Jour 14, Jour 15 & Jour 16: Immersion au cœur d’une famille Shuar

Nous avons rendez-vous avec les deux membres (notre beau-frère et son ami) de notre « team » à 8h au terminal de bus de Baños. Dès que nous nous retrouvons, nous nous mettons en quête du prochain départ à destination de Puyo, à une grosse heure de route. Comme d’habitude, nous n’avons pas à attendre plus de cinq minutes avant de démarrer et ce, malgré le fait que le bus soit quasi vide. Pour aller jusque là-bas, le bus utilise la même route que ce que nous avions fait la veille en vélo. Non seulement, aujourd’hui il fait magnifique mais en plus, on voit presqu’aussi bien qu’en devant pédaler. Mon épouse qui ne nous avait pas accompagné nous nargue un petit peu et nous n’avons comme seule consolation d’avoir fourni un effort pour ce résultat.

Quoi qu’il en soit, une heure quart (et 2$ par personne) plus tard, le bus nous largue le long d’une grosse chaussée en nous disant que le terminal de bus n’est pas très loin, à peine à trois blocs de là. Comme c’est la que nous avons rendez-vous avec Carlos, le chef de la communauté ou nous nous rendons, nous n’avons pas trop le choix que d’y aller. Puyo est aux portes de la forêt amazonienne et déjà la chaleur et l’humidité se font ressentir. A cette heure « matinale », on ne croise personne dans cette petite ville sans réel intérêt si ce n’est sa situation géographique. Après plus d’un quart d’heure de marche, on redemande notre chemin: au moins encore deux blocs. Il s’était bien foutu de nous le chauffeur et ses trois blocs ! Encore plus loin, on repose la question et c’est encore plus loin. Au final, on nous aura fait traverser complètement la ville ! Mais finalement, nous arrivons enfin au petit terminal de bus et commençons à chercher après Carlos.

La veille au téléphone, nous lui avions donné comme indication que je porterais un bandana noir au poignet. C’est donc lui qui a un avantage sur nous, d’autant plus que nous ne savons pas du tout à quoi nous attendre: aura-t-il des plumes et du maquillage (comme on a vu sur des prospectus à Baños) ou sera-t-il habiller moderne ? Après avoir crié plusieurs fois son nom, nous voyons un petit monsieur se présenter à nous. C’est bien Carlos: une cinquantaine d’année, portant chemise et pantalon ainsi qu’une grosse montre, et surtout un sourire qui a l’air de ne jamais vouloir s’en aller de son visage. Après les présentations, il nous demande de bien vouloir l’accompagner jusqu’à une petite épicerie car il doit faire des courses pour nous. Ensuite, le taxi-brousse viendra nous chercher pour nous amener jusque chez lui. Il souhaite aussi que nous le payons tout de suite pour qu’il puisse acheter les marchandises, ce que nous faisons un peu à contrecœur. On peut comprendre qu’il ait besoin d’argent tout de suite (les indiens ne sont pas connus pour être très riche) mais on a toujours un peu peur que les prestations s’en ressentent par la suite. De plus, ce n’est pas prévu et ça nous oblige à sortir une grosse somme d’argent (près de 300 dollars pour nous quatre) de nos cachettes secrètes en pleine ville. C’est à ce moment là qu’arrive un autre indien, plus jeune, plus petit mais surtout taillé comme une armoire à glace et qui nous colle un peu. Notre première impression est qu’on va avoir des ennuis mais en fait pas du tout, c’est Freddy le fils de Carlos accompagné d’une de ses filles. A notre grande surprise, il parle pas trop mal le français et après les présentations, rentre dans la boutique pour aider son père. Nous attendons donc la pendant une bonne demi-heure, se faisant même offrir une bière bien fraîche. C’est fou comme il fait déjà super chaud à cette heure-ci !

Finalement, alors que nous trouvions le temps un peu long, Carlos vient vers nous et dit qu’il a appelé le taxi. Il ne nous accompagne pas car c’est en fait son fils qui sera notre guide durant ces deux jours. On lui demande si avant de partir, on peut trouver du rhum par ici et il nous emmène dans une petite boutique non loin. Rien de tel qu’un bon apéro pour nouer des liens plus rapidement ! Ensuite de quoi, nous embarquons tous dans un pickup, Freddy et sa fille dans la benne tandis que nous nous entassons dans la cabine. Après moins de dix minutes de route, nous entrons déjà dans la forêt. Au début, les habitations ont libérés de grands espaces au milieu des arbres et après un nouvel arrêt (pour acheter de l’agua ardiente – un alcool très fort à base de canne à sucre – que Freddy a l’air de particulièrement apprécié), nous nous enfonçons de plus en plus profondément. La route se transforme en piste et nous commençons à croiser quelques communautés. La nôtre se trouve encore plus loin, encore plus enfoncé dans la forêt jusqu’à arriver … au milieu de nul part. Notre taxi s’arrête le long d’une rivière et nous débarque avec nos sacs et nos courses. Freddy nous indique que sa communauté est de l’autre côté de la rivière qu’il va falloir traverser sur un pont constitué … d’un seul tronc d’arbre pas bien épais. Ca passe sans problème pour notre ami et pour moi, c’est un peu plus difficile pour mon épouse et mon beau-frère, tout deux sujets au vertige.

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Heureusement, Freddy se déplace sur cette mince épaisseur comme si il marchait au milieu d’une autoroute et va faire le trajet en les aidant au maximum. Lorsque tout le monde est passé et que tout le monde s’est chargé des courses, nous n’avons plus que quelques minutes à marcher pour enfin arriver sur un grand espace dégagé ou se trouve plusieurs constructions en bois …

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Le « bâtiment » principal est la cuisine, qui sert aussi de salle à manger et de pièce de rassemblement ou tout le monde se retrouve. Ouverte sur tout les côtés, on y trouve un plan de travail avec un petit réchaud au gaz, une table pour manger, un foyer ou brule en permanence un feu et des bancs pour que tout le monde puisse discuter. Lorsque les indiens parlent de communauté, c’est en fait une famille (sur plusieurs générations) qui vivent non loin de l’autre et qui ont des salles communes. Après cela, chacun à sa propre maison, située dans un périmètre proche. Nous sommes donc ici dans la famille Warusha, des indiens Shuar, qui il y a moins de vingt ans (d’après eux, on a pas cherché à confirmer) coupait encore des têtes pour les réduire à la manière des Jivaros. En attendant, ce sont des gens tout ce qu’il y a de plus charmant et ils sont une quinzaine à vivre ici, au milieu de la forêt: Carlos et son épouse, Freddy avec sa femme et ses cinq enfants ainsi que d’autres enfants qui si on a bien compris sont eux à Carlos (ça n’a pas été facile de déterminer quels enfants étaient à qui). Il y a aussi Edwin, un gars d’une trentaine d’année profondément handicapé mental et qui est arrivé là sans que personne ne sache vraiment comment et dont la famille s’occupe. Tout le monde nous accueille avec un grand sourire et Freddy se met alors en quête de nous expliquer comment ça va se passer. Concrètement, nous allons tout d’abord manger et ensuite nous irons nous balader dans la forêt secondaire (contrairement à la primaire ou l’homme n’est jamais intervenu) aux alentours. Il nous montre aussi ou nous allons dormir: une cabane au sol pour mon épouse et moi avec un petit lit double recouvert d’une moustiquaire et une cabane en hauteur avec des lits simples pour les deux autres.

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Nous allons partager notre cabane avec à peu près toutes les poules de la famille car les murs sont fait en palme que les poules ont légèrement défoncés pour pouvoir se mettre à l’abri pour la nuit. On aura beau chercher à les chasser au début, on a bien compris qu’on ne gagnerait pas et nous laissons donc tomber. Bien évidemment, pas de salle de bain, mais la rivière qui coule le long du « village » et qui nous servira à nous laver. En gros, pour nous quatre, un paradis (sans rire) !

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En attendant l’heure de manger, nous partirons tout les quatre sur un sentier que Freddy nous a indiqué pour un premier vrai contact avec la forêt et ses occupants. C’est la deuxième fois que mon épouse et moi nous retrouvons dans cette forêt (voir notre voyage en Guyane) mais elle est ici bien différente. Beaucoup plus de végétation au sol, beaucoup moins de gros arbres mais cela reste malgré tout superbe. Pour les deux autres, c’est une première et ils sont émerveillés devant chaque plante un peu bizarre. Nous nous baladerons ainsi pendant une grosse vingtaine de minutes avant de retourner sur nos pas.

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Le premier repas qui nous est servi est gargantuesque et tout simplement délicieux. Il ressemble beaucoup aux almuerzos traditionnels d’Equateur mais tout simplement en plus frais et en plus grande quantité: soupe, riz (servi avec une sauce ressemblant un peu à de l’aigre-douce) et poulet. Pendant que nous nous régalons, Freddy nous explique aussi que mardi il nous mettra sur la route pour prendre le bus à 8h. Nous ne sommes pas vraiment d’accord avec cela car nous payons pour une journée complète à chaque fois et il était passé midi lorsque nous sommes arrivés. Il dit que ce n’est pas lui qui décide et qu’il faudra en parler à Carlos. Nous essayons bien d’insister un peu mais sa réponse ne varie pas, nous attendrons donc le retour du chef de famille pour en parler. Nous aurons aussi une longue discussion dont une question qui nous a tous un peu décontenancés: « Quel est la chose la plus importante à vos yeux ? » nous demande-t-il. Notre réponse bateau (l’amour) le fait beaucoup rire. D’ailleurs sa réponse à lui et à sa communauté, c’est cela: le rire ! Ils sont toujours en train de rigoler et ils estiment qu’ils passeront la pire journée du monde si ils n’éclatent pas de rire au moins une fois par jour !

Après tout cela, Freddy va nous chercher des bottes après avoir demandé les pointures à tout le monde. La ou nous allons, nos chaussures de marche ne suffiront pas car nous risquons de nous enfoncer dans … on ne sait pas trop quoi. Quand tout le monde est prêt, nous repartons sur le sentier que l’on a utilisé avant le repas mais très vite, Freddy nous le fait quitter pour nous enfoncer dans la végétation.

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Nous nous baladerons ainsi pendant deux heures écoutant les explications de Freddy sur toutes les plantes et arbres que nous croiserons comme par exemple cet arbre donnant une sève que l’on peut utiliser comme vernis à ongle naturel ou des feuilles que l’on peut mâcher en cas de morsure de serpent. Il nous montrera aussi comment se faire des points de suture à partir des pinces de fourmis guerrières que l’on force à mordre à l’endroit voulu puis en lui arrachant le corps, ne laissant que la tête. C’est incroyable, on peut tirer dessus, c’est vraiment comme une agrafe et pour l’enlever, on est obligé d’écarter les pinces. Nous irons voir aussi leur champ de yucca, semblable à de la pomme de terre sucrée et qui constitue la base de leur alimentation.

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Nous finirons par gravir une dernière colline afin d’avoir une vue incroyable sur la forêt environnante.

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Au loin, nous pouvons apercevoir la cordillère des Andes et d’énormes nuages en train de se former. D’ici, nous pouvons entendre des roulements de tonnerre, présage d’une éventuelle grosse pluie tropicale. La balade se terminera en redescendant vers la maison de Freddy, située en contrebas de la colline.

Nous avions eu comme surprise à midi de gouter à de grosses fourmis reine grillée, friandise très appréciée ici. Le goût n’était pas mauvais, on aurait dit de la cacahuète salée mais seuls mon épouse et mon beau-frère ont pu réellement apprécié. C’est définitif, les insectes je préfère les observer que de les manger ! Et mon avis est partagé par notre ami. Ici, Freddy s’agenouille et commence à gratter avec la lame de son couteau dans un petit trou. Très vite, il l’agrandit jusqu’à se dégotter une nouvelle fourmi reine qu’il engloutit sans autre forme de cérémonie …

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Déjà grillé, c’était limite pour moi, vivante c’est juste pas possible. Par contre, dès qu’il est question de manger des choses bizarres, mon épouse est présente et demande à Freddy de lui en trouver une. Aussitôt dit, aussitôt fait, il lui en présente une bien juteuse à laquelle il enlève la tête (qu’il mangera lui-même). Sans hésiter une seconde, elle la mange puis juste après une deuxième parce que d’après elle, ce n’est pas si mauvais. Mon beau-frère en essayera une mais déclinera la seconde. Freddy pendant ce temps-là continuera à gratter dans la terre et à chaque fois, mangera la reine qu’il trouvera. En fait, il y en a partout autour de chez lui et même chez lui car après avoir été cherché son épouse pour nous la présenter (c’est la seule que nous n’avions pas encore vue), il redescend avec un bol plein de fourmis grillées qu’il mange comme des chips … en beaucoup plus sain !

Il est un peu plus de 16h quand nous rejoignons les lieux communs ou l’on va pouvoir aller se laver. En effet, la balade en forêt nous a fait énormément transpirer et c’est un réel bonheur que de pouvoir se baigner dans l’eau fraiche de la rivière. C’est aussi ici que nous décidons de prendre un premier verre tout les quatre tout en s’extasiant de tout ce que nous avons déjà vu ! Le reste de l’après-midi verra la première confrontation footbalistique Equateur – Belgique opposant d’un côté trois enfants de la communauté au beau-frère et au copain pour une victoire 1-0 de nos hôtes le tout joué avec un ballon de basket à moitié dégonflé et pied nu.

Au soir, toute la famille se retrouve pour manger tout ensemble. A 18h15, la nuit est complètement tombée et une heure après, à peu près tout le monde est parti se coucher. C’est comme cela ici, on se lève et on se couche avec le soleil avec un rituel bien précis. On déjeune très tôt et on se purge (je vous passe les détails) afin de purifier le corps pour la journée. C’est une autre façon de vivre, à priori plus saine et moins stressante que la notre. D’ailleurs, la seule trace de modernité ici, c’est un bidon ouvert en deux, suspendu à un poteau et ou l’on pose son téléphone pour avoir un semblant de réseau. Pour notre part, on s’en passera volontiers pendant les jours qui viendront ! Avant d’aller se coucher, Carlos (qui est revenu de la ville) a accéder à notre demande en acceptant de nous prendre en charge pour une matinée « supplémentaire » sans frais. Freddy reste bien un peu plus longtemps avec nous, le temps de boire un verre, mais à 20h30 nous sommes seuls éclairés seulement par des bougies et nos lampes de poche. Nous passerons donc la soirée à quatre à boire du rhum en regardant la lune rouge. Il est presque 23h quand nous décidons d’aller nous coucher.

La nuit fût bonne malgré l’imbécile de coq qui s’est mis à chanter à 3h du matin avant de se rendormir. Alors que je me lève, j’ai le réflexe de secouer mes chaussures avant d’y mettre les pieds. Bien m’en a pris, une énorme chenille y avait élu domicile ! On a des poules dans notre chambre et elles ne sont même pas foutues de manger les insectes … Soit !

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A 8h, notre petit-déjeuner nous est servi. Comme les deux repas précédant, il sera énorme et délicieux: un énorme bol de fruits frais suivis d’une grosse omelette ainsi que des tortillas qu’elle cuit au fur et à mesure. Freddy nous conseille de bien manger car nous allons avoir besoin de force pour la grande marche que nous allons faire ce matin. On se fait clairement plaisir mais j’ai quand même peur qu’on ne sache plus avancer après tout cela. Qu’importe, c’est trop bon et on en laisse pas une miette ! Moins d’une demi-heure après, nous sommes tous prêt à suivre Freddy dans la forêt primaire durant les cinq prochaines heures.

Normalement, aujourd’hui, nous devrions voir des animaux. Jusqu’à présent, c’est la seule chose qui nous manque dans ce début de séjour parfait. Pour cela, Freddy nous emmène près d’un « lac » ou vivent toute une famille de caïmans.

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Malheureusement, toute la journée nous serons maudit, la faute probablement à notre guide qui passe sont temps à les chasser. Nous sommes tous intimement persuadés qu’ils se préviennent tous dès qu’il fait un pas dans la forêt ! Donc, les caïmans, c’est mort … tout comme le singe que Freddy va poursuivre pendant une dizaine de minutes tout seul et qu’il sera le seul à voir. Pas plus de tarentules dans les arbres ou elles devraient normalement se trouver et certainement pas de serpent, animal le plus dur à trouver. Même les insectes « bizarres » que l’on croisait toutes les deux minutes en Guyane sont ici complètement absent … Néanmoins, la marche – tout en étant assez physique à cause des montées et descentes assez casse-gueule, de la chaleur et de l’humidité – est super agréable et on a vraiment l’impression que plus personne n’est passé par ici depuis bien longtemps. Quand nous serons à court d’eau, Freddy utilisera sa machette et son couteau pour pratiquer un trou dans un bambou puis à l’aide d’un fin bout de bois creux, nous permettra de boire une eau délicieusement fraiche et sans aucun gout.

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Nous pourrons aussi nous prendre pour Tarzan grâce à une liane assez solide que Freddy a « aménagé » d’un support (en bois) pour s’asseoir. Grâce à cela, nous pouvons nous balancer à plus de trente mètres du sol au milieu des arbres. Un peu réticent au départ, nous finissons par essayer et à prendre notre pied ! C’est vraiment terrible comme sensation que de « voler » au milieu de la végétation. On en est presque à espérer une autre liane puis une autre pour vraiment pouvoir faire comme Tarzan !

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Finalement, après avoir mangé un ananas de la forêt (on tête le jus de gousse que l’on prélève directement sur « l’ananas »), nous finissons par revenir à la rivière ou nous attend Christopher – le fils ainé de Freddy, 14 ans – et deux pirogues pour nous ramener à la communauté située à une grosse vingtaine de minutes de là.

Je monte avec notre ami et Christopher tandis que mon épouse, le beau-frère et Freddy prenne la deuxième. Ils avanceront bien plus vite que nous sur cette rivière au lit très bas grâce à l’expérience de notre guide.

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Notre conducteur a bien évidemment moins d’expérience et moins de force pour nous pousser lorsque la pirogue se retrouve bloquer, faute de niveau suffisant. Le seul souci à cette courte balade fluviale est la présence en nombre de moustiques mais nous finirons par arriver entier (et sans être tombé une seule fois à l’eau !) sur la petite plage de galet ou l’on se lave, juste à temps pour un autre énorme repas.

Après un temps de repos (mis à profit par certains pour dormir), Freddy nous propose de nous initier au tir à la sarbacane. Il en a une mesurant un bon deux mètres et il vient de tailler les projectiles durant le repas. Il les a aussi entourés d’un peu de coton afin de les maintenir droite dans la sarbacane et c’est parti pour une démonstration. Ce n’est en soit pas difficile car il suffit de souffler fort d’un seul coup pour que ça parte à une dizaine de mètres sans souci. Le problème est d’arriver à viser la petite cible que Freddy nous a donné (un fruit grand comme deux pommes) et ça, ce n’est pas si évident que cela malgré un deux sur quatre de mon beau-frère et de moi. Freddy nous laisse alors en compagnie de Christopher avec qui nous improvisons un match international, nous éloignant à chaque manche.

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Je finirais (en toute modestie) par être sacré grand champion de la sarbacane ! Ensuite de quoi, la revanche du match de foot de la veille redémarre avec cette fois un changement: moi à la place de notre copain qui fait une sieste prolongée. Verdict: une nouvelle défaite, cette fois 10 à 8 mais nous nous serons bien battus tout en rigolant avec eux. C’est incroyable, ces gosses sont d’une résistance sans pareil, nous fonçant dessus comme des brutes sans jamais avoir l’air de souffrir de voler au tapis à chaque fois (il ne faut pas oublier que le plus grand d’entre eux fait trente centimètres et 50 kilos de moins que moi !).

Après nous être lavés (décidemment, qu’est ce qu’il fait chaud ici !), nous prendrons un nouveau excellent repas (pâte au poulet !) en compagnie de la famille. C’est incroyable de voir comme les deux couples (Carlos et sa femme, Freddy et la sienne) ont l’air proche et amoureux, toujours collé l’un à l’autre. Pour une raison inconnue, on les imagine un peu macho mais c’est tout le contraire en réalité ! Les enfants en profitent pour faire leurs devoirs puis tout le monde va se coucher, nous laissant à nouveau seul. Cette fois, nous n’avons plus rien à boire et après une longue discussion, nous décidons d’aller nous coucher. C’est que la marche de ce matin nous a tous bien crevé et nous avons hâte de nous reposer !

Même heure, même endroit pour prendre notre (déjà !) dernier petit-déjeuner en Amazonie. Encore une énorme assiette de fruits mais cette fois accompagnée d’une sorte de très très gros pancake que l’on peut tartiner de confiture. C’est excellent mais encore plus bourratif que la veille ! Un quart d’heure après la fin du petit-déjeuner, nous sommes tous prêt avec notre sac à dos sur le dos. Nous devons dire au revoir à tout le monde maintenant car seul Freddy va nous accompagner durant cette dernière matinée. C’est un peu le cœur serré que nous allons quitter cette merveilleuse communauté que je ne peux que conseiller (d’ailleurs, je vais leur faire un peu de pub, rendez-vous sur http://www.ecoiwia.com/ ) d’aller découvrir ! Point de cinéma ici (ils ne s’affublent pas de plume pour faire plaisir aux touristes) mais une vraie famille unie et adorable, prête à beaucoup pour les voyageurs qui leur auront fait confiance.

Freddy nous emmènera cette fois à travers de grands champs (on dirait du maïs mais je doute que ce soit cela), traversant par ci par là une autre communauté (comme par exemple celle ou se trouve l’école ou vont ses enfants à qui nous iront dire au revoir) puis un énorme pont de singe jusqu’à rejoindre la route ramenant à Puyo. Pour l’instant, un pickup nous attend afin de nous emmener à l’exact opposé de la ville, en direction du domaine du chaman local.

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Avant cela, le pickup nous dépose devant un lac ou l’on peut observer deux petits caïmans que Freddy a appeler en jetant des bâtons dans l’eau et en produisant un bruit bizarre avec sa bouche. Ils ne s’approcheront pas à moins d’une dizaine de mètres de nous mais nous pourrons malgré tout bien les observer.

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Ensuite, c’est le domaine du chaman que nous rencontrerons officiellement maintenant (en réalité, nous l’avions croisé un peu plus tôt) et avec qui nous échangerons sur la cérémonie de l’ayahuasca (cérémonie ou l’on prend des plantes hallucinogènes après une préparation très rigoureuse en compagnie du chaman).

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Nous boirons aussi une bière bien fraiche avant d’aller faire le tour de son domaine paradisiaque, au bord d’une énorme rivière. Dans son jardin, nous arriverons à voir des perroquets (dont un magnifique ara), des singes, une grosse tortue aquatique (que Freddy aura été chercher dans une espèce d’étang, en slip et avec un masque) qui se débattra comme un diable contre Freddy ainsi que deux boas (appartenant au chaman mais loin d’être réellement apprivoisé) que nous pourrons tous manipuler.

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Après tout cela, nous disons au revoir au chaman et à sa famille avant de remonter dans le pickup direction un mirador situé non loin. Ce n’était pas vraiment prévu mais vu le peu de temps qu’il nous reste, nous sommes obligés d’utiliser les services de ce « taxi » que nous devons à chaque fois payer. Tout comme ce mirador ou nous grimperons pour une vue imprenable sur la forêt et la rivière, quelque cent mètre plus bas.

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Ici, nous aurons l’occasion de voir un bébé tarentule que Freddy aura déloger de son nid situé dans une poutre du mirador.

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Nous pourrons aussi nous tester face à la liane ultime qui nous permettra de nous balancer à 100 mètres du sol ! Sensation garantie, d’autant plus que la sécurité n’est pas vraiment leur souci. Malheureusement, tout cela va très vite et il est déjà l’heure de repartir pour Puyo … A la base, nous devions prendre un bus pour rentrer mais le copain de Freddy propose de nous y emmener moyennant finance. C’est finalement à peine plus cher que le bus et beaucoup plus rapide, nous acceptons donc. Le chauffeur étant probablement saoul propose à notre ami de prendre le volant, chose qu’il accepte avec plaisir. Je me retrouve donc avec mon beau-frère dans la benne sur une piste d’assez bonne qualité jusqu’à arriver en ville ou nous disons au revoir à Freddy, le cœur un peu lourd.

Au terminal, nous prenons le premier bus en direction de Baños ou nous allons tout les quatre passer une dernière soirée ensemble. Durant le trajet, nous devrons constamment garder l’œil ouvert car deux drôles de types se placent derrière nous et nous jettent constamment des regards. C’est malheureusement une réalité en Amérique du Sud, beaucoup de vols sont à déplorer, notamment dans ce moyen de transport très populaire. Finalement, nous n’aurons aucun souci à rejoindre la ville et à retourner à notre AJ.

Nous sommes cette fois loger dans une belle grande chambre et nous récupérons nos gros sacs à dos que nous avions laissé sous leur garde. Après avoir pris une rapide douche (froide !!), je ressors laissant mon épouse seule. Elle ne voulait pas nous accompagner dans notre dernière sortie ensemble car elle était trop fatiguée. Je la comprends sans problème car pour ma part, je me serais bien passé d’aller à nouveau nous balader ! Mais comme je m’étais engagé vis à vis de notre ami à l’accompagner et qu’en plus j’avais envie de profiter de ces derniers moments ensemble, nous sommes repartis (avec tout le groupe avec qui nous avions fait la fête quelques jours plus tôt) en direction d’une cabane située dans les montagnes environnantes: la Casa del Arbol.

Pour s’y rendre, nous prenons un taxi (ou nous avons pu monter à cinq !) qui pour dix dollars nous emmènera tout en haut d’une route qui grimpe sévèrement. Arrivé à destination, nous payons le dollar qui nous permet d’accéder à une sorte de prairie offrant une vue majestueuse sur les environs. Malheureusement, de gros nuages nous empêcheront de voir le coucher de soleil et seul la balançoire suspendue au dessus du vide nous fera un peu rire.

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Mais après la liane que nous avons faite ce matin, celle-ci nous paraîtra bien fade et seule les pitreries de notre ami leur donneront un intérêt. Finalement, nous prenons le dernier bus qui nous ramène à Baños.

J’y retrouve mon épouse et nous partons tout les quatre pour manger un dernier repas ensemble: poulet frite au menu (vraiment très bon !) puis achat de rhum pour une dernière soirée d’anthologie avec tout le groupe. Après nous être fait viré de devant notre AJ par l’employé ronchon, puis du parc par des policiers (qui font leur devoir) on se retrouve dans un bar ou des parties de kicker endiablés se joueront: je fais équipe pour ma part avec un petit équatorien à l’aspect un peu bizarre tandis que mon épouse fait elle équipe avec un canadien rencontré plus tôt et ressemblant à s’y méprendre à Tony Parker ! Il sera plus de deux heures du matin quand nous dirons au revoir à tout le monde et que nous rentrerons nous coucher …

Baños aura finalement été le lieu de superbes rencontres, d’activités incroyables et surtout de souvenirs à jamais gravé dans nos cœurs !

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