Jour 22: Rencontre avec le mont Fitz Roy

Aujourd’hui, le réveil sonne tôt ! Il est 5h15 quand celui-ci se met en route et quoique je sois habitué aux réveils matinaux, je n’arrive toujours pas à m’y faire. La différence par rapport à ceux que je mets pour travailler, c’est qu’ici, c’est pour aller à la rencontre d’une montagne mythique: le Fitz Roy ! Ni une ni deux, nous sommes prêts et nos sacs aussi. La veille, nous avions prévenu la réception que nous partirions tôt mais personne ! J’essaye bien d’utiliser la petite sonnette mais personne ne me répond. On laisse donc la clé sur le bureau en espérant qu’il n’y aura pas de souci et nous partons charger la voiture. Nous nous rendons quelques centaines de mètres plus loin, au point de départ de la randonnée que nous avons prévue de faire pour approcher ce monstre de pierre: celle de la Laguna Los Tres.

D’après la carte affichée au départ, c’est dix kilomètres aller et forcément dix pour le retour. C’est aussi un dénivelé positif de 770 mètres – ce qui n’est déjà pas rien en soi – mais la majorité se fait sur une seule côte assez courte … Les avis lus ici et là sont unanimes, cette dernière partie va être du sport !

En attendant, il est finalement 6h10 lorsque nous nous mettons en route, complètement seuls. La première partie est exactement la même que la veille, ça grimpe continuellement pendant une heure vingt jusqu’au mirador permettant de l’observer de loin. Sur le chemin, un homme seul avançant à bon train nous a dépassé et nous le retrouvons assis sur un banc aménagé là, en train de déjeuner. Nous avions prévu de faire de même avec les quelques provisions achetées la veille dans le supermarché quasi vide (on aurait du prévoir à El Calafate !) et qui est pourtant le plus « grand » du village. On espérait aussi avoir une belle vue mais comme la veille, le Fitz Roy est enveloppé de nuages. Nous en avons encore pour trois heures avant le terme de notre marche, d’ici la beaucoup de choses peuvent changer et ça ne nous décourage pas ! En attendant, comme souvent durant ce voyage, la conversation s’engage avec cet américain de Los Angeles. On parle de notre projet de la journée (nous avons le même !) et de la météo. Il est optimiste car lorsqu’il est arrivé dix minutes plus tôt, la situation était bien pire. Et dire que la réceptionniste nous avait dit qu’ajourd’hui serait une journée magnifique sans nuage … A mon avis, la météo est ici aussi fantaisiste qu’en Belgique !

En attendant, au bout de dix minutes, nous décidons de nous remettre en route. La journée va être longue et les pauses risquent de s’allonger de plus en plus.

Après le mirador, nous rejoignons assez vite le panneau de la veille mais cette fois, nous ne bifurquons pas vers la Laguna Capri. Nous partons à travers la « plaine » que nous devons traverser sur toute sa largeur jusqu’au camping Poincenot situé d’après les indications à une heure de marche. C’est effectivement le temps que nous prendrons pour parcourir cette immensité magnifique, remplie de petits lacs et de rivières qu’il nous faut traverser sur des planches posées ici et là. C’est la partie la plus facile car c’est plat du début à la fin !

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Seul inconvénient, les espèces de mouches que nous avions vue la veille sont de retour, toujours aussi obsédante mais moins nombreuse que la veille !

Nous dépassons le camping, situé dans un petit bois, puis nous traversons encore une ou deux petites rivières avant de nous arrêter au départ de la fameuse pente. Un groupe d’une dizaine de personnes accompagné d’un guide nous rejoint là. Ils sont encore tout frais car ils ont dormi au camping et viennent probablement de se réveiller. Nous décidons donc de les laisser passer pendant que nous mangeons et buvons des produits à base de sucre pour se donner un peu de force.

Le début se fait dans un bois et est assez facile. On se prend même à espérer mais dès que ce dernier est traversé, ce n’est plus la même histoire. En gros, nous avons souffert dans cette côte et j’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre les avis disant qu’il n’y a aucune difficulté ! 470 mètres de dénivelé sur 1.5 kilomètres, c’est raide ! D’autant plus que l’on est souvent obligé d’escalader plus que de marcher ! Evidemment, rien d’impossible en soi mais un panneau indique quand même au départ qu’il faut être en excellente condition physique et nous entendrons même le guide du groupe dire qu’il y a souvent des crises cardiaques ici car les gens ne sont pas préparés à l’effort ! Nous ferons donc toute cette partie tranquillement sans forcer afin de ne pas se vider de nos forces trop vite. Mon épouse ayant moins l’habitude de marcher, je lui laisse la pôle position afin de m’adapter à son rythme, ce qu’elle apprécie particulièrement. Au bout d’une grosse demi-heure, je me retourne et je peux constater que nous avons déjà bien grimpé: la vallée derrière moi est déjà bien bas et je constate le chemin parcouru depuis le mirador situé derrière les collines après le lac.

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En attendant, cette partie est annoncée en 1h15 mais nous le ferons en 1h45 avec une petite pause d’une dizaine de minutes au milieu. Le plus décourageant dans tout cela, c’est que l’on croit avoir atteint le sommet mais derrière, deux autres collines (plus petites) nous attendent. Malgré les difficultés rencontrées, lorsque l’on atteint le sommet final, on ne peut qu’être fier de soi et ému face au spectacle que l’on contemple ! La laguna est complètement enneigée et repose au milieu d’un spectacle grandiose de montagnes avec le Fitz Roy en tête d’affiche ! C’est juste magnifique …

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Parti à 6h10, nous arriverons pile à 11h, ce qui nous fera 4h50 (pauses incluses) pour une marche annoncée en quatre. Nous pouvons être fier de nous malgré tout ! Nous resterons 45 minutes face à ce spectacle grandiose, espérant que le Fitz Roy acceptera de se dégager un peu plus. Malheureusement, c’est le mieux qu’il acceptera de nous montrer mais nous nous en contenterons malgré tout ! Outre le timing à respecter, ce qui nous pousse aussi à repartir, c’est l’afflux de gens qui arrive. Au début, nous étions une grosse vingtaine mais très vite, ce chiffre passe à trente puis cinquante puis encore plus. Nous sommes bien content d’être arriver dans les premiers pour pouvoir profiter au calme de cette vue dans les plus belles que nous ayons pu contempler jusqu’ici !

La descente est presque aussi dure que la montée d’autant plus que nous devons constamment laisser monter les dizaines de personnes qui arrivent seulement. Ça ressemble de plus en plus à une autoroute par ici et nous ne regrettons pas notre choix d’être parti dans les premiers.

Après avoir retraversé le camping, nous nous accordons une première pause assez brève. C’est qu’il est déjà 13h et qu’à part du sucre, nous n’avons rien d’autre dans l’estomac. Nous espérions être en bas vers 15h pour manger dans le village mais à moins de ne plus nous arrêter jusque là, ça va être difficile à respecter. Néanmoins, nous n’avons pas le choix et nous nous remettons en route.

C’est ici, alors que nous pensions avoir fait le plus difficile qu’un événement va se produire rendant la plaine très désagréable. Ces petites mouches pas trop nombreuses à l’aller se sont multipliées par millions ! Pendant une heure, nous en aurons partout sur nous, se posant sur nos vêtements, nos cheveux et même à l’intérieur de nos lunettes. Elles se posent et puis ne bougent que si on les chasse de la main. Mais attention, sans les écraser, sous peine de se retrouver avec des taches de sang partout sur les mains. Toutes les personnes rencontrées durant cette partie en trimbaleront des dizaines sur eux et il n’y a aucune raison que nous soyons mieux lotis. Nous aurons quand même droit à une rencontre rigolote durant cette traversée: deux jeunes font avancer une courte caravane de lamas portant des provisions. Connaissant la région, ils se sont noués des foulards sur la bouche afin de pouvoir respirer sans avaler ces … de mouches/fourmis/on ne sait pas trop quoi ! C’est à ce moment que je me décide à me retourner pour constater que … le Fitz Roy est complètement dégagé ! Décidément, il ne nous aime pas celui-là …

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Les jambes sont de plus en plus lourdes à mesure que nous avançons et cette plaine semble ne plus finir mais lorsque nous arrivons enfin au mirador, les mouches ont disparu et nous retrouvons des forces pour attaquer la descente finale.

Lorsque nous arrivons en bas, nous faisons les comptes. Il est 16h, ce qui nous fait un total de 9h50 pour l’ensemble de la randonnée, pause incluse. Nous aurons donc marché 8h25 pour une rando annoncée en huit ! Nous sommes vraiment enchantés de notre journée de marche et la récompense vaut largement l’effort fourni !

Nous irons vite manger une pizza au restaurant de la veille (très bonne) puis nous nous mettons en route pour El Calafate ou nous passons la nuit. L’hôtel ou nous avions réservé nous a envoyé un mail pour nous annoncer qu’il ne saurait pas nous recevoir et nous proposait une nuit dans une hospedaje (une chambre chez l’habitant) proche de la. Nous nous y rendons pour voir ce que ça vaut et nous sommes agréablement surpris. C’est beaucoup moins cher que prévu et finalement assez confortable. De plus, l’accueil de la propriétaire est charmant et nous acceptons la chambre. Au soir, nous retournons une troisième fois à la Zaina, sans hésiter le meilleur restaurant que nous ayons fait durant ce séjour.

 

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