Jour 62 à Jour 67: Le plus bel endroit de la Terre à ce jour !

Lever matinal aujourd’hui afin d’aller prendre notre bus qui démarre à 8h du terminal. Nous devons faire le check-out avec le gardien de nuit qui sent très fort l’alcool et qui a beaucoup de mal à faire ses comptes. Ce n’est pas la première fois que ce gars là est à la limite de l’impolitesse mais là je suis à deux doigts de lui crier dessus ! Je suis même obligé de sortir dans la rue car lorsque nous lui demandons de nous appeler un taxi (comme cela se fait dans tous les hostels), il nous envoie ballader sous prétexte qu’on aura aucun mal à en trouver un dehors … Sauf qu’on est samedi, qu’il est 7h du matin et qu’à cette heure-ci, c’est une ville morte ! Il nous faudra donc presque 20 minutes pour réussir à trouver un véhicule libre qui nous amène pour quelques bolivianos jusqu’au nouveau terminal.

Lors de notre arrivée, on ne peut pas dire qu’il y a foule et après nous être présenté au guichet d’ O Globo (la compagnie de bus) afin d’échanger notre ticket contre un voucher, nous descendons tous les trois d’un étage pour attendre l’heure du départ. Quelques minutes avant 8h, nous nous rendons à la porte indiquée sur notre billet, payons les 2.5 bob réclamés pour accéder aux quais et allons vers l’endroit ou est censé se trouver notre bus. Encore rien à cette heure-ci mais nous ne tardons pas trop malgré tout pour nous renseigner. Effectivement, sans annonce préalable, la compagnie O Globo n’assure pas elle-même le trajet et le sous-traite à une autre compagnie située un peu plus loin sur le quai. Au vu de la gentillesse de notre chauffeur, on a bien fait de s’en inquiéter car je doute sincèrement qu’il nous aurait attendu. Le bus n’est franchement pas terrible (je ne me souviens plus de quelle compagnie il s’agit) et mon épouse se retrouve collée à une dame sentant terriblement mauvais, le trajet d’un peu plus de 8h paraît vraiment long ! Néanmoins, un peu après 16h, nous arrivons enfin à destination.

Nous récupérons nos bagages sans traîner (le bus n’est pas à son terminus, il continue jusque la ville de Villazon) et nous nous apprêtons à sortir du terminal quand une dame nous interpelle en nous demandant si nous sommes belges. Assez surpris de sa question (ce n’est en général pas la première nationalité qu’on nous attribue !), je ne peux qu’affirmer ! En fait, c’est Gil et Charline (le jeune couple de Belge avec qui j’ai fait la mine la veille) qui ont parlé de nous et la dame nous attendait plus ou moins. Elle nous indique l’hostel ou nous pouvons les retrouver (c’est à deux minutes de là) et vers lequel nous nous dirigeons. Effectivement, ils sont bien là et après nous avoir brièvement fait un topo sur leurs premières impressions sur le village, nous demandons si des chambres sont disponibles. La jeune femme nous répond par l’affirmative dans un premier temps mais après s’être renseignée revient sur sa position. Tant pis, nous allons devoir trouver ailleurs. Très embêtée de s’être trompée, elle nous oriente vers la rue principale du village ou se trouve plusieurs logements.

Dans un premier temps, nous nous décidons pour un logement situé juste à côté de l’agence de voyage que j’avais visée pour effectuer les excursions prévues mais après avoir déposé nos sacs et constaté que le wifi ne fonctionnait pas du tout, nous nous rendons à la dite agence. Elle se nomme La Torre et est considérée par beaucoup comme la plus professionnelle pour se rendre dans le Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni, but de notre visite dans ce village perdu. Nous expliquons que nous souhaitons faire une demi-journée de cheval le lendemain pour ensuite partir durant quatre jours à la découverte de cette région tant connue des voyageurs de ce pays et qu’en plus, nous aimerions dormir dans leur hostel pendant deux nuits. Nous espérions une belle ristourne mais nous devrons nous contenter de clopinettes, néanmoins le contact avec la patronne passe très bien et nous sommes décidés ! Voici le détail du prix: 1150 bob pour les quatre jours, 150 pour le cheval et 70 par personne et par nuit pour l’hostel. Reste maintenant à convaincre Gil et Charline de nous accompagner (afin de bénéficier de leur agréable présence et de faire un 4×4 qu’avec des gens que nous connaissons déjà, le nombre maximum étant de cinq participants) et l’autre hostel de nous lâcher sans faire de scandale (nous n’avons encore rien payer). Pour cette partie là, aucun souci: nous expliquons que le wifi ne fonctionne pas et que La Torre nous fait une réduction si on dort chez eux (pas besoin qu’ils sachent que cette réduction est minime) et ils ne font pas d’histoire. Après avoir pris possession de nos chambres, nous nous remettons en route vers l’hostel de nos compatriotes à qui nous expliquons la situation: aucune pression pour eux, deux autres personnes étant déjà prêtes à prendre leurs places mais c’est à eux que nous souhaitons donner la priorité. On leur demande juste de nous dire quoi dans max une heure car l’agence attend pour tout bloqué. Je suis septique quand à leur position car ils avaient l’air d’avoir envie de passer par l’agence de leur hostel mais bon, on verra bien.

En attendant, nous nous rendons tous les trois sur la place principale du village afin de chercher un endroit ou retirer du liquide. Je crains un peu de nous retrouver face à un problème car c’est la fête aujourd’hui ! Tout Tupiza est de sortie pour admirer l’énorme cortège proposé par les universités du pays: tous les élèves sont déguisés, certains avec des costumes franchement très recherché ! Les habitants ont tous mis leurs chaises en bord de rue afin d’être au plus près du défilé, ce qui ne facilite pas les déplacements sur ses trottoirs étroits ! La première banque ainsi que la seconde ne nous autorise pas à retirer de l’argent … La troisième est fermée et nous commençons à nous stresser un peu: si c’est de nouveau un souci parce que nous sommes le week-end, je sens que ça va être à nouveau galère d’obtenir ce que nous voulons et nous allons peut-être devoir encore décaler d’un jour. Nous nous apprêtons à rentrer à notre hostel quand nous tombons sur Julien, que nous avions rencontré quelques jours plus tôt à Sucre et avec qui nous avions sympathisé. Nous lui expliquons notre problème et il nous demande si nous avons essayé au minuscule distributeur de la BancoFie sur la place. Ah ben non, on ne l’a même pas vu en fait ! Il nous propose de nous y emmener et miracle, ça fonctionne !!! Nous voilà tranquille d’esprit et nous en profitons pour acheter un sandwich chaud à l’une des nombreuses vendeuses ambulantes qui se trouvent dans les environs avant de retourner vers notre hostel.

Nous y retrouvons alors Gil et Charline qui nous annonce la bonne nouvelle: comme je l’espérais, ils préfèrent être en bonne compagnie avec La Torre que risquer d’avoir un 4×4 rempli de gens moins sympa (dixit eux-mêmes hin, je ne me permettrais pas !) avec l’agence qu’ils avaient choisie. Nous allons donc tous les cinq bloqué le tour avec départ le lundi ! Nous prenons aussi un tour à cheval pour le lendemain avec Marie – une bretonne rencontrée par Gil et Charline – et qui fera elle aussi le tour de quatre jours en même temps que nous mais dans un autre véhicule. Il est 18h passée et nous sommes fin prêts pour les cinq jours qui arrivent ! Nous finissons la journée en allant tout d’abord assister à la fin de la parade sur la place avant d’aller manger dans un restaurant mexicain situé non loin (et pas mauvais en plus !).

La nuit fût bruyante car les festivités ont continué toute la nuit mais nous sommes quand même fin prêts lorsqu’il est l’heure de retrouver nos compagnons de route. Avec quelques minutes de retard, un jeune homme vient nous chercher tous les six et nous demande de le suivre dans la ville jusqu’à un terrain vague en bordure d’une minuscule rivière. C’est là que nous attende six chevaux à la taille malgré tout assez impressionnante (aucun de nous n’en a jamais fait mais on nous a juré que ça ne serait pas un problème) mais au comportement placide.

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Notre guide nous jauge du regard et entreprend de nous attribuer une monture à chacun. Ensuite, il nous aide à monter sur le dos de notre nouveau compagnon de route: rien de bien difficile, il suffit de bien pousser sur sa jambe et on se retrouve facilement au dessus (j’y ai été même un peu trop franchement et j’ai failli passer de l’autre côté !). Lorsque c’est le tour de mon épouse par contre, rien ne va plus, la faute à son problème de vertige ! A peine installée qu’elle commence directement à sentir les effets de cette maladie franchement handicapante et elle est obligée de redescendre … Ca sera sans elle ! Ce qui en réalité fait bien les affaires de notre guide qui se rend compte qu’il allait manquer un cheval (il y en avait six et nous sommes six plus lui, ce détail aura son importance plus tard). Je m’assure donc que mon épouse pourra rentrer à l’hostel et nous voilà parti tous ensemble à travers le village.

Soyons honnête, il ne faut effectivement aucune expérience d’équitation pour pouvoir faire cette ballade … Les chevaux ont tellement l’habitude de se suivre à la file indienne qu’il ne faut que de temps en temps tirer doucement sur les rênes pour les garder bien alignés. La première partie est clairement inintéressante car elle consiste à sortir du village en traversant un rond-point et en longeant un chemin de fer. Mais lorsque nous arrivons au bout de la très longue rue que nous suivions et que nous prenons un petit chemin descendant sur une piste, le décor commence à changer. D’abord tout doucement avec l’apparition d’une minuscule colline couleur sable que l’on aperçoit à travers les arbres qui nous entourent. Ensuite, cette végétation haute tend à disparaitre assez rapidement jusqu’à nous laisser au milieu d’une sorte de désert de caillasses recouvert d’arbustes à peine plus haut que nous (certains ayant quand même de sacrées épines !) avec au loin des petites montagnes à la couleur rouge orangée ! C’est ici que le vrai spectacle commence !

Pendant une heure trente, nous avancerons en direction de cette barrière naturelle en croisant certaines particularités comme la Porte du Diable (appelée comme cela car il y a eu beaucoup de morts dans un accident de mine à une époque).

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Ou bien alors, lorsque nous verrons la formation géologique appelée Los Machos (appelée comme cela car … c’est évident !).

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Petit à petit, nous entrons de plus en plus dans un canyon, but de notre visite jusqu’à arriver dans un cul-de-sac ou nous mettons pied-à-terre.

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Je dois avouer que nous sommes pour la plupart content de relâcher un peu nos  muscles postérieurs qui commençaient à devenir légèrement douloureux ! Notre guide nous propose alors d’avancer encore un peu pendant que lui s’occupera de nos montures. En réalité, nous n’irons pas très loin car le fond du canyon est complètement bouché par d’immenses pierres nous barrant le passage. Gil tente bien d’en effectuer l’escalade mais celle-ci se révèle fastidieuse, limite dangereuse et il fait donc demi-tour en faisant attention de ne pas partir avec les pierres qui ont tendance à glisser. Nous retrouvons donc notre guide finalement assez vite et après quelques minutes, ce dernier se décide à nous faire remonter sur nos montures respectives.

Seul petit bémol à cette joyeuse excursion (les chevaux nous font bien rire à vouloir gagner des places sans qu’on ne leur demande quoi que ce soit ou bien lorsque le poulain qui accompagne le cheval de Gil pète des câbles en tentant de devenir ami avec les autres chevaux qui ne veulent rien savoir), nous devons reprendre exactement le même chemin pour retourner à notre point de départ ce qui gâche un peu le plaisir de découverte. Pour tenter d’égayer un peu le retour, notre guide nous propose de tenter le trot – réclamé par certains depuis un petit moment – mais l’expérience s’arrêtera vite, la faute à des chevaux qui ont tendance à vouloir faire la course (et donc à vouloir passer au galop)  dans ces conditions là. Et puis, avouons-le, ce n’est clairement pas une allure très agréable pour nos derrières déjà bien entamés et après deux ou trois vaines tentatives, nous retrouvons un rythme bien plus adapté à notre niveau zéro. Il est finalement presque 13h quand nous sommes de retour sur le terrain vague et que nous disons au revoir à nos chevaux ainsi qu’à leur maitre. Nous repartons content de cette excursion d’une demi-journée (bien suffisante pour nous pour une première fois) qui pour ma part, m’offre un nouveau moyen de déplacement assez sympathique !

Je retrouve mon épouse qui nous attendait à l’hostel et nous tentons d’aller voir l’employé afin de lui expliquer le problème de mon épouse et d’obtenir un remboursement des 150 Bob payé pour elle. A notre grande surprise, il accepte sans hésiter (il avait été mis au courant par le propriétaire des chevaux) mais demande que l’on attende le lendemain car nous sommes dimanche et qu’il n’a pas accès à la caisse. Surpris mais content, nous finissons l’après-midi dans la chambre à tenter de rattraper le retard accumulé dans les articles et à rencontrer Romain et Camille sur la terrasse de l’hostel, un couple de français très sympathique et travaillant dans le cinéma. Nous irons manger tous ensemble au soir avant de nous séparer provisoirement car demain, c’est le grand départ pour le Sud-Lipez !

Le lendemain, il est 7h pile quand nous retournons voir l’employé qui doit nous rembourser. A ma non-surprise, il a fait un léger volteface: sous l’excuse que le cheval avait quand même été déplacé, il ne peut nous rembourser l’intégralité mais seulement 100 bob. Vu le mensonge flagrant que cet homme nous lâche, je ne peux rester sans rien dire ! En effet, il manquait de toute façon un cheval mais ce pauvre type ne veut rien savoir et va certainement s’empresser de mettre la différence dans sa poche. Afin que ça n’arrive pas, je ne me priverai pas de mettre à la fin de l’excursion un avis très défavorable sur tripadvisor afin de ne pas laisser ce genre de pratique s’installer !

En attendant, Gil et Charline nous ont rejoint avec leurs gros sacs à dos qu’ils laissent sous la surveillance de cet escroc afin que nous puissions aller vite déjeuner au marché (celui inclus dans le prix de la chambre est tout simplement infect !). Au menu, une sorte de crêpe à la pate fine et cassante que l’on saupoudre de sucre impalpable accompagné d’une boisson à base de maïs rose, sucrée et chaude rappelant vaguement un vin chaud. A défaut d’être exceptionnel, c’est de toute façon bien meilleur que le pain rassis auquel nous avons eu droit la veille ! Le départ étant prévu pour 8h, nous nous dépêchons de rentrer à l’hostel afin de finaliser nos sacs et de les descendre au 4×4 qui nous est attribué.

En arrivant en bas, nous constatons que nous sommes trois véhicules de La Torre à prendre le départ: le notre (constitué de Charline, Gil, Claire et de nous deux), un ou se trouve Marie (la bretonne), Allison, son copain et une jeune hollandaise et le dernier avec Sara et Daniel (un couple d’anglais) et Wendy (une autre hollandaise plus âgée). Durant les quatre jours, nous resterons chacun dans notre 4×4 mais nous nous retrouverons sur chaque site visité ainsi que pour les repas et pour la nuit. Une autre agence envoie elle aussi trois 4×4 mais nous n’aurons aucun contact avec eux et nous ne ferons que nous recroiser de temps à autre, les logements étant différents à chaque fois. Quand tout le monde est prêt, c’est parti pour quatre jours de claque visuelle de tous les instants !

Nous allons d’abord faire connaissance avec Felipe, notre guide pour cette aventure. A première vue (et à perte de vue), nous n’avons pas hérité du plus sympa ! Ca se confirmera malheureusement durant tout le temps passé avec lui mais alors qu’au début, nous étions prêt à aller au clash pour le faire changer, nous décidons que nous n’allons pas nous laisser gâcher ce moment rare à cause de son caractère franchement imbuvable.

Comme il est très difficile d’expliquer en long et en large notre programme, je pense que les photos vont faire le travail à ma place ! Le premier jour, nous roulerons beaucoup en suivant une direction générale à savoir le sud-ouest. Durant cette journée, nous verrons tout d’abord les formations rocheuses du Sillar, avec ses formes déchiquetées. C’est un bon préambule à ce que nous verrons par la suite même si c’est loin d’être le plus impressionnant !

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Nous nous rendrons ensuite dans les plaines d’Awanapampa et son immense colonie de lamas (et quand je dis immense, ce sont des centaines de ces animaux qui brouteront autour de nous !).

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La dernière véritable étape se fera au village fantôme de San Antonio de Lipez qui a conservé de magnifiques ruines de l’époque coloniale à 4200 mètres d’altitude. Là, un « guide » nous expliquera les différents minéraux que l’on pouvait trouver dans les mines des environs (or, argent, …) et que l’on transportait à pied à l’époque ! On peut même descendre dans une sorte de minuscule grotte mais le site est trop petit que pour accueillir l’ensemble des touristes que nous sommes et surtout beaucoup trop sombre sans lampe de poche.

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A chaque fois, nous aurons droit au minimum syndical en terme d’explications venant de Felipe et c’est grâce aux passagers des autres véhicules que nous en apprendrons plus sur les sites que nous visitons. Ceux-ci bénéficiant d’un véritable travail de guide de la part de leur chauffeur. Pas beaucoup d’arrêts aujourd’hui mais malgré tout, les paysages que l’on traverse sont tout simplement déjà magnifique ! Sur le temps de midi, nous nous sommes arrêtés dans un minuscule village ou un local nous est attribué et ou nos deux cuisinières (Modesta et une petite jeune dont le nom m’échappe) nous prépare un véritable festin andin ! Il y a même une partie végétarienne pour les deux femmes suivant ce régime ! Au soir, nous arriverons vers 17h dans un autre petit village perdu au milieu de nul part et ou l’agence à une sorte de mini-hostel comportant trois dortoirs de sept lits. Chaque équipage a donc droit au sien et nous constatons avec plaisir que c’est nettement plus confortable que ce à quoi nous nous attendions: il y a de vrais lits et des couvertures ! Par contre bien évidemment, pas de wifi et pas de douches accessibles ici. Après une collation (servie assez tard), nous avons droit à un nouveau festin mais nous devons lutter contre nos cuisinières qui veulent à tout prix que nous mangions chacun de notre côté. Hors de question pour nous et nous leur faisons comprendre en rassemblant de force nos tables jusqu’à les faire craquer: nous avons quand même tous droit au même menu et puis pour sympathiser, c’est quand même plus simple !

La nuit fût agréable, ni trop chaude ni trop froide et le lendemain, à 7h pile, nous prenons un rapide petit-déjeuner avec du pain trop sec: à cette altitude, il est quasi impossible de le conserver frais ! Ensuite, il est déjà temps de ramener nos sacs sur le toit de notre 4×4 et c’est parti pour une nouvelle journée dans cette région incroyable ! Nettement plus d’arrêts au programme, le premier étant pour un enclos ou sont gardés d’autres dizaines de lamas.

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Ensuite, la valse des miracles de la nature reprend ! Arrêt d’abord à la première et magnifique Laguna de notre programme, la Laguna Hedionda ou se nourrissent des quantités de flamands roses et ou se reflètent les sommets environnants.

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Arrêt ensuite à la Laguna Kollpa quasi à sec ou travaillent quelques ouvriers en train de ramasser le borax, présent en très grande quantité par ici.

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Vient ensuite le petit Salar de Chalviri que nous ne ferons que traverser !

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Après avoir dépassé rapidement le lieu ou nous viendrons manger notre repas de midi, nous nous enfonçons sur une piste en cul-de-sac ou nous verrons de loin le Désert de Dali et ses pierres fort déformées.

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Pour finalement arriver au bout de la piste ou nous pourrons admirer avec plaisir deux Lagunas: la Blanca et surtout la splendide Verde à la couleur verte émeraude surveillée par l’impressionnant volcan Licancabur qui culmine à 5916 mètres !

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Ici, nous ne sommes plus qu’à quelques minutes de route de la frontière Chilienne mais là n’est pas le but de notre visite et nous faisons demi-tour pour retourner à l’intersection ou nous allons manger. Avant cela, nous avons la possibilité d’aller nous baigner dans une source d’eau chaude mais à notre arrivée, il y a énormément de monde (les 4×4 de pleins d’autres agences se donnent rendez-vous ici !) et un vent froid souffle assez fort. De plus, l’accès à cette « piscine » est payant ce qui ne nous encourage pas à nous mouiller. Seuls Gil et Charline iront se baigner durant un petit quart d’heure … Néanmoins, les environs sont toujours aussi beau !

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Après un (toujours) bon repas, nous remontons dans notre véhicule en direction des « geysers » de Sol de la Mañana. En fait de geysers, ce sont des bains de boue bouillonnants et des colonnes de vapeurs qui sortent du sol. Aucune projection d’eaux ici et c’est pour cela qu’on ne peut décemment pas parler de geysers. Néanmoins, le site reste agréable à l’œil et est impressionnant pour qui n’a jamais vu cela avant.

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Mais le clou de la journée (et même de l’intégralité de ces quatre jours, n’ayons pas peur des mots) se situe juste après ! La splendide, magnifique, incroyable Laguna Colorada et sa couleur rubis encadrée de volcans et squattée par des multitudes de flamands roses ! Nous n’avons pas de mot devant un tel spectacle et toutes les personnes rencontrées auront ce même sentiment: que l’on voyage depuis longtemps ou pas, c’est ici que nous prenons la plus grosse claque visuelle de notre vie ! De plus, contrairement aux autres sites ou nous sommes un peu pressé par le temps, on nous laisse quartier libre ici pour en prendre plein la vue ! En effet, c’est déjà la dernière étape de notre journée mais quelle étape !

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Après plus d’une heure à photographier ce chef d’œuvre sous toutes ces coutures, il est temps de parcourir la courte distance qui nous amène à notre second logement. Dans la même veine que le premier, il fait ici nettement plus froid car nous sommes sur un grand plateau venteux. La soirée sera des plus sympa car c’est l’anniversaire de mon épouse et tout le monde s’est pris au jeu en allant acheter des bouteilles de vin à « l’épicerie » du village. Modesta chantera un joyeux anniversaire en espagnol, repris par les anglais (en anglais of course) suivi par le français (nous sommes une majorité ici) dans une superbe ambiance générale ! Mon épouse s’en souviendra longtemps ! Par contre, la nuit fût glacée pour nous qui n’avions pas de sacs de couchage avec nous et nous accueillons le lever du jour avec plaisir (et une grosse barre au front pour une majorité d’entre nous !).

Après la journée incroyable de la veille, je dois avouer que nous repartons un peu septique quand à ce que nous allons voir aujourd’hui. Heureusement, notre premier arrêt est pour une des curiosités les plus connues du parc: l’Arbre de Pierre et le désert de Siloli qui l’entoure. Malheureusement, un nombre certain d’abruti ne trouve rien de mieux à faire que de grimper dessus au risque d’abimer et de déranger les autres.

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On enchaine avec la belle Laguna Hondas bordée de ce que l’on pourrait prendre pour une belle plage de sable blanc … Ce qui est en réalité une croûte séchée de sel et de borax !

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Ensuite, nous nous rendons à la Laguna Hedionda (il y en a deux qui s’appelle pareil) qui propose, outre un très beau site, de pouvoir approcher au plus près d’une énorme colonie de flamand rose. Ceux-ci ne sont pas vraiment craintif et nous nous retrouvons à moins de dix mètres d’eux !

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Ensuite, il est déjà temps de nous arrêter au milieu de nul part afin de manger le pique-nique proposé par nos cuisinières. Durant ce temps là, nous ferons la connaissance des viscachas: ce sont des très gros lapins affublée d’une longue queue et pour le coup, vraiment pas dérangé par notre présence. L’un d’entre eux s’approchera à moins de trois mètres de nous afin de venir gratter un morceau de pomme de terre.

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Durant l’après-midi, nous ne verrons qu’un seul site majeur, c’est le volcan Ollague, encore en semi-activité (on peut voir de la fumée sortir !) et qui marque la frontière avec le Chili. Les formations rocheuses ou nous nous trouvons ont des formes vraiment rigolotes par contre, c’est la première fois que nous nous retrouvons confrontés à de la pollution dans cette région: des quantités incroyables de papier toilette ont été abandonnés là !

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Après cela, nous roulerons pendant des heures avec seulement une pause dans un petit village ou nous pouvons acheter de quoi boire et manger. Les paysages traversés sont toujours très beau mais la fatigue commence à se faire sentir et nous en profitons un peu moins. Mais il faut bien que l’on se rapproche de notre étape du lendemain et de l’hostel … original ou nous allons dormir: il est construit entièrement en blocs de sel ! Et miracle, pour la première fois en trois jours, nous avons accès à une douche – chaude qui plus est !- mais payante (10 bob). Il y a file bien évidemment mais les gens respectent assez bien la consigne de maximum huit minutes par personne. De plus, on se connait à peu près tous ici (plusieurs agences logent leurs clients ici). La nuit sera nettement plus confortable ici mais nettement plus courte !

En effet, c’est lever à 4h30 afin de partir suffisamment tôt pour pouvoir admirer le lever du soleil sur le plus grand et le plus haut désert de sel du monde: le Salar d’Uyuni. Chaque agence s’écarte assez l’une de l’autre afin de nous donner la sensation d’être seul au monde sur cette immensité blanche. Le soleil se lève petit à petit, éclairant d’orange et de rose cette merveille.

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Ensuite, quand celui-ci est complètement levé, c’est l’heure des photos « perspectives », bien aidés il faut l’avouer par les guides des deux autres 4×4 (le notre fait définitivement la gueule !). Ca peut paraître bateau (tout le monde fait ça !) mais finalement, on rigole vraiment à chercher des situations différentes et ce pendant presqu’une heure !

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Quand il est temps de repartir, c’est pour l’île aux cactus (de son vrai nom: Isla Incahuasi). Comme son nom l’indique, c’est à un véritable îlot complètement recouvert de cactus  et planté au milieu de ce désert auquel nous sommes confrontés. On nous propose de grimper au sommet (une trentaine de mètres plus haut) mais l’accès est payant et cher (30 bob par personne) et une majorité d’entre nous préfère refuser. Nous nous contenterons de l’observer depuis le salar ! C’est aussi ici que nous prendrons le petit-déjeuner …

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Nous continuons notre exploration du salar en passant voir le premier hôtel de sel qui a été construit SUR le salar. Ce n’est plus autorisé maintenant car ils sont confrontés à un gros problème avec les évacuations d’eau qui détruisent le salar. Dorénavant, ces hôtels sont construits en bordure du désert (comme celui ou nous avons dormi). Rien de transcendant à voir ici, seule la « statue » de sel construite devant en l’honneur du Dakar 2014 vaut un très rapide coup d’œil.

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Après un rapide passage par un marché « artisanal » – ou tout le monde vend exactement la même chose et cher -, notre tour s’achève presque déjà. Il ne nous reste plus qu’à aller voir le cimetière de train en bordure du village d’Uyuni ou se donne rendez-vous l’intégralité des 4×4 parcourant cette région. Nous sommes donc une quarantaine de véhicules à être présent au même endroit et franchement, c’est bien dommage d’avoir autant de monde qui grimpe partout sur ces carcasses. Il est quasi impossible d’avoir le temps de prendre une photo sans un seul de ces grands enfants qui prennent des risques inutiles au risque de tout abimer. De plus, comme on pouvait s’y attendre, une jeune femme rate son coup et s’étale de tout son long dans cet amas de fer rouillé. Résultat, il lui faudra près d’une dizaine de minutes pour réussir à se relever !

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Pour terminer, nous effectuons un court trajet jusqu’à un hostel ou nous attend notre dernier repas tous ensemble. Lorsque celui-ci est terminé, nous ferons un dernier trajet avec notre grand ami Felipe (qu’est ce qu’on sera content de ne plus voir sa tête à celui-là !) jusqu’au terminal de bus. Avant de se dire au revoir, chacun va acheter le ticket de bus dont il a besoin en fonction de sa destination future. Pour nous, ça sera le billet de bus le plus cher que l’on aura payer: 180 bob par personne pour se rendre à San Pedro de Atacama (en direct, du moins c’est ce que l’on croit) au Chili avec départ à 4h du matin ! Lorsque tout le monde a son ticket, nous nous disons au revoir et nous nous séparons …

Pour conclure sur cette région, c’est incroyable comme elle est belle et variée. C’est un must et un incontournable de la Bolivie à faire au départ de Tupiza (au départ d’Uyuni, ce sont des dizaines de 4×4 qui partent en même temps et qui vont aux mêmes endroits !). Sachez néanmoins qu’il y a quasi en permanence un vent à décorner des bœufs qui refroidit méchamment l’atmosphère et que l’on reste en permanence en altitude (à plus de 4000 mètres avec même un col à presque 5000 !), il faut donc prévoir d’être acclimaté à l’altitude avant de s’y rendre et être bien équipé. On nous a raconté des histoires de gens qui pendant les quatre jours vont devoir rester coucher dans le véhicule et qui passeront leur temps à vomir tout ce qu’ils peuvent … On a vu plus sympa comme visite ! Il faut aussi rajouter 211 bob par personne pour les différentes entrées dans le parc (165 en réalité obligatoire, le reste étant pour des « options » comme la douche, le bain dans la source d’eau chaude ou l’île au cactus). Mais il n’empêche qu’il est inconcevable de venir dans ce splendide pays sans passer voir son plus beau fleuron !

Le reste de l’après-midi, nous devrons d’abord trouver un logement dans cette petite ville vraiment vilaine. Nous trouverons notre « bonheur » avec trois lits dans un dortoir (pour le même prix qu’une chambre double n’importe ou ailleurs dans le pays !) mais une salle de bain propre et un wifi qui fonctionne plus ou moins bien. De toute façon, ça ne sera que pour quelques heures, le réveil étant mis à 3h ! Claire ne nous accompagne pas pour manger car elle est tombée malade et alors que nous cherchons un restaurant mon épouse et moi, nous retombons avec plaisir sur Gil et Charline. Ils nous proposent de s’installer avec eux, ce que nous acceptons avec plaisir. Ensuite, il est temps de se séparer car leur bus ne va plus trop tarder à démarrer ! Pour notre part, il est surtout temps d’aller dormir un petit peu !

Ce sont nos dernières heures en Bolivie et il est donc temps de tirer une rapide conclusion. C’est jusqu’à présent le plus beau des trois pays que nous avons visité durant ce tour: de plus beaux paysages qu’au Pérou (et de loin !) et des gens presqu’aussi sympa qu’en Equateur (et ce malgré la rumeur qui dit que les boliviens sont des sales types). Il ne faut néanmoins pas se cacher en disant qu’ici, le touriste est vraiment vu comme un portefeuille. Les arnaques sont nettement plus légion qu’ailleurs (on en sera encore la victime avec le trajet de bus que l’on va faire pour quitter le pays) même si c’est pour de petites sommes. Les logements sont moins chers qu’ailleurs mais moins confortable aussi, le wifi est une denrée aléatoire et la nourriture ne restera pas comme un souvenir impérissable dans nos têtes. Il y a par contre vraiment matières à découverte pour ceux qui aiment les beaux paysages et les sites originaux ! Le plus gros bémol: la pollution causée par les comportements des gens (comme au Pérou mais pas en Equateur !) !

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