Jour 19: Rencontre avec le Perito Moreno

Aujourd’hui, réveil un peu plus matinal que d’habitude: à 6h ! Le but étant de profiter du petit-déjeuner servi, pour une fois, plus tôt que d’habitude c’est à dire à 6h30. Je dois avouer qu’après le dîner un peu arrosé de la veille, ce n’est pas évident de sortir du lit mais ce que nous allons voir nous motive malgré tout !

A 7h, nous sommes fin prêt à nous mettre en route direction le glacier Perito Moreno situé à 90 kilomètres de là. Avantage en partant à cette heure-là, les routes sont vides de chez vides, à peine croise-t-on l’une ou l’autre voiture ! Pour nous y rendre, nous devons traverser la petite ville d’El Calafate (ou nous dormons) pour ensuite nous diriger vers l’ouest. Le paysage est typique de la Patagonie avec ses grandes prairies d’herbes rases, ses chevaux et ses vaches, le tout entouré par ces hautes collines. Au loin, de grands lacs aux eaux bleue turquoise ajoute une touche de couleur à ce tableau fort sauvage.

Les soixante premiers kilomètres sont avalés en quarante minutes et c’est justement là que se trouve l’entrée du Parc National des Glaciers. Nous sommes arrêtés par un employé qui nous annonce que nous sommes un peu à l’avance pour le parc qui n’ouvre que dans vingt minutes. Un autre véhicule attend déjà sur le petit parking en bord de route et il nous demande d’en faire autant. En attendant, il nous déleste déjà des 430 pesos nécessaires à l’entrée du parc (pour deux personnes). Un groupe de motard américain accompagné d’un guide local arrive eux aussi, puis une autre voiture et … c’est tout ! Avec un peu de chance, nous pourrons profiter un peu seul du parc.

A 8h pile, notre convoi improvisé se met en route. Ce sont les derniers arrivés qui partent en tête suivi du premier véhicule (conduit par des personnes agées !). Ensuite c’est mon tour et les motards ferment la marche. Evidemment, le véhicule devant moi n’avance pas sur cette petite route fort sinueuse et même les motos ont du mal à les dépasser. Finalement, à la première ligne droite (assez courte mais bon), je me lance pour pouvoir arriver au plus vite. C’est que nous sommes pressés de le rencontrer ce monstre de glace !

Puis, avant un virage, je crois l’apercevoir au loin mais déjà il a disparu de ma vue. Puis une deuxième fois et là, je suis quasi sur de moi. Jusqu’à arriver à un point de vue nous le dévoilant d’assez loin ! On peut malgré tout déjà imaginer la taille colossale de ce glacier !

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Avant de nous rendre près de ce géant, nous nous arrêtons au petit port à trois kilomètres des passerelles pour déjà réserver notre tour en bateau pour l’admirer d’un peu plus près. C’est un conseil (qui vaut ce qu’il vaut) donné par l’employé à l’entrée du parc car les tours sont apparemment assez vite full. Plusieurs départs par jour sont programmés (10h, 11h30, 13h et ainsi de suite toute les heures trente je pense). Le premier est trop tôt par rapport au temps que nous voulons consacrer aux passerelles ou nous nous rendons, nous choisissons donc celui de 11h30.  Nous payons les 180 pesos par personne à l’employée qui nous donne des tickets à présenter tout à l’heure.

Ensuite, nous pouvons enfin avancer ! Le système est simple: avant 10h, nous pouvons monter jusqu’au petit parking situé juste en face de l’entrée des passerelles, après il faut se garer au grand parking situé à un kilomètre de là et relié par des minibus gratuits. Il est donc 8h30 quand nous garons définitivement notre voiture ou sont déjà rassemblés les autres véhicules présents avec nous à l’entrée.

Le site est divisé en plusieurs circuits de passerelles surélevées et offrant des points de vue plus ou moins proche de ce glacier magnifique. Comme nous sommes à peine une vingtaine présent sur place, nous nous dispersons tous dans des secteurs différents. Nous nous dirigeons pour notre part vers le circuit inférieur, qui d’après la carte, est celui le plus proche de la glace. Pour ce faire, il nous faut descendre toute une série de marche en suivant les indications données par de petits panneaux. Les circuits s’intercroisent assez souvent et pour nous y retrouver, nous visons toujours vers le bas.

Arrivé sur la passerelle la plus basse, c’est le choc ! Il est splendide, magnifique, incroyablement beau avec sa couleur bleue extrêmement prononcée. Nous n’en revenons pas de ce que nous voyons, c’est juste extraordinaire.

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Je ne vais pas expliquer moi-même les caractéristiques très spécifiques de ce glacier, je vais laisser l’ami Wikipédia le faire pour moi:

« Le glacier Perito Moreno est l’un des trois seuls glaciers de Patagonie qui n’est pas en régression. Le front du glacier fait approximativement 5 000 mètres de long, la hauteur de glace est de 170 mètres, dont 74 mètres sont émergés. Il avance d’environ deux mètres par jour (700 mètres par an). À certains endroits son épaisseur atteint 700 mètres

À la différence d’autres glaciers caractérisés par les effondrements de pans de glace, le Perito Moreno détache d’immenses blocs de glace. À n’importe quelle époque de l’année, se produisent des effondrements constants de ses murs de glace. Le front du glacier avance sur le lac Argentino face à la péninsule de Magellan. Quand il atteint la rive opposée, il divise le lac en deux créant des digues naturelles. Les eaux du bras Rico du lac Argentino montent alors (jusqu’à trente mètres) et commencent à éroder le glacier qui devient moins résistant et cède sous la pression. Cet effondrement spectaculaire du front du glacier a lieu périodiquement, mais la fréquence de ce cycle est irrégulière et peut prendre d’un an à une décennie.

La première rupture a été observée en 1917. La dernière date du 2 mars 20121, et les précédentes se sont produites en 2008, 2006, 2004, 1988, 1984, 1980, 1977, 1975, 1972, 1970, 1966, 1963, 1960, 1956, 1953, 1951 (en hiver), 1947, 1940, 1934 et 1917, soit une moyenne d’une fois tous les quatre à cinq ans. « 

En fait, depuis que nous sommes arrivés au parking, nous entendons par intermittence de grands roulements de tonnerre dont le bruit se répercute sur les montagnes environnantes. Plus que la vision que l’on a du glacier, c’est cet aspect la qui ajoute une ambiance très particulière au site. En fait, ce sont des morceaux de glace plus ou moins grand qui s’effondre d’un coup et qui plonge dans l’eau glacée du lago. Nous le savons mais difficile de savoir ou se produira le prochain « délestage » du glacier. Comme nous sommes seuls à notre point de vue, nous ne sommes pas dérangés pour attendre le bon moment, les appareils photos prêt à photographier (pour moi) et à filmer (pour mon épouse). Finalement, nous n’aurons pas longtemps à attendre pour voir un immense morceau de glace se détacher dans un vacarme de tout les diables ! Comme nous étions prêt, nous avons tout les deux pu immortaliser ce moment magique !

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La scène s’est déroulée à une trentaine de mètres de nous et nous pouvons voir les grosses vagues qui se sont formées s’écraser sur les berges du lac.

Après tout cela, nous décidons d’avancer un peu sur les autres points de vues. C’est incroyable, il est passé 9h45 et nous sommes toujours aussi inexplicablement seul face à ce spectacle magique. Nous prenons notre temps pour admirer le glacier mais déjà nous arrivons au bout de la passerelle et nous commençons à remonter à notre aise.

Il est 10h30 quand nous arrivons au sommet. Des groupes entiers commencent à se déverser sur les passerelles faisant un boucan de tout les diables. Normal en fait, les cars démarrent d’El Calafate à 8h et il leur faut deux bonnes heures pour arriver ici. Si j’ai un conseil et que vous avez votre voiture, faites l’effort de vous lever un peu plus tôt pour profiter d’un moment unique quasi-seul.

Après un rapide passage aux toilettes du restaurant, nous nous mettons en route pour rejoindre le port d’ou démarre notre excursion. A peine dix minutes plus tard, nous voilà à pied d’oeuvre et nous nous mettons dans la file comptant en tout et pour tout trois personnes (une famille argentine). Nous en avons pour une demi-heure d’attente mais nous espérons pouvoir prendre de bonnes places pour admirer le spectacle. Peu de temps après, le groupe de motards (qui avait complètement disparu sur les passerelles) nous rejoint. Cinq minutes avant l’heure d’embarquer, nous ne sommes qu’une petite trentaine et déjà, je me prends à espérer d’un tour tranquille en petit comité. C’était évidemment sans compter sur la « ponctualité » des groupes qui débarquent l’un après l’autre dans leur gros car. Finalement, c’est râpé pour le petit comité !

Nous embarquons bien en premier mais les règles argentine impose que tout le monde soit à l’intérieur lors des manœuvres pour pouvoir écouter les explications de sécurité des accompagnateurs. Nous essayons malgré tout de trouver une place assise au plus près de la sortie pour pouvoir bondir quand on nous en donnera l’autorisation mais on nous demande d’avancer pour laisser la place aux derniers arrivés … (en gros, les groupes quoi !). Quelques minutes après avoir démarré, le signal est lancé et c’est le rush de deux cents personnes (peut-être plus !) vers le pont supérieur. Le bateau n’a que quelques centaines de mètres à parcourir avant de se retrouver face au glacier et ce temps servira à essayer de trouver une place plus ou moins correcte.

Si on excepte le monde qui se jette sur la passerelle de droite et sur le pont supérieur, le spectacle est quand même magique. Ici, au ras de l’eau, on se rend mieux compte de la taille de ce glacier extraordinairement beau. Quel dommage que le bateau ne présente qu’un seul côté sans jamais faire un demi-tour pour permettre à tout le monde d’en profiter. Les gens qui ont réussi à trouver une bonne place la garde bec et ongles et ceux de derrière disent pardon pour passer devant tout le monde. J’en fais même la remarque à une dame qui, bien que s’excusant, n’a pas l’air de comprendre que nous sommes tous en attente d’une place plus intéressante.

Finalement, au bout de vingt minutes à essayer de voler une rapide photo, je déclare forfait et me place à l’avant du bateau avec mon épouse et une petite dame française, toute aussi dépitée que nous. Nous discutons avec elle en espérant qu’à un moment, le bateau va se décider à faire une manœuvre. Dix minutes plus tard, nous sommes exaucés et c’est à notre tour de mitrailler à tout va !

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Ici, nous ne verrons qu’un détachement de bloc. Des passerelles, nous sommes tout près du « point de rupture » mais ce n’est pas la même affaire ici. Ce n’est pas grave, le nôtre était vraiment le plus impressionnant de tous. Vers 12h30, le bateau entame son retour au port. En conclusion, l’excursion est à faire pour avoir un point de vue « plus bas » mais je continue à regretter ce tourisme de masse. Ça serait tellement plus confortable avec la moitié de monde (mais tellement moins rentable) !

Nous avions pris à notre AJ des lunch-box qu’ils préparent. Comme manger au milieu des cars ne nous dit pas grand-chose, nous décidons de reprendre la route du retour et de nous arrêter au deuxième point de vue que nous n’avions pas fait à l’aller. C’est une vue similaire au premier mais ça nous fait un chouette endroit ou pique-niquer.

Il est presque 15h quand nous rentrons, enchantés, de notre rencontre avec le Perito Moreno. L’après-midi sera consacrée aux traitements des (très !) nombreuses photos faites aujourd’hui. Vers 18h, nous redescendrons en ville afin d’y déposer notre linge à laver (50 pesos comme partout pour une machine) dans une lavanderia trouvée la veille. Suprise constatée hier, le patron parle un français un peu hésitant mais totalement compréhensible. Nous nous rendrons ensuite dans un restaurant tout proche (l’Isabel) pour y déguster un excellent plat de boeuf mijoté !

Demain, c’est à d’autres glaciers que nous allons nous attaquer !

 

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