Jour 6: Skaftafell et le Jokulsarlon

Réveil plus matinal aujourd’hui car nous avons un peu de route avant d’arriver à notre première étape: le parc national de Skaftafell. Il est donc 7h pile quand nous démarrons de Vik en direction de l’est. Le GPS nous indique un temps de trajet d’un peu moins de deux heures, nous sommes donc exactement dans les temps souhaités.

Comme depuis quelques jours, c’est sur la route 1 que nous roulons. Plus on avance et plus celle-ci est magnifique, traversant des paysages de plus en plus sauvages. Ceux-ci changent d’ailleurs en un rien de temps passant des grandes prairies verdoyantes aux champs de laves refroidies.

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Loin d’être monotone, cette route nous surprend régulièrement et c’est finalement assez vite que nous apercevons notre but: le parc national de Skaftafell et son immense glacier: le Skaftafellsjokul.

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Arrivé au visitor center, le petit parking est déjà fort rempli. Heureusement pour nous, la plupart des gens sont là pour autre chose que les chemins de randonnées. En effet, c’est d’ici que partent les excursions permettant de marcher SUR le glacier. Même si on est bien tenté, le prix est malgré tout assez élevé (10000 ISK soit un peu plus de 60 euros par personne) et notre budget extra a déjà été bien entamé. Ce sera donc pour une autre fois et c’est sans regret que, après un rapide passage aux sanitaires, nous partons sur le petit chemin traversant le camping.

L’avantage à cette heure-ci est qu’il y a encore très peu de monde et nous sommes donc tranquille pour attaquer le chemin en pente qui doit nous permettre d’arriver à Svartifoss, la chute d’eau but de notre rando. En effet, à partir de la fin du camping et ce jusqu’à la chute, le chemin ne fera que grimper durant 45 minutes. Heureusement, ici et contrairement à d’autres randos effectuées dans d’autres pays, la chaleur et/ou l’altitude ne sont pas nos ennemis, et la difficulté sera absorbée sans souci.

Après une quinzaine de minutes, nous arrivons à une première petite chute appelée Hundafoss (chute aux chiens en islandais car les chiens étaient autrefois emporté dans la chute en essayant de traverser la rivière … morbide, non ?). Elle n’est pas vilaine cette chute mais comparée à celles que nous avons vu précédemment, elle est finalement assez banale et nous ne nous y attardons pas plus d’une petite dizaine de minutes avant de reprendre notre grimpette.

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Finalement, après un dernier effort, nous arrivons au sommet, sur un terrain à peu près plat. Devant nous, à quelques centaines de mètres se trouve le but de notre rando: Svartifoss. On constate aussi qu’il n’y a quasi personne en bas, ce qui nous fait bien plaisir car j’ai lu des récits ou les gens se plaignaient de la foule présente sur le site. Nous ne traînons donc pas pour descendre le petit sentier.

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Ce qui fait la renommée de cette chute n’est pas sa taille ou sa puissance (somme toute assez faible par rapport aux autres déjà vues ici en Islande) mais bien le cadre exceptionnel dans laquelle elle se trouve. Elle est encadrée par de magnifiques formations rocheuses appelées orgues basaltiques, phénomène assez rare et que nous revoyons avec plaisir (nous en avions vus de magnifiques en Irlande du Nord il y a quelques années). De plus, la présence de jeunes arbres – finalement assez rare en Islande – rajoute un côté rafraîchissant à ce site vraiment très agréable ! Et comme prévu, il n’y a qu’une personne à notre arrivée. Nous ne nous gênons donc pas pour prendre toutes les photos que nous souhaitons !

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Nous resterons sur site pendant une petite demi-heure avant d’être chassé par l’arrivée de plus en plus nombreuses d’autres randonneurs. Nous laissons donc notre place et nous nous remettons en route pour le visitor center en empruntant la suite de notre boucle. Pour cela, nous traversons le petit pont qui fait face à la chute et nous réattaquons une côte assez courte faite de marches rudimentaires. En nous retournant, nous pouvons constater que l’on a bien fait de démarrer tôt ce matin car le rocher ou l’on se trouvait il y a un peu moins d’une heure et qui surplombe le site est maintenant littéralement envahis ! Nous ne les attendons pas et nous continuons notre chemin.

Arrivé à une intersection, nous hésitons légèrement: soit nous montons sur notre droite jusqu’à un point de vue situé plus haut soit nous allons à gauche et suivons l’itinéraire planifié. Mon épouse discutant avec une mère et sa fille, j’en profite pour gravir en trottinant cette pente et c’est les poumons en feu que j’arrive au sommet. La vue que j’ai depuis là-haut est belle avec le glacier Morsarjokull en toile de fond mais l’effort n’était pas vraiment nécessaire, je le constaterai après.

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Lorsque je redescends, les françaises avec qui discutaient mon épouse viennent de partir et après avoir bu une gorgée d’eau, nous les suivons. Au croisement suivant, nous prenons en direction d’une ancienne bergerie, ce qui rallonge légèrement le trajet mais permettra d’aller voir de plus près ce qu’il en est. Bien nous en a pris car sur le chemin, la vue que nous avons est la même qu’en haut, en mieux !

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La bergerie, avec ses toits en herbe, est bien conservée mais nous sommes plus intéressés par un groupe de chevaux jouant comme des enfants dans la prairie tout à côté. Après les avoir observés quelques minutes, nous reprenons notre descente jusqu’au visitor center. En chemin, nous croiserons de plus en plus de monde et ça devient vite une « autoroute » sur ce petit sentier ! Au total, il nous aura fallu un peu plus de deux heures aller et retour avec tous les arrêts photos et mon petit détour.

Revenu à notre point de départ, nous enchaînons directement par une autre ballade, sur du plat cette fois-ci en direction du glacier aperçu à notre arrivée. Nous ne marcherons qu’une vingtaine de minutes jusque là mais ça nous semblera une éternité ! En effet, c’est plat, le sol est en macadam (moins agréable que de la terre quand même !) et on a l’impression de ne plus avancer. Heureusement, la vue à l’arrivée compense assez bien ce trajet un peu barbant ! Devant nous se dresse le glacier qui se déverse dans un petit lac. Quelques icebergs s’en sont détachés mais nous décidons de ne pas pousser jusque là. En effet, il nous faut encore revenir sur nos pas et dans l’après-midi, nous devrions aller voir quelque chose d’assez semblable. On profite donc quelques minutes de la vue et nous faisons demi-tour.

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Après avoir pique-niqué sur les petites tables du visitor center, nous nous remettons en route, direction le Jokulsarlon se trouvant à 45 minutes de route d’ici toujours en direction de l’est. Les paysages traversés sont toujours aussi beau et le temps passe donc toujours aussi vite.

Un ou deux kilomètres avant d’arriver, un petit panneau parking nous indique ce que nous cherchions: un endroit un peu plus tranquille pour observer le Jokulsarlon, un lac ou débouche le glacier Vatnajokull et apparu assez récemment (il y a 80 ans seulement !). Pour ce faire, nous devons franchir un petit talus pour se retrouver face à une vue à couper le souffle ! Un immense lac ou flotte des dizaines d’icebergs avec cet immense glacier en toile de fond ! C’est magique et nous sommes seuls pour en profiter !

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A l’opposé du glacier s’ouvre une « rivière » ou se rassemble tout les icebergs qui font route vers l’océan tout proche. C’est aussi de là-bas que démarre les bateaux permettant d’aller les voir de plus près et qui sont source de pollution aussi bien environnementales que visuelles voir même acoustique ! Nous irons là-bas juste après mais hors de question de payer pour cela, d’autant plus qu’on ne verra rien de plus à bord que ce que l’on peut voir depuis les berges. Nous profitons un maximum de la tranquillité des lieux en nous baladant le long des berges. Lorsque nous faisons demi-tour, nous constatons que notre solitude est terminée: en effet, un car vient de déverser son flot de touristes ! Nous ne demandons pas notre reste et nous décampons aussi vite.

Nous rejoignons donc le point de vue « principal » du lac, à l’embouchure de cette petite rivière. Ici, il y nettement plus de monde mais le site est tellement grand que nous ne sommes finalement pas vraiment dérangés les uns par les autres. Les icebergs sont aussi beaucoup plus nombreux et leurs couleurs bleues contrastent joliment avec la couleur noire du lac et le fond blanc du glacier.

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Juste de l’autre côté de la route 1 se trouve l’océan et deux petites plages ou s’échouent les icebergs. C’est donc sur la moins peuplée des deux (celle avant le pont en venant de l’ouest) que nous nous rendons. Il y a moins de monde car les icebergs qui s’y échouent sont moins gros mais tout aussi beaux ! A peine arrivé sur la plage que j’aperçois un mouvement dans l’eau: c’est un phoque qui joue à plonger et à réapparaître plus loin. Je le montre à un père et à sa fille qui appellent à leur tour leur famille et c’est donc à plusieurs que nous jouons à retrouver ce bel animal. Malheureusement, il est quasi impossible de le prendre en photo tant il replonge aussi vite qu’il apparaît. Nous le laissons donc là et nous partons voir ces fameux icebergs de plus près. Ils sont vraiment très beaux avec leur couleur bleutée, contrastant avec le noir de la plage. En fond, la mer qui s’agite de plus en plus et des centaines d’oiseaux (on dirait des hirondelles à cause de leurs queues à deux fourches mais je n’en suis vraiment pas sur) plongent dans la mer à la recherche de leur dîner. C’est vraiment magnifique comme lieu !

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Je dois avouer que j’étais un peu craintif concernant ce lieu, du au côté hyper touristique du lieu mais finalement, il vaut plus que largement le détour ! L’après-midi est déjà bien avancée et nous devons nous remettre en route: en effet, c’est journée corvée avec les courses et les lessives à faire. Si on veut avoir le temps, il ne faut pas que nous arrivons trop tard à Hofn, petite ville située à une heure de route du lac.

Les paysages sont toujours aussi beaux le long de la route et quelques kilomètres avant notre arrivée, nous embarquons une auto-stoppeuse. Malheureusement, suite à une incompréhension, nous la déposons à notre guesthouse (elle croyait que nous dormions au même endroit qu’elle, le nom de nos logements se ressemblant à peu près ..).

Notre guesthouse, se trouve par contre à quelques kilomètres de la ville, perdue au milieu de nul part. C’est en fait une ferme encore en activité qui loue quatre petites mais superbes chambres très confortables. Nous sommes accueillis par un couple de jeunes super sympas qui n’hésite pas à nous expliquer plein de lieux à visiter dans le coin. Lorsque nous leur demandons ou on peut laver le linge, ils n’hésitent pas une seconde à nous proposer de le laver et le sécher pour nous. Une chose en moins à penser !

Nous décidons, avant d’aller faire les courses en ville, de nous rendre à Stokksnes situé un peu plus loin sur la route 1. C’est un lieu que le propriétaire nous décrit comme splendide. Pour s’y rendre, nous quittons la route pour rouler sur une piste en assez bon état..Après avoir passé quelques habitations (le propriétaire nous a prévenus que de temps en temps, les habitants demandent un droit de passage « illégal » mais ça ne sera pas le cas pour nous), nous arrivons en vue d’un radar en bord de mer … Rien d’exceptionnel et nous ne comprenons pas trop ce que nous devions voir ici. On est soulagé de ne pas avoir payé pour cela et nous décidons de faire demi-tour. C’est un peu avant les habitations que le site prend tout son intérêt: la montagne, la plage de sable noir et la mer déchainée offre un panorama de fin du monde juste splendide !

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Nous ne traînons malgré tout pas trop car l’après-midi touche à sa fin et il nous faut encore aller à Hofn pour faire des courses et trouver l’endroit ou manger. Les deux seront finalement assez vite fait et avant de manger, nous décidons d’aller tout au bout du port, à un lieu appelé Osland et conseillé à nouveau par le propriétaire. C’est ici que des centaines d’oiseaux (toujours des hirondelles ?) viennent pondre leurs œufs. Il faut donc faire attention car ils sont alors extrêmement agressifs et n’hésite pas à attaquer. Sur place, un groupe de photographes amateurs sont là, effectivement pris par les assauts incessants des volatiles. Ça me fait franchement marrer et je m’approche pour filmer jusqu’à être à mon tour pris pour cible par un parent inquiet. Ils ont beaux être petit, ce n’en est pas moins impressionnant de se faire charger ainsi par un oiseau qui crie de cette manière !

La journée se terminera face à mon premier fish’n’chips, plat excellent pris dans une petite cahute en bord de mer. Avant de rentrer, nous allons faire le plein du veau car demain, c’est une longue journée de route qui nous attend, direction le nord-est et le lac Myvatn !

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