Jour 26: Epilogue

Ce matin, nous avons le temps. L’avion qui doit nous ramener en Belgique depuis Ushuaïa ne décolle qu’à midi et nous avons rendez-vous à 11h pour la remise de la voiture. Nous nous sommes donc arrangé avec le propriétaire de notre B&B pour rendre la chambre une demi-heure plus tard que l’heure limite ce qu’il a accepté de bonne grâce. Finalement, vers 10h15, les sacs étant définitivement bouclé, nous décidons de nous mettre en route afin de parer à toute éventualité.

Il est donc 10h35 (l’aéroport étant dans la ville) quand nous nous garons sur le parking. Je suis content: en un mois de conduite sur ces terres, je n’aurais jamais eu de souci ni de véritable stress ! Comme nous sommes en avance pour le check-out, nous décidons de nous diriger directement vers l’enregistrement des bagages. Nous passons devant le tableau d’affichage et, demi-surprise, notre vol pour Buenos Aires est annoncé … avec quatre heures de retard ! Incroyable comme nous sommes presque blasé à l’annonce de cette nouvelle. Nous avions près de sept heures d’escale, nous ne nous en faisons pas trop pour l’instant car le vol qui compte vraiment est le suivant jusque Madrid. Là-bas, nous n’avons que 2h30 d’escale avant de reprendre un dernier vol jusque Paris.

Rien de spécial sur ce trajet qui semblera malgré tout interminable. A Buenos Aires, notre vol partira presque à l’heure, avec juste une petite demi-heure de retard. Nous arrivons donc à Paris, le lendemain soir, épuisé. Mes parents sont à l’aéroport comme nous en étions convenus et ils ne nous restent qu’à effectuer les deux heures trente de trajet jusqu’en Belgique ou après avoir mangé un morceau et pris une douche, nous essayerons de dormir. Pas facile avec le décalage horaire dans un premier temps mais la fatigue accumulée durant le voyage nous permet malgré tout de nous reposer quelques heures.

C’est donc la fin d’un voyage d’un petit mois dans un pays merveilleux. Difficile de tirer des conclusions mais je vais malgré tout essayer en listant quelques points.

Commençons par les points positifs car c’est le plus important:

– Tout d’abord, les paysages juste sublimes, splendides, incroyables et encore les mots me manquent. En plus de tout, lors de notre voyage, nous avons pu voir différentes zones de l’Argentine très variées: que ce soit les magnifiques chutes d’Iguazu, la roche rouge du NOA, le volcan Lanin ou bien encore les glaciers d’El Calafate, tous resteront des moments magiques gravés dans notre mémoire.

– La faune, très présente et diversifiée que nous avons pu approcher au plus près: les lamas (et apparentés), les manchots, les lions et les éléphants de mer ou bien encore les tatous et les nandous, tout cela pour nous resterons de magnifiques rencontres.

– La presque unanimité des Argentins rencontrés lors de ce voyage ont été adorables avec nous. Que ce soit les « hôteliers » (au sens large du terme: B&B, auberge de jeunesse et hôtel), les serveurs, les guides ou les gens rencontrés un peu partout nous ont donné l’impression de nous accueillir à bras ouvert et nous n’avons quasi jamais eu l’impression d’une « amitié monétaire ».

– Beaucoup de rencontres aussi avec des touristes d’autres nationalités. Plus que dans tout nos autres voyages. Même si la plupart n’ont été que des relations de passages, nous garderons de très bon souvenirs de ces moments. C’est cela aussi qu’on aime quand on voyage. Il est important de ne pas rester dans sa bulle dans ces moments là car ça peut être aussi source de nouvelles découvertes non-prévues: « Vous êtes allés là ? Non ? Hé bien, on vous le conseille – Ha ben oui tiens, on va aller y faire un tour ».

– La nourriture excellente et copieuse si on s’oriente vers la viande ou la cuisine locale et que l’on va dans les bons restaurants. On a souvent fait d’excellents repas lorsque l’on se fiait aux conseils de tripadvisor ou des hôteliers.

– La vie, pas trop chère pour des européens, à condition de mettre un peu sa morale de côté (voir mon paragraphe plus loin)

– Dans tous les endroits ou nous nous sommes trouvés (bien évidemment, nous sommes restés tout le temps dans des zones touristiques et avons évité la capitale), nous n’avons jamais ressenti d’insécurité même le soir. Bien entendu, nous restions prudent et ne sortions qu’avec le strict minimum en argent et le soir, nous n’avions qu’un petit appareil photo numérique avec nous. Aucune paranoïa là-dedans, nous fonctionnons toujours comme cela en voyage.

 

Si nous devons mettre en avant quelques points négatifs:

– Le pire probablement est la compagnie aérienne Aerolinas Argentinas et plus globalement la mentalité des « professionnels » du tourisme: des retards, des retards et encore des retards et toujours de la faute d’un autre ce qui peut un peu choquer nos sensibilités européennes. Maintenant, lorsque l’on comprend que s’énerver ne sert à rien, on adopte leur mentalité et on arrête de s’inquiéter avec cela (inutile de venir deux heures à l’avance pour les vols nationaux comme chez nous, la plupart du temps lors de nos vols matinaux, le personnel d’Aerolinas n’arrivait qu’une heure avant l’heure de l’embarquement).

– La conduite sur les routes et les pistes argentines toujours assez limite en terme de sécurité. Il faut être en permanence attentif, que ce soit vis à vis des autres voitures, de l’état général de la voie ou des animaux qui débarquent sans prévenir. Aucun souci pour moi durant un mois mais nous avons rencontrés un couple qui avait démoli l’avant de leur voiture en tombant dans un énorme trou lors d’un moment d’inattention. Les limitations de vitesse sont un mythe auxquels plus personne ne croit et la règle la plus importante à respecter est l’obligation d’avoir ses phares. Pour certains uniquement en dehors des villes, pour d’autres partout. Afin d’éviter les ennuis, je les allumais automatiquement en démarrant car nous n’avons jamais su trop la vérité. De même que si vous tournez à gauche et devez traverser la voie arrivant en face de vous, il ne faut surtout pas s’arrêter en collant le plus la gauche de votre bande en mettant votre clignotant. Il faut mettre ses feux de détresse et se coller à droite en attendant que toute la circulation se soit évacuée. Un détail qui m’a valu quelques insultes et coups de klaxons !

– Le système à deux vitesses du taux de change des pesos: un taux officiel qui rend la vie plus chère (pour nous en novembre 10.7 pesos pour un euro) et un taux non officiel qui permet d’économiser un paquet de pesos (nous l’avons eu à 15 pour le même pesos sans nous rendre à Buenos Aires ou il est encore plus intéressant). Malheureusement, pour profiter de ce système, il faut accepter de violer une loi interdisant cela même si elle est plus que tolérée par des policiers fermant très facilement les yeux. Nous avons changé l’intégralité de nos euros comme cela, nous n’avons pas toujours été à l’aise mais nous n’avons jamais été arnaqué d’un centime et n’avons jamais eu de problème de faux billets. Néanmoins, le risque est là et si on tombe au mauvais endroit au mauvais moment, on risque gros. Chacun est libre de prendre sa décision et devra en assumer les conséquences. Cela ne sert à rien de juger le parti pris par l’un ou l’autre car chacun y trouvera son avantage.

– Le tourisme de masse qui se diffuse de plus en plus (malheureusement un peu partout dans le monde) et qui apporte son lot de groupes bruyant sur des sites qui mériteraient beaucoup plus de calme)

Tout cela pour dire que ce pays est à visiter tellement le positif dépasse finalement le négatif. C’était notre première vraie expérience en Amérique du Sud (la Guyane étant de l’avis de tous bien différente du reste de ce continent) et déjà nous avons hâte d’y retourner. Dans une bonne année, cette envie se concrétisera sous l’apparence d’un gros trip dans ces splendides contrées !

Pour terminer, quelques prix rencontrés en ce moments (attention que l’inflation est énorme dans ce pays et que tout  les prix indiqués dans les guides ne sont déjà plus d’actualités du tout !).

Par exemple:

-215 pesos par personne pour l’entrée à Iguazu ou à la péninsule de Valdes, 140 pour la Terre de Feu.

– entre 8.80 et 15 pesos le litre de super (en fonction des régions, le moins cher à Ushuaïa, El Calafate ou la pénisule de Valdes et le plus cher dans la région de Salta)

– Un repas pour deux entre 100 et 600 pesos pour un plat, une boisson (vin ou bière) et éventuellement un apéro et ce en fonction évidemment du type de restaurant. Pour 100 pesos, nous mangions dans de petites comida (cuisine « de famille ») dans le NOA des empenadas avec une grande bière pour deux. Pour 200 à 300, nous étions dans des snacks servant à peu près tous la même chose: pizza, hamburger, sandwich chaud ou plus rarement salades composées avec toujours une bière et ce un peu partout dans le pays. Pour 600, nous étions dans de très bons restaurants de viande et nous buvions alors du vin (aaaah le Malbec !) et de temps à autre un apéro.

– Le passage à la lavanderia (la laverie) nous a coûté tout le long du séjour le même prix: 50 pesos pour une machine. On dépose son linge, on reçoit un ticket et plus ou moins deux heures après, on récupère son linge lavé, séché, plié et même parfumé.

– Les excursions (par personne): 900 pesos pour le Glacier Upsala et Spegazzini pour une grosse demi-journée, 600 pesos pour une navigation de quatre heures sur le canal de Beagle en petit comité.

– Les hébergements: une moyenne de 542 pesos par nuit (tva comprise), toujours en chambre double avec salle de bain privée (sauf à Ushuaïa ou nous aurions pu devoir partager notre salle de bain). Bien entendu, beaucoup moins cher dans le nord (avec une moyenne de 343 pesos par nuit) qu’en Patagonie. Néanmoins, nous nous sommes fait plaisir dans des hébergements plus hauts de gamme pour nos anniversaires ce qui a alourdi un peu la note à Puerto Madryn et à San Martin de Los Andes. Néanmoins, même les auberges de jeunesse sont quand même sensiblement plus cher dans le sud que dans le nord.

 

Pour finir, je tiens à remercier Chris qui vit sur place et que j’ai rencontré sur les forums du routard. Il m’a aidé à préparer ce magnifique voyage en me donnant ses conseils sur la vie sur place et sur mon itinéraire.

 

Voilà, dans six mois, un nouveau voyage qui nous amènera cette fois beaucoup plus au nord: en Islande !

Une réponse à “Jour 26: Epilogue”

  1. Bernard A. dit :

    Bonjour,
    J’ai lu avec plaisir votre compte-rendu de voyage en Argentine 2014.
    Nous devons y aller fin 2015.
    Mais pas encore d’itinéraire ni de réservations!

    Juste 2 questions:
    – aviez-vous réservé tous les vols intérieurs, les hébergements et les locations de voitures avant le départ?
    – une idée de votre budget global?

    Merci pour votre réponse.
    Cordialement

    B et D

    NB: fin 2014 nous avons passé 1 mois 1/2 au Pérou et Bolivie: super!!!

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