Jour 56 à Jour 61: Sucre – Potosi, deux visages de la Bolivie et une expérience incroyable !

Durant les quatre jours qui vont suivre, nous allons prendre le temps de soigner mon épouse (et oui … encore !) qui aura attraper un virus et d’explorer cette grande cité au charme certain. Pour une fois dans une ville d’Amérique du Sud, une cohérence architecturale aura été gardée dans le centre de la ville avec tous ces bâtiments de type coloniaux entièrement blanc.

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Elle est donc terriblement plaisante à l’œil même si comme partout, nous n’éviterons pas l’habituel cocktail klaxon/pollution du aux nombreux véhicules. Ville gouvernée par la droite dans un pays de gauche, on ressent clairement ici la différence dans la population: la plupart seront d’allure beaucoup plus riche et beaucoup plus européanisé dans leur style vestimentaire. Evidemment, la situation amène aussi son lot de mendiants, beaucoup plus nombreux que n’importe ou ailleurs dans le pays. Notons aussi que c’est ici que de nombreux restaurants tenus par des étrangers ont été ouverts, ce qui permet de manger varié (et bon) pour pas trop cher (du moins pour nos standards, même si les prix sont évidemment plus élevé que dans le reste du pays).

J’en profiterai pour aller me faire faire mon « tattoo-souvenir » et pour tenter de m’acheter une magnifique veste en cuir … Sauf qu’il n’y a que la plus petite taille disponible qui correspond à un homme bolivien « normal », rien pour ma carrure à moi ! Dommage, ça aurait été une super affaire mais c’est comme cela … et ça se répète avec un gilet qui m’avait fait de l’œil dans un autre magasin.

Claire, notre amie française, nous rejoint pour passer la dernière journée avec nous dans la ville et c’est aussi ce jour-là que nous ferons la connaissance d’Audrey, d’Aurélien, de Julien (tous français) et à un autre moment d’Andy (un suisse). A part ce dernier, nous mangerons tous ensemble lors de notre dernière soirée dans cette ville agréable mais dans laquelle – soyons honnête – il n’y a pas grand chose à faire si ce n’est se promener. Que ce soit sur la très belle place principale très arborée …

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Ou dans le parc Bolivar situé juste en face de notre guesthouse, entouré d’un anneau en macadam ou des joggeurs (!) s’entraînent le dimanche. On peut même y voir une hideuse réplique de la Tour Effel en son centre, offrant une vue sur … rien ! Mais dans l’absolu, ce n’est clairement pas la ville la plus intéressante en Bolivie et c’est donc plutôt content qu’au matin de notre cinquième jour ici, nous montons dans un taxi direction le terminal de bus !

Notre prochaine étape se nomme Potosi, ville de plus de 100.000 habitants la plus haute du monde (alors que La Paz est la capitale la plus haute), et qui a comme particularité d’avoir été il y a deux ou trois siècles la ville la plus riche du monde !

Nous prenons donc un bus de la compagnie 6 de Agosto qui pour 20 bob va nous emmener en quatre heures jusqu’à cette cité perchée à plus de 4000 mètres d’altitude. Il est donc près de 14h quand on nous dépose sur un trottoir – non loin du terminal – de cette ville à l’allure … rébarbative. Nous décidons de d’abord nous rendre jusqu’à ce dernier afin de déjà prendre les renseignements sur le bus que nous devons prendre dans deux jours en direction de Tupiza. Comme nous avons besoin de prendre un des deux seuls bus partant au matin (tous les autres faisant le trajet de nuit), nous voulons savoir quand est-ce qu’ils démarrent exactement. Un panneau récapitulatif très pratique se trouve à l’entrée et nous n’aurons même pas besoin de faire le tour (littéralement, le terminal étant complètement rond) des différentes compagnies. Ensuite, il ne nous reste plus qu’à trouver un taxi connaissant l’hostel ou nous souhaitons descendre mais dont nous n’avons pas l’adresse … C’est à ce moment ci que nous nous rendons compte que nous avons oublié notre guide à Sucre !

Une quinzaine de minutes plus tard, nous voilà déposés dans une petite ruelle devant l’hostel. Pas de souci, ils ont une chambre matrimoniale pour mon épouse et moi (avec un lit … gigantesque !) et un lit en dortoir pour Claire. C’est déjà un problème en moins ! La deuxième chose que je devais absolument faire était de réserver l’excursion que je souhaite faire le lendemain et je n’ai même pas à me déplacer: l’hostel Koala Den propose un tour à la mine pour 120 bob par personne, tour déjà conseillé par d’autres gens rencontrés plus tôt dans notre voyage. Il y a de la place pour le départ de 8h30, c’est parfait, j’ai fini ce que je voulais faire aujourd’hui ! Claire ressortira brièvement manger un petit quelque chose avec Andy le suisse qui vient de débarquer à son tour à l’hostel tandis que nous profiterons d’internet. Au soir, étant donné que nous n’avons pour notre part encore rien avalé de consistant, nous ressortons sous la pluie qui s’est mise à tomber afin de manger quelque chose. Le restaurant que nous visions n’existe apparemment plus et nous nous rabattons sur un autre proposant une variété incroyable de pizza (plus de soixante !). Elles ne resteront pas dans les annales mais quand on a faim, on se contente de ce que l’on a et après cela, nous rentrons tous nous coucher !

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire ! Je me réveille donc avec pas mal de lecture informatique de tout plein de personnes qui ont pensé à moi. Je suis donc gonflé à bloc pour aller prendre un très bon petit-déjeuner avant d’être appelé par un homme qui sera notre guide pour l’excursion à la mine. Nous payons ce que nous devons et on nous demande de patienter quelques instants sur le trottoir. C’est à ce moment-ci que je fais la connaissance d’un adorable couple de jeunes compatriotes: Gil et Charline en voyage eux-aussi pour plusieurs mois en Amérique du Sud. Je dois avouer que je suis bien heureux d’avoir des gens avec qui parler car le reste du groupe n’est composé que d’anglais et de portugais (à peu de choses près) et je n’ai aucune envie de faire l’effort de parler une autre langue aujourd’hui !

Lorsque tout le monde est prêt, notre guide nous demande de le suivre en ville jusqu’à rejoindre une navette stationnée à quelques minutes de là. Nous embarquons tous pour un court trajet qui nous fait prendre encore un peu d’altitude jusqu’à arriver au local des guides ou on nous demande de nous asseoir. On nous explique alors le fonctionnement de la demi-journée et on nous demande dans quelle langue nous souhaitons faire le tour. Dans un premier temps, tout le monde sauf Gil et Charline demande en anglais mais voyant que nous allons être séparé, j’opte finalement en compagnie de trois portugais pour le tour en espagnol. Ce dernier s’étant bien amélioré, je devrais arriver à suivre sans trop de problème et ça me permettra de continuer à m’entrainer. Nous serons donc un groupe de six tandis qu’en anglais, ils seront une dizaine. Il est temps ensuite de s’équiper et pour cela, on nous remet d’abord une blouse ainsi qu’un pantalon à enfiler au dessus de nos autres vêtements, une paire de bottes et on finit par se faire accrocher une ceinture sur laquelle on fixe la batterie de la lampe frontale accrochée à notre casque. Total look de mineur ! On nous demande ensuite de laisser nos sacs à dos dans le local car c’est incompatible avec la visite ainsi que nos chaussures. Méfiance justifiée ou parano inutile, quoi qu’il en soit je me retrouve donc avec mon reflex ainsi que ma Gopro sur les bras … Pas très malin de ma part !

Quand tout le monde est prêt, nous repartons jusqu’à la navette qui cette fois nous emmène jusqu’au marché des mineurs. Il est de coutume d’acheter des petits cadeaux utiles aux mineurs qui doivent affronter des conditions extrêmes en plus de notre œil – il faut l’avouer – un peu voyeur. Nous commençons donc par le magasin de matériel ou notre guide nous explique alors la différence entre matériel bolivien et étranger (américain, français et même chinois) et les prix qui vont avec: on passe du simple au quintuple voire à dix fois le prix de base pour du matériel tel qu’un casque, qu’une foreuse ou bien de la dynamite ! C’est bien cette dernière qui fascine tout le monde car il faut avouer qu’il est bien rare d’en approcher ou même d’en voir autrement que derrière sa TV. Notre guide nous explique donc son fonctionnement: un tube en carton que l’on remplit avec du nitrate d’ammonium en poudre auquel on adjoint bien évidemment une mèche plus ou moins longue en fonction de la durée souhaitée.

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Il nous fait une blague qu’il doit faire à chaque groupe mais qui fait malgré tout son petit effet: dans ce minuscule local, il laisse tomber un bâton complètement assemblé par terre ! Nous avons tous un inutile mouvement de recul mais nous comprenons tout de suite qu’on nous fait marcher: il n’y a en effet aucun risque à cela, le seul moyen pour la faire exploser étant d’allumer la mèche ! Vendu au prix de 25 Bob l’unité (à peine plus que trois euros), nous en prenons tous un pour les mineurs avant de passer à l’étape suivante …

Nous sommes aujourd’hui un vendredi et c’est un jour spécial pour les mineurs ! En effet, c’est aujourd’hui qu’ils vont sacrifier au rituel de l’alcool à … 96% qu’ils vont boire en assez grande quantité. Pour nous montrer à quoi nous attendre, notre guide (dont je dois avouer que j’ai complètement oublié le nom mais qui était le « responsable » de tous les autres guides) nous fait « déguster » un capuchon d’alcool en oubliant pas d’en verser quelques gouttes pour la Pachamama (la Terre-Mère), pour les autres et pour trouver un maximum de minerais. Ensuite, c’est cul-sec et comme c’est mon anniversaire (et que le guide se charge de me le rappeler toutes les deux minutes) je suis le premier à essayer ! Un peu surpris, c’est beaucoup moins mauvais que ce à quoi je m’attendais et si on ressent bien évidemment le passage de l’alcool dans la gorge, c’est moins fort que ce que je craignais ! Quand tout le monde y est passé, nous sortons de la mini-boutique afin d’aller à un autre étal afin d’acheter cette fois des boissons sucrées pour les mineurs. Tout le monde se fend d’une grande bouteille d’une boisson fluorescente à laquelle ils sont parait-il accrocs avant de filer vers un dernier étal pour acheter – à notre convenance – coca (la feuille), cigarette et alcool à 96%. Tout le monde fait un peu son mix et finalement, je m’en sors pour 45 bob dynamite comprise. C’est peu cher payer par rapport à ce qui nous attend !

Nous réembarquons alors un peu plus haut dans notre navette qui va faire un nouvel arrêt cette fois dans l’usine de traitement du minerai d’argent. En quelque sorte, nous commençons d’abord par la fin de la visite car c’est ici que nous verrons comment il purifie à l’aide d’agents relativement dangereux (tel que le cyanure, poison mortel) et grâce à différents lavages ces minerais retirés à la mine que nous allons visitée.

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Nous aurons même droit à une trace d’argent « pur » sur notre main et nous pouvons constater à quel point celui-ci brille !

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Après que notre guide nous ai expliqué tout le processus, nous ressortons et je pose une question à priori anodine mais qui va entraîner une courte mais intense discussion: « Combien de temps as-tu été mineur ? » « 21 ans » me répond-il ! Et il continue alors en nous expliquant son point de vue concernant la visite de la mine par des touristes tel que nous. En gros, il a toujours divisé les touristes en deux catégories: ceux qui viennent comme des voyeurs sans souhaiter aucune interaction avec les gens qu’ils observent et ceux qui au contraire vont s’intéresser à ce dur travail ! Je pense qu’intérieurement, nous souhaitons tous les six qu’on nous considèrent venant de cette deuxième catégorie mais pour cela il va falloir le prouver ! Il nous explique aussi qu’il ne faut pas avoir peur si les mineurs nous paraissent brut de décoffrage voire même un peu insultant: c’est leur façon à eux de s’adresser aux autres, mineurs ou touristes et il ne serait pas rare de s’entendre interpeller par un bon vieux « Hijo de Puta » (je vous laisse la traduction) sans aucune animosité … Il est temps maintenant de réembarquer pour la dernière et surtout la plus importante des étapes: la mine à proprement parler !

Cette dernière est en exploitation depuis 490 ans et comme on peut l’imaginer, elle est percée de partout ! Notre guide nous emmène donc vers l’entrée qu’il utilisait en son temps et à peine arrivons-nous devant cette relativement petite ouverture dans cette immense montagne que le ton est donné: deux mineurs sont en train de pousser un wagonnet vide en direction de l’entrée en courant comme des dératés à plus de 4200 mètres d’altitude ! Nous mettons nos frontales en action et nous pénétrons à notre tour dans cet enfer souterrain !

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Il ne nous faut pas vingt mètres de progression dans le tunnel principal pour que la lumière derrière nous disparaisse et nous nous retrouvons à longer les rails à la suite de notre guide. Nous n’avons reçu qu’une seule consigne de celui-ci mais elle a le mérite d’être claire: quelque soit son instruction, il faut la suivre sans réfléchir ! En gros, si il nous dit de courir, on court et si il nous dit de nous mettre sur le côté, on obtempère. Il en va de notre sécurité car ici les accidents – parfois mortels – sont nombreux ! Et pour courir, je peux vous dire qu’on court et à cette altitude couplée au noir et au manque d’air, ce n’est pas une sinécure ! Régulièrement, il nous demande de nous jeter sur le côté pour laisser passer des chariots remplis jusqu’à la gueule de minerais en tout genre (outre l’argent, on peut aussi trouver du zinc ou du cuivre, nettement moins rentable …). En passant, il commence à distribuer les boissons achetées (nous avons auparavant tous mis en commun et c’est notre guide qui se charge de la distribution) au marché en les plaçant dans les wagonnets qui nous passent devant dans un bruit de tonnerre !

Après plusieurs centaines de mètres à ce rythme-là, on nous fait alors pénétrer dans une galerie dépourvue de rail et nettement plus calme. Elle est aussi nettement plus petite et a presque l’air à l’abandon mais après quelques dizaines de mètres, nous retrouvons l’accompagnateur de notre guide (dont on ne saura jamais le nom et qui n’est la que pour « préparer » le terrain) au pied d’une échelle complètement délabrée. On nous explique que l’on va devoir grimper par là mais que comme on peut le constater, il n’y a plus de barreaux au début. Il va donc falloir grimper en s’aidant de la paroi et des moignons de bois qui existent encore pour atteindre une minuscule grotte ou travaille Donpoli (désolé pour l’orthographe), un mineur au visage fatigué et grand ami de notre guide. Nous le surprenons en train de préparer ses bâtons de dynamite et après les présentations s’ensuit une conversation des plus intéressantes sur la condition du mineur. Nous sommes assis là à neuf (six plus Donpoli plus notre guide plus l’accompagnateur) au fin fond d’une immense montagne et je peux vous dire que la sensation est des plus étranges ! Notre « hôte » nous explique alors qu’il doit maintenant s’aventurer dans une minuscule galerie derrière nous afin d’y placer ses charges et de continuer son travail. Il nous propose à tous de le suivre tout en sachant que quand il aura allumé la mèche, nous n’aurons que 45 secondes pour revenir nous mettre à l’abri ici. Nous sommes tous là pour vivre l’expérience jusqu’au bout et nous souhaitons tous l’accompagner.

S’ensuit alors une courte mais intense escalade dans un tunnel dans lequel nous sommes à moitié obligé d’avancer courbé en deux. Il fait chaud, il y a très peu d’air, les pierres à nos pieds s’effondrent sur la personne qui nous suit et nos casques raclent régulièrement sur le « plafond » jusqu’à arriver – à bout de souffle – dans une grotte encore plus petite que la précédente ! Vu le temps qu’il nous a fallu pour arriver jusque là, il est clair que nous n’aurons jamais la possibilité d’arriver en bas dans les délais impartis et cela, tout le monde l’a bien compris. Nous resterons donc tout le temps qu’il faudra à Donpoli pour percer les trous ou il installera ses bâtons dans ce minuscule endroit tout en écoutant toutes les explications qu’il aura à nous donner. Gil et moi sommes les deux seuls à être rester debout mais au bout de presqu’une demi-heure, nous sommes obligés faute d’air de nous asseoir comme tout le monde. Quelques minutes plus tard, on nous demande alors de redescendre jusqu’à notre point de rencontre en attendant que les charges explosent. Il nous aura fallu à huit presque 4 minutes pour redescendre à l’abri mais Donpoli bouclera le trajet en moins de vingt secondes ! Il aura même le temps de remettre un peu d’ordre (façon de parler) dans ses minerais avant que nous n’entendions trois bruits très sourds qui ne manque pas de nous faire sursauter. On avait beau s’y attendre, une légère appréhension (ou excitation) s’était emparée de nous tous en attendant l’explosion et nous n’avons pas été déçu ! Mais manifestement il y a quelques choses qui dérangent les trois professionnels: une charge n’a pas explosé ! Pour la blague (et comme c’est toujours mon anniversaire !), notre guide me tend une boite d’allumette afin que j’y retourne ! Comme disent les jeunes: « LOL » ! Il nous explique alors qu’il faut attendre jusqu’à trente minutes avant d’y retourner car c’est le temps pendant lequel la charge peut encore sauter. Il ne faudra pas attendre tout cela et alors que je venais d’éteindre ma caméra, la dernière explosion a lieu !

Pendant l’heure (voire l’heure et demi, difficile de dire dans ces conditions) qui suit, nous partagerons alcool à 96% – pur et dilué – avec Donpoli pendant que celui-ci accompagné de notre guide nous explique quantité d’anecdotes sur la vie ici. J’apprends avec stupeur que notre hôte a le même âge que le mien alors qu’on lui en donne quinze de plus et qu’il a commencé à travailler ici quand il n’avait pas encore quinze ans ! Il nous explique aussi que son père est décédé dans ses lieux et que ses deux frères y ont chacun eu des accidents ! C’est face à un véritable déferlement d’émotions que nous devons faire face, partager entre l’envie de rire aux pitreries et autres blagues de nos conteurs et l’envie de pleurer ses gens à la vie sacrifiée pour le reste de leur famille … Difficile dans ses conditions de savoir sur quel pied danser et finalement nous prenons tous le parti de continuer à trinquer avec eux en les regardant d’un œil plein de respect. Le temps est vite passé et c’est pas mal (trop dans ces conditions) alcoolisé qu’il faut maintenant faire demi-tour. Nous disons donc au revoir à Donpoli, non sans lui refiler toute l’eau (et la dynamite) qu’il nous reste et dont il aura bien plus l’utilité que nous.

Le chemin du retour se fera dans les mêmes conditions que l’aller si ce n’est que l’on fera un léger détour pour aller voir le pont de l’enfer. C’est une simple planche de bois suspendue à plus de sept mètres du sol que certains mineurs empruntent pour rejoindre d’autres sections de la mine. Pour venir ici, nous avons du nous même traverser un ensemble de planches suspendues assez haut elle-aussi mais rien de comparable à ce que nous avons devant les yeux. Nous nous empressons donc de repartir sur le chemin le plus simple pour assister à un évènement qui est une des causes principales d’accidents: des wagonnets qui se percutent ! En effet, juste devant nous, un chariot déraille légèrement. Le temps que les mineurs qui le poussaient tentent de le dégager, un deuxième puis un troisième puis un quatrième chariots arrivent à pleine vitesse pour percuter l’obstacle ! Ce sont des centaines de kilos (voire des tonnes) qui se rentrent dedans dans un bruit sourd ! Heureusement, à chaque fois, des cris répercutés par tous permettent d’éviter l’accident et personne ne se retrouve coincé entre deux wagonnets !

Il est temps ensuite pour nous de reprendre notre chemin au pas de course jusqu’à rejoindre la lumière qui nous éblouit complètement ! Nous sommes tous crevés et sales … Nous sommes tous surtout terriblement conscient de la chance que nous avons à faire des emplois aussi simple et aussi peu dangereux que les nôtres et je me fais la promesse de ne plus jamais (jamais étant peut-être un grand mot mais j’ai envie d’y croire, question de respect) me plaindre de ce que je fais ! Je pense aussi que cette visite (il y en a d’autres moins « sportive ») n’est pas à faire par tout le monde (claustrophobe, passé votre chemin si vous ne souhaitez pas être enfermé durant plus de trois heures sous terre et dans le noir !) mais que surtout, il ne faut pas avoir de remords à y aller. Les mineurs reçoivent quelques minuscules cadeaux mais je pense qu’il est important de se rendre compte qu’encore aujourd’hui, des gens vivent et travaillent dans des conditions que l’on qualifierait d’inhumaines chez nous. Bien sur, tout le monde le sait mais il est encore plus dur de le constater de visu ! Respect à ces gens !

Il est temps pour nous de rejoindre la navette ou l’autre groupe nous attend déjà pour retourner au local déposer notre équipement et reprendre notre sac. Nous pouvons aussi comparer nos expériences pour se rendre compte que là ou nous avons eu légèrement chaud, eux ont eu terriblement froid car ils sont descendus de plusieurs niveaux. Ils n’ont par contre pas pu assister à l’explosion de dynamite ni même vraiment eu l’opportunité de discuter avec des mineurs (ces derniers ne parlant évidemment qu’espagnol et quechua). Après avoir dit au revoir à toute l’équipe, nous remontons une dernière fois à bord de la navette qui nous redépose dans le centre-ville.

Au soir, nous fêtons mon anniversaire en allant manger dans un très bon restaurant puis en allant boire un verre dans un bar bolivien qui retransmet le match de foot Brésil – Argentine. Fan de cette dernière équipe, je me retrouve bien seul au milieu de tous ces boliviens supporter de l’autre équipe mais qu’importe … Des évènements bien plus graves se déroulent au même moment en France et je ne peux m’empêcher d’y penser ! Journée riche en émotions qui se terminera sur le coup de minuit avant de devoir aller prendre notre bus le lendemain pour Tupiza, petit village à la frontière argentine.

En lien, la vidéo que j’ai réalisée de la mine. Il est bien évident que j’ai regretté amèrement d’avoir embarqué mon reflex qui en plus d’avoir pris beaucoup de poussières (il fonctionne toujours au jour d’aujourd’hui !) m’a été d’une complète inutilité !

 

Le lien à copier-coller dans une barre d’adresse:      https://youtu.be/BrSONG2n1oA

 

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