Jour 50 et Jour 51: Arrivée à La Paz et découverte de Tiwanaku

Il est 8h du matin lorsque nous retrouvons Giulia dans un petit restaurant ou nous avions si bien mangé la veille au soir pour un véritable petit-déjeuner. Lorsque celui-ci est avalé, nous nous séparons quelques minutes afin d’aller effectuer nos check-out respectifs avant de nous diriger vers la place de Copacabana ou se trouve les nombreux collectivos. Nous n’avons pas vraiment d’autres choix si nous souhaitons rejoindre La Paz sur le temps de midi car les bus ne partent que l’après-midi. C’est un bien pour un mal car même si les collectivos coûtent un peu plus cher (30 bob au lieu de 20 dans un bus), ils ont l’avantage d’être nettement plus rapide. Nous devons demander à l’une ou l’autre personne lequel nous devons prendre car ils sont nombreux à être sur le départ et après avoir réglé notre course, nous montons à bord d’un vieux combi Toyota hors d’âge. Comme nous avons acheté les dernières places, notre conducteur met le moteur en marche et nous voilà parti (les collectivos ne partent que lorsqu’ils sont pleins ou tout du moins lorsqu’ils ont atteint un nombre minimum de passagers).

Le trajet sera dans sa première moitié de toute beauté car nous contournons le lac Titicaca pendant une bonne heure. Seul petit bémol – et comme nous l’avions déjà vu au Pérou -, il y a énormément de déchets sur le bord des routes ! Encore et toujours cette horrible manie qu’ont les gens de balancer tous leurs déchets par la fenêtre! Alors que nous n’avions cessé de grimper, nous redescendons brusquement au niveau du lac et lorsque nous l’avons rejoint, notre chauffeur nous demande de descendre. La raison ? Le fait que l’on doit maintenant traverser un fin « détroit » sur un petit bateau pendant que notre véhicule effectuera la même traversée sur un bac.

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Il faut bien évidemment s’acquitter d’un droit de passage (deux bob par personne) et lorsque tout le monde est là, nous traversons le lac en à peine dix minutes. Nous pouvons voir plus loin notre collectivo, reconnaissable grâce aux housses oranges fluos de nos sacs à dos sanglé sur le toit. Quelques minutes plus tard, notre chauffeur apparaît et nous revoilà partis. En tout, cette petite traversée nous aura pris moins de trente minutes montre en main, ce qui n’est pas si mal ! La suite du trajet sera extrêmement monotone et particulièrement pénible car la quasi totalité de la route est en travaux. On passe donc notre temps à être dévié et à rouler sur des pistes provisoires et défoncées, le tout a une vitesse de tortue. Lorsqu’enfin ça s’achève, c’est pour arriver dans la banlieue lointaine de La Paz, endroit franchement pas très joli à voir. On peut y voir de très nombreux commerces mais la quasi-totalité est fermée … Par contre, tout le long de la route, de nombreuses personnes et véhicules se pressent faisant à peu près n’importe quoi devant ceux déjà engagé sur la route. Forcément notre vitesse s’en ressent encore mais nous finissons par arriver dans le quartier d’El Alto, partie haute et pauvre, de la capitale de la Bolivie.

Contrairement à la plupart des villes dans le monde, ici les riches vivent en-dessous des pauvres, car il fait plus chaud et plus respirable à 4000 mètres d’altitude qu’à 4200 (ce qui en fait la capitale la plus haute du monde !). Construit dans un amphithéâtre constitué par les hautes montagnes andines, le cœur de la ville se trouve donc tout au fond, lieu vers lequel se dirige notre collectivo. Après de multiples arrêts pour déposer tout le monde là ou il le souhaite (pratique insupportable tant on perd du temps à chaque arrêt, certains se faisant à moins de cent mètres du précédent), nous arrivons en face d’un immense cimetière ou une immense foule se presse. Partout des badauds traversent la chaussée n’importe comment et il y a énormément de vendeurs ambulants partout sur les bas-côtés. Qu’est ce qui peut bien se passer ? C’est ici le terminus et nous sommes abandonnés tous les trois au milieu de tout ce monde avec nos gros sacs sans savoir même ou nous sommes dans la ville. Heureusement, mon guide du routard contient un plan et un gentil policier va pouvoir m’aider à me situer. Petite déconvenue, nous comprenons enfin pourquoi tant d’effervescence. Avec tout cela, nous avions oublié que nous étions le jour de la fête des morts, férié et terriblement respecté dans le pays. Ce qui implique que nous allons devoir marcher durant trente minutes jusqu’à l’hostal ou j’ai réservé car toutes ces rues sont fermées à la circulation. Heureusement, nous devons nous diriger vers le bas sans jamais avoir une seule côte à gravir, chargé de nos sacs à cette altitude ! Dès que nous atteignons enfin les parties roulantes, il est temps pour nous de nous séparer de Julia qui espère trouver un bus direct pour Uyuni. D’après ce que l’on nous a dit, ce n’est pas gagné d’avance à cause de la date et à tout hasard, je lui laisse les coordonnées de notre hostel qui se trouve à quelques minutes de là. En chemin, j’ai encore essayé de retirer de l’argent, toujours sans succès ! Je commence à vraiment m’inquiéter pour cette histoire car nos réserves de liquide sont quasi à sec ! Quelques minutes plus tard, nous voilà dans le hall de notre hostel (vu la taille, c’est même quasi un hôtel !) et la charmante personne de l’accueil me rassure après que je lui ai expliqué mon problème de carte: c’est jour férié et il est impossible d’obtenir de l’argent dans les distributeurs ces jours-là !

Après avoir pris possession de notre chambre, nous ressortons aussitôt afin d’aller manger un morceau dans l’excellent restaurant italien situé juste en face. Le reste de l’après-midi servira à traiter les photos et à écrire un article jusqu’à ce qu’il soit l’heure de retrouver notre amie Claire, présente en ville depuis quelques jours. Nous retournerons alors manger au même endroit avant de nous séparer pour la nuit.

Le lendemain, ma première action est d’aller tenter de retirer de l’argent. Et miracle, ça marche sans souci ! Alléluia ! Nous voilà donc tranquille, nous allons pouvoir effectuer le programme prévu aujourd’hui, à savoir nous rendre au temple de Tiwanaku à une heure et demi de collectivo de la ville. Nous retrouvons Claire à l’heure prévue et au lieu de prendre un taxi pour retourner au cimetière de la veille, cette dernière nous propose de prendre le téléphérique surplombant la ville et menant le passager du centre de la ville au quartier (très) surélevé d’El Alto. Il se prend à une grosse dizaine de minutes à pied de notre position, nous n’hésitons donc pas.

Claire nous guide donc à travers quelques rues jusqu’à ce que nous arrivons sur le lieu d’une ancienne gare. Le point de départ du terminal flambant neuf (il a moins de deux ans !) se trouve là et pour trois bolivianos, nous pouvons embarquer dans notre œuf rouge pétant. Construit afin de fluidifier le trafic « bas-haut » et de diminuer la pollution, il existe en réalité trois lignes reconnaissable à leur couleur. Vu le succès rencontré – il faut avouer que c’est nettement plus facile de grimper comme cela pour une somme vraiment dérisoire – six ou sept autres lignes sont en projet afin de continuer sur cette lancée. De là-haut, nous avons une vue magnifique sur les hauts sommets enneigés qui surplombent la ville ainsi qu’un aperçu global de celle-ci !

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Nous descendons au seul arrêt intermédiaire qui se trouve être de l’autre côté du cimetière et après avoir demandé notre chemin, nous traversons celui-ci. Forcément, ce dernier est complètement fleuri et chaque tombe est décorée de nombreux objets insolites pour nous: boissons type coca ou bière, fausse fleur en plastique qui chante et qui danse, petite voiture, …

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Alors que nous sommes enfin arrivés sur la place ou nous a déposé le collectivo de la veille, nous nous mettons en quête de celui qui nous intéresse aujourd’hui. Je déclenche quasiment une bagarre entre personnes âgées lorsque je demande de l’aide à un policier. Ils sont alors trois à vouloir à tous prix nous aider sans pour autant être d’accord sur l’emplacement du collectivo. C’est finalement le policier qui gagne et qui nous emmène jusqu’à une petite rue (au croisement entre Eyzaguirre et Aliaga) ou nous trouvons ce que nous cherchions. Pour 15 bolivianos, ce dernier va nous emmener jusqu’au temple de Tiwanaku et sa fameuse porte du Soleil qui a servi à inspirer Hergé pour son aventure de Tintin et le Temple du Soleil. Nous allons par contre attendre une grosse dizaine de minutes, le temps de trouver les deux derniers clients pour remplir le collectivo.

Je suis pour ma part assis à côté d’une vieille dame, juste derrière le chauffeur. Cette dernière passera l’heure qui suit à faire un long monologue (elle connait apparemment toute sa famille) sur un ton monocorde. Même lorsque le chauffeur décroche son téléphone, elle continue à parler. J’essaye bien de lui faire remarquer mais elle continue sa longue litanie à laquelle je n’essaye même pas de comprendre quoi que ce soit et je finis comme tout le monde (je pense du moins) par espérer qu’elle va se taire. Evénement qui se produira une demi-heure avant notre arrivée et alors que nous traversons des paysages d’une grande beauté: de hauts plateaux herbeux délimité par des petits sommets rouges. Nous passerons bien évidemment le temps qu’il reste à déposer les différents locaux ne souhaitant pas aller jusqu’au terminus jusqu’à enfin arriver à notre but. Il est finalement presque midi et avant de nous lancer dans l’exploration des lieux, nous allons manger un détestable et cher repas au restaurant situé juste en face de l’entrée.

Quand nous sommes prêt, nous nous présentons au guichet d’entrée pour constater que l’entrée est très cher pour le pays et surtout complètement injuste: 80 bob pour les étrangers, 10 pour les locaux et 3 pour les étudiants ! Déjà que cette manie de mettre des prix différents pour les étrangers est clairement discriminatoire, ici il pousse le bouchon à nous faire payer huit fois le prix ! Un petit peu plus passe encore mais là, c’est vraiment de l’abus ! D’autant plus que nous avons clairement l’impression de déranger l’employé et qu’il a en plus le culot de nous proposer les services d’un guide à 120 bob supplémentaires. Je n’essaye même pas de marchander car de toute façon, nous estimons tous les trois avoir déjà suffisamment payé pour … rien !

Car en effet – et contrairement à ce que dit notre guide du routard – ce lieu est une véritable arnaque ! Rien ou presque n’est dégagé et les seuls éléments intéressant (comme la fameuse porte du Soleil) sont entourés d’une horrible corde couleur bleue électrique avec des panneaux. La moindre photo portera donc l’empreinte inesthétique de ce choix de couleur farfelu si nous ne nous contorsionnons pas afin de réaliser un cadrage pas trop dégueu. De plus, il n’y a évidemment aucune explication afin d’encourager le business des guides ce qui fait qu’au bout d’une grosse heure, nous avons bouclé le tour imposé par ces horribles barrières. Je n’ai franchement pas envie de m’étaler sur cette partie de la visite tant celle-ci est décevante. Je ne mettrais donc que quelques photos des parties qui sortent légèrement du lot.

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L’entrée que nous avons payé nous donne aussi accès aux deux musées présent devant le site. Le premier présente une statue découverte par je ne sais plus quel archéologue et mesurant sept mètres de haut. Pour une fois, celle-ci est très bien mise en valeur dans une grande salle ou elle trône seule au milieu d’une sorte d’amphithéâtre. Malheureusement – et à croire qu’ils le font exprès – les photos sont interdites avec ou sans flash ! Même pas possible d’essayer car le vigile nous collera aux basques durant toute notre visite avec un air de celui qui nous déteste juste parce qu’on l’empêche de rien faire. Une petite salle attenante présente quelques autres pièces découvertes sur le site mais pas grand chose de transcendant à se mettre sous la dent. Nous ressortons afin de nous diriger vers le deuxième hangar ou nous trouvons porte close. Je fais signe au cerbère pour lui demander si je peux ouvrir et devant sa réponse incompréhensible, j’ouvre la porte. Celui-ci arrive alors en vitesse afin de nous prévenir que normalement nous ne pouvons pas entrer car son collègue charger de surveiller cette salle est parti manger. Comme ce n’est pas notre problème, nous entrons malgré tout avec notre fidèle chien de garde – bien embêté de laisser sa salle sans surveillance – pour voir encore d’autres petites statues déterrées par ici. Le tout avec un fond pop-art du plus laid effet ! Mais nous faisons exprès de trainer au milieu de toutes ces pierres afin d’augmenter son malaise jusqu’à ce qu’on décide de ressortir. Il s’empresse alors de verrouiller la porte afin que ça ne se reproduise plus (au grand dam d’un des rares touristes présent ici) et fonce surveiller sa statue.

Nous ressortons donc de ce musée pour pénétrer dans celui juste à côté et qui présente des céramiques dans une dizaine de vitrines. Encore une fois, très très peu d’explications et en à peine dix minutes, nous avons fait le tour des lieux. Après un rapide passage aux toilettes (tiens c’est gratuit !), nous ressortons dans la chaleur des lieux.

Le chauffeur de l’aller nous avait prévenu qu’aucun collectivo ne repartait avant 14h et que la plupart d’entre eux s’arrêtait à El Alto. Lui propose pour le même prix de nous redéposer au cimetière à la condition que nous soyons au moins six passagers. Il en a déjà un plus nous trois, il en manque encore deux. Je tente bien d’aller chercher un des rares touristes trainant dans le coin mais je lui fais apparemment peur (c’est vrai qu’il ne fait que 20 centimètres de plus que moi !). Mon épouse joue à la rabatteuse en gueulant à tue-tête: « La Paz, La Paz, La Paz » mais vu qu’il n’y a à peu près personne, ça ne sert pas à grand chose. Finalement, le grand Letton que j’avais effrayé se laisse convaincre par les deux femmes de venir. Reste plus qu’un qui n’arrivera jamais et comme nous en avons tous un peu marre d’attendre, nous proposons au chauffeur de payer la place supplémentaire.

Il ne se fait pas prier et démarre direction le village de Tiwanaku quelques centaines de mètres plus loin. Suprême arnaque, il se présente à un carrefour ou il remplit son collectivo en une fois pour aussitôt faire demi-tour et revenir à son point de départ. Cet enfoiré savait pertinemment bien qu’en allant là-bas il aurait son nombre de passager mais il refusera de nous rendre l’argent: un deal est un deal et il nous a fait payé avant de démarrer ! Bon, on en est quitte pour l’équivalent de 40 centimes d’euros chacun mais c’est le principe. Sur la route du retour, il arrivera à remplir complètement son van et une heure trente plus tard, nous voilà de retour dans La Paz … Sauf qu’il y a une circulation démentielle à cette heure-ci et nous n’avançons qu’au pas. Arrivé au niveau de l’église San Francisco, nous descendons car nous ne sommes plus très loin de nos logements respectifs. Il est déjà presque 17h et nous avons encore deux choses à faire: nous rendre au terminal de bus afin de réserver nos tickets de bus pour le lendemain (en passant au préalable chercher de l’argent à notre hostel) et aller acheter quelques petites choses au marché situé non loin. Nous décidons de nous répartir les tâches: à moi les tickets de bus pendant que les deux femmes vont faire des courses ! Mais avant cela, Claire nous propose de passer voir à l’agence de voyage située à son hostel si par hasard ils peuvent passer des coups de fils pour nous aider.

Après avoir effectué mes propres recherches, je suis sur qu’il y a beaucoup de bus qui partent à Cochabamba – notre prochaine étape – et ce dès le matin. Mais à mon hostel, la propriétaire m’avait assuré que ce n’était pas possible et que le premier partait dans l’après-midi, ce qui ne m’arrangeait pas du tout. J’explique cela à l’employée que j’ai en face de moi et elle se met à passer des coups de fil jusqu’à nous trouver des places dans un bus de la compagnie Cosmos et qui démarre à 7h30. C’est parfait, ça devrait nous laisser la possibilité d’enchainer avec un collectivo jusqu’à notre destination finale: le parc national Torotoro ! On lui paye les 60 bob par personne et elle nous imprime alors un voucher. Une chose de moins à penser, je rentre donc seul à l’hostel pendant que mon épouse et notre amie parte de leur côté. Au soir, nous retournerons manger dans ce bon petit restaurant italien avant de nous fixer un rendez-vous pour assez tôt le lendemain !

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