Jour 6 (après-midi) & jour 7: Bienvenue dans une famille Morochos

A midi pile, un chauffeur de taxi s’arrête devant notre AJ ou nous attendions depuis quelques minutes. Il vient vers nous et nous demande si nous sommes bien nous, ce que je ne peux nier. On embarque avec lui dans son pickup pour une petite demi-heure de route, en direction du nord et de la communauté indienne Morochos.  Nous traversons d’abord Otavalo, puis le petit village de Cotacachi avant d’emprunter une piste qui monte vers les sommets environnants jusqu’à arriver devant une petite maison en construction. Notre chauffeur nous dépose là avec nos sacs et redémarre aussi vite. On en sera quitte pour se présenter nous-mêmes.

Nous sommes accueillis par une dame d’une quarantaine d’années, en costume traditionnel, qui s’appelle Rosita. Très souriante, elle nous montre notre chambre qui se situe dans une petite cabane dans le jardin. Après nous avoir expliqué le principe d’un interrupteur (…), elle s’en va et nous laisse là. Bon, et on est censé faire quoi maintenant ? Ben apparemment … rien ! Derrière la porte d’entrée, un petit « règlement » nous indique les choses à savoir comme: ne pas déranger la famille après 21h ou avant 6h, que si on ne leur propose pas de les aider, ils ne viendront pas vers nous et ainsi de suite … Je dois avouer que sur le moment même, on est un peu décontenancé. On décide alors de prendre notre appareil photo et d’aller faire le tour du propriétaire.

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Dès que nous sortons, nous tombons sur la fille de Rosita et ses trois enfants: Sisa, Pangue et la petite dernière dont nous n’avons jamais vraiment compris le nom … En réalité, après nous avoir dit bonjour, ils repartent à leurs tâches quotidiennes sans se préoccuper une seconde de nous. Dans une cabane très rudimentaire, une très vielle dame (en réalité, la belle-mère de Rosita) fait un feu. A première vue, c’est la qu’elle vit. A ce moment-là, on se demande ce que l’on va bien pouvoir faire pendant une journée et demie chez eux. Vu que la nuit précédente avait été agitée, nous décidons d’aller faire une sieste et d’aviser après …

Une heure après, le temps s’est dégagé et nous nous sentons plus reposé. Vu que mon pied ne me fait quasi plus mal, nous reprenons contact avec Runa Tupari afin de réserver à nouveau une randonnée pour le lendemain au lac Cuicocha. Pas de problème pour eux, rendez-vous est pris à 8h devant notre hébergement. C’est à ce moment-là que nous voyons deux petites paires d’yeux en train de nous regarder par la fenêtre. Dès qu’ils s’aperçoivent qu’on les a vu, ils se cachent en se marrant comme des baleines puis repassent aussitôt la tête. Le jeu est lancé, ainsi que notre après-midi ! Comme souvent dans ces cas-là, les enfants sont un déclencheur de rencontres, peu importe que l’on ne parle pas la même langue ! Nous sortons à leur rencontre et nous nous présentons. C’est parti pour deux bonnes heures de jeu auxquels nous ne comprenons pas grand chose mais qui les font beaucoup rire. Sisa, l’ainée choisit les jeux pendant que Pangue, le petit frère subit sans dire un mot (du moins au début). La petite dernière suit les deux plus grands sans avoir la moindre idée de ce qu’elle fait là (ce qui nous fait beaucoup rire … pas bien !). On joue donc pêle-mêle au rugby, au foot, à cache-cache, à une espèce de chat perché et ainsi de suite, tout ça dans de grands rires ! C’est à ce moment-là que le seul homme de la maison arrive: Antonio !

C’est donc le mari de Rosita (et donc le grand-père des petits), un indien qui porte fièrement sa longue tresse noire dans son dos. Heureusement pour nous, il parle un peu anglais ce qui va nous permettre d’en apprendre un peu plus sur lui, sa famille et la communauté. Nous lui expliquons que demain nous nous rendons au lac Cuicocha et il nous dit que c’est avec lui. Bonne nouvelle, Antonio est en réalité guide pour les environs ! Le courant passe plutôt bien avec lui mais les enfants ne sont pas d’accord que l’on ne s’occupe plus d’eux et se refont insistants. Nous partons donc tout les cinq dans le sentier devant la maison qui grimpe jusqu’au « centre » du village.

Partout autour de nous, ce n’est que montagnes et volcans. Le ciel est vraiment bien dégagé maintenant et nous offre de superbes vues sur les environs.

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Nous prenons quelques photos avant de rentrer à la maison car il est temps pour mon épouse d’aller aider (à sa demande) en cuisine. Je l’accompagne afin de prendre des photos de sa première tâche, à savoir peler des pommes de terre. Problème pour elle, ici on fait ça au couteau très aiguisé et non à l’économe. Je me retrouve donc contraint de le faire moi-même (vive les années scouts !) ! Soit, quelques minutes plus tard, j’ai fini mon ouvrage et part bien vite de la cuisine avant qu’on ne me refile quelque chose d’autre à faire en cuisine. C’est à ce moment-là que je retombe sur Antonio qui me propose d’accompagner ses enfants dans le fond du jardin car ils veulent me montrer la vallée au-dessus de laquelle nous nous trouvons. En fait, tout a malheureusement brulé à cause de jeunes imbéciles sans aucune conscience. C’est d’ailleurs un problème majeur ici en Equateur car même à Quito – la capitale – de petits malins allume des feux pour le plaisir … C’est dommage et stupide mais bon, on ne changera plus le monde ! S’ensuit alors une séance photos avec les deux gamins qui adorent l’appareil photo. Après chaque clic, ils courent jusqu’à moi pour se regarder sur mon écran. Ca dure comme cela pendant une petite demi-heure avant de revenir vers la maison.

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Pendant que j’aide à dresser la table en compagnie des enfants et que mon épouse finit de préparer le repas avec les deux femmes, Antonio joue lui du violon devant son ordinateur portable (!). Quand il a fini avec son violon, c’est de la flute puis de la flute de paon puis encore une autre sorte de flute et ainsi de suite. Ca aurait pu être rigolo … si il jouait correctement d’au moins un de ses instruments ! Malheureusement, c’est très loin d’être le cas malgré les nombreuses coupes qui ornent une étagère. Il fait en réalité partie d’un groupe de musique andine … Ca promet si ils jouent tous comme lui ! Le repas sera très classique: soupe de légume en entrée, riz-légumes-viande en plat et un grand verre de jus de fruit frais pour accompagné le tout. Il sera surtout très convivial car nous sommes assis au milieu de la famille. Les enfants font un peu n’importe quoi mais sont finalement assez débrouillard, seul Pangue demandant mon aide pour que je lui coupe sa viande (chose qu’il ferait tout seul en temps normal mais je pense qu’il m’aime bien et voulait que ce soit moi et personne d’autre qui le fasse). Le repas durera près d’une heure au total et après avoir décliné une tasse de café, nous souhaitons bonne nuit à tout le monde et nous partons nous coucher.

Le lendemain matin, après une nuit très bruyante (c’était samedi soir, les indiens ont fait la fête jusqu’assez tard, merci Quiès et ses boules !), nous nous rendons dans la cuisine pour prendre notre petit-déjeuner: œufs, saucisse et pomme de terre au programme pour un repas qui nous tiendra au corps en vue de la matinée prévue.

A 8h pile, un petit 4×4 arrive avec déjà une passagère à bord. C’est une jeune femme suisse qui est diplomate à Cuba et qui est en vacances pour quelques semaines. Très sympa, elle parle outre l’allemand (qui est sa langue natale), l’espagnol, l’anglais, l’italien, le néerlandais et … le français ! On lie assez vite connaissance avec elle pendant le court trajet qui nous emmène jusqu’à l’entrée de la réserve écologique Cotacachi Cayapas ou va se dérouler notre randonnée. Bonne nouvelle, en Equateur – sur décision du président Correa – les parcs et réserves sont gratuits pour tous ! La moins bonne nouvelle, c’est que nous ne serons pas que nous trois pour la rando: un groupe de sept jeunes hollandais nous accompagne. Ca, on ne l’avait pas vu venir … Enfin bon, il va falloir faire avec !

Antonio commence par nous expliquer ce en quoi consiste notre marche: 10 kilomètres au programme avec une altitude variant de 3100 mètres à 3450 mètres pour faire le tour du lac Cuicocha par les crêtes. La marche commence directement par une courte mais raide ascension jusqu’à arriver au bord du lac.

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Son nom peut être décomposé comme suite: « cui » pour hamster et « cocha » pour lac soit le lac aux hamsters en quechua (la langue des indiens de la Cordillère des Andes, depuis la Colombie jusqu’en Argentine). Il est appelé comme cela parce qu’au milieu de ce lac volcanique se trouve deux petits îlots dont l’un ressemblerait à un hamster … Mouais, il faut beaucoup beaucoup beaucoup d’imagination mais soit, on ne va pas refaire le monde.

En attendant, pendant deux bonnes heures nous ne ferons que grimper progressivement en longeant le lac. De temps en temps, il disparaît de notre vue et c’est alors le volcan Cotacachi qui nous apparaît. Ce dernier culmine à presque 5000 mètres et est considéré comme endormi et non éteint. Nous avons de la chance car au fur et à mesure de notre progression, les nuages se dissipent à son sommet nous laissant voir sa pointe enneigée.

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Malheureusement, le rythme imposé par le groupe conjugué à l’altitude font craqué mon épouse lorsqu’elle arrive au sommet. Antonio qui a fait demi-tour lorsqu’il a vu que nous ne le suivions plus propose alors à mon épouse de faire venir le 4×4 jusque là car nous avons rejoint la seule piste carrossable du parc. Epuisée, elle préfère accepter et c’est la mort dans l’âme que nous acceptons sa proposition. Le groupe continuera sans nous mais nous aurons vu le principal, à savoir le lac depuis son plus haut point avec son eau bleue, presque turquoise.

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Antonio nous laisse là et quelques minutes après notre chauffeur arrive, nous faisant redescendre tout ce que nous venions de gravir. Nous allons attendre le groupe à la fin de la randonnée pendant une grosse demi-heure avant que ceux-ci nous rejoignent. Ils embarquent dans l’autre véhicule et nous redescendons jusqu’au village de Cotacachi pour aller déjeuner dans un restaurant typique pour touriste. Ca sera probablement le plus mauvais repas que nous ferons ici en Equateur mais nous n’avons pas trop le choix …

Nous rentrerons passé l’après-midi dans la famille mais malheureusement, à notre retour, les membres du groupe sont là à l’attendre pour répéter. Ma pire crainte est confirmée: ils ne savent décidemment pas jouer de la musique, c’est une véritable cacophonie sur super ampli à laquelle nous avons droit. Enervés par ce boucan infernal, mon épouse et moi prenons le parti d’aller nous promener dans le village pendant deux bonnes heures, le temps qu’ils arrêtent de nous casser les oreilles. Le reste de la journée se déroulera de la même manière que la veille avec un repas pris tous ensemble dans la joie et la bonne humeur et vers 21h, nous leur souhaitons une bonne nuit et disons au revoir pour la dernière fois aux enfants. Nous ne les verrons pas demain car nous serons lundi et ils iront à l’école (ici, elle commence à 7h15 mais fini en début d’après-midi). Demain, nous quittons cette région pour nous enfoncer toujours plus au nord, en direction de la Colombie.

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