Jour 9: Krafla Road

Il est 8h30 lorsque nous quittons la guesthouse, sous un ciel fort gris. La propriétaire a tenté de nous rassurer en nous assurant que le soleil devrait se monter très vite mais nous avons un peu de mal à la croire … En attendant, cela ne va pas nous empêcher de réaliser les activités que nous avions planifiées !

Notre première étape est pour un site, le long de la route 1, appelé Hverir et situé à moins de dix minutes en voiture de la ou nous logeons. Nous sommes déjà passé plusieurs fois devant durant ces derniers jours et à chaque fois le parking était noir de monde. Heureusement, le fait de partir relativement tôt nous permet généralement d’être tranquille  durant une heure ou deux avant l’invasion et ça se confirme encore aujourd’hui. A notre arrivée, il n’y a qu’une seule voiture de garée, on ne devrait donc pas se marcher dessus. Mais que vient-on voir ici ? Un ensemble de solfatares et de bains de boue bouillonnant sur fond de montagne recouverte de soufre. Comme d’habitude, lorsque l’on approche de ce genre d’endroits, la première chose qui marque est cette odeur d’œufs pourris qui, après un copieux petit-déjeuner, peut vous retourner les estomacs les plus accrochés ! Ensuite, on fait avec et on profite juste du spectacle incroyable qu’offre ces fameux solfatares fumant et crépitant que l’on retrouve un peu partout. On en a déjà vu et pourtant, on continue à être émerveillé, à avoir l’impression de marcher sur le couvercle d’une cocotte-minute prête à exploser !

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Il y a aussi des bains de boue qui ont une température proche des 100°C et qui font de grosses bulles qui éclatent sans discontinuer !

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Malheureusement, nous ne profiterons pas seuls très longtemps de cet environnement incroyable car, contrairement aux autres jours, un car de lève-tôt se gare sur le petit parking et déverse son lot de touristes bruyant. Heureusement que l’on sait qu’ils ne restent généralement pas plus de dix minutes sur place ! Ne désirant pas spécialement être mêlé à eux, nous décidons d’entreprendre notre première marche de la journée et qui doit nous emmener au sommet du Namafjall, la montagne qui surplombe le site. Un sentier permet de s’y rendre qu’il faut aller chercher derrière d’autres solfatares. En faisant cela, on sait qu’on a peu de chances d’être dérangé car peu de monde s’y rend. On attaque donc notre ascension sur un chemin de biais et un panneau nous indique qu’en cas de pluie, ça peut devenir très glissant. Miracle de la météo islandaise, le ciel gris qui nous accompagnait a disparu intégralement, laissant place à un magnifique ciel bleu ! Mais ce revirement climatique ne changera pas grand chose au résultat final: après quelques centaines de mètres d’ascension, nous devons faire demi-tour car même sec, le chemin est véritablement casse-gueule à cause de la présence de petits graviers dans une pente finalement fort abrupte. Le tout n’est pas de monter mais il faut penser à la redescente et on a pas spécialement envie de prendre bêtement des risques. Preuve que le risque est présent, mon épouse fera une chute, heureusement sans gravité ! Nous terminons donc la visite de Hverir en passant par les quelques bains de boue que nous n’avions pas encore vu et après une heure sur le site, nous remontons en voiture !

Il est temps maintenant de s’attaquer à cette fameuse route menant au mont Krafla et qui démarre juste un peu plus loin que Hverir. Longue d’un peu moins de dix kilomètres et se terminant en cul-de-sac, elle n’en comporte pas moins trois sites à visiter. Le premier d’entre eux n’est pas une merveille de la nature mais une centrale électrique utilisant l’énergie géothermique de la région pour fournir en électricité la ville d’Akureyri (la deuxième ville du pays) ainsi que tout l’est du pays ! D’après notre guide du routard, on y trouve un petit visitor center ainsi que la possibilité d’aller voir les deux grosses turbines de l’usine. Impossible de la rater car le site est présent de chaque côté de la route et des tuyaux partent dans tout les sens, passant même au-dessus de la route pour former une arche. Nous nous garons et rentrons dans le visitor center, très intéressant, qui  à l’aide de panneaux explicatifs ainsi que d’une vidéo, retrace le fonctionnement de l’usine. On y apprend notamment que 99% de l’électricité islandaise est créée à partir d’énergie renouvelable ! D’ailleurs, le panneau s’interroge sur la politique des autres pays européens concernant ce sujet … Malheureusement, contrairement à ce qui est écrit, il n’est plus possible d’aller voir les turbines. Ce qui est bien dommage car la visite se termine assez vite ! Nous ne traînons pas et après un rapide passage aux toilettes du visitor center, nous nous remettons en route.

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L’arrêt suivant, quelques kilomètres plus loin, est pour le site de Leirhnjukur. Le parking est situé à une dizaine de minutes à pied du site à proprement parler et lorsque nous arrivons, celui-ci est quasi vide ! Nous ne traînons pas pour rejoindre le pied de la colline ou se trouve de nouveaux solfatares et autres bassins d’eaux aux couleurs irréelles. Des passerelles permettent de s’en approcher en toute sécurité et nous en profitons tant que nous sommes seuls pour mitrailler à tout va !

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De ses passerelles part un sentier en forme de 8 et permettant de se balader au milieu de la coulée de lave de 1984, encore fumante par endroits.

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A force d’avancer, on finit par prendre un peu de hauteur et on arrive petit à petit au sommet de la colline surplombant le site. La vue qui s’offre à nous est tout simplement incroyable, d’une sérénité sans égale ! Du vert pour la mousse, du noir pour la lave et du blanc pour la neige (oui, oui on est bien le 24 juin !) font un tableau magnifique !

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Alors qu’à notre arrivée, nous étions à peu près seul, de plus en plus de monde commencent à arriver et nous décidons de leur laisser la place. Nous reprenons donc le sentier pour terminer le 8. Sauf que, au vu de la situation du site, je trouve bizarre la direction que nous prenons. Nous devrions partir complètement à l’opposé ! Nous faisons donc demi-tour, à la recherche de la bonne direction. Pourtant, on a beau cherché, on ne trouve pas et tout le monde a l’air de partir par la. On refait donc le chemin en passant par de grandes plaques de neige, encore épaisse d’une vingtaine de centimètres alors qu’il fait pas loin de 15 degrés aujourd’hui. Qu’est ce que ça doit être en hiver !!! Mais comme je le craignais, le chemin nous ramène vers le parking et nous n’aurons donc pas vu l’autre partie du site. Pas trop grave en soi, cela faisait déjà une heure et demi que nous nous promenions ici et nous avons vu le principal. Nous décidons donc de repartir vers la voiture avec dans l’idée de nous rendre à l’étape suivante ou nous pique-niquerons, l’heure du dîner approchant.

Ce dernier arrêt donc est le terminal de la route. A peine garé que l’odeur d’œuf nous assaille à nouveau. Impossible de manger dans ces conditions et comme nous avons fait à nouveau un bon gros petit-déjeuner (je crois que notre hôte a peur que nous mourrions de faim chez elle !), on décide de se lancer à l’assaut du cratère Viti à quelques mètres de notre voiture. L’avantage (ou le désavantage, c’est selon) du site est que l’on peut le contempler sans fournir d’effort. C’est en fait le cratère d’un volcan encore en semi-activité rempli d’un lac de 300 mètres de diamètre d’un bleu turquoise magnifique !

Comme je le disais, le lac est visible quasi depuis sa voiture mais le plus intéressant est de faire une boucle grimpant sur les parois du cratère. La montée en soi n’est pas bien dure mais refroidit malgré tout pas mal de monde (et notamment les clients des tours organisés qui restent top chrono cinq minutes sur le site !). Pourtant, la vue depuis là-haut est tout simplement magnifique !

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De plus, on a une vue sur la centrale électrique située bien plus bas et qui vue d’ici ressemble à un jouet. Mais ce n’est pas tout car la ballade longe aussi un de leurs pipelines et rejoint des petites sphères appelées sphères géodésique et construites en aluminium (d’après ce que l’on a lu au visitor center de la centrale). Le plus drôle dans tout cela est l’énorme sécurité mise en place pour protéger les infrastructures ! Trois panneaux interdisent l’accès et c’est tout: pas de barbelés, de caméras ou de robots tueurs !

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Nous finissons donc le tour du cratère, le regard toujours accroché par la couleur du lac. On avait aimé le site précédent mais celui-ci nous a encore plus conquis ! Nous aurons mis finalement plus d’une heure pour en faire le tour, arrêt photos inclus mais qu’est ce que ça nous a plu !

Avec tout cela, il est passé largement 13h et nous n’avons toujours pas dîné. Etant donné qu’il ne nous reste qu’un site à visiter (je ne pensais pas que ça irait si vite, même en prenant notre temps) et qu’il se trouve pas très loin de notre guesthouse, nous décidons d’y retourner pour manger à notre aise. Vers 14h, nous nous remotivons pour enfiler à nouveau nos chaussures de marche et nous nous rendons à quelques minutes de là en voiture pour aller voir les grottes de Grjotagja. Notre guide indique qu’il n’y a quasi plus d’accès et notre hôte n’en sait pas plus, nous allons donc voir par nous-même !

Arrivé sur le petit parking, au milieu de nul part, nous voyons deux entrées qui s’enfoncent sous terre. En fait, le site est effectivement minuscule car la grotte s’est quasi entièrement effondrée et ne reste plus qu’un petit bassin d’eau d’un bleu profond. La température de l’eau est à 45°C, ce qui est fort chaud, même pour y plonger ses pieds (ce qui est de toute façon interdit et expliqué par un panneau à l’entrée). Ça n’empêche évidemment pas une femme de se mettre en maillot et de montrer le mauvais exemple à sa fille et après plusieurs tentatives pour s’immerger, elle renonce car l’eau est vraiment trop chaude.

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Au dessus de la grotte, on peut admirer une faille dans le sol d’une belle taille. Nous montons pour la voir et c’est là que nous retombons sur une mère et sa fille que nous avions déjà croisé à Skaftafell et avec qui nous avions fait un petit bout de chemin. C’est la deuxième fois aujourd’hui car ce matin, nous étions retombé sur une autre paire mère-fille rencontrée aux îles Vestmann ! Nous échangeons donc nos impressions sur les visites faites depuis notre rencontre et nous nous quittons en nous promettant un verre si on se rencontre une troisième fois !

Les visites du jour sont terminées et vu le temps splendide auquel nous avons droit, nous décidons d’aller boire un verre en terrasse dans le seul bar de Reykjahlid. Demain, nous allons enfin découvrir le lac Myvatn près duquel nous dormons depuis deux jours et dont nous avons à peine vu la couleur !

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