Jour 16: Découverte du Parc Lanin

Aujourd’hui, c’est un jour spécial ! C’est l’anniversaire de mon épouse et, qui dit anniversaire dit cadeau, non ? Comme j’aime le spectaculaire, je suis bien décidé à lui offrir un volcan ! Ça tombe bien, il y en a justement un dans la région, dans le Parque Nacional Lanin. Situé à moins de deux heures de route de San Martin de Los Andes, c’est une étape sur laquelle je fonde beaucoup d’espoir même si les infos sont tellement rares que ce n’est pas évident de planifier quoi que ce soit là-bas.

Il n’empêche que finalement, avant de nous mettre en route, j’ai déjà une idée plus précise de ce que nous allons faire. En effet, les propriétaires de notre hôtel sont de grands fans de ce parc et déjà nous mettent l’eau à la bouche. C’est ensuite grâce à un couple d’allemands rencontré au souper que nous prendrons une décision définitive: ils me donnent le plan qu’ils ont reçu sur place et nous en parlent avec tant d’émerveillement que nous allons marcher dans leurs pas. Direction, la partie nord et la petite rando au Lago Tromen !

Etant donné le jour un peu particulier ainsi que la qualité incroyable de l’hôtel ou nous résidons, je ne peux décemment pas passer outre le petit-déjeuner. Normalement servi à 8h30, ils ont acceptés sans souci de l’avancer à 8h pour nous permettre de partir un peu plus tôt. Et heureusement que nous sommes restés: ça sera le meilleur, et de très très loin, petit-déjeuner auxquels nous aurons eu droit depuis notre arrivée. Avec un élément essentiel dans ces cas-là: les œufs !

Finalement, le temps de nous mettre en route, il est 8h45 direction le nord ! A cette heure-ci, encore assez peu de circulation même si de temps en temps, une voiture d’un autre âge la ralentit. C’est alors chacun à son tour que nous devons doubler une Deux-Chevaux sans presque plus de carrosserie ou bien une vieille américaine faisant un bruit de casseroles traînées au sol !

Nous traversons sans problème le village de Junin de Los Andes ou nous refaisons en vitesse le plein. Après un premier essai raté, je trouve la bonne route (direction Alumine, le parc n’étant absolument pas indiqué ici) et je continue en direction du nord jusqu’à arriver à un petit pont à l’aspect … familier ! C’est le même genre que nous avons eu à Tilcara: des planches posées sur d’autres planches sont censées supporter le poids de la voiture avec nous dedans. Le tout a l’air tellement fragile que je suis toujours émerveillé de passer sans même sentir le pont bouger ! Directement après celui-ci, nous birfurquons vers l’Est et le Chili qui se trouve au bout du parc !

Je me lance alors à l’assaut d’un décor de rêve: des prairies entourées de collines, des chevaux, des vaches, des moutons, des petits bois de conifères. Et puis, soudain, il apparaît au loin: le volcan Lanin, complètement enneigé !

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Il est vraiment très beau ce volcan, majestueux même. Contrairement à celui du Piton de la Fournaise que j’ai gravi il y a deux ans à La Réunion, celui-ci n’a pas un aspect menacant probablement du au fait qu’il n’a plus eu d’activité depuis le 17ème siècle. De plus, avec son aspect pointu, il perd encore un peu de l’image dure du volcan que j’imaginais: en fait, il est superbe !

Alors que nous avons quitté notre hôtel depuis une heure et quart, nous arrivons déjà à l’entrée du parc, signalée par un panneau de bienvenue.

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C’est aussi à ce moment-là que la très bonne route asphaltée se transforme en piste sans difficulté particulière: comme d’habitude, il faut être prudent et rien de grave ne peut arriver. Ce n’est qu’ici, au milieu d’un bois de drôles d’arbres (de la famille des conifères probablement), que nous croisons la première voiture depuis que nous avons quitté Junin de Los Andes. Après moins d’une dizaine de kilomètres, nous arrivons enfin en vue du visitor center. Nous garons notre voiture sur le parking juste en face et entrons nous faire « enregistrer » par le ranger. Ranger qui se limitera à nous demander de quelle nationalité nous sommes, c’est moi qui dois lui demander un plan de la région. J’en profite pour récupérer celui de cette partie du parc mais aussi celui de la partie sud. Ça pourrait servir à d’autres qui souhaiteraient visiter ce qui s’annonce déjà comme un endroit splendide ! (Les photos des plans suivront)

Nous sommes donc ici pour rejoindre le Lago Tromen par un sentier en boucle de plus ou moins huit kilomètres. D’après le plan, nous allons d’abord nous enfoncer dans la prairie avant de repiquer vers le lac en lui-même. Je mets le sac sur mon dos et nous voilà parti sur une piste pour voiture pendant plus ou moins cent mètres avant de la quitter pour le sentier de rando.

En fait de sentier, c’est plutôt une fine couche de terre recouverte d’une végétation rase qui pique un peu (rien de bien méchant, je suis en short, c’est juste la pointe des herbes qui est un peu dure). Aucune difficulté à la suivre cependant, des piquets colorés indiquant la direction. Outre le fait que les environs sont superbes, dans notre dos, le volcan veille toujours !

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Nous cheminons comme cela pendant une heure traversant des bosquets d’arbres inconnus. Certains sont recouverts de ce que, à La Réunion, on appelle des barbes de Jupiter: du lichen pendant aux branches des arbres ressemblant en effet à de grandes barbes. D’après les excréments jonchant la piste par moment, il doit y avoir de gros ruminants par ici. Mais tout comme d’autres humains, nous ne croiserons personne durant cette heure-ci si ce n’est quelques insectes volants un peu insistant !

Il est 11h20 lorsque nous débouchons sur une plage magnfique de sable noir longeant le but de notre randonnée: le Lago Tromen !

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Ce lac, nous l’avons « entendu » depuis quelques temps car il y a un fort courant ici, du au fait qu’il alimente une rivière (le Rio Malleo) qui prend sa source ici. Nous nous installons juste à l’intersection des deux et prenons le temps de savourer ce moment superbe de solitude et de tranquillité. Quel bonheur d’être ici avec cette impression d’être seuls au monde ! Il est encore tôt mais nous décidons de pique-niquer ici. La veille, nous avions été acheter de quoi manger dans un supermarché. Autant dire que ce n’est pas de la grande gastronomie mais ça remplit son homme.

Après presque une heure passée ici, nous décidons de lever le camp. Le plus dur reste à faire: marcher dans le sable tout le long du lac pour aller récupérer la piste qui démarre à son extrémité. Nous ne sommes pas aidés par le vent qui souffle de plus en plus fort à mesure que nous nous rapprochons du centre du lac mais la vue est tellement belle que ça motive énormément !

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C’est seulement maintenant que nous croiserons notre premier être humain: un homme seul en train de courir contre le vent, sur le sable, avec une gopro. Chacun son trip mais lui a l’air de bien souffrir malgré tout ! Ensuite, c’est un couple âgé de pécheurs, que nous dépasserons. Puis, c’est l’interrogation: nous nous trouvons face à un ruisseau large de quatre ou cinq mètres qui se divise en deux bras plus petits qui se jètent dans le lac. Pas de pont pour traverser si ce n’est une branche à l’aspect peu séduisant. Quand on a pas le choix, on a pas le choix, on rentre dans le ruisseau (profond d’une vingtaine de centimètres) glacé. On va pas y passer la journée non plus !

L’impression que cette plage magnifique n’en finit pas est bien évidemment fausse. Nous rejoignons deux petites familles au bout du lac en train d’allumer des barbecues dans des foyers prévus à cet effet. La encore une petite rivière. Les chaussures étant déjà trempées, on la traverse sans même une once d’hésitation. Sauf que la, il y avait un pont quelques mètres plus haut !

La dernière ligne droite du « rectangle » que nous devons parcourir sera la moins intéressante. En effet, nous devons remonter la piste pour voiture jusqu’au visitor center, en plein cagnard. C’est que, à l’abri du vent, il fait vraiment très chaud et nous sommes bien vite obligés d’enlever le gros gilet qui nous protégeait du vent glacial en bas.

Heureusement, après une petite demi-heure comme cela, on rejoint un nouveau bosquet apportant une ombre bienvenue. Une plus grosse rivière nous barre encore la route mais cette fois, un panneau indique un sentier pédestre pour le traverser au sec. La vue depuis le petit pont est à nouveau superbe !

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Sur cette portion, nous aurons croisé trois « fainéants » (un couple et un homme seul) qui ne feront que l’aller et retour par la piste pour aller voir le Lago. Bien dommage pour eux car cette courte rando est vraiment très chouette: sans difficulté particulière, elle permet de se retrouver seul au milieu de cette nature superbe avant de rejoindre ce magnifique lac, à un endroit abrité du vent.

Nous sommes donc de retour à la voiture ou nous nous débarrassons de nos chaussures et nos chaussettes humides. J’avais eu la bonne idée d’emporter nos clapettes avec nous: c’est quand même plus agréable que d’avoir les pieds mouillés. La réponse à la question que nous nous posions sera toute trouvée: non, nous n’irons pas faire la rando jusqu’au pied du volcan. Outre le fait que nous avons envie de profiter du confort de notre hôtel en ce jour particulier, nous ne pensons pas avoir une meilleure vue sur ce monstre si beau depuis son pied. Nous nous remettons donc en route pour San Martin.

Le retour se fera sans incident. Seul un policier nous arrête pour un contrôle mais devant mon air « innocent » à sa première question, il décide de me laisser partir. Conseil du jour: prendre cet air-là a déjà fonctionné plusieurs fois (que ce soit ici ou chez nous) !

De retour à l’hôtel, nous décidons de mettre nos maillots pour profiter de la belle piscine chauffée de notre « hôtel » (en réalité, six ou sept chambres). C’est ici que nous ferons la connaissance d’un super couple de canadiens de Vancouver. Ils ont réalisé mon rêve de se rendre en Antarctique et ont eux aussi déjà pas mal voyagé (ça fait plus de vingt ans pour eux, ils ont de l’avance !). Au bout d’une heure de discussion, je décide de sortir de l’eau bien chaude pour me confronter au vent frais en train de se lever. Je prends congé de tout le monde pour aller m’occuper des photos du jour. Après une heure de « travail », mon épouse n’est toujours pas revenue ! Je la retrouve dans la piscine, en grande discussion avec sa nouvelle « copine » canadienne !

Une heure plus tard, le repas est servi. Comme la veille, tout ce que Lili a préparé sera délicieux ! Et, en prime, j’avais demandé secrètement si elle pouvait préparer un petit gâteau d’anniversaire pour mon épouse. Elle n’aura pas fait les choses à moitié ! Il n’a pas que l’air, il est délicieux !

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