Jour 0 & Jour 1: Arrivée en Equateur et découverte de Quito

Le réveil sonne pour nous à 4h du matin ce dimanche. Difficile d’émerger après n’avoir dormi que quelques rapides heures mais l’excitation du voyage chasse tout et nous nous apprêtons sans traîner. A 5h, il est temps pour nous de fermer la maison et de nous mettre en route en direction de l’aéroport de Bruxelles.

Rien à signaler concernant nos deux premiers vols qui nous ont d’abord emmenés jusque Londres puis Miami avec la compagnie British Airways. Enfin si: c’est une bonne compagnie au personnel attentionné et aux avions confortables (du moins, quand comme nous, on arrive à réserver nos sièges aux sorties de secours et ce, pour les deux vols !).

Lorsque nous arrivons à Miami, nous nous dirigeons comme tout le monde vers le poste-frontière. Deux files s’offrent à nous: ceux pour qui il n’y a pas d’ESTA (une autorisation de voyage simplifiée réservée à quelques nationalités dont la Belgique) et ceux  – forcément – pour qui il y en a. Avant de nous diriger vers cette file (nettement moins longue que l’autre !), nous devons remplir toute une série de renseignements sur une borne, scanner nos passeports ainsi que nos empreintes. Sauf que, comme pour la quasi-totalité des gens, nous recevons un papier avec notre photo dessus et une grande croix barrant tous nos renseignements. Nous devons donc comme quasi tout le monde aller faire la file afin de valider notre entrée aux USA. Après une grosse demi-heure d’attente, nous arrivons enfin face à la douanière (qui d’ailleurs fait mentir la fameuse réputation désagréable qui colle à ce corps de métier en rigolant et en faisant des blagues). Nous recommençons donc, avec elle, toute l’opération et enfin, nous avons droit à notre coup de tampon sur nos passeports !

Nous devons ensuite nous rendre au guichet d’American Airlines afin de récupérer nos cartes d’embarquement jusque Quito. Après que l’employée nous ai imprimé nos tickets, nous nous rendons compte d’un premier petit souci: l’heure d’embarquement indiquée dessus se situe après l’heure à laquelle nous étions censés décollés. Comme nous n’avions pas encore vu de panneaux indicatifs, nous espérons une erreur de leur part mais après avoir passé un nouveau contrôle de sécurité (le fameux scanner ou on nous voit tout nu !), nous devons nous rendre à l’évidence: notre vol est effectivement déjà en retard de deux heures ! Nous allons donc devoir patienter non pas deux heures mais quatre … Après avoir mangé rapidement un morceau dans l’aéroport, nous nous rendons à notre porte d’embarquement. Très vite, nos deux noms sont appelés au micro ainsi que toute une série d’autres nous demandant de nous présenter sans tarder au comptoir d’embarquement. Rien de grave, ils avaient juste besoin de scanner (encore !) nos passeports. Ils ont aussi une question qui aurait pu s’avérer dérangeante si je n’avais pas prévu le coup: nous serons partis au total 3 mois et une semaine. Hors, le visa accordé aux touristes est de maximum trois mois pour l’Equateur. Même si notre billet de retour nous fera décollé du Chili, on doit pouvoir justifier que nous ne serons plus dans le pays d’ici trois mois. Heureusement, nous avions réservé un vol interne pour dans un mois, justement pour quitter le pays et aller au Pérou voisin. Il n’y aura donc aucune complication et nous pouvons donc retourner patienter.

Arrive l’heure d’embarquement  prévue mais c’est à ce moment là seulement que les gens descendent de l’avion dans lequel nous devons monter. On nous annonce donc presqu’une heure de retard supplémentaire puis quand enfin nous montons dans l’avion (encore une sortie de secours !) et après deux tentatives de décollage, le commandant nous annonce qu’il y a un problème avec l’un des moteurs ! Ils vont donc tenter de réparer en vitesse puis nous tenterons une nouvelle fois de nous envoler. Si ça ne devait pas fonctionner, il nous faudra retourner à la porte d’embarquement afin de changer d’avion. On a beau vouloir être optimiste, on commence à se demander si nous arriverons aujourd’hui en Equateur mais heureusement, la troisième fois sera la bonne et nous nous envolons pour quatre heures en direction de Quito. Le vol nous paraîtra assez bref – décalage horaire oblige – et nous dormirons 99% du vol.

L’arrivée à Quito se fait donc de nuit: il est 23h (heure locale, 6h du matin pour nous) quand nous descendons de l’avion, direction un nouveau poste de douane. Au vu de nos expériences passées concernant l’organisation générale en Amérique du Sud, nous sommes à peine surpris de devoir patienter deux heures supplémentaires pour enfin obtenir notre cachet ! En effet, cinq avions sont arrivés en même temps, débordant du coup les 5 pauvres douaniers présents à ce moment-là. Heureusement, des collègues arrivent en renfort sinon nous y serions peut-être encore ! Après avoir récupéré nos sacs que nous devons encore une fois faire scanner, nous pouvons enfin réserver un taxi qui doit nous emmener à l’auberge de jeunesse ou j’ai réservé ! Il est donc près de 2h du matin (heure locale, 9h du matin pour nous) quand enfin, nous pouvons nous coucher !

Nous avons rendez-vous dans la matinée avec notre beau-frère qui vit depuis quelques temps dans la capitale. Voilà près de deux ans que nous ne l’avons pas vu car depuis tout ce temps, il se balade en Amérique du Sud. Nos dates coïncidaient avec les siennes, c’et donc naturellement qu’il nous a proposé de nous servir de guide pour la journée. Nous avions mis un réveil par sécurité mais à peine deux heures après nous être endormis, je me lève déjà. Il va falloir attendre un peu avant d’effacer complètement le décalage horaire mais ça me permet d’observer depuis l’immense fenêtre de notre chambre, un magnifique premier lever de soleil !

Notre rendez-vous est fixé à 10h, sur la plaza Santo Domingo, au cœur du Centro Historico de Quito. Vu l’heure matinale à laquelle nous sommes prêt, nous décidons vers 8h de nous mettre en route. Deux possibilités s’offrent à nous: la plus chère, la plus rapide (encore que, à cette heure) mais surtout la plus facile serait de prendre un taxi. Mais outre le fait que ça nous coûterait pas loin de dix dollars le trajet, ça perd quand même de son charme. La deuxième solution est de prendre l’Ecovia, une des trois lignes de bus qui traversent la ville du Nord au Sud (et inversement bien sur !) sur des axes parallèles. Le trajet ne coûte que 25 cents par personne, quelque soit le nombre d’arrêt et ces bus ont une bande réservée pour eux, ce qui nous fera aller plus vite probablement qu’un taxi. Un arrêt se trouve justement à une dizaine de minutes à pied et après avoir cherché un peu pour faire correspondre mon plan à la réalité, nous nous présentons à l’arrêt. Le système est relativement simple: au milieu de la chaussée se trouve un quai par lequel on rentre d’un côté et on ressort de l’autre. On paye les 25 cents à un monnayeur et on peut passer la barrière. Une employée est la pour faire de la monnaie au cas ou mais elle n’a pas l’air débordée de travail. A peine une minute après notre arrivée, nous embarquons dans le bus, direction le sud et le centre historique.

Surprise, nous sommes les seuls étrangers à bord de ce bus bondé et nous faisons tourner quelques têtes. Mais aucun signe d’animosité, juste une très légère curiosité. La conduite du chauffeur est sportive et nous devons nous cramponner à ce que l’on peut pour éviter de terminer par terre. Seul petit bémol à ce mode de transport, la présence de nombreux pickpockets !  En effet, tout le monde à l’intérieur tient son sac fermement devant lui car très nombreux sont les vols. Dans notre cas, après une vingtaine de minutes de trajet, nous arrivons à l’arrêt repéré, situé non loin de la place. Toujours grâce à mon plan, nous pouvons sans problème nous enfoncer au cœur de ce Centro Historico. Vu l’heure encore matinale, la vie ne fait que redémarrer ici et seules quelques cuisines sont ouvertes afin de servir le petit-déjeuner. La station de bus se situant en contrebas du quartier, nous devons nous frotter à une belle première petite côte. Quito se situant à une altitude moyenne de 2800 mètres, le souffle est court et nous le faisons petit à petit sans se presser.

Dès le premier coup d’œil, le quartier nous plait ! Une architecture dite baroque très colorée, des petites rues pavées et une ambiance typique des villes coloniales , le mélange est parfait ! Nous nous rendons donc sur la plaza Santo Domingo avec une heure trente d’avance sur le programme. C’est une grande place rectangulaire, presque exclusivement piétonne, au centre de laquelle trône une immense statue d’un des héros du peuple: le Maréchal Mariscal Sucre. Sur un des grands côtés, se dresse une église et en face de celle-ci, deux petites cuisines ou pour deux à trois dollars, nous allons pouvoir déjeuner. Pour moi, ça sera des œufs sur le plat, avec un petit pain (excellent i) au fromage, servi avec un jus de fruit frais et du lait chaud (normalement un café mais je n’en bois pas). Pour mon épouse, un petit-déjeuner beaucoup plus local: du riz, de la peau de poulet et une sauce qui recouvre le tout. D’après elle, c’est excellent ! Nous savourons ce moment à notre aise et il est 9h quand nous sommes de nouveau sur la place.

Nous avons encore une heure à attendre et nous sommes tentés d’aller découvrir les environs. Mais outre le fait que toutes ces petites ruelles sont encore plongés dans l’ombre – et malgré la présence d’un grand ciel bleu et d’un soleil abondant – il y fait encore très frais, nous préférons attendre notre « guide ». Nous décidons donc de l’attendre au milieu de la place, près du maréchal, en plein soleil. Cette heure d’attente permet d’observer la vie qui s’éveille doucement dans ce quartier si animé la journée et si décrié le soir. En effet, la nuit les rues se vident de la population et la réputation du Centro Historico n’est plus à faire: notre guide du routard ainsi que de nombreux avis sur le net déconseillent fortement d’être présent dans le quartier lorsque la nuit se couche.

En attendant, notre petite heure d’attente passera extrêmement vite et avec à peine un quart d’heure de retard, nous retrouvons notre beau-frère ! Nous sommes vraiment heureux de le revoir et après une courte discussion, il nous propose de le suivre dans les petites rues du quartier.

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Après un léger détour par le restaurant ou il travaillait jusqu’encore la veille afin d’y déposer un sac, nous nous rendons au Panecillo, une colline se trouvant à peu près au centre de Quito et depuis laquelle nous devrions pouvoir observer la quasi totalité de la ville. Nous y allons en taxi car ça grimpe sec jusque là en haut !

Arrivé au sommet, nous pouvons tout d’abord « admirer » une statue très glauque de la Vierge entièrement faite en aluminium. Glauque parce qu’elle tient entre ses mains une chaine reliée au coup d’une espère de crocodile à trois queues. Le tout fait au moins une vingtaine de mètres et n’est franchement pas très joyeux ni beau. Pour la petite histoire, la statue est tournée vers le nord afin de protéger cette partie de la ville, considérée comme la plus riche et la plus sécurisante. Au sud, comme il ne bénéficie pas de sa protection, c’est un peu tout et n’importe quoi !

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Par contre, la vue que l’on a depuis ici est juste … WAHOUUU ! Au nord, comme au sud, la ville se déroule à nos pieds !

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Encerclée par quantité de volcans, nous avons la chance de pouvoir les admirer grâce à l’extraordinaire luminosité qui baigne les lieux aujourd’hui ! Des sommets, culminant pour certains à près de 6000 mètres, sont recouverts de neige éternelle. C’est vraiment magique comme ambiance ! Au loin, on peut même apercevoir le Cotopaxi qui a fait parler de lui aux infos car après près de 150 ans a décidé de se réveiller. Considéré comme un des volcans les plus dangereux de la planète à cause de sa proximité avec la capitale, nous pouvons admirer les panaches de fumée qu’il crache encore aujourd’hui ! Nous restons la en haut près d’une petite heure afin de profiter du panorama et de s’échanger des nouvelles sur tout et n’importe quoi.

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Il est presque midi quand nous décidons de redescendre la colline, cette fois à pied. Un escalier permet en effet de rejoindre le centre ville en à peine une vingtaine de minutes. Par contre, vu la pente, la montée doit être réellement éprouvante ! Nous retournons donc dans le Centro Historico et notre beau-frère nous fait passer par différentes places toutes plus belles les unes que les autres: plaza San Francisco, plaza Grande, …

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Nous décidons finalement de nous arrêter un peu au hasard dans un des nombreux petits restaurants du quartier qui propose l’almuerzo: un menu comprenant soupe, repas et boisson pour un prix compris entre 1.5 et 3 dollars. Ce sont des repas simples, bons et équilibrés qui nous sont servis et en plus, il y a à chaque fois deux choix ! Nous passons la encore un excellent moment et vers 15 heures, il est malheureusement temps de nous séparer. Hasard du planning, son meilleur ami arrive aujourd’hui à Quito et il lui avait proposé de venir le chercher à l’aéroport. Il doit donc nous quitter mais nous proposons de nous retrouver au soir pour boire un verre ensemble. Rendez-vous que nous acceptons sans souci ! Nous reprenons donc le bus dans l’autre sens et remontons à notre auberge afin d’y faire une sieste bien méritée !

A 18h45, la nuit est déjà tombée et notre rendez-vous se situe à l’entrée du centro historico, à côté de l’arrêt de bus. Nous avions à la base décidé de faire le trajet cette fois en taxi mais nous décidons qu’il n’est pas encore très tard et que l’on peut au moins redescendre en bus. Arrivé au lieu de rendez-vous, nous devons attendre un peu avant son arrivée. Ca peut effectivement impressionné car à ce moment-là, nous sommes seuls « étrangers » au milieu d’une foule d’Equatoriens. Si ce n’est un regard rapide, personne ne s’intéresse réellement à nous. De toute façon, très vite, nous retrouvons notre beau-frère accompagné de son ami et d’une troisième personne: un canadien que son ami a rencontré dans l’avion et à qui il a proposé de nous accompagner. Originaire de Toronto, il ne parle qu’anglais mais ce n’est pas un souci pour nous.

Après avoir demandé à des policiers (extrêmement serviables et sympathiques) l’adresse d’un bar dont il avait entendu parler, nous nous dirigeons vers celui-ci. Nous quittons donc l’avenue bondée ou nous nous trouvions pour nous enfoncer dans des petites ruelles toutes vides. Après s’être fait précisé par un commerçant l’endroit exact, nous nous attablons dans un bar proposant des bières « maisons ». Fort cher car la clientèle n’est pour le coup que composée de touristes, nous passerons malgré tout un excellent moment à discuter voyage !

Vers 21h, nous décidons de partir à la recherche d’un endroit ou manger. Notre beau-frère nous emmène donc dans le centro historico. La transformation est radicale ! Les rares personnes croisées sont pour la plupart des toxicomanes en manque mais qui ne s’intéresseront pas à nous alors que deux heures auparavant, ça grouillait de monde ! Toutes les vitrines sont barricadées derrière de gros volets fermées par d’énormes cadenas ! Autant dire que à cette heure-ci, le quartier perd beaucoup de son charme et nous ne devons cette visite nocturne qu’à la présence rassurante de notre beau-frère qui connait bien les lieux et les gens pour y avoir bosser plusieurs mois. Nous finissons par trouver une petite cuisine ou pour deux dollars, nous aurons droit à nouveau à un menu complet et très bon !

Après pas mal de fou rire, il est malheureusement temps de se séparer ! Nos amis nous accompagnent jusqu’à un taxi qui nous ramènera sans souci à notre auberge. Prix de la course: 7 dollars (prix négocié car le soir, les chauffeurs de taxi ne veulent pas mettre le compteur estimant que le risque de tomber sur une personne mal intentionnée est trop grand par rapport à ce que ça nous aurait coûté) ce qui nous rassure quand à notre choix d’avoir pris le bus toute la journée ! Après avoir rapidement refait nos sacs, il est temps pour nous d’éteindre la lumière. Demain, réveil à 6h15 car nous avons un bus à prendre pour le nord du pays !

2 réponses à “Jour 0 & Jour 1: Arrivée en Equateur et découverte de Quito”

  1. GOBIN Thierry dit :

    Nickel ce CR (comme d’habitude!), on s’y croirait. Les commentaires sont merveilleusement vivants, colorés et imagés. Continue ainsi. Vous nous faites vivre votre aventure.

    Aimé par 1 personne

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