Jour 31 à Jour 34: La Vallée Sacrée et le Machu Picchu

Réveil tranquille ce matin, nous ne devons libérer la chambre qu’à dix heures et nous ne comptons prendre le bus pour Pisac qu’au début d’après-midi. J’en profite donc pour écrire mon récit des jours précédents, d’abord dans la chambre puis dans la cour de l’hostel quand l’heure est dépassée et vers midi, nous partons tous les trois vers le centre-ville. Claire a enfin pris sa décision et souhaite nous accompagner au Machu Picchu mais pour se faire, il faut qu’il reste des places. Nous repassons donc par la petite agence sur la place ou nous avons acheté nos billets de bus. Bonne nouvelle, il reste de la place dans le train pour y aller et pour y accéder. Il faut savoir que le nombre de visiteurs est limité à 2500 par jour pour protéger le site même si nombreuses sont les personnes qui pensent que ce quota n’est pas vraiment respecté … On nous a rapporté le cas d’un gars qui a acheté un ticket ne lui donnant accès qu’après 13h, heure à laquelle la majorité des personnes sont parties … Business is business … Elle achète donc un aller et l’entrée et pendant que la dame finalise la transaction, nous partons mon épouse et moi en vitesse au marché acheté des sandwichs pour nous trois avant de nous retrouver au lieu que l’on s’était fixé.

Nous retournons donc à la compagnie de la veille (c’est le même trajet que pour les temples sauf que cette fois nous irons au terminus de la ligne) et nous achetons nos billets. C’est exactement le même prix pour l’intégralité du trajet que pour descendre au tiers … Est-ce que l’on se serait fait un peu arnaquer la veille ? Enfin bon, à moins d’un euro le trajet, la perte n’est pas bien grande … Une dizaine de minutes plus tard, le collectivo se met en route avec d’abord une dizaine de personnes à son bord puis au bout de quelques minutes, une quarantaine. C’est à ce moment-là que je ferme les yeux et que je m’endors.

Je finis par ouvrir les yeux pour constater que le bus est quasi vide et que nous sommes tout prêt de notre destination. En effet, une dizaine de minutes plus tard, le chauffeur annonce le terminal de la ligne et nous mettons pied à terre. Je demande le chemin de notre logement – une hospedaje ou chambre d’hôte en Amérique du Sud – à un policier qui m’indique une direction générale. Je demande quelques centaines de mètres plus loin à un autre de ses collègues en patrouille et celui-ci nous propose de le suivre, il va nous y emmener. Trop serviable monsieur l’agent, pas sur qu’on ferait pareil chez nous ! Quelques minutes plus tard, nous nous présentons tous les trois face à une grande porte cochère, un peu à l’extérieur du centre du village. Je sonne et une gentille dame vient nous ouvrir puis nous montre notre chambre qui donne sur sa petite cour intérieure. Claire va visiter avec elle une chambre simple mais le prix demandé est quasi le même que pour nous deux et est donc trop cher pour elle. Dommage, elle devra donc se rendre à l’autre bout du village, dans la petite hostel ou elle a réservé un peu avant et dont elle n’est qu’à moitié convaincue …

En attendant, nous expliquons à la propriétaire que nous souhaitons aller visiter les ruines de Pisac – un des sites majeurs de la Vallée Sacrée ou nous nous trouvons – et redescendre à pied jusqu’au village. Elle regarde l’heure (15h passée) et nous dit qu’il ne faut pas traîner car la nuit tombe à 18h et très vite. Elle nous appelle donc un taxi pour grimper au plus vite jusqu’à l’entrée du site, à une petite demi-heure de route du village (25 soles). Notre chauffeur a un peu de mal avec la boite de vitesse mais nous finissons malgré tout par arriver à l’entrée. Nous faisons perforer nos boletos avant de descendre de voiture quelques centaines de mètres plus loin. Ce que nous avons alors devant les yeux est tout simplement … sublime !

Des terrasses parfaitement parallèles plongent dans le vide en direction de la vallée, située 700 mètres plus bas.

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Des ruines en relativement bon état surplombent le site, à différents niveaux formant comme des petits villages. En réalité, trois gros points d’intérêt sont à faire. Le premier, juste après l’entrée, n’offre pas grand chose de plus comme vue que ce que l’on voit du chemin donc nous ne nous y attardons pas. Le temps nous est malheureusement compté et il nous faut faire des choix, nous décidons donc de monter tout de suite au site le plus élevé. Près de deux cents mètres de dénivelé sont à grimper pour pouvoir observer ces terrasses d’un peu plus haut et c’est bien essoufflés que nous arrivons au sommet, à plus de 3700 mètres d’altitude. Le vent souffle fort et froid, le tonnerre se met à gronder et nous sommes un peu embêtés. Nous n’avons pris avec nous que nos petits sacs pour ces trois jours dans la vallée et pas un vêtement de pluie. La propriétaire nous avait prévenu que le temps pouvait vite changer et nous n’avons plus qu’à croiser les doigts de ne pas nous prendre l’averse nationale sur la tête.

Nous redescendons finalement avec des images plein les yeux et l’appareil photo avant de partir vers le site suivant, en direction du chemin que nous devrons descendre par la suite. Pour nous y rendre, nous devons passé par le tunnel du puma (animal souvent cité car c’était la forme du Dieu de la Guerre Inca) veillé par une petite dame vendant des breloques.

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Elle essaye à tout prix de me vendre une bande pour rendre mon chapeau plus joyeux (ce sont ces mots) mais elle n’arrivera qu’à convaincre les filles de lui acheter un bracelet. Comme d’habitude, il faut négocier ferme pour ne pas passer pour des pigeons et après l’avoir payé, nous traversons le tunnel long d’une vingtaine de mètres mais dans lequel nous ne voyons rien. Heureusement que les téléphones sont maintenant équipés de lampe de poche car j’ai bien évidemment laissé ma vraie lampe de poche à l’hospedaje ! Juste derrière nous, notre vendeuse a remballé tout son matériel et rentre elle aussi au village. Nettement moins pressés qu’elle, nous prenons le temps de faire des photos de ces lieux incroyablement beaux. Le temps est toujours incertain mais pour l’instant, pas une goutte de pluie ne nous est tombé dessus et nous continuons à avancer en prenant des dizaines de clichés des différents sites que nous croisons. Seul un couple en tong est présent dans cette partie des ruines, nous ne sommes donc pas dérangés par la foule dans ce lieu à la beauté insoupçonnée !

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Alors que nous suivons notre chemin et que nous arrivons en vue du quartier de « l’hôpital », le chemin descend en une seule fois très fortement. Nous nous y engageons prudemment et commençons à descendre sur des cailloux qui roulent sous nos pieds. Une végétation drue et piquante (les épines faisant deux à trois centimètres de long) ne facilite pas la pose des mains au sol pour éviter de partir dans cette descente infernale. A mi-chemin, on est forcé de constater que si il y a eu un chemin ici, il n’a pas été utilisé depuis longtemps. Malheureusement, tenté de le remonter serait aussi dangereux qu’une perte de temps car la nuit va tomber dans maximum une heure et nous avons encore du chemin à parcourir. Nous continuons donc à descendre doucement afin d’éviter une mauvaise chute et au bout d’une bonne vingtaine de minutes, nous retrouvons un sentier bien fait. Plus de peur que de mal mais surtout une fameuse perte de temps, nous nous remettons donc en route après nous être nettoyé de cette terre rouge qui nous macule les mains. Mon épouse a bien pris deux ou trois épines dans les mains mais elle a réussi à les enlever sans problème, on devra juste bien nettoyer cela tout à l’heure.

De retour à flan de falaise, le vent qui nous avait épargné jusque là se remet à souffler apportant même quelques gouttes de pluies. Nous ne nous démontons pas et continuons notre progression en descente constante avec en ligne de mire, Pisac avant la nuit. Néanmoins, nous ne pouvons pas arrêter de prendre des photos de ce site splendide malgré la distance qu’il nous reste à parcourir. Le soleil commençant à se coucher offre un éclairage incroyable sur de nouvelles terrasses, toujours aussi symétriques.

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Finalement, après trois quart d’heure de marche depuis la fin des sites, nous arrivons en vue des premiers bâtiments et cinq minutes après les avoir rejoint, le soleil disparait. Claire finira par trouver le sac tant recherché à notre arrivée dans le marché qui est en train de fermer. Elle négocie un peu le prix et les deux femmes arrivent très vite à un accord. Tout le monde est content et nous revoilà parti vers notre hospedaje en passant par la place principale (pas vilaine mais complètement surchargée d’étals) et les minuscules rues avec une rigole centrale très profonde. Pour se déplacer rapidement ici, on utilise des espèces de tuk-tuk motorisé mais comme nous ne sommes pas loin, nous nous y rendons à pied malgré les nombreuses sollicitations. La proposition qui revient le plus souvent à cette heure-ci, c’est de nous ramener à Cusco car le dernier bus est parti. Apparemment, peu de monde passe la nuit ici et ils sont donc assez surpris que l’on refuse leur offre.

En effet, en ressortant manger, nous ne croiserons en tout et pour tout qu’une dizaine de touristes. Nous trouverons de quoi remplir notre estomac qu’après avoir minutieusement analysé les prix. Tout est incroyablement cher dans ce village et nous nous rabattrons donc sur du chaufa: du riz préparé à la sauce soja avec plein de légumes cuits et de la viande pour nous. Excellent et servi en tellement grande quantité que nous emporterons les restes pour notre repas du midi du lendemain ! Nous mettons ensuite Claire dans un tuk-tuk et nous rentrons à pied mon épouse et moi, heureux de cette belle journée !

Malgré un réveil un peu chaotique (de la bonne grosse musique de m**** s’est mise à résonner à 5h30 du matin sans que ça ne choque personne, c’est comme ça ici en Amérique du Sud !), nous sommes pleinement reposé et après avoir pris un bon petit-déjeuner (on a même eu droit à un œuf !), nous retrouvons Claire au lieu fixé la veille. Son expérience n’a pas été aussi positive car pour le prix qu’elle a payé, elle a eu droit à toute une série d’insectes mais ça ne l’empêche pas d’avoir la pèche et nous partons tous les trois dans la direction indiquée par un taxi duquel nous avons refusé les services. L’arrêt n’est pas très loin et lorsque nous arrivons, le collectivo est déjà là et prêt à partir. Pour trois soles par personne, il va nous emmener à une vitesse … indécente jusqu’au village d’Urubamba, carrefour principal de la vallée: d’ici, on peut aussi bien partir vers Cusco, vers Pisac ou vers Ollantaytambo (ou nous nous rendrons par la suite).

A peine sorti du bus que nous nous faisons interpellé par un taxi. Pour une fois, ça tombe bien car nous en cherchons justement un pour nous emmener voir deux sites inaccessibles par les transports en commun et que nous souhaitons ardemment visité: Moray et Las Salinas. Il faut aussi qu’il nous amène ensuite jusque Ollantaytambo, point de départ du train pour le village d’Aguas Calientes et du Machu Picchu. Evidemment, la discussion est serrée et nous passons de 120 soles pour l’ensemble du parcours et une attente d’une demi-heure sur chaque site à 100 soles puis à 90 après s’être un peu fait tiré l’oreille (et avoir vu ses collègues arrivés petit à petit voyant que nous ne tombions pas d’accord). C’est donc en faisant un peu la gueule qu’il nous fait monter dans sa grosse voiture relativement confortable.

Après une bonne vingtaine de minutes de route en direction de Cusco, notre chauffeur bifurque sur une piste ou attendent de nombreux taxis. Il est en effet possible pour économiser quelques soles de venir jusqu’ici en collectivo mais le gain est apparemment négligeable. Nous roulons à travers un décor splendide de plaines aux multiples couleurs encadrées par de hauts sommets, certains recouverts de neige éternelle. Pas le temps de s’arrêter mais même dans une voiture en mouvement, nous arrivons à prendre de belles photos tant le cadre est splendide. Nous arrivons finalement en vue de notre première étape – Las Salinas – qui se trouve quelques centaines de mètres plus bas. Déjà de si haut, la vue est splendide sur ses innombrables terrasses de sel, accrochées à une falaise. L’ensemble forme une sorte de patchwork aux différentes couleurs ou travaille encore quelques hommes courageux.

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L’entrée n’est pas comprise dans notre boleto et nous devons donc nous acquitter de dix soles par personne pour entrer dans le site. Dès que nous sommes descendus du véhicule, nous partons sans traîner jusqu’aux premiers points de vue, situés légèrement en hauteur. De si près, c’est encore plus beau et au fur et à mesure que nous nous avançons, nous nous rapprochons des terrasses.

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Le procédé est très simple: une eau riche en sel (naturellement) est mise à sécher sur ces petites terrasses et il ne reste ensuite qu’à attendre que l’évaporation fasse le reste pour récolter le sel. C’est bien là que le travail est le plus difficile car le soleil se reflète méchamment dans ces étendues blanches, brulant la peau sans défense. Ajoutez à cela le poids des sacs et la côte à remonter et vous comprendrez que le travail effectué ici est assez physique. Nous trempons ensuite notre doigt dans l’eau qui s’écoule avant de le lécher. Une chose est sure: c’est extrêmement salé ! Ensuite, nous remontons déjà pour rejoindre notre chauffeur (le site n’est de toute façon pas très grand et nous avons eu le temps d’en faire le « tour »), profondément endormi.

Nous remontons donc par le même chemin en direction du deuxième site: Moray à une petite demi-heure de là. Le décor est toujours aussi beau et nous finissons par arriver sur un parking ou s’empile pas mal de bus.

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Il y a effectivement foule mais le site est assez grand et tout le monde se disperse assez vite nous laissant tout le loisir de contempler ce que nous avons sous les yeux: une dizaine de terrasses rigoureusement parallèle et concentrique ! Ce lieu servait en réalité de laboratoire de recherche agronomique pour les Incas car à chaque étage, la température était différente: au centre et au fond, il y faisait plus chaud et ça se refroidissait au fur et à mesure que l’on remonte.

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Un chemin permet de descendre au bord de la première terrasse mais outre le fait que nous ne pensons pas voir mieux que depuis notre point de vue, nous n’avons pas vraiment le temps. Nous longeons donc « en hauteur » le site jusqu’à en voir un autre plus petit et à l’aspect plus ancien. Celui-ci est évidemment moins impressionnant mais il est tourné vers les montagnes au sommet enneigés et est donc aussi très photogénique.

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Après nous être assis sur un petit banc à l’ombre, nous sommes rejoints par un jeune brésilien qui a envie de parler. Nous échangeons donc avec lui pendant une petite dizaine de minutes avant de devoir lui dire au revoir. Notre chauffeur va nous attendre et Claire a son train plus tôt que le notre, il ne faut donc pas que l’on traine pour rejoindre Ollantaytambo.

Quarante-cinq minutes plus tard (et un arrêt rapide pour que notre chauffeur, qui n’avait pas l’air en forme, achète de la coca), nous nous trouvons sur la place d’un charmant petit village qui a pour particularité d’avoir gardé son plan d’urbanisme inca intact. Pas question ici de rues bien perpendiculaires mais bien à quelque chose qui ressemble beaucoup plus à ce que l’on connait, du moins dans la conception. Pour le reste, rien à voir car les maisons sont petites et peintes en jaunes pour la grande majorité et les rues sont assez étroites. Certains murs sont caractéristiques de la manière inca et l’ensemble est chapeauté par les ruines d’Ollantaytambo que nous irons visiter dans deux jours, à notre retour du Machu Picchu.

Nous accompagnons Claire jusqu’à la gare, située à une dizaine de minutes à pied de la place, et arrivés à destination nous mangeons les restes de notre repas de la veille. Nous nous séparons provisoirement ici et mon épouse et moi faisons le chemin inverse. En chemin, nous craquons pour une excellente glace à la Maracuya (fruit de la passion) avant d’aller nous poser sur le balcon d’un café pour profiter du temps qu’il nous reste à attendre notre train pour siroter un verre et prendre le soleil.  Je profite également du wifi et d’une prise électrique pour écrire mon récit dans lequel j’avais pris du retard pendant que mon épouse bouquine en admirant la vue que nous avons sur les ruines.

Après avoir été mangé rapidement un morceau, nous nous présentons à la gare muni de notre ticket. Après avoir passé le contrôle des billets et des passeports, on nous autorise à franchir la grille nous séparant des rails. Je demande à un employé si le train est déjà là et il m’explique que c’est le suivant. Des gens descendent du train, d’autres montent, on fait monter des « locaux » dans d’autres wagons en bref c’est un peu un joyeux bordel. Finalement, notre train arrive et on se présente au wagon que l’on nous a attribué puis après un nouvel examen de nos billets et de nos passeports, nous pouvons monter à bord et nous rendre à nos sièges. Peu de temps après, le train se met en marche et c’est parti pour un trajet de plus deux heures jusque Aguas Calientes confortablement installé. Le trajet ne présentera que peu d’intérêt car il fait nuit noire et nous ne verrons rien si ce n’est la fugitive vision d’une rivière légèrement en contrebas. Nous nous arrêterons trois fois assez longuement pour laisser passer un train venant dans l’autre sens (certaines portions ne comportant qu’un seul rail pour les deux directions) et d’autres fois de manières plus courtes pour qu’un technicien bascule un échangeur de rail (le train s’arrête, un homme saute du train et court jusqu’au levier avant de revenir en quatrième vitesse au train qui s’est déjà remis en marche).

Arrivé à Aguas Calientes, notre hostel nous a envoyé quelqu’un pour nous accueillir et nous amener jusqu’à l’hostel, situé à trois minutes à pied des rails et à une minute de la place. A première vue, le village ressemble un peu à un DisneyLand andin mais on verra mieux demain à la lumière du jour. En attendant, nous prenons possession de notre chambre avant de nous mettre au lit sans trop traîner. Je ne sors que quelques minutes afin de retrouver Claire qui me remet nos billets de bus qu’elle a acheté pour nous (12$ ou 37 soles pour un aller par personne).  Demain, c’est réveil à 4h pour aller admirer une des merveilles du monde moderne !

Le bus devant nous amener à l’entrée du Machu Picchu ne démarre qu’à 5h30 mais c’est avec trois quart d’heures d’avance que nous nous présentons au point de départ des navettes … Heeeeuuuuu ??? On a changé les heures ou quoi ? A cette heure-ci, il y a déjà une file de plus de deux cents mètres pour monter à bord ! Et quinze minutes après notre arrivée, une centaine de mètres de gens se sont rajoutés dans notre dos ! C’est quoi ce délire ??? Pas le choix, c’est comme ça, il faudra prendre notre mal en patience … Nous attendons donc les quarante-cinq minutes avant l’heure du départ et tel un ballet, tous les bus se mettent en place pour qu’à l’heure dite, on puisse commencer à embarquer. Ca va finalement très vite et il sera à peine 5h45 quand ça sera notre tour de monter à bord pour que moins d’une demi-heure plus tard, nous ayons gravi la petite montagne sur laquelle est perchée le fameux temple du Machu Picchu.

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Après le contrôle des billets et une dizaine de sollicitations venant de guides (60$ quelque soit la taille du groupe), nous pouvons enfin entrer dans l’enceinte de ce temple mythique, construit au XVème siècle de notre ère. Afin de ne pas gâcher notre surprise, nous ignorons volontairement le premier point de vue sur le site afin de monter en vitesse jusqu’au pont de l’Inca. De là, nous découvrons un site incroyable (mais beaucoup plus petit que ce à quoi je m’attendais, allez savoir pourquoi), relativement bien entretenu avec en toile de fond, la montagne Wayna Picchu que nous irons gravir d’ici quelques minutes.

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A ce moment-là, il y a encore peu de monde sur le site et nous pouvons faire des photos sans trop de dérangements. C’est à ce moment-là que nous retrouvons Claire qui n’a pas pris le bus mais a décidé de monter à pied jusqu’ici. Lorsque nous la retrouvons, elle a encore les joues bien rouges mais nous assure que la montée n’est pas franchement difficile. Malheureusement, nous ne pouvons pas rester discuter avec elle bien longtemps car nous avons rendez-vous dans une vingtaine de minutes au pied du Wayna Picchu, à l’opposé d’où nous nous trouvons actuellement. Nous traversons donc tout le site en suivant le chemin fléché et en ne prenant le temps que de faire quelques photos tant qu’il n’y a pas encore grand monde. Dès que nous le pourrons, nous reviendrons sur nos pas afin de prendre plus le temps d’admirer ce lieu magique.

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A 7h pile, nous sommes une petite centaine à nous présenter au poste de contrôle qui donne accès au sentier du Wayna. En effet, sur les 2500 personnes acceptés sur le site du Machu Picchu, seuls 400 (répartis en deux groupes de 200) auront le droit de gravir cette montagne mythique. Pour cela, il faut s’y prendre plusieurs mois à l’avance pour espérer avoir une place et payer bien évidemment un petit supplément. Lorsque c’est notre tour, on nous demande de remplir un cahier avec nos infos personnelles avant de nous laisser nous élancer dans une … descente ! Comme si cette montagne n’était pas déjà assez haute, il faut en plus d’abord descendre pour rejoindre la longue volée d’escaliers que nous devons gravir. Etonnamment, et malgré le monde présent, on ne se marche pas vraiment dessus même si de temps en temps nous laissons passer quelques personnes devant nous. On avait lu beaucoup de choses sur cette ascension, la plupart disant que c’était franchement horrible. Honnêtement, nous on a pas trouvé cela si difficile. Alors, oui pendant 53 minutes (pour nous évidemment) on a gravi des escaliers de formes et de tailles diverses – certaines marches étant assez haute – en s’aidant parfois de cordes pour faciliter l’ascension mais au final, c’est loin d’être compliqué et puis la récompense est tellement belle ! Car arrivé au sommet, la vue qui se dévoile devant nous est … magique !

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Nous ne sommes que deux cents mètres plus haut (en altitude pure, on a grimpé plus que cela) mais le Machu Picchu nous paraît minuscule !

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En face, la Montaña (même condition d’entrée que pour le Wayna, un peu plus haute mais moins recherchée car le point de vue est le même que lorsqu’on est sur le pont de l’Inca en plus haut) est complètement perdue dans les nuages et nous plaignons sincèrement les courageux qui en auront fait l’ascension pour ne rien y voir ! L’ambiance ici au sommet est calme, loin des foules qui se pressent sur le site. Tout le monde se respecte ici et personne ne cherche à déranger les autres, nous sommes – je pense – tout simplement heureux du spectacle que nous avons sous les yeux. Nous restons une bonne demi-heure à contempler ce monde merveilleux avant de nous décider à redescendre. L’autre possibilité aurait été de continuer à grimper sur quelques dizaines de mètres et de redescendre par l’autre côté mais ça aurait doublé le temps de parcours et malheureusement, le temps est en train de changer …  La redescente se fera sans souci et nous croiserons encore quelques personnes qui commencent seulement l’ascension à ce moment-là.

Alors que nous remplissons à nouveau le registre avec notre heure de sortie, les premières gouttes commencent à tomber. Juste à côté du poste de contrôle se dresse deux ruines encre garnies de leurs toits ou les gens commencent à se presser. Nous faisons pareils pour ressortir quelques minutes plus tard pour aller explorer le site en lui-même. Mais alors que l’on se balade depuis une grosse vingtaine de minutes, la pluie se met à tomber fortement, nous obligeant à nous réfugier dans l’arcade (assez large) d’une porte. Depuis notre point de vue, on voit les foules se disperser et tenter de trouver un abri avec la même pensée commune: « Espérons que cela s’arrête ! ». Malheureusement, une demi-heure puis une heure passe et ça ne fait que s’aggraver. Le propriétaire de l’hostel de Claire avait prévenu qu’il allait pleuvoir toute l’après-midi … En réalité, cela à commencer dès dix heures, obligeant beaucoup de gens à s’en aller. Nous décidons, la mort dans l’âme, de faire comme tout le monde et de nous rabattre vers l’entrée du site. Nous attendrons bien encore une petite demi-heure – j’en profite pour aller tamponner nos deux passeports du logo du Machu Picchu – puis nous décidons d’aller acheter un billet de bus pour redescendre, contrairement à notre idée première de redescendre à pied. Sauf que tout le monde a bien évidemment eu la même idée ce qui fait qu’il y en a au moins pour une heure de file avant d’atteindre les bus ! Trempé pour trempé, on décide alors de faire la descente à pied comme prévu !

Nous voilà donc à dévaler, pendant une heure, une rampe d’escalier continue. La pluie diminue bien un peu mais ne s’arrête jamais vraiment ce qui fait que nous trouvons cette portion longue et sans intérêt. En plus, il y a ici beaucoup de végétation, ce qui nous empêche d’apprécier les environs et d’estimer ou nous en sommes. Nous devons de plus faire attention à ne pas glisser car une (nouvelle) chute ici pourrait être dangereuse. Et quand enfin on rejoint la route qu’utilise les bus, c’est pour replonger de l’autre côté dans une nouvelle rampe d’escaliers et ce, cinq ou six fois. Un peu déprimant, je l’avoue mais nous finissons enfin par arriver face au pont enjambant la rivière séparant le village du site. C’est à ce moment-là que nous sommes content de ne pas avoir été trop en contact avec les bus car maintenant que nous partageons la même route, on se rend compte que les enfoirés de chauffeur ne ralentissent pas à notre approche, ce qui fait que si l’on ne s’écarte pas assez, on reçoit des giclées de boues ! Finalement, une petite demi-heure après, nous voilà enfin revenus -toujours sous la pluie – à Aguas Calientes.

Pour conclure cette visite, quelque soit les points négatifs que j’ai relevé (le prix, la foule et éventuellement les difficultés de marche), la visite du Machu Picchu est à faire ! C’est sans conteste un des sites les plus grandioses qu’il nous ai été donné de voir et on ne peut décemment pas passer à côté si l’on vient dans la région de Cusco !

Première chose à faire en arrivant dans le village, c’est d’aller récupérer notre sac à dos laissé à l’hostel avec ce qu’on avait pas embarqué pour la visite. Aucun problème, on remercie le staff et nous voilà parti sur la place, toujours sous la pluie. Notre train de retour pour Ollantaytambo n’est qu’à 16h22 et nous allons devoir trouver un endroit ou nous abriter, manger et éventuellement avec une connexion WIFI pour passer le temps un peu plus confortablement. Nous décidons que l’argent non dépensé dans le bus de retour va être investi en un bon repas et un bon apéro. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous choisissons le restaurant qui nous attire le plus à l’œil (et au prix) pour nous attabler. Nous en profiterons pour aller passer notre dernière tenue sèche aux toilettes avant de déguster notre repas.

Une heure avant le départ, nous sommes un peu contraint de quitter les lieux, la note commençant à devenir salée. La pluie s’est décidée à s’arrêter et maintenant un grand soleil brille, comme pour nous narguer. Nous allons sur la place nous asseoir sur un banc pour tenter de sécher nos gilets thermique (qui nous ont servis de veste aujourd’hui !) avant d’être chassé par des quantités de petits moustiques bien agressifs. De toute façon, il est bientôt l’heure donc nous nous mettons en route vers le quai ou nous étions arrivé. Sauf que surprise, ça n’a pas l’air d’être la ! Effectivement, un panneau indique une gare ferroviaire un peu plus haut dans la ville. Nous remontons donc la rue le long de la rivière en longeant un marché mais là, plus de panneau … Nous ne sommes pas les seuls à nous demander ou l’on doit aller et pour ne pas perdre de temps, je m’adresse à un groupe de femmes en train de converser. Ils sont malins, il faut traverser le marché pour touristes pour s’y rendre et vu que le seul prix que j’ai demandé (une bouteille d’eau de 50cl à cinq soles, à Ollantaytambo on paye 3 soles pour 2.5L !!!) était prohibitif, nous ne nous y attardons pas. Arrivé à la gare, il y a apparemment un problème avec un groupe de personnes très mécontent devant des guichets. Comme nous avons déjà nos billets, nous passons directement le contrôle de sécurité et une grosse vingtaine de minutes plus tard (dans une espèce de foutoir organisé), nous embarquons exactement dans le même wagon et aux mêmes places que la veille.

Le trajet retour sera un peu plus court (à peine deux heures) mais se fera surtout de jour. Nous pourrons donc à loisir admirer la vallée splendide dans laquelle circule le train, en longeant la rivière. Comme à l’aller, le technicien saute du train en marche pour changer l’aiguillage et comme à l’aller, nous laissons passer des trains (mais moins de fois). Lorsque nous arrivons à Aguas Calientes, la nuit est tout à fait tombée et afin d’éviter de remonter à pied -et dans le noir- la longue rue sans trottoir qui ramène à la place, nous prenons un tuk-tuk pour nous conduire jusqu’à notre hostel situé non loin de la place. Nous attendrons des nouvelles de Claire comme convenu mais vu l’absence de celles-ci, nos décidons d’aller manger sans elle. Plus tard dans la soirée, elle nous apprendra qu’elle est à … Cusco ! Curieux de la retrouver demain pour savoir comment elle est arrivée là-bas mais du peu qu’elle m’en a dit, son expédition a un peu tourné au fiasco !

Après une excellente nuit au calme et dans une excellente literie, nous nous réveillons sans traîner afin d’aller visiter les ruines du village avant l’arrivée massive des groupes, prévue d’après les guides pour 10h. Nous avons donc deux heures devant nous pour découvrir nos dernières ruines de la Vallée Sacrée !

Première constatation: objectivement, elles sont très belles mais après la visite au Machu Picchu, il faut avouer qu’elles paraissent un peu … terne ? Construites elles aussi à flan de colline, elles sont constituées de plusieurs parties donc encore une série de terrasses rigoureusement parallèles, toujours du plus bel effet !

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On commence donc par gravir un escalier qui longe celles-ci jusqu’au sommet. De là, la vue sur Ollantaytambo est jolie, coincée qu’est ce petit village entre plusieurs « sommets ».

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Nous longeons ensuite toutes les ruines par le haut jusqu’à arriver au balcon de l’Inca mais la vue de là-haut n’offre pas grand chose d’autre. Nous finissons donc par redescendre pour nous balader au milieu des « jardins » des ruines avec quelques petites fontaines. Sincèrement, je regrette de ne pas être venu les visiter il y a deux jours car nous avons clairement du mal à nous mettre dedans. De plus, la constatation est la même pour tous les sites visités ces derniers jours: il n’y a aucune explication de quoi que ce soit et la location des services d’un guide doit ajouter un réel plus à la découverte de ces magnifiques lieux. Malheureusement, les tarifs sont vraiment très élevés et n’encourage pas à l’instruction …

Nous repartons donc vers notre hostel en nous arrêtant en chemin pour prendre un petit-déjeuner dans un des nombreux restaurants déjà ouverts. Il n’est que 9h30 mais le débarquement des cars a déjà commencé (une demi-heure plus tôt que prévu donc !) et nous sommes content de fuir les lieux avant la ruée des groupes. Nous prenons une douche (c’est que ça donne chaud d’escalader ces marches !) puis nous prenons congé. Nous nous rendons ensuite sur la place ou nous attendons un collectivo pour nous ramener sur Cusco. Un chauffeur de taxi propose bien de nous y emmener pour … 100 soles alors que le collectivo (une camionnette d’une quinzaine de passagers) nous revient à 10 soles par personne. De plus, cette dernière est très confortable et moins d’une vingtaine de minutes plus tard, tout le monde dort ! Je peux le constater car je suis le dernier à m’endormir et le premier à me réveiller … comme souvent ! Quelques minutes avant d’arriver, la collègue du chauffeur passe à l’arrière et demande l’argent à tout le monde avant d’être déposé sur la place, non loin du marché de San Pedro. Marché vers lequel nous nous dirigeons afin d’aller manger un sandwich pas cher mais alors que nous allions y entrer, notre odorat et notre vue sont attirés par un stand vendant un plat constitué de riz, de nouilles et d’un œuf sur le plat le tout assaisonné avec un bouillon de viande. Pour trois soles, on mange comme des rois une portion énorme assis sur des petits tabourets en pleine rue. EXCELLENT !

Nous allons ensuite assister à la lourde défaite de l’équipe de France de rugby face aux All Blacks (je vais pas dire que ça m’a fait rire mais … en fait, si, c’était un véritable massacre !) dans le bar américain qui donne sur la Plaza de Armas avant de repartir vers notre hostel afin d’y récupérer nos sacs à dos ainsi que le linge que nous avions donné à laver. Aucun souci de ce côté-là, l’employé nous autorisant sans problème à attendre dans l’enceinte de l’établissement qu’il soit l’heure pour nous d’aller prendre notre bus. Nous occuperons donc les trois heures suivantes à discuter avec Claire (qui a repris une chambre ici pour les prochaines nuits), avec deux autres françaises, puis avec une anglaise, un espagnol vivant à Londres et un américain. Le tout permettra de passer agréablement les trois heures trente que nous avions à occuper jusqu’à ce qu’il soit l’heure pour nous de faire venir un taxi. Nous disons au revoir à tout le monde (et même à Maui notre copain tahitien qui revenait aujourd’hui d’un trek de quatre jours en Amazonie) et nous montons dans notre taxi pour traverser la ville. Ce dernier nous déposera dans l’enceinte de la compagnie Cruz del Sur, considérée par tout le monde comme la meilleure.

Nous avons une vingtaine de minutes d’avance avant de pouvoir « enregistrer » nos bagages, comme à l’aéroport. Lorsque le bus d’avant est parti, c’est à nous à faire la file et je laisse mon épouse assisse pendant que je prends nos deux sacs à dos et que j’attends mon tour. Derrière moi, un grand gars d’origine française se pose la question d’être ou pas dans la bonne file. Je lui confirme que oui et pendant que nous attendons, nous discutons sur nos expériences au Pérou. Il voyage en compagnie de deux potes à lui pour une courte durée et nous n’aurons malheureusement pas la possibilité de faire plus ample connaissance. Dommage, il avait l’air bien sympa mais ils voyagent tous les trois au deuxième étage alors que nous sommes en bas, chez les « VIP » (oh, ça va, y’a pas de mal à se faire du bien !). Ensuite, il est temps d’embarquer, non sans avoir eu droit à un détecteur de métaux passé sur le sac et sur nous avant d’être filmé individuellement. Cette technique permet d’éviter les faux passagers qui monteraient en cours de route (si j’ai bien compris l’arnaque). Lorsque nous montons à bord, c’est pour découvrir d’immenses sièges inclinables quasi à l’horizontale avec écran individuel et plateau repas servi peu après notre départ par un steward. C’est le première fois que nous prenons un bus comme cela et nous espérons un jour découvrir cet univers dans un avion ! En attendant, nous voilà parti pour dix heures de trajet en direction de la grande ville du sud du Pérou: Arequipa !

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