Jour 9: Les mystères de l’ouest … argentin

Avant toute chose, petit retour sur la soirée d’hier. Alors que nous nous baladions sur la place de Cafayate à la recherche d’un restaurant qui nous inspire et qui est ouvert (la plupart n’ouvre pas avant 20h), nous retombons complètement par hasard sur ce couple charmant de français avec qui nous avions déjà mangé à Salta. Nous sommes surpris car lorsque nous avions comparé nos plannings oralement, nous devions nous suivre sans jamais nous rattraper. Il faut croire que lors de notre premier repas, le vin avait fait son effet ! Quoiqu’il en soit, nous sommes à nouveau réunis et nous décidons de passer la soirée ensemble.

Nous nous rendons à l’établissement que nous avions repéré et qui n’ouvre que dans une demi-heure. Plusieurs personnes attendent elles-aussi devant ce restaurant car d’après ce qu’il se dit, c’est la meilleure adresse de ce gros village. Nous en profitons pour faire la connaissance d’un couple de jeunes retraités suisses, voyageant pour quelques mois en Amérique du Sud. La dame nous fait rêver avec les récits de lieux que nous découvrirons d’ici un an. Puis enfin, nous sommes invités à nous installer, ce que nous faisons tout les quatre.

La soirée sera franchement agréable, il fait bon (encore un petit 25°C, sur le coup de 23h) et la nourriture n’est pas mauvaise (encore que, mes pâtes « maison » ne sont pas exceptionnelles). La conversation ne s’interrompt que le temps de boire une gorgée de vin ou de bière et il est déjà tard quand nous décidons de nous séparer. Nous filons chercher une petite glace chez Grido (qui est en fait une chaine que nous avons retrouvée déjà à trois ou quatre reprises) tandis que nos nouveaux amis partent se reposer … dans la pension à côté de la nôtre !

Après une nuit reposante (vraiment reposante pour le coup !), nous prenons un rapide (comme toujours !) petit-déjeuner et nous prenons congé de nos hôtes. Ceux-ci sont vraiment des personnes comme on en fait peu: toujours souriante et positive, on a vraiment l’impression d’être chez soi ! C’est d’ailleurs la première chose qu’ils nous ont demandée !

Nous devons aller refaire le plein avant de quitter Cafayate car nous n’avions pas trouvé la pompe à essence à Cachi et l’aiguille se rapproche du rouge. Nous l’avions repérée la veille, ce qui facilite grandement les démarches. J’avais fait un rapide calcul car nous devons rendre la voiture le surlendemain avec la moitié du plein. Ceci étant fait, nous retournons en vitesse à la pension car j’ai oublié de prendre l’adresse du nouvel hôtel que nous avions réservé et il me faut une connexion internet pour pouvoir la trouver. Le propriétaire est tout surpris de nous revoir et nous avons droit à une nouvelle salve d’au revoir de sa part quand nous prenons enfin la route, direction Salta !

Bien entendu, nous n’allons pas nous contenter de rouler bêtement pendant deux cents kilomètres ! Tout d’abord, peu de temps après être sorti du village, le paysage se transforme: des vignes qui nous entouraient apparaissent des roches rouges, du sable, de l’immensité !

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En effet, nous nous retrouvons aux Etats-Unis au milieu des cow-boys et des indiens. Sauf qu’ici, ce n’est pas carré comme là-bas, c’est plus … sauvage ! La route serpente aux milieux de ces rochers aux formes diverses et magnifiques et je recommence à m’arrêter tout les vingt mètres car je n’avais pas vu telle ou telle particularité !

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Ce sont vraiment les paysages qui me plaisent le plus ! Ce qui nous étonne dans tout cela, c’est que nous n’avons pas encore atteint le clou du voyage, la quebrada de las conchas qui doit se dresser sur notre route. Notre guide nous dit que ça sera après le village d’Alemania, à une soixantaine de kilomètres.

Et puis, une vue magnifique s’offre à nous ! On doit grimper sur une butte pour voir en contre-bas, une rivière qui s’écoule paisiblement au milieu de ce décor de rêve. Trois croix en bois se dressent juste à côté et la … un doute commence à m’assaillir. Je reprend notre guide et me rend compte, à ma grande honte, que je l’avais compris à l’envers ! En effet, le descriptif des différents rochers donné par le routard se fait en partant de Salta vers Cafayate et non l’inverse, comme nous sommes en train de le faire ! Heureusement, en relisant tout, nous n’avons raté que deux rochers particuliers mais déjà distant d’une bonne dizaine de kilomètres. Les autres, nous les avons vu, je me souviens même avoir vu les panneaux les signalant ! Les deux plus importants se trouvant encore devant nous, nous décidons de ne pas faire demi-tour et d’avancer !

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Après avoir profité de ce lieu magique quelques moments, nous repartons. Pas pour longtemps car l’Anfiteatro est annoncé lui aussi par un panneau. Par contre, la courte piste y conduisant se trouve juste derrière un rocher dans un virage et je manque presque de le louper. Nous nous garons et nous sommes pour ainsi dire seul. Deux ou trois vendeurs exposent des objets à l’entrée de ce court défilé. Nous les ignorons pour l’instant et avançons jusqu’à nous retrouver dans un … amphithéâtre de pierre. Lorsque l’on ne bouge plus, le silence est étourdissant, faisant bourdonner les oreilles. C’est incroyable un calme pareil ! D’ailleurs, nous ne l’avions pas vu mais un homme est couché au fond, en train de faire la sieste ! Comme je le comprend, ça doit être très reposant !

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Après avoir profité quelques longues minutes, ce calme est troublé par l’apparition de quelques personnes, nettement plus bruyante. Nous décidons de laisser la place et nous nous redirigeons vers notre voiture. On jette un coup d’oeil à ce qui est vendu, persuadé que comme la veille, rien ne nous attirerait. Au final, mon épouse trouve des boucles d’oreilles (elle en ramène de chacun de nos voyages) et nous discutons de savoir lesquelles elle prendra. C’est à ce moment-là que le vendeur, un vieux argentin, nous explique dans un bon français en quoi elles sont faites et comment. Nous sommes surpris de sa si belle maîtrise de notre langue et nous lui en faisons le compliment. C’est à ce moment-là que nous allons vivre un moment comme nous les aimons tant: pendant trois quart d’heures, nous allons rester avec lui à écouter un bout de son histoire. Il a quitté l’Argentine pendant la dictature et est venu s’installer … en Belgique pendant six ans. Il nous explique ce qu’était la vie à cette époque là, pourquoi il est parti et ainsi de suite. Vraiment un moment très agréable en sa compagnie. Nous finissons par le quitter car le temps passe et nous avons encore près de 150 kilomètres à parcourir. Avant de partir, je trouve aussi un petit cadeau pour ma filleule mais chut, je veux qu’elle ait la surprise !

Alors que nous remontions en voiture, un car déverse un flot de touriste bruyant sur le site ! Il était temps de partir ! Quelques centaines de mètres plus loin se dresse la garganta del diablo. Le même genre de configuration que précédemment mis à part qu’ici on n’accède pas au fond du site. Un rocher se dresse devant nous et d’horribles panneaux nous indique qu’il est interdit de les escalader. En gros, rien de bien intéressant ici, nous décidons de partir. De toute façon, c’est rebelotte, un nombre impressionnant de touriste se rue sur le site et les vendeurs donc on n’hésite même pas !

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La route continue encore dans des paysages de rêves sur quelques kilomètres puis petit à petit, tout cela disparaît pour laisser place à des champs avec loin au fond, des montagnes. L’ensemble est bien joli mais nettement plus « banal » que ce que nous venons de traverser. J’accélère un peu et me heurte à un premier contrôle de police. On nous laisse passer sans nous arrêter mais quelques kilomètres plus loin se dresse un nouveau. Pour la première fois depuis notre arrivée, le policier nous demande nos passeports. Après une rapide vérification, il nous les rend et nous dit adios.

Alors que nous arrivons à une grosse cinquantaine de kilomètres de Salta, nous décidons de faire un détour par le Dique Cabra Corral, un lac artificiel ou toute une ribambelle de sports nautiques sont proposés: jet-ski, ski nautique, bateau, pédalo, saut à l’élastique, … Pas que nous ayons prévu de faire cela mais après ces journées de pistes et de sécheresse, voir un grand plan d’eau ne peut-être qu’agréable. Je bifurque donc pour traverser un petit village et rattraper la route longeant le lac. Nous passons devant des demeures sublimes et quelques points de vue sur ce lac bien joli. Malheureusement, à première vue, aucune possibilité pour descendre sur la berge. Nous sommes condamnés à rester une quinzaine de mètres au dessus de celui-ci. Nous finissons par arriver sur un pont ou sont proposés différentes activités et décidons de nous arrêter: d’abord parce qu’il est l’heure de manger mais aussi parce que depuis ce matin, mon gros orteil me fait souffrir pour une raison inconnue. Pas facile d’embrayer dans ces conditions, il me faut un antidouleur !

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Le restaurant qui est la est ouvert et la carte n’est pas trop chère contrairement à ce que nous craignions. L’hamburger qui nous est servi (bien entendu, pas de gastronomie dans ces lieux) est tout à fait convenable et fait du bien par ou il passe. Nous sommes à l’ombre, il y a une légère brise et nous avons le ventre plein ! Que demander de plus ???

Mais nous avons pas mal de petites choses à faire cet après-midi à Salta, nous décidons de repartir. L’antidouleur fait déjà effet et c’est un bonheur de ne plus avoir mal. Les quelques dizaines de kilomètres nous paraissent une éternité tant la circulation se densifie, les feux rouges toujours au rouge, la chaleur, … Bref, un moment pas des plus agréable qui prend fin lorsque nous arrivons devant notre hôtel. A la base, nous devions redormir une troisième fois dans la même auberge de jeunesse, en plein centre-ville, mais les problèmes de parking qui n’ouvre qu’à 8h nous a obligé à changer nos réservations. Celui-ci est excentré de quelques blocs et on peut garer sans souci la voiture dans la rue. Demain, nous devons quitter les lieux vers 3h40 du matin pour un vol à 6h.

Le reste de l’après-midi sera consacré à quelques courses ainsi qu’à un peu de repos pour mon pied. De toute façon, la chaleur est trop forte pour se balader en ville pour l’instant.

Au soir, nous prendrons un taxi qui, pour quelques pesos, nous emmènera au Viejo Jack. C’est un restaurant conseillé dans notre guide ou nous dégusterons la meilleure viande rouge cuite au feu de bois de notre séjour (pour l’instant, on espère !). Le morceau était énorme, la cuisson vuelta y vuelta (aller et retour) parfaite et l’assaisonnement exactement comme il faut. Bref, j’ai eu une pensée pour nombre de personne en mangeant ce pur produit argentin ! Après tout cela, nous retournerons sur la plaza 9 de Julio une dernière fois pour profiter de l’ambiance de cette région unique. Un taxi nous ramènera à notre hôtel pour une très courte nuit.

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