Jour 11, Jour 12 & Jour 13: Baños, aux portes de l’Amazonie

Conformément à ce qui était prévu, il est 5h lorsque nous nous réveillons. Une demi-heure plus tard, nous sommes prêts, sacs sur le dos (et sur le ventre !) et baskets aux pieds. Piet s’est réveillé expressément plus tôt afin de nous dire au revoir et lorsque c’est fait, nous nous mettons en route en direction du village. A cette heure-ci, le soleil n’est pas encore levé – ce qui devrait être le cas dans une quinzaine de minutes – et en attendant il fait encore nuit noire (A l’équateur, le lever comme le coucher du soleil est extrêmement rapide) ce qui nous oblige à avancer à la lumière de nos téléphones. Alors que nous n’avons parcouru que quelques mètres sur le chemin, j’aperçois quelque chose dans le faisceau de ma lampe … un serpent corail, une espèce très venimeuse ! Il ne se trouve pas à plus d’un mètre de moi, couché sur la route comme mort. Par réflexe, je prends malgré tout une photo mais je ne m’en approche pas plus par crainte d’une réaction agressive. Je n’ai aucune envie de tester les urgences une seconde fois, encore moins pour ce genre d’accident, nous nous contentons donc de le contourner et de reprendre notre route.

12036767_10154179544419881_7490432611499510823_n

Dix minutes plus tard, après avoir traversé le village pas si désert que ça à cette heure-ci, nous sommes sur la route principale à attendre un bus prévu à 6h. Avec quelques minutes d’avance, nous le voyons monter péniblement cette horrible côte que nous aurons fait plusieurs à fois à pied ces derniers jours. Nous lui faisons signe, il s’arrête et après avoir mis nos sacs en soute, nous embarquons. Malgré l’heure très matinale, toutes les places sont déjà occupées sauf une, que je laisse galamment à mon épouse. Juste derrière celle-ci, une vieille dame me fait signe qu’elle descend bientôt, je n’aurais pas donc à attendre bien longtemps debout. Tant mieux, je me verrais bien continuer ma nuit !

Effectivement, quelques minutes plus tard, le bus s’arrête à nouveau et je peux m’installer confortablement. Pendant une heure trente, le bus effectuera de nombreux autres arrêts, embarquant et débarquant pas mal de monde. Finalement, il est 7h30 quand nous sommes revenus au terminal des bus d’Ibarra.

A peine débarqué que nous embarquons à nouveau ! En effet, nous nous sommes fait directement interpellé par un rabatteur d’une compagnie de bus partant pour Quito, notre prochaine escale. J’ai à peine le temps de foncer au guichet acheté nos deux tickets et de prendre un paquet de biscuit (qui nous servira de petit-déjeuner) que le bus redémarre déjà pour un trajet de trois bonnes heures. Fausse joie, un panneau indique qu’il y a du wifi à bord et on s’imagine déjà passer le temps plus rapidement mais sans que cela ne nous étonne, il ne fonctionne pas. Par contre, ce qui marche bien c’est le film d’action en espagnol qui gueule juste au dessus de nos têtes. Je ne sais pas trop ce que c’est mais vu l’affligeante banalité du scénario, il n’est pas vraiment compliqué de suivre l’histoire et puis … ça permet de tuer le temps. Je termine ce trajet en faisant une longue sieste ce qui me permet d’arriver frais au terminal Carcelen Norte de Quito. Il est 11h du matin et nous avons déjà rejoint la capitale, tout cela s’annonce bien !

Nous devons maintenant trouver la navette qui va nous permettre de rejoindre l’autre grand terminal de la ville, à l’exact opposé de celui-ci: Quitumbe Sur au … sud de la ville. Sachant que Quito fait plus de trente kilomètres en longueur, on s’attend à un trajet d’une grosse demi-heure. Encore faut-il que le bus arrive ! Installé face au quai duquel nous devons embarquer, nous attendrons presque quarante-cinq minutes avant de le voir s’arrêter devant nous. Ici, un vendeur de produit miracle (qui lui aussi ne comprend pas pourquoi il n’est pas milliardaire vu la qualité de ses pilules !) monte et harangue la foule durant tout le trajet jusqu’au quartier assez glauque ou se situe le terminal. Ultra-moderne, il tranche vraiment par rapport aux alentours, on dirait presqu’un aéroport tant tout est super bien organisé. On achète deux tickets direct pour Baños et nous dirigeons vers les quais ou l’on trouve notre bus. A peine cinq minutes après avoir embarqué, celui-ci se met en route ! Incroyable comme ils sont bien organisés !

Ce trajet-ci nous paraîtra nettement plus long car il durera près de quatre heures, traversant des petites villes très vilaines et très sales. Par rapport au nord du pays, ça fait un fameux changement ! En prime, une pause de près d’une demi-heure au milieu d’un bled vraiment laid ou de multiples marchands ambulants passeront et repasseront afin de vendre encore et toujours les mêmes produits: boissons, chips, pastèque, poulet frit, … Finalement, nous pouvons redémarrer et c’est avec une certaine appréhension que nous approchons de notre destination finale: Baños de Agua Santa de son nom complet. Si c’est aussi moche que ce que nous avons vu, les deux jours qui vont suivre vont être long. Heureusement, la magie opère et alors que nous ne sommes plus qu’à une trentaine de minutes de notre destination, le décor change radicalement: fini les plaines, rebonjour les « montagnes » ! Grande différence avec celles du nord, elles sont ici complètement recouvertes d’une végétation tropicale ! Baños se trouve au fond d’une cuvette, complètement encerclée par des petits sommets et dominée par le volcan Tungurahua qui culmine à 5023 mètres d’altitude. Nous arrivons finalement un peu après 16h, ce qui nous fait donc une admirable moyenne de 382 kilomètres parcourus en un peu plus de dix heures !

Notre AJ se trouvant à quelques dizaines de mètres du terminal, nous sommes dans notre chambre, à peine quinze minutes après être arrivés. Nous décidons de ressortir aussitôt afin d’aller boire un verre (bien mérité après un trajet pareil !) avant d’aller nous faire plaisir en allant manger dans un délicieux restaurant italien ! Première constatation sur la ville: c’est hyper touristique, la moitié des gens dans la rue sont comme nous des étrangers (à l’instar de ce couple de japonais dont on s’est moqué durant une bonne partie du trajet – il faisait des photos des poteaux électriques ou de l’écran TV du bus mais surtout pas lorsqu’un beau paysage se laissait voir- et que nous recroiserons en ville), ce qui nous change radicalement de ce que nous avons connu jusqu’ici. Conséquences directes, les Equatoriens ont l’air moins sympa qu’au nord et surtout, surtout, les prix ont plus que doublé ! Le retour à l’AJ nous fera encore plus déchanté car nous sommes installés au dernier étage ou se situe la terrasse (sur le toit donc) et … le billard. Des jeunes sont là avec leur musique à fond et ils jouent mal ! Une bille sur deux termine par terre faisant un raffut abominable ! Je redescend à la réception afin d’essayer de changer de chambre mais malheureusement, tout est complet. Le jeune réceptionniste promet qu’à 21h, il ira faire cesser toute activité ce qu’il fera effectivement. Ne pouvant plus accéder à notre étage, ces jeunes iront continuer leur fête dans les couloirs, faisant énormément de bruit ! Heureusement pas pour longtemps et nous pouvons enfin nous reposer !

Nous passons finalement une bien meilleure nuit que ce que à quoi on s’attendait et c’est frais et dispos et que nous nous levons. Au programme, une journée bien remplie: rando ce matin, retrouvailles avec notre beau-frère et son pote à midi, tattoo à 14h (j’ai été prendre rendez-vous la veille avec le seul tatoueur de la ville !). Il ne nous faut donc pas trop traîner et après avoir avalé un bol de céréales (nous avions été faire de petites courses la veille), nous enfilons nos chaussures de marche, et direction le « mur » situé au sud de la ville avec comme objectif de la gravir jusqu’à deux miradors donnant sur les environs.

Après avoir acheté des bouteilles d’eau dans un des rares commerces ouvert à cette heure-ci, nous descendons toute la rue jusqu’au point de départ de notre marche. Première étape à atteindre, le mirador de Bellavista à l’est de la ville. Pour ce faire, nous devons grimper pendant quarante-cinq minutes une pente terriblement raide ! Les nuages sont loin d’être levés conférant aux lieux une humidité terrible qui nous trempe tout autant que nous transpirons. Nous croisons quelques écoliers qui dévalent le sentier en direction de l’école, une femme qui fait son footing (!!!) avec son chien et un vieux monsieur qui descend à son rythme vers la ville mais c’est tout ! Quel bonheur d’avancer sans être déranger par un incessant va-et-vient comme on a pu en voir sur d’autres randos lors d’autres voyages. De temps en temps, une trouée dans la végétation qui nous entoure nous permet de voir que nous prenons régulièrement de l’altitude et après un dernier effort, nous arrivons enfin à destination. Une petite cabane permet d’avoir une vue géniale sur la ville située trois à quatre cents mètres plus bas. On dirait des LEGO disposés de manière géométrique (comme l’immense majorité des villes en Amérique du Sud, les rues se croisent à angle droit, formant des petits blocs ou cuadra en espagnol) par un enfant un peu maniaque. Seul bémol, le site est incroyablement sale malgré la présence de nombreuses poubelles, la faute aux chiens errants qui renversent ces poubelles montées sur un système de balancier. Deux petits bâtiments à moitié à l’abandon sont installés ici ne contribuant pas à rendre le lieu plus agréable. Heureusement, cette vue incroyable compense largement tout cela !

DSC_0416

Après cela, la marche est loin d’être terminée car nous avons comme objectif de rejoindre le deuxième mirador, celui de la Virgen, complètement à l’opposé de celui-ci. D’après notre plan, un chemin relie les deux points de vue sans redescendre en ville et quasi en ligne droite mais d’ici, nous ne voyons rien d’indiqué. Je laisse donc mon épouse et mon sac et part regarder dans les environs si je trouve quelle direction suivre. Il y a bien un chemin qui longe un des bâtiments mais il part complètement à l’opposé de notre direction et n’a pas l’air de vouloir changer sa course. De plus, notre plan quoi qu’imprécis indique clairement que nous devons repartir plus ou moins dans la direction depuis laquelle nous sommes venus. Je retourne chercher mon épouse et nous décidons finalement d’essayer le chemin que j’ai trouvé mais après quelques minutes, mon intuition me souffle que l’on part vraiment dans la mauvaise direction. C’est à ce moment la que je me souviens que lors de notre montée, plus très loin du sommet, nous avons croisé une petite intersection avec un chemin qui partait quasi en ligne droite vers le sommet. Ca ne peut être que cela et malgré mon manque d’entrain quant à redescendre ce que l’on a déjà gravi, on décide de s’y rendre.

Après quelques minutes d’une descente un peu casse-gueule, nous arrivons au croisement aperçu. Seul un petit panneau indique « El Cafe del Cielo », appellation qui n’apparaît nul part sur mon plan. On décide malgré tout de nous y rendre quitte à devoir faire demi-tour une fois arrivé au sommet. La première pente nous semblait déjà raide, celle-ci l’est encore plus ! Régulièrement, nous devons nous aider de nos mains pour franchir de petits obstacles. Le chemin s’élève quasi à la verticale et la végétation est réellement oppressante  tant elle se referme sur nous. Mais au bout d’une demi-heure d’effort, nous arrivons enfin au fameux café. En réalité, ils font aussi piscine sur le toit avec vue imprenable sur la ville et ses environs. D’ici, nous sommes encore deux à trois cents mètres plus haut qu’au mirador, c’est vraiment impressionnant ! Quelques marches plus haut, un panneau a l’air d’indiqué des directions et je m’y rends en vitesse. OUF ! Nous ne sommes pas trompé, c’est bien par ici qu’il fallait passé. Je rejoins donc mon épouse et lui annonce la bonne nouvelle: nous n’aurons pas à redescendre par le chemin que nous venons d’emprunter !

Nous remontons donc ensemble la volée d’escalier et partons par un chemin qui redescend vers le mirador de la Virgen. D’ici, nous sommes bien plus haut que le point de vue, nous devrions donc descendre plus que nous ne grimperons. Au départ, la pente est assez raide mais assez vite, ça s’aplanit facilitant la marche. La végétation est aussi moins dense alors que nous traversons le mur sur toute sa longueur, offrant encore une fois des points de vue grandiose sur la ville. Il ne nous faudra pas plus d’une petite demi-heure pour arriver à destination.

Le mirador de la Virgen est appelé ainsi car une statue de la Vierge, horriblement kitch, se trouve ici.

DSC_0439

Accessible directement par une volée de 600 marches, elle offre clairement la vue la moins intéressante de toute.

DSC_0438

Néanmoins, à part un couple de jeune en train de se bécoter, il n’y a personne et ça nous permet une petite halte bien agréable. Alors que nous nous décidons à redescendre par ce grand escalier, des enfants d’une petite dizaine d’année arrivent complètement essoufflés ! Ils sont en tenue de sport et nous imaginons que c’est leur cours de sport …

DSC_0442

Dire que l’on se plaignait quand on était jeune, là c’est quasiment de la torture ! De plus, pas de prof en vue ! On imagine aisément ce dernier attendre en bas pendant que ces élèves sont en train de crevé dans cet escalier infernal. Mais en réalité, ceux que nous venons de croiser sont juste les premiers d’une multitude de jeunes élèves qui montent, chacun à leur rythme. En queue de peloton, le prof a l’air au bout de sa vie. Ca lui apprendra à faire souffrir ainsi de jeunes enfants. Un peu après, un autre groupe d’enfants sont eux aussi en train de monter. La grande différence vient du fait que ceux-ci – alors qu’ils sont en cours – mangent des glaces (les Equatoriens adorent les glaces, ils en mangent à toute heure !) et boivent du coca. Le prof a l’air aussi d’être nettement plus « touriste » que sportif, ceci expliquant peut-être cela. Finalement, après encore un dernier effort, nous sommes de retour en ville après 3h30 de marche.

Il nous reste en plus du temps pour rentrer à l’hôtel se changer avant d’aller rejoindre le beau-frère et son ami au point de rendez-vous que nous nous étions fixé. Nous y sommes à l’heure pile et une longue attente d’une bonne demi-heure commence. Après autant de temps, nous comprenons qu’ils ne viendront pas et malheureusement, nous ne pourrons pas le savoir: ils n’ont pas de téléphone et, alors que je leur avais donné mon numéro en cas de problème, celui-ci déconne et ne me trouve plus de réseau. Seul moyen pour avoir des nouvelles est d’avoir internet mais ici en pleine rue, c’est impossible à trouver. Nous décidons finalement d’aller manger sans eux avant de retourner à notre auberge afin d’y checker nos messages. Aucune nouvelle de leur part, on repart donc en ville, cette fois pour mon rendez-vous chez le tatoueur.

Après avoir été faire une rapide course pour des produits d’hygiène, nous nous rendons au studio tattoo. J’essaye de négocier une dernière fois le prix mais le tatoueur ne veut rien entendre. Soit, je lui laisse faire son travail, ce qui prendra une petite demi-heure.

DSC_0451

Après cela, nous repartons en direction de notre AJ. Alors que je me reconnecte sur internet, j’ai un message de mon beau-frère: ils ont raté leur bus qui partait durant la nuit et n’en ont pris un que ce matin, ce qui fait qu’ils viennet d’arriver. Le terminal n’étant pas loin, je propose d’aller les chercher et de les amener jusqu’ici afin qu’ils prennent un lit au même endroit que nous. Aussitôt dit, aussitôt fait, je les retrouve avec un grand plaisir et après avoir échangé rapidement sur les dernières nouvelles, nous prenons la direction de mon AJ. Pas de bol pour eux, elle est encore complète et ils doivent se rabattre sur une autre adresse non loin d’ici. Rendez-vous est pris une demi heure plus tard pour aller manger ensemble et boire un bon verre. Nous passerons une excellente soirée à quatre, accompagné d’un jeune colombien très sympathique qu’ils avaient rencontré quelques jours auparavant. Afin de nous mettre à l’abri de la pluie qui s’est mise à tomber, nous tentons de nous réfugier à notre AJ mais le veilleur est intransigeant: hors de question pour des gens qui n’ont pas de chambres chez eux de pouvoir accéder au toit, quand bien même ce sont nos amis. Même discours à leur AJ mais le veilleur accepte que nous squattions le petit hall d’entrée ouvert sur la rue. Nous occuperons donc les deux fauteuils pendant un long moment en buvant des bières achetées au magasin d’à côté. Durant la soirée, nous avons aussi pris la décision de passer les prochains jours ensemble: nous allons donc aller tous les quatre en Amazonie, ça va être terrible !

Après une nuit plus courte que la veille, le réveil sonne un peu avant 7h. Nous avons rendez-vous avec ma famille et avec ma meilleure amie pour une conversation Skype. C’est donc complètement dans le gaz mais très heureux que nous pouvons leur parler de vive voix. Ca remet un bon coup de boost pour entamer une nouvelle journée !

Nous avons rendez-vous avec nos deux compères à 10h devant leur hostal. Nous serons pile au rendez-vous mais pas eux … Nous attendons un petit peu en compagnie d’une jeune femme jusqu’à ce que la réceptionniste ne redescende et nous demande ce que l’on veut. Comme je réponds que j’attends nos deux amis, la jeune femme qui attendait répond qu’ elle aussi. C’est en fait une connaissance qu’ils se sont faites et à qui ils ont proposé de nous accompagner pour le programme du jour. Elle s’appelle Jane et vient de Nouvelle-Zélande. Super sympa, la conversation s’engage jusqu’à ce que nous soyons interrompu par un cri provenant des étages. Ce sont les deux zozos qui n’ont pas entendu leur réveil et qui nous annonce qu’ils s’apprêtent au plus vite. Nous continuons donc notre très agréable conversation avec Jane en les attendant.

Une dizaine de minutes plus tard, ils sont prêts à partir. C’est ici que mon épouse nous quitte car elle a été malade toute la matinée et va aller se reposer afin d’être en forme pour la fin de la journée et pour notre trip en forêt des jours suivants. Quant à nous, nous partons chez le loueur de vélo voisin afin de prendre possession de nos chouettes montures (5$ la journée et 2$ pour se faire remonter en camion à la fin de la ballade). On nous donne aussi une chaine, un cadenas, une pompe ainsi qu’un kit anti-crevaison. Ensuite, on va nous expliquer pendant cinq minutes que nous allons emprunter une route qui va tout droit et que l’on pourra y voir des cascades … Aaaaah, c’est pour cela qu’elle s’appelle route des cascades (ruta de las cascadas en espagnol) ? Soit, on leur dit merci et nous voilà parti tout les quatre.

D’après ce que l’on sait, la route est dans presque sa totalité (18 kilomètres) en descente. Et en effet, juste après l’avoir rejoint, nous pouvons nous laisser aller sans donner le moindre coup de pédale. A peine un ou deux kilomètres après notre départ, nous arrivons déjà au croisement qui nous amènera à la première des sept cascades que l’on doit voir. Mais contrairement à la route principale, celle-ci monte et sacrément même. Nous sommes tous obligés de mettre pied à terre et même en poussant nos vélos, l’effort est loin d’être évident. C’est complètement en sueur que nous arrivons enfin en vue de la première cascade. Pas grand chose d’intéressant à se mettre sous la dent, d’autant plus qu’elle est tout de même assez loin.

DSC_0455

Nous prenons bien une photo ou deux mais à ce moment-là, la pluie se met à tomber. D’abord doucement, ce qui nous laissera le temps de redescendre sur la route principale et de nous mettre à l’abri, espérant que le temps revire au pas trop dégueu. Ensuite, c’est un véritable déluge qui se met à tomber et pendant une grosse vingtaine de minutes, nous patientons que ça se calme ce qui finit par plus ou moins arriver.

Nous nous remettons donc en selle et c’est reparti pour de la descente. Autant le dire tout de suite, ce n’est franchement pas agréable de rouler sur cette route car nous sommes constamment effleurés par les véhicules qui empruntent cette route. De plus, la pluie qui s’était un peu calmée s’est remise à tomber, de plus en plus fort. Arrivé à la seconde cascade, le moral est clairement retombé et nous envisageons même de faire demi-tour. Mais Jane nous remotive en nous disant qu’ elle continue ce qui nous blesse – sans que nous voulions nous l’avouer – un peu dans notre fierté masculine. Nous continuerons donc jusqu’au bout !

La route que nous suivons pourrait être très belle car elle s’enfonce dans une profonde vallée au fond de laquelle coule une rivière. Malheureusement, très (trop ?) régulièrement, des câbles sont tendus afin de permettre à ceux tentés par l’aventure de faire de l’accrobranche ou d’emprunter des tarabitas (une nacelle suspendue à un câble – inventée par les incas – permettant de rejoindre l’autre rive en étant à plusieurs dizaines de mètres du sol). Ca gâche quand même assez bien le paysage et pour avoir une photo convenable, il faut redoubler d’astuces.

DSC_0458

Heureusement, lorsque la route emprunte un des nombreux tunnels qui la jalonne, une piste cyclable très agréable le contourne. A ces moments-là, la ballade redevient très agréable car le risque immédiat de se faire percuter par d’énormes cars retombe à zéro ! Nous aurons aussi grâce à cela l’occasion de voir une jeune femme faire une espèce de saut à l’élastique. Jeune femme que nous encouragerons en comptant pour elle le moment ou elle doit sauter, sous le regard hyper stressé de son copain.

Nous continuons ainsi notre route sous une pluie incessante et qui ne fait que se durcir. Nous sommes trempés et dégueulasse car nos vélos ne possèdent pas de garde-boue mais nous finissons par arriver au but final de notre balade: El Paillon del Diablo ou nous attend une petite marche. Sauf qu’à ce moment-là, la pluie se transforme en déluge et nous oblige finalement à renoncer … C’est juste impensable d’aller se promener dans des conditions pareilles: outre que nous n’y prendrons aucun plaisir, nous risquons de choper un truc à rester ainsi trempé. En attendant que ça se calme, nous tombons sur un colombien d’une quarantaine d’années qui est arrivé ici sur son vélo depuis Medellin (en Colombie donc) ayant donc déjà parcouru plus de 1300 kilomètres ! C’est à ce moment-là qu’un des camions permettant de nous remonter nous passe devant. Après une rapide discussion avec le chauffeur, on apprend qu’ils se stationnent à 400 mètres de notre position. Nous disons donc au revoir à ce brave homme et sous la flotte, nous rejoignons le premier camion prêt à partir. Après y avoir chargé nos vélos, nous montons dans la benne à l’arrière (heureusement couverte !) et nous nous retrouvons en compagnie de deux allemandes, d’une suisse et d’un couple de polonais. Le trajet jusque Baños durera une petite vingtaine de minutes et nous en profiterons pour faire connaissance avec nos « co-voitureurs » temporaires.

De retour en ville, nous disons au revoir à tout le monde et rentrons pour redéposer les vélos. Evidemment, comme je l’avais prédit, sur le trajet du retour la pluie s’est arrêtée de tomber et il fait ici presque plein soleil ! Arrivé chez le loueur, nous trouvons porte close: les loueurs sont partis manger ! Comme ils n’ont pas l’air d’être très inquiet, nous décidons de laisser les vélos là. Afin d’achever de nous rassurer, le loueur d’en face nous dit qu’il y jettera un coup d’œil le temps que son concurrent revienne. Pas de souci pour nous, d’autant plus que nous n’avions pas donné nos noms et que le numéro de passeport donné était tout ce qu’il y a de faux.

Juste après cela, nous repartons chercher mon épouse qui – heureusement – va beaucoup mieux et nous partons manger au marché. En nous y rendant, nous avons une idée bien précise de ce que nous voulons manger: du cui ! Mais qu’est-ce donc que cela ? C’est le plat national équatorien ! Ah, mais encore ? C’est du cochon d’Inde grillé sur un feu de bois ! A première vue et même à perte de vue, le fait de voir cette énorme bestiole empalée sur un bout de bois en train de griller doucement ne donne pas forcément envie de manger. D’autant plus qu’il est entier et que l’on peut constater qu’ils ne leurs manquent aucune dent. Néanmoins, nous voulons tous -enfin presque – essayer et nous en commandons un pour nous cinq. On nous le découpe en cinq part mangeable plus la tête accompagné d’une inévitable assiette de riz. Bon, franchement, si ce n’est la peau qui est dure comme du cuir ce n’est pas vraiment mauvais. Ca ressemble à du poulet très salé à la différence qu’il n’y a en fait pas grand chose à manger dessus ! Honnêtement -et je sais que ce n’est pas bien ! -, nous aurons passé plus de temps à faire des photos et des vidéos avec notre repas, ce qui nous aura beaucoup fait rire !

12027764_10154183532149881_2420938605251382208_n

12063869_10154183532564881_4198575216678859476_n

Après une glace mangée non loin, nous nous séparons provisoirement et nous fixons rendez-vous pour aller manger un vrai repas ce soir ! Demain, nous partons tous les quatre en Amazonie. L’idée a germé la veille et s’est concrétisée ce matin, après un coup de fil passé à la famille qui doit nous accueillir: ils ont de la place pour nous !

Finalement, la soirée qui devait être assez calme se révèlera assez festive. Comme la veille, nous sommes confrontés au problème de ou boire un verre. Cette fois, ce sera devant notre AJ et nous aurons encore droit à une belle mixité de nationalité: français, écossais, anglais, américain, … C’est aussi ça les voyages !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :