocie un prix avec l’homme en face de moi car nous voulons deux quads et nous passons de 40000$ à 35000$ par véhicule et après avoir rempli les formalités administratives d’usage, nous partons faire un check-in du véhicule et écouter les explications sur l’utilisation. Rien de bien compliqué en soi et après avoir enfilé nos casques (fournis bien entendu), nous nous mettons en route.

Nous devons tout d’abord sortir de la ville car l’air de rien les quads en ont dans le ventre et la circulation à cette heure-ci est un peu plus intense qu’ailleurs. Mais après quelques tâtonnements, nous sommes de retour au cimetière sur la piste en caillou et en terre sur nos traces de la veille. Mais surprise, nous tombons nez à nez avec un panneau interdisant l’accès aux véhicules motorisés nous barre la route. Pourtant, la veille nous en avons croisé plus d’un pendant que nous marchions. Nous essayons malgré tout de continuer un peu pour voir ce qu’il en est mais nous n’allons pas bien loin car le sentier s’arrête … pour reprendre quelques centaines de mètres plus loin, derrière des murets en pierre. Nous n’étions jamais passé par le dessus du site car nous préférions passé au plus près des moaïs et nous ne nous étions pas rendu compte de la configuration. En fait, il faut passer par un autre endroit pour pouvoir prendre le chemin de la veille … Notre plan n’étant pas assez précis, nous ne voyons pas cette particularité et nous décidons de faire demi-tour afin de rejoindre l’Ahu Tepeu par une autre route, bien dessinée sur notre plan. Au moment ou l’on ressort du sentier, pile au niveau du panneau, nous tombons nez-à-nez avec une camionnette de la police ! Heureusement, ils ne nous accoreront pas un regard et nous continuons notre route avec comme objectif, de retraverser complètement la ville pour rejoindre la route qui passe devant l’aéroport et qui traverse l’île de part en part.

Après m’être repéré sur le plan, j’indique à mon épouse une rue qui part sur la gauche et qui s’enfonce dans les terres. Je passe devant et profite qu’il n’y ai plus personne dans les parages pour accélérer un peu et aller attendre mon épouse un peu plus loin. Alors que jusque-là, la route était en bon état, elle se dégrade subitement devant moi après que j’ai franchi une petite côte: des énormes nid-de-poule sur toute la largeur de la route et sur plusieurs mètres m’obligent à faire appel à tous mes réflexes d’adolescents pour éviter la casse et il me faut plusieurs dizaines de mètres pour m’arrêter et je n’ai pas le temps de me retourner que j’entends un grand cri provenant de mon épouse. Elle n’avait pu éviter le piège et je l’aperçois étendue dans le talus bordant la route, le quad retourné sur ses pieds ! Le temps d’enlever mon casque et je fonce en courant pour la rejoindre, prêt au pire. Première constatation assez étonnante: malgré le vol plané qu’elle a fait, mon épouse n’a pas une trace de sang ni même un vêtement déchiré car elle a eu la chance de partir directement dans l’herbe sans même toucher le macadam. Par contre, le quad est sur ses pieds et je suis obligé de le soulever afin de l’aider à se dégager. Une première dame qui passe par là s’arrête sur le bas-côté et me propose d’appeler l’ambulance ce que j’accepte avec soulagement: avec l’adrénaline, je ne retrouve quasi plus un mot d’espagnol et de toute façon, je ne connaissais même pas le numéro ! C’est ensuite une autre dame qui arrive puis des hommes et qui tous se mettent sans qu’on leur demande quoi que ce soit à faire la circulation, à bouger les quads sur le côté ou à la réconforter avec toute la gentillesse du monde. Je suis un peu sous le choc car mon épouse souffre énormément mais grâce à leur calme, je peux attendre un peu plus sereinement l’arrivée de l’ambulance qui ne tarde pas suivie par un véhicule de police. Pendant que le service médical s’occupe de mon épouse, je suis pris à partie par les policiers qui sont en train de mal interpréter la situation ! Les quads ayant été poussés l’un contre l’autre sur le bas-côté, ils sont en train de penser que c’est moi qui ai percuté le quad de mon épouse. En totale galère avec mon espagnol, je ne suis pas plus avancé avec l’anglais que ces braves gens ne parlent pas un traitre mot. Finalement, un homme intervient et sert plus ou moins de traducteur en leur expliquant le peu qu’il avait compris de mes explications. Après m’être assuré que les quads sont pris en charge (je commence à retrouver mes esprits et je ne souhaite pas rajouter des emmerdes administrative à toute cette histoire) par la police, j’accepte de monter dans l’ambulance qui part directement en direction de l’hôpital. Hôpital qui se situe en fait vingt mètres plus loin que notre logement ! On ne l’avait même pas encore remarqué mais ça facilitera les choses pour mon épouse.

Je vous passe les multiples questions du médecin (qui lui parle un très bon anglais) et de la police puis les examens que mon épouse subit pour finalement arriver au verdict positif: rien de cassé, « seulement » d’énormes contusions. Il est bien évident qu’elle ne pourra pas marcher correctement les prochains jours mais on a évité le pire pour elle ! C’est déjà ça de gagner ! Quand bien même nous avons une assurance (que j’avais heureusement fait prolonger car nous dépassions les 90 jours autorisés par notre contrat) qui remboursera tout, je suis halluciné par le prix des soins: 300 euros pour l’ambulance, cinq radios et deux antidouleurs ? Hé ben … comparé à notre expérience entièrement gratuite en Equateur, ça change ! Il faut avouer que l’hôpital ici est assez moderne mais quand même, je ne suis pas sur que les locaux payent ce prix-là …

Bref, après un dernier test d’alcoolémie pour mon épouse réclamé par la police, le médecin nous autorise à sortir et à rentrer au logement. Mon épouse avance lentement mais sans se plaindre et quelques minutes plus tard, elle est couchée dans son lit. Je suis obligé de l’abandonner afin d’aller chercher les médicaments prescris à la pharmacie et de me rendre chez le loueur. Ce dernier a l’air un peu surpris de me voir et il faut que je lui demande si il a été mis au courant pour qu’il me remette. Il me demande alors de repasser à 16h, le temps que le mécano ai fini de l’examiner pour pouvoir me dire ce que ça va couté.

Quatre heures plus tard, je suis de retour et il m’annonce la nouvelle: 150000$ soit 200 euros à régler … Je m’attendais à bien pire et je suis donc presque soulagé de ce montant ! Néanmoins, je demande à ce que l’on me rembourse – du moins en partie – ma location car je n’ai utilisé le quad qu’une quinzaine de minutes et le loueur l’a récupéré tout de suite. L’employé m’assure qu’il n’y a pas de problème et je lui dis qu’il peut se payer sur ma carte dont il a l’empreinte. Surprise, en réalité, il ne sait rien en faire et bien évidemment je ne l’ai pas avec moi ! Je suis donc obligé de me taper un aller-retour jusqu’au logement (en gros une bonne demi-heure de trajet) et à mon retour, l’employé qui s’était occupé de moi avait disparu laissant place à un grand type qui lui ne veut rien savoir. Il n’est au courant de rien et répète inlassablement qu’il y a un prix sur le papier et qu’il ne le changera pas. J’ai beau tout faire, cet imbécile ne veut rien savoir et reste camper sur ses positions. C’est finalement moi qui cède, complètement dégouté de son attitude. Alors que je remonte une fois de plus au logement, je tombe par hasard sur l’employé que j’avais eu la première fois qui après mes explications un peu … véhémentes me tourne le dos et entre dans le garage devant lequel je l’ai trouvé. Finalement, je laisse tomber et décide d’aller prendre soin de mon épouse plutôt que de m’énerver comme cela ! A ce moment-là, je dois avouer que notre moral se trouve dans le fond de nos chaussettes car même si il ne nous reste plus que cinq jours avant de rentrer en Belgique, nous sommes persuadés que notre voyage est fini … Heureusement, ça ne sera pas le cas !

Pour notre dernière journée complète sur l’île, nous n’avions théoriquement qu’une chose à faire: aller se faire tatouer. Nous avons rendez-vous avec Mokomae à 10h à son studio mais pour nous y rendre, nous avons malgré tout une assez longue route, surtout avec mon épouse qui avance très lentement. Nous nous mettons donc en route très en avance afin d’avoir aussi le temps de passer chez le loueur que nous avions sélectionné au tout début afin de me louer un autre quad. Mon épouse insiste pour que je parte explorer l’île après notre séance de tatouage mais je ne suis pas très motivé d’y aller seul.

La loueuse est cette fois-ci bien là et nous montre les quads qui sont eux aussi à 35000$ les 24h. Avant de signer quoi que ce soit, je demande par simple curiosité combien coûte les 4×4 exposés là et là, c’est la surprise ! Un de leur modèle est exactement au même prix que les quads et avec la même garantie (50000 en cash qu’elle rend à la fin) ! C’est juste parfait, mon épouse va pouvoir m’accompagner sans se fatiguer. Et dire que nous n’avions pas demandé de renseignement, persuadé que les 4×4 seraient nettement plus cher … Nous faisons donc un rapide check-in de notre petit Suzuki Jimny avant de signer les documents adhoc et c’est parti ! Quel pied pour moi de reconduire une voiture !

Forcément, nous sommes à ce moment là très en avance pour notre rendez-vous, nous repassons donc en vitesse à la banque afin d’y faire une dernière fois un change de dollar. Ensuite, nous partons patienter devant le studio afin d’être sur d’être les premiers clients. Evidemment, notre tatoueur arrive avec un le quart d’heure habituel de retard mais comme notre moral est très fortement remonté sur la dernière heure, nous l’avons à peine remarqué. Après nous avoir fait patienter encore quelques minutes, nous passons chacun à notre tour sous son pistolet afin de graver à jamais notre passage sur cette île. Une grosse heure plus tard, nous sommes déjà dehors, très content de son travail rapide et précis.

Il est donc temps pour nous de nous mettre en route en direction des sites plus éloignés de Hanga Roa et que nous n’avions pas encore eu l’occasion de visiter. Après un léger détour au petit magasin voisin de notre hostel afin d’y acheter de quoi manger pour ce midi, nous nous mettons en route pour l’Ahu Akivi, un des plus célèbres de l’île et que nous aurions du rejoindre le jour de notre randonnée raccourcie. Il nous faut à peine une vingtaine de minutes pour nous garer sur le petit parking situé au bout d’une petite route de « campagne » ou nous croisons à peine quelques véhicules. De là, on peut déjà voir l’Ahu sur lequel sont posés les sept moaïs qui pour une fois, font face à la mer plutôt que de lui tourner le dos (sans que l’on sache pourquoi).

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Mais c’est depuis la surface herbeuse située juste en face que nous avons la plus belle vue et nous mitraillons encore une fois à tout va, avec l’intérieur de l’île en toile de fond. Comme d’habitude, un « cordon de sécurité » fait avec de simples cailloux suffit à empêcher les gens d’approcher de trop près ces splendides vestiges de la culture pascuane. Ce qui, je dois l’avouer, n’est pas pour me déplaire !

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La journée est à ce moment-là, loin d’être terminée et nous décidons de ne pas traîner ici plus que de raison et de nous remettre en route en direction de l’Ahu Tepeu qui se trouve en bord de mer. C’est le dernier site à voir de la petite plus petite des deux boucles à faire sur l’île. Malheureusement, après avoir repéré le seul chemin qui doit y mener, nous décidons de ne pas prendre de risque: ce dernier est en très mauvais état, du moins au début, et je ne me sens que très moyennement d’y emmener mon épouse qui souffre du dos. Nous prenons alors la décision de le laisser tomber … Tant pis, ça sera le seul site « remarquable » de moaïs que nous raterons !

Nous faisons alors demi-tour afin de rejoindre la route principale de l’île et de nous diriger cette fois vers le centre de la côte nord ou nous attend la splendide petite plage d’Anakena. C’est à cet endroit qu’aurait débarqué le premier roi, qu’aurait été installée l’école des maoris (les chefs de Rapa Nui) et que se trouve la seule cocoteraie de l’île. C’est en réalité un lieu paradisiaque avec la petite plage de sable blanc descendant doucement vers la mer.

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Il est 14h, on est en pleine semaine, et pourtant de nombreuses familles sont ici afin de manger un barbecue à l’ombre des cocotiers avant de repartir travailler en fin d’après-midi.

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Tout le monde peut ici se baigner sans risque grâce aux énormes rochers qui protègent la baie, transformant cet océan en presque lac. De plus, le site est protégé par deux ahus: l’Ahu Nau Nau et l’Ahu Ature Huki. Sur le premier repose cinq moaïs (sept à l’origine) dont quatre sont encore en excellent état et possèdent toujours leur pukau.

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Derrière l’un d’entre eux, et malgré la distance de sécurité, on aperçoit facilement les contours des pétroglyphes mentionnés dans notre guide.

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Le second quand à lui ne présente qu’un seul moaï mais qui à la particularité d’avoir été un des premiers à être redressé en 1956. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisés la technique des petits cailloux qui consistent à en introduire en dessous de la statue à chaque fois que celle-ci est légèrement soulevée à l’aide de leviers et de cordes et ce jusqu’à ce qu’elle soit complètement redressée. Une dizaine de jours ont suffi à une douzaine d’hommes pour réussir à démontrer que même avec les moyens de l’époque, on pouvait y arriver. Bref, ce site nous a complètement conquit et il nous est vraiment difficile de nous en arracher.

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Pourtant, nous finissons par nous remettre en route en direction du sud-est vers le plus grand ahu de l’île: Tongariki. C’est ici que se dresse quinze (!) moaïs posé sur un ahu de près de deux cents mètres de long et toutes assez bien conservées. C’est un des deux sites majeurs de l’île et on le voit: il y a ici nettement plus de personnes que n’importe ou ailleurs mais ce n’est pas très grave. Avec un peu de patience, les quelques groupes présents finissent par s’en aller, rendant un peu de sérénité à ce site incroyable. De par sa taille mais aussi de par sa situation, cet endroit fait clairement partie de nos coups de cœur ! Encore et toujours, la magie des moaïs opèrent et nous restons ici plusieurs dizaines de minutes afin de profiter pleinement de ce que nous avons la chance de voir sous nos yeux.

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Mais l’endroit le plus étrange se trouve non loin de là ! Nous reprenons une nouvelle fois notre véhicule pour nous rendre sur le site de Rano Raraku, LA carrière des moaïs. Après avoir fait composté notre pass (c’est le deuxième et dernier site ou il sera contrôlé), nous pouvons partir à pied sur le chemin bien entretenu qui amène au cœur de ce « cimetière ». En effet, c’est ici que 95% des statues étaient sculptées avant d’être déplacée jusqu’à leur ahu, un peu partout dans l’île. Néanmoins, outre la manière dont ils ont déplacés ces œuvres, c’est à un autre mystère auxquels les scientifiques sont confrontés: en l’absence de tout écrit, on ne comprend pas pourquoi autant de moaïs ont été abandonnés en cours de construction ? Parce qu’il y en a ici des dizaines à moitié enterré et inclinés selon des angles bizarres ! Certains pensent que les pascuans se sont rendus compte un jour qu’ils n’auraient plus assez de bois pour les déplacer et auraient tout laissé tomber … Ca me semble un peu bancal comme théorie mais c’est à peu près une des seules … Mais la théorie la plus plausible semble être une révolte contre le pouvoir en place et leurs statues, symbole de leur règne. Ou bien est-ce du à des catastrophes naturelles à répétition qui auraient poussés les habitants à penser que leurs pouvoirs étaient finalement inefficaces ? En fait, personne n’en sait vraiment rien et c’est bien là tout le mystère de cette île envoutante ! Il nous faut plus d’une heure pour faire tranquillement le tour de cette partie du site. Un autre chemin mène apparemment vers le sommet de la carrière mais mon épouse a souffert assez aujourd’hui et nous décidons de ne pas nous y rendre sans savoir combien de temps il nous faudrait pour y arriver. Il est temps alors de repartir en direction de Hanga Roa et notre logement afin de nous y reposer un peu. La journée n’est pas encore complètement finie !

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A l’heure du repas, nous décidons que malgré (ou à cause) les évènements de la veille, on peut se permettre de nous rendre pour la première fois de notre séjour ici au restaurant. Nous avons porté notre choix sur un restaurant du port, tenu par un français à la réputation discutée: il a apparemment très mauvais caractère (d’après les nombreux avis récoltés sur tripadvisor) mais sa cuisine serait de haute qualité. Comme c’est surtout pour cela que l’on va au restaurant, nous ne nous arrêtons pas sur ce détail de sa personnalité et partons nous installer sur le balcon du premier étage de la Taverne du Pécheur. Comme nous sommes arrivés à l’ouverture, il n’y a que nous et une autre table ou se trouve un homme ressemblant étonnamment à Obelix (c’est ce qu’il nous dira par la suite et cette image ne nous quittera plus). C’est en fait le patron lui-même qui au bout de quelques minutes commencent à nous parler. Son caractère bien trempé se voit effectivement tout de suite mais avec nous, il se révélera être très agréable et nous passerons un très bon moment entre sa discussion et l’excellent repas (un filet pur de boeuf chilien pour une fois à la hauteur de nos espérances et cuit exactement comme nous le souhaitions c’est à dire presque bleu). Malheureusement, et même si il n’est finalement pas plus cher que les autres, la note est finalement assez élevée malgré tout. Nous prenons congé de cet homme sympathique car il est temps pour nous de retourner sur le site de l’Ahu Vai Uri (l’un des premiers que nous ayons vu et situé juste à la fin du village) afin d’aller admirer pour la première fois depuis notre arrivée un coucher de soleil sur les moaïs.

A notre arrivée, nous ne sommes pas seuls (le site ayant la réputation d’être le plus beau pour y admirer ce spectacle) mais ce n’est pas non plus la grande foule. Nous pouvons donc nous installer tranquillement en attendant l’heure ou le soleil va embraser le ciel. Mais après presqu’une heure d’attente, il faut se rendre à l’évidence … Le ciel est fortement couvert, ne laissant passer que quelques rares rayons de soleil. Ca suffira pour faire quelques jolies photos mais nous restons malgré tout un peu sur notre faim quand nous rejoignons notre logement à la nuit tombée.

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Heureusement, avec un peu de chance, nous devrions pouvoir admirer un magnifique lever de soleil pour nos dernières heures sur l’île. Nous mettons donc nos réveils vers 5h afin d’avoir le temps de se préparer avant de nous remettre en route vers Tongariki et ses quinze moaïs. Il nous faut une petite demi-heure pour retraverser complètement l’île et nous garer sur le parking du site. Pour le coup, il y a énormément de monde déjà présent et nous nous dépêchons d’aller nous installer en face de l’ahu. Et il ne faudra pas longtemps avant que le show ne démarre ! Le soleil se lève doucement, illuminant le ciel et les quelques nuages de ses rayons rouge orangés à cette heure. Avec les moaïs au premier plan, c’est un tableau unique que nous avons sous les yeux et c’est à ce moment-là que toute fatigue disparait de nos yeux pour être remplacé par de la fascination. Quel meilleur moyen de finir notre séjour sur cette île incroyable que de voir cela ?

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Lorsque le soleil est presque complètement levé, nous décidons de lever le camp afin d’aller déjeuner et de préparer nos sacs pour notre avion. A l’heure pile, je suis devant l’agence afin de rendre le véhicule avant de retourner rejoindre mon épouse. Nous passerons le reste de la matinée dans le patio avant de filer manger une pizza non loin de la. A l’heure souhaitée, Martin nous propose de nous emmener à l’aéroport avec son 4×4 pour le même prix qu’un taxi. J’accepte un petit peu à contrecoeur (pour le principe qu’il me fasse payer !) mais je n’ai pas envie d’obliger mon épouse à marcher avec son gros sac à dos. Après nous être enregistré et avoir tenté d’obtenir deux sièges côte à côte, nous allons patienter avec les autres passagers devant la piste d’atterrissage. Notre vol décollera finalement à peu près à l’heure et se déroulera sans souci. A l’aéroport, Adolfo (que nous avions contacté par mail au matin) nous attend pour nous ramener dans sa magnifique demeure.

Pour nos deux derniers jours en Amérique du Sud, nous prenons le temps pour nous. La maison ou nous sommes est très confortable et mon épouse a besoin de se reposer. De toute façon, il nous faut aussi cela pour redescendre du petit nuage sur lequel nous nous trouvons et nous apprêter tout doucement à reprendre une vie « normale ». Rien de spécial à dire donc et le samedi, après deux jours de grèves, nous nous présentons à l’aéroport international de Santiago. Chose assez incroyable, nos deux vols pour revenir en Belgique seront à l’heure et nous allons pouvoir retrouver nos proches comme prévu !

Cela fait maintenant deux semaines que nous sommes rentrés chez nous et il est temps de tirer une petite conclusion sur toute cette aventure. Nous avons passé trois mois et demi tout simplment unique pour nous ! L’Amérique du Sud reste le continent que nous préférons grâce à la richesse de ses lieux et de ses habitants. Nous sommes à nouveau totalement conquis par ce mélange de paysages superbes et de monuments incroyables que nous avons vu dans ces quatre pays. Comment ne pas être conquis par la beauté suprême du Sud-Lipez en Bolivie ou par les statues de l’Île de Pâques ? Par le Macchu Pichu ou par la forêt amazonienne ? Bien sur, il y a eu des ratés (notamment au Pérou) et quelques moments un peu plus long (les plages du nord Chili par exemple) mais dans l’ensemble, ces pays sont juste incroyables ! En plus, ce voyage nous a permis de rencontrer énormément de gens, beaucoup plus que dans n’importe quel autre voyage ! Ceci est certainement du au fait que nous avions le temps devant nous (pas tant que ça finalement, c’est passé à une vitesse !) de faire connaissance avec tous ces autres autres voyageurs. Si ce n’est la famille et les amis, nous pouvons dire que la seule chose qui nous avait vraiment manqué chez nous, c’est la nourriture ! Contrairement à l’Asie ou l’on mange bien à peu près partout, ce n’est pas la même chose ici … Les almuerzos sont la norme ici et sont à peu près toujours pareil … Je dois avouer que le poulet accompagné de riz ne fera plus partie de mon menu pendant un certain temps ! Le pire ayant été à ce niveau là le Chili ou clairement, mangé bien pour pas cher relève de la mission presque impossible. Mais ce n’est finalement que bien peu de choses face à toutes les merveilles que nous aurons vues durant cette formidable aventure humaine que nous avons vécues, nous rapprochant encore plus mon épouse et moi !

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