Jour 21: Arrivée à El Chalten

Aujourd’hui, après avoir pris notre petit-déjeuner, nous bouclons nos sacs et partons rendre la clé de notre chambre dans ce petit hôtel que nous aurons fort apprécié. Il est 7h40 lorsque nous nous mettons en route pour le petit village d’El Chalten, à un peu plus de deux cents kilomètres au nord d’El Calafate. Haut lieu de la rando, nous allons y passer la journée et celle de demain avant de revenir dormir à El Calafate.

C’est parti pour deux heures de route, à travers un paysage superbe mais … monotone. C’est incroyable comme on s’habitue vite aux belles choses. Nous sommes entourés de grandes prairies avec à notre droite des mesas (colline dont on aurait couper le sommet, laissant un espace plat) telle qu’il y en a dans l’ouest américain et en face, ce sont des hauts sommets enneigés. A cette heure-ci, un samedi qui plus est, il n’y a personne sur la route. En deux heures, je ne doublerai qu’un camion et un 4×4 qui se garait sur le bas-côté.

L’arrivée sur El Chalten, ce petit village de 3000 habitants, est jolie mais se fera sous une microscopique pluie. C’est bien notre veine, nous qui comptons un peu randonner aujourd’hui ! Toute la route s’est faite sous le soleil et ici, de gros nuages recouvrent la cuvette ou se terre le village. C’est dommage car au premier coup d’œil, l’ambiance a l’air sympa, beaucoup moins axée sur le tourisme de masse. Nous traversons entièrement le village pour nous rendre au point de départ de la randonnée. Juste avant d’y arriver, je me trompe de sentier et me retrouve … face à l’hôtel ou nous allons dormir ce soir. Pour le coup, c’est pratique car en fait le sentier démarre à moins de deux cents mètres de là !

Nous garons la voiture sur le bas-côté et nous nous équipons avec gilet et veste car le vent souffle fort et froid. Nous sanglons nos sacs sur le dos et c’est parti pour une petite rando jusqu’à la Laguna Capri, annoncée en quatre heures aller et retour. Il est 9h40.

Pendant une heure quart, nous monterons tranquillement à notre rythme, le long d’une paroi. Le sentier, bien aménagé, nous fait passer tour à tour dans des petits bois ou nous serons à l’abri du vent (et ou nous aurons limite trop chaud !) et puis sur des passages bien dégagé ou le vent se déchaînera sur nous, nous refroidissant sans pitié !

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La vue sur la vallée en contre-bas est vraiment jolie même si de gros nuages la rendent un peu sombre …

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En deux occasions, nous devrons passer sur des planches posées là pour traverser un micro-ruisseau. Les bois que nous traversons sont particuliers, avec énormément de troncs morts au sol. A certains moments, on se croirait presque dans une forêt enchantée, tant tout est calme et paisible. De fait, sur le temps de la montée, nous ne croiserons qu’un couple en train de monter et deux ou trois personnes en train de descendre.

Arrivé au bout de la paroi, un choix se pose à nous: un panneau nous montre que le sentier se divise en deux. A gauche, la Laguna Capri, le but de notre marche. Et à droite, un mirador qui devrait nous permettre de voir le Mont Fitz Roy, la star de la région ou nous nous rendons demain. Après ces deux points d’intérêt, les routes se rejoignent et continuent vers la Laguna Los Tres (objectif de la rando de demain). En gros, grâce à cette configuration, nous avons la possibilité de faire une petite boucle avant de redescendre. Etant donné la météo changeante dans la région, nous décidons de passer par le mirador pour essayer d’apercevoir le Fitz Roy, de continuer un peu jusqu’à l’intersection pour revenir sur la Laguna pour y manger notre pique-nique.

En réalité, le mirador est à cinq minutes de marche de l’intersection mais lorsque nous arrivons, c’est la déception: ce magnifique mont que j’ai tant vu en photo est complètement recouvert par les nuages.

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C’est d’autant plus frustrant qu’autour, il fait ciel bleu ! Mais on ne sait rien faire face aux caprices de la météo si ce n’est attendre et espérer. C’est ce que nous ferons en montant sur un petit promontoire juste à côté du panneau expliquant les différents sommets. Après une quinzaine de minutes, quelques randonneurs nous ont rejoints et sont déjà repartis. En descendant de notre perchoir, nous tombons sur un jeune d’une grosse vingtaine d’année, tout seul. On se rend compte très vite que nous parlons tout trois français et qu’en plus, nous venons du même pays. La conversation s’engage encore plus facilement que d’habitude et pendant plus d’une demi-heure, nous échangerons sur nos expériences personnelles en Amérique du Sud. Rencontre sympa mais à force de rester sur place, on commence à geler sévèrement. Même si nous avons le même itinéraire à réaliser, nous le laissons partir car il a l’air un peu plus pressé que nous.

A peine une vingtaine de minutes plus tard, les embranchements sont passés et nous nous retrouvons face à la Laguna Capri. C’est un beau petit lac de montagne ou sont censés vivre des multitudes de canard. Pour nous, il n’y en aura pas un seul mais nous décidons malgré tout de casser la croute ici. Nous avions été acheté de quoi faire nos sandwichs, la veille à El Calafate et c’est face à ce décor agréable que nous faisons notre deuxième pause.

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Deuxième pause que nous écourterons assez vite, la faute à une quantité de bestioles volantes pas agressive mais terriblement insistante qui envahit les environs. Les gens que nous croisons à ce moment-là ont l’air tout aussi dérangés que nous par ce phénomène soudain. Nous décidons donc de continuer, en espérant nous en débarrasser au plus vite.

Très vite, nous dépassons le petit lieu de camping au bord de la laguna et nous nous engageons sur le chemin du retour. Sur 500 mètres, ces bestioles sont partout et puis aussi vite qu’elles sont arrivées, elles disparaissent ! On en chassera malgré tout encore quelques unes bien plus bas car en fait elles se posent sur les vêtements et puis ne bougent plus … Vraiment bizarre !

Il nous faut une petite vingtaine de minutes pour rejoindre la toute première intersection et un peu moins d’une heure pour rejoindre la voiture. A cette heure-là, une quantité de monde commence à monter et ça nous conforte dans notre choix de commencer notre grosse rando de demain aux aurores. Le retour nous paraîtra donc un peu plus long que l’aller, la faute à d’incessants arrêts pour laisser passer les gens (en montagne, c’est celui qui monte qui a priorité normalement, même si nombreux sont les gens qui l’ignorent !).

En tout, nous aurons boucler le tour en 3h40 (uniquement de marche, sans compter les deux arrêts), sans nous presser. C’est encourageant pour le programme de demain car la rando choisie est estimée en 8h. Comme nous avons respecter le timing donné par les plans, il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

De retour à la voiture, nous essayerons d’aller faire des courses mais à 14h, le mini supermarché est fermé. Nous devrons repasser après 17h pour nous acheter de quoi tenir demain matin. Nous allons donc prendre possession de notre chambre et nous avons la bonne surprise d’être surclassé en chambre supérieure. L’employée nous annonce en outre une autre bonne nouvelle: la météo devrait être belle demain !

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