Jour 23: Arrivée au bout du monde

Après la superbe et fatigante journée de la veille, le sommeil fût bon et réparateur. Le programme de la journée est cool: nous devons prendre un avion jusque Ushuaïa, la ville du bout du monde et … c’est tout. Celui-ci décolle à 9h55 et nous avons rendez-vous à 8h45 avec le loueur de chez Avis pour lui rendre notre voiture. Autant dire que rien ne presse, l’aéroport ne se trouvant qu’à une vingtaine de minutes du centre-ville d’El Calafate.

Un peu avant huit heures, nous sommes malgré tout prêt tout les deux, les sacs déjà fermés. Comme il n’y a pas de petit-déjeuner prévu ici, nous décidons de nous mettre en route plutôt que d’attendre bêtement. De nouveau, personne dans la maison n’a l’air réveillé, nous décidons donc de laisser la clé au tableau et partons en silence. Nous faisons un rapide crochet par la pompe à essence du centre-ville, moins cher que les autres car nous devons la rendre avec le plein fait. Ensuite, comme d’habitude à cette heure-ci, quasi personne sur la route et il est 8h15 quand nous garons la voiture sur le parking.

Nous décidons d’aller voir si on peut déjà enregistrer nos bagages pour s’en débarrasser sans se faire trop d’illusion: il est rare que deux heures avant, les comptoirs soient déjà ouvert. Non seulement ce n’est pas le cas ici mais en plus de cela, une file interminable attend déjà. C’est quoi cette histoire ??? Heureusement, les deux employés voyant l’ampleur du travail appellent du renfort et ils sont finalement quatre à expédier l’enregistrement. Je surveille du coin de l’œil l’arrivée du loueur et lorsqu’il est la, je lui fais de grands signes pour lui montrer que ça va être à notre tour. Il vient quand même jusqu’à moi pour prendre les clés pour effectuer le check-out tout seul, ce que je refuse. Peut-être suis-je trop méfiant mais bon, je n’ai pas envie de prendre de risque. Il n’a pas l’air trop content de devoir attendre mais deux minutes après, je lui dis que je suis prêt à le suivre. Je dois avouer que je me demande comment cela va se passer. Ici en Argentine, on ne fait pas le plein soi-même, il existe encore des pompistes. On leur dit ce que l’on veut et on les paye après. Même pas besoin de sortir de sa voiture. Sauf que nous nous sommes rendus compte la veille que la trappe à essence était endommagée. Etait-ce comme cela ou est-ce le pompiste qui l’a abîmée, je n’en sais rien mais je suis curieux de voir comment cela va se passer car il serait difficile de ne pas le voir. Hé bien, sans souci, il n’a même pas l’air d’avoir tiqué. Je signe les papiers, il les signe aussi et on se quitte en se serrant la main. Tant mieux !

L’embarquement se fera sans souci et dans les temps. Incroyable, nous aurons eu un vol vraiment à l’heure ! Et en plus de cela, il n’est long que d’une heure dix et se déroulera sans souci. Une vingtaine de minutes avant l’atterrissage, des secousses se font sentir. C’est apparemment à ce moment-là que je m’endors … pour me réveiller en sursaut lorsque l’avion touche le sol !

Nous avions ici encore loué une voiture, toujours chez Avis. Il existe bel et bien un comptoir dans l’aéroport sauf que c’est le seul à être fermé. Ne voulant pas perdre de temps, je me rends directement au bureau d’informations et leur explique la situation. La dame téléphone et une dizaine de minutes plus tard, le loueur arrive un peu énervé: il avait lu qu’on arrivait à 15h alors que c’était 11h15 … La voiture qu’il nous propose est encore une fois une Chevrolet Classic que l’on commence à bien connaître.

Lorsque nous nous mettons en route, nous avons directement un aperçu d’Ushuaïa car l’aéroport est juste en face du centre-ville sur une presqu’île. Au premier coup d’œil, on a l’impression que ça va nous plaire malgré les six degrés et la toute fine pluie qui tombe. Les maisons sont colorées et la ville est construite sur la pente d’une montagne au bord du fameux canal de Beagle. Vu l’heure, nous décidons d’aller tenter notre chance auprès du Bed & Breakfast ou nous avons réservé pour y déposer nos sacs. L’accueil par le couple propriétaire est véritablement charmant (le monsieur parle un excellent anglais et la dame un très bon français en plus de l’anglais) et leur maison est superbe. Les chambres sont simples mais la literie a l’air d’être de très bonne qualité. Seul petit bémol mais bon, je le savais, c’est la salle de bain partagée avec une autre chambre occupée par un français voyageant seul et partant très tôt demain matin.

Le proprio nous montre plein d’endroits ou manger en centre-ville et nous décidons de suivre son conseil. Pour ce faire, nous jouons les fainéants et descendons en voiture: les rues sont extrêmement pentue – un peu à l’image de San Francisco – et on n’a pas envie de les remonter à pied après avoir mangé ! Nous nous rendons donc dans une petite cafet’ proposant des petits snacks pas trop cher (moins que ce à quoi nous nous attendions en tout cas).

Après cela et comme nous sommes à une rue du bord du canal, nous décidons d’y aller à pied (faut pas pousser non plus !) pour aller rendre un petite visite aux différentes compagnies proposant des navigations sur le canal. Nous souhaitons faire cela demain et on aimerait réserver pour être sur qu’il n’y ai pas de problème. Arrivé à l’endroit ou ils sont tous réunis, nous sommes harponnés directement par une dame souhaitant nous vendre son tour. Nous lui expliquons que c’est pour demain et elle nous explique qu’ils seront probablement tous annulés, la faute à une météo peu clémente. Mais dans une heure, il y en a un et il y a encore de la place. Un peu gros comme façon de faire, nous la remercions et partons tenter notre chance ailleurs. Nous allons chez Rumbo Sur, moins cher pour une prestation équivalente mais contrairement à la première, ce sont des gros bateaux comme nous en avons déjà eu pour les autres excursions. Non merci ! Nous en faisons une troisième, chez Patagonia Adventure Explorer. Plus cher que Rumbo Sur, ce sont par contre de petits bateaux pouvant accueillir trente passagers maximum. Ce qui nous a conquit surtout, c’est la gentillesse du jeune derrière le comptoir, toujours en train de sourire et de rire. De plus, toute l’équipe a l’air comme cela. Mais comme pour la première compagnie, il nous certifie aussi que demain les conditions ne seront pas très bonne surtout comparée à aujourd’hui. Effectivement, alors qu’il nous dit cela, le soleil amène une touche de chaleur au canal. C’est décidé, nous allons la faire maintenant plutôt que risquer demain l’annonce d’une annulation.

Le départ est fixé pour dans une heure et nous rentrons vite au B&B pour nous habiller plus chaudement. Ensuite de quoi, nous revenons aussi vite pour aller payer notre taxe de navigation (15 pesos + 600 pour l’excursion par personne). Lorsque cela est fait, nous allons nous mettre à la table ou quelques personnes attendent déjà et nous regardons les clients de Rumbo Sur embarquer par dizaines voire par centaines sur les immenses bateaux. On ne sait pas ce que la société que l’on a choisie vaut mais ça ne pourra pas être pire que ça (pour info, le même tour chez eux est proposé à 450 pesos par personne).

A l’heure dite, notre guide agé de 25 ans maximum (j’ai oublié son nom !) vient nous voir et nous remet un badge à mettre autour du cou, le temps de passer la sécurité. Nous devons aussi présenter aux douaniers présent la preuve de payement de la taxe et nous pouvons embarquer sur notre petit bateau ressemblant à s’y méprendre à ces tout petits chalutiers de pêche. Comble de la joie, nous ne serons que seize en plus du guide, du capitaine et de son second. Bref, un petit groupe fort homogène ou sept ou huit nationalités se côtoient et tout les âges entre 30 et 60 ans. Alors que nous sortons du port, j’en profite pour photographier la ville.

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Avec le guide, le ton est donné tout de suite: il rigole, il charrie même un petit peu, enchaînant les explications en espagnol et en anglais (qu’il parle fort bien !). Tout le monde se sent tout de suite beaucoup plus à l’aise et ça se met à parler dans tout les sens. L’ambiance est et restera très bonne tout le long sauf pour le couple de français, bien décidé à ne pas desserrer les lèvres de l’excursion.

Au programme de ces quatre heures de navigation: un « mini-trekking », des îles peuplées d’animaux marins et l’un des symboles de la ville, le phare des éclaireurs.

Notre première visite sera pour une petite île recouverte de cormorans, ces oiseaux aux allures de manchots mais capable de voler. Il y en a des centaines sur ce petit bout de rocher perdu au milieu du canal. Contrairement aux gros bateaux, nous pouvons approcher très près, à peine quelques mètres du rivage. Le capitaine fait tourner son bateau dans tout les sens pour être sur que nous puissions tous profiter du spectacle, installé soit sur le pont avant soit sur le toit. Ça tangue assez bien mais on peut quand même bien en profiter !

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Ensuite, nous devions normalement nous rendre près d’une île habitée par une colonie de lions de mer mais le capitaine estime que pour l’instant c’est trop dangereux. Nous y reviendrons donc plus tard mais je peux quand même capter cette photo que je trouve magique. Je suis à ce moment-là le seul un peu fou à être sur le pont et ce magnifique lion de mer me regarde droit dans l’objectif !

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En attendant que ça se calme, nous partons sur Bridges Island. C’est une petite île ou il est possible aux clients de la compagnie d’accoster pour aller marcher dessus. Ce qu’ils appellent un mini-trekking est en fait une petite balade de quarante minutes sur l’île, recouverte d’une végétation malmenée par les conditions climatiques assez rudes de la région. Notre guide nous montrera l’emplacement d’une ancienne habitation des indiens Yamana, premiers habitants de la région quasiment tous décimé en 1930 et dont il ne reste qu’une seule survivante âgée de 88 ans. Ils avaient la particularité de vivre entièrement nu, dans une contrée ou le thermomètre oscille entre 0°C l’hiver et une petite quinzaine en été. C’est surtout le vent, très fort, qui rend le tout assez froid et pour ne pas mourir gelé, ils vivaient en permanence accroupi près d’un feu, enduit de graisse de lions de mer. Pour cette raison, ils dépassaient rarement le mètre cinquante ! Nous aurons aussi l’occasion de frotter nos mains contre ce qui ressemble au premier coup d’œil à de la mousse sur un rocher mais qui est en fait une plante très dure sentant la carotte. Nous verrons aussi de drôles d’oiseaux, ressemblant un peu à des oies et poussant des cris assez bizarre.

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Nous finirons cette marche en montant sur un petit promontoire offrant une vue très jolie du canal et de toutes ces petites îles sauvages.

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Nous repartons ensuite pour le bateau ou nous attendent le capitaine et son second. Durant notre absence, ils en ont profité pour servir le goûter: petits biscuits, thé, cacao, lait. Nous ne sommes pas très nombreux à profiter des biscuits, la faute à une eau assez agitée. Moment très agréable lorsqu’en plus, un des clients argentin sort sa tasse à maté, le breuvage national que les argentins boivent à toute heure du jour ou de la nuit. Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’en goûter et celui-ci nous est offert par un argentin. Comme il est apparemment très impoli de refuser (ce que je ne comptais pas faire de toute façon), j’accepte avec plaisir d’en boire. C’est un pot ouvert sur le dessus qu’ils remplissent d’une herbe (le maté) et sur lesquelles ils versent de l’eau très chaude (mais pas bouillie !) après chaque personne. On le boit à travers une paille obligatoirement en métal. C’est amer mais finalement pas mauvais et je pense qu’on pourrait vite s’habituer aux vertus de cette boisson: ça rend fort, ça soigne et ainsi de suite. Moment très convivial !

Après tout cela, je ressors un peu sur le pont car il fait très chaud dans la cabine. Juste à temps pour apercevoir une autre colonie de cormorans. Comme nous sommes un peu plus loin, on se rend bien compte de la multitude d’oiseaux vivants sur une si petite surface !

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Ensuite, nous arrivons déjà sur une autre île habitée elle aussi par des lions de mer. Nous en approchons à quelques mètres seulement et ça me permet de tirer le portrait de ces magnifiques animaux sans souci !

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Alors que nous nous en éloignons, je peux faire une photo de ces cailloux perdus en plein milieu de ce bout du monde: à gauche les lions de mer et à droite des cormorans. Voisins mais ne se mélangeant pas !

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Pour finir, nous arrivons au fameux phare. J’en ai déjà vu mais celui-ci est extrêmement photogénique, planté lui aussi sur un caillou envahis par les cormorans. Il est surtout très utile pour les bateaux car les courants sont traîtres par ici ! Notre bateau en fera un tour complet avant d’entamer la phase de retour à Ushuaïa.

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Le trajet jusqu’au port sera long, la faute à un canal déchaîné qui fera tanguer et rouler le bateau dans tous les sens. Une jeune femme se sentira mal et après avoir lutter quelques instants décidera d’aller prendre l’air sur le pont supérieur. Je pense que nous sommes nombreux à lui en être gré car le spectacle de quelqu’un de malade sur un bateau n’est jamais très agréable (Expérience vécue sur un catamaran en Guyane ou plusieurs personnes étaient malade en même temps. J’ai beau avoir le pied marin, ça reste difficile à supporter pour moi). Pour passer le temps, notre guide organise une petite loterie ou l’enjeu est le drapeau argentin flottant à l’avant du bateau et ou est renseigné la date ainsi que l’attestation de la navigation sur le canal de Beagle. Pour une fois, j’espère gagner car ça ferait un vraiment chouette souvenir mais malheureusement, c’est un jeune italien qui emporte le cadeau. Il aura pour mission de se photographier avec n’importe ou dans le monde et d’envoyer la photo à l’agence qui compile toutes ces photos et en font des posters. Vraiment une super idée.

Il est 19h30 quand nous accostons au port. Nous sommes les derniers à arriver et avant de partir, nous faisons une photo de groupe. Nous irons ensuite manger extrêmement mal dans un restaurant de fruits de mer avant de partir réserver celui ou nous irons manger demain soir et situé juste en dehors du centre-ville. Le reste de la soirée se déroulera dans le magnifique salon du B&B ou j’écrirai mon récit en retard …

 

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