Jour 11: A la rencontre de la faune patagonienne !

Lors de mon réveil, un peu après 6h, je ne peux que constater une chose: il fait un temps magnifique ! Bon, je ne crie pas victoire trop vite car en bordure d’océan, les choses peuvent très vite changer dans un sens comme dans l’autre. Néanmoins, ça nous motive à nous préparer et à aller déjeuner pour pouvoir se mettre en route.

Il est donc un peu avant 8h quand nous sortons la voiture du parking, direction la Péninsule de Valdes ou nous allons passer en théorie une bonne partie de notre journée. Un dernier arrêt pour refaire le plein de notre paquebot avant de se mettre définitivement en route.

La Péninsule, c’est quoi ? Un triangle relié au continent par une mince bande de terre qui constitue un de ces trois angles. Les deux autres sont occupés par des points de vue: Punta Norte (au nord …) et Punta Delgada (au sud). Un dernier se situe le long de la côte entre ces deux la et s’appelle Punta Cantor. Un seul village sur la Péninsule: Puerto Piramides ou nous nous rendrons en fin de journée et quelques fermes (appelées estancia). A part ça … des animaux bien sur ! Et c’est même l’unique vraie raison de notre présence ici !

Pour s’y rendre, il y a une belle route asphaltée ou la piste que l’on a empruntée hier. Comme nous n’avions pas été au bout de celle-ci et que nous ne sommes pas pressés, nous décidons d’utiliser cet accès la. L’océan à notre droite, le soleil au dessus de nous et personne devant: un bon choix de notre part, plus agréable que cette route certes plus rapide mais qui traverse une lande monotone au bout de quelques kilomètres. Néanmoins, au bout de quelques dizaines de kilomètres, cette piste se termine pour rejoindre la grand-route. Après quelques minutes dessus, la porte d’entrée de la péninsule est devant nous. Bien évidemment, comme tout bon parc national, celui-ci est payant.

Petit coup de gueule sur le prix pratiqué: 160 pesos par personne plus 12 pour le véhicule ! Pas de système de ticket pour deux jours, ce qui nous obligera à repayer demain ! Et surtout, surtout, on se demandera ou passe l’argent parce qu’en soi – et c’est tant mieux – il y a très peu d’aménagement. Bref, on n’est pas contre de payé si ça sert un projet à but écologique ou éducatif mais si c’est pour les poches de l’état …

Après avoir réglé notre « taxe », nous continuons cette longue route asphaltée sur plusieurs dizaines de kilomètres. Nous sommes un peu inquiet car nous doublons quantité de mini-bus transportant à chaque fois pas mal de personnes. Ça va être la cohue aux points de vue si on y arrive tous en même temps ! Heureusement, nous arrivons à un carrefour trois-voies: celle d’ou nous venons plus deux autres, permettant de se rendre à chacune des pointes du triangle. Un peu avant, un chemin permettait de rejoindre le petit village de Puerto Piramides que nous ignorons délibérément pour l’instant.

Hier, la réception de notre hôtel avait appelé pour nous une estancia qu’un ami habitant dans ce pays m’avait conseillé: l’estancia San Lorenzo qui a la particularité de « posséder » une pingueria c’est à dire une réserve ou les manchots de Magellan reviennent chaque année pour y trouver l’amour et en pondre le fruit. Bien évidemment, cet endroit étant privé, il n’y a qu’en se rendant dans cette ferme que nous pourrons les voir. Ouvert de 10h à 16h (l’un des rares panneaux annonçant leur présence indique 17h mais on a pas demandé confirmation), il suffit de se présenter, sans réservation.

Pour s’y rendre, il faut prendre la piste menant à Punta Norte. Nous faisons attention à ne pas nous tromper car cette piste la se divise elle aussi en deux pour aller à Punta Cantor (le point de vue « central »). En chemin, nous croiserons déjà quelques spécimens encore inconnu de nous: tout d’abord des nandous, sorte d’autruche naine pouvant courir jusqu’à 60km/h. Nous les verrons dans la lande mais dès que nous nous arrêtons, elles se mettent à détaler comme des furies. Les photos ne donneront pas grand chose et on croise les doigts pour en voir plus tard. Nous verrons aussi, en très très très grand nombre, des guanacos. Ce sont les cousins des lamas qui n’ont jamais été domestiqués. Nous sommes obligés d’être extrêmement attentif car les réactions qu’ils ont lorsque l’on approche sont assez … surprenante ! Ils peuvent décider de foncer dans la lande ou alors de faire demi-tour et de traverser la route devant nous !

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Pour finir, nous verrons aussi des maras, un animal ressemblant à un lapin mais qui est en fait le troisième plus gros rongeur du monde après le capibara et le castor. Malheureusement quasi menacé, ceux-ci ont pourtant l’air en pleine forme et peu craintif !

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Tout ce beau petit monde ne doit pas nous faire oublier de trouver l’estancia. En fait, rien de bien compliquer car onze kilomètres avant Punta Norte, deux panneaux indiquent un petit sentier sur la gauche. L’estancia devrait se trouver au bout de celui-ci, à sept kilomètres. Jusqu’à présent, la piste était de bonne qualité mais ici, il faut être un peu plus prudent car en certains endroits, elle est bien défoncée !

Finalement, il est près de dix heures et demi quand nous arrivons en vue de la ferme. Deux barrières à franchir et nous voilà garer à côté de deux gros véhicules pour embarquer les touristes. Pas d’autres véhicules sur le parking, on espère donc bien être seul ! La vue depuis l’estancia est agréable, tellement paisible au milieu de nul part. Un rêve pour nous !

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Nous nous rendons dans le corps principal ou nous sommes attendus. C’est une très grande salle ou sont disposées un grand nombre de table, de chaises recouvertes de peau de mouton, d’un petit « musée » sur les animaux présents dans la péninsule ainsi que de deux grandes cheminées et d’une cuisine. Bref, tout ou presque se fait ici. Nous sommes accueillis dans un anglais impeccable par Sara, jeune guide espagnole installée ici pour la saison. Le contact passe tout de suite très bien avec elle et ça nous conforte dans notre idée d’être venu jusqu’ici. Nous lui indiquons vouloir faire la visite de la pingueria (550 pesos par personne) et manger ici. Pas de souci, ni pour l’un ni pour l’autre. On démarre vers 11h car d’autres personnes pourraient arriver. Si ce n’est pas le cas, nous aurons droit à un tour privé ! Nous croisons donc tout ce que nous avons pour que ça soit le cas ! En attendant, notre repas est déjà en train de se mettre en place: un agneau cuit à la broche sur un feu de bois que les quelques « ouvriers » viennent d’allumer.

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Le temps s’écoule trop lentement à notre goût mais finalement, 11h arrive et toujours personne ! Avec un grand sourire, Sara nous annonce qu’on va y aller ! Etant donné que nous ne serons que nous trois, nous n’allons pas utiliser les gros camions tout-terrain mais le pick-up réservé au personnel. Nous montons donc à bord, mon épouse à l’avant et moi à l’arrière. Sara nous conduit par de petits sentiers vers la falaise. Nous finissons par arriver à une barrière que je propose d’aller ouvrir moi-même. A partir de maintenant, elle conduit très prudemment car les manchots peuvent être partout. Et en effet, à peine avons nous roulé quelques mètres que nous voyons le premier d’entre-eux. Posé au milieu de la route sur ses deux pattes, il n’a pas l’air vraiment impressionné par le gros véhicule qui avance vers lui. Arrivé à deux ou trois mètres de lui, il se décide enfin à libérer le passage … mais pas à faciliter la tache à Sara qui doit rouler à du deux mètres à l’heure pour ne pas le toucher.

Nous finissons par arriver sur un petit « parking » ou nous laissons le pick-up. Sara nous emmène sur un petit sentier balisé duquel il est interdit de sortir. En chemin, alors que nous voyons de plus en plus de manchots autour de nous, elle nous explique les mœurs de ces drôles de petits animaux. En réalité, pour l’instant, ils sont assez peu sur la plage car ils construisent leurs nids sur la terre ferme et les œufs devraient éclore dans la semaine. C’est donc pour cela que nous sommes entourés de centaines de ces petites bêtes à l’aspect … humain à beaucoup de point de vue !

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Le sentier nous amène donc en bord de plage ou quelques dizaines de manchots sont en train … de rien faire ! Nous n’avons pas le droit de monter dessus mais de la ou nous sommes, nous avons malgré tout une bonne vue d’ensemble de leurs activités. C’est vraiment très plaisant comme image avec ce grand soleil qui nous inonde de ces rayons ! Et quelle n’est pas notre surprise quand nous voyons des gravillons être projetés en l’air. Nous ne l’avions pas vu mais un éléphant de mer, apparemment un jeune d’après Sara, est en train de prendre le soleil à quelques mètres de nous. Il se recouvre de gravillons pour ne pas brûler, la scène est magique !

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Malheureusement, après 45 minutes passées au milieu de ces adorables animaux, il est déjà temps de repartir. Nous empruntons un autre sentier pour rejoindre le pick-up, ce qui nous laisse le temps d’avoir un dernier contact avec les manchots, qui font un raffut pas possible (pour nous dire au revoir ?).

Rentré à l’estancia, Sara nous propose de passer à table. L’agneau n’est pas encore complètement cuit mais nous commandons une bouteille de vin de l’estancia pour passer le temps. Nous restons fidèle au malbec qui nous plait vraiment bien ! Le repas arrive, délicieux et bien fourni comme d’habitude depuis notre arrivée dans ce merveilleux pays. Sara est obligée de nous abandonner après cela car deux couples sont arrivés et elle doit les emmener voir nos amis les manchots. Nous lui souhaitons une bonne continuation et la remercions pour tout. Elle se sera révélée une excellente guide et une personne vraiment sympathique.

Après ce repas pantagruélique, nous payons la note (1700 pesos, visite et repas inclus pour nous deux, ouch !) salée mais que nous ne regrettons pas. L’expérience était unique et je la recommande vivement !

Nous remontons en voiture et quittons ce lieu enchanteur à regret. En tout, nous serons restés trois heures ici, il est donc 13h30 quand nous reprenons la route direction Punta Norte. Il nous faut à peine vingt minutes pour y arriver. Nous sommes accueillis sur le petit parking par de drôles de petits animaux: deux tatous sont en train de fouiner un peu partout et de se disputer gentillement. On les dirait tout droit sorti de la préhistoire avec leur corps renforcé par une armure quasi-impénétrable !

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Depuis les passerelles, nous pouvons admirer des éléphants de mer – quelques dizaines – en train eux aussi de se prélasser au soleil. Le gros de leur activité consiste à remonter petit à petit en même temps que la marée pour rester au sec. Certains sont véritablement énorme tel ce gros mâle ! Comme point de comparaison, celui à côté de lui doit déjà faire un bon gros mètre, peut-être un mètre cinquante !

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Nous resterons une bonne demi-heure, émerveillé devant ces animaux si paisibles et si beaux ! Et puis, sortant de l’eau, deux otaries débarquent ! Toute de noire vêtue, elles sont aussi magnifiques que les éléphants de mer ! On a vraiment une chance incroyable de pouvoir voir tous ces animaux réunis sur une si petite surface !

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Difficile de s’arracher de ce tableau si merveilleux mais le temps passe et il nous reste encore deux endroits ou se rendre. Nous partons en direction de Punta Cantor, en longeant la côte. La piste est ici de bien moins bonne qualité, recouverte qu’elle est d’une couche exagérément épaisse de gravillons. La voiture s’enfonce par endroits et je dois vraiment rester concentrer pour ne pas « l’embourber » la-dedans ! De plus, nous croisons quelques voitures venant dans l’autre sens. Si la majorité se mette bien sur le côté de la route afin qu’on évite de se projeter mutuellement des cailloux, il fallait bien évidemment qu’un *** roule comme un *** et nous envoie une pluie de gravillons dans le pare-brise ! La piste se révélera extrêmement monotone, toujours le même paysage de lande à perte de vue, et longue … En tout, à peine une quarantaine de kilomètres, mais j’ai l’impression qu’il me faut des heures pour la parcourir.

Nous finissons par arriver à Punta Cantor avec le même système de passerelles. Un restaurant se trouve aussi ici mais ne nous intéresse pas. Ici aussi, on peut voir des éléphants de mer. Des centaines en plus !

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Mais aussi beaucoup de personnes se pressant pour avoir les meilleures places. Après la tranquillité de Punta Norte, l’endroit nous emballe beaucoup moins et nous ne nous attardons pas ! Alors que l’on s’apprête à repartir, nous avons enfin l’opportunité de voir un nandou de près. Et il n’est pas seul, accompagné qu’il est par toute une bande de bébés !

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Il est temps pour nous de penser à faire le trajet du retour. Nous voulons nous arrêter au village de Puerto Piramides en chemin pour nous renseigner sur l’opportunité de faire une excursion demain pour aller voir les baleines. Ce qui est dit, est fait et après une grosse heure de piste, nous arrivons en vue de ce beau petit village au bord de l’eau. Nous regrettons instantanément de ne pas être venu dormir ici plutôt qu’à Puerto Madryn ! Certes, les chambres étaient un peu plus cher mais nous n’aurions pas eu à repayer l’entrée du parc deux fois et c’est tellement plus ce que nous aimons ! Nous réservons ZE excursion pour le lendemain, ce n’est pas tous les jours que l’on fête ces trente ans, et mon épouse me gâte en choisissant quelque chose d’unique. Rendez-vous est pris, nous devons être la demain à 17h.

Le retour jusque Puerto Madryn nous semblera interminable mais c’est probablement du au fait que nous sommes bien fatigués par ces kilomètres de piste ! Nous ressortirons vers 20h45 manger un petit bout avant de rentrer nous reposer.

 

 

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