Jour 7: Merveilles d’Argentine

Le programme de la journée était ambitieux: nous devions rejoindre la petite ville de Cachi, à plus ou moins 150 kilomètres au sud-ouest de Salta. Mais au lieu de prendre la route directe, nous avions envie d’utiliser la route longeant le tracé du train des nuages vers le nord-ouest jusque San Antonio de Los Cobres puis de repiquer au sud par la ruta 40 jusqu’à destination. Au total, +/- 200 kilomètres estimé en huit heures par l’ami Google Map.

Je dis « étais » parce qu’au vu de l’état des pistes dans ces contrées, nous nous demandons si il est bien raisonnable de tenter une aventure pareille en sachant que notre voiture est coincée jusque 8h dans le parking payant ou elle se trouve. Nous prenons finalement la décision d’utiliser l’itinéraire plus classique qui nous fait descendre au sud par la ruta 68 en direction de Cafayate puis de bifurquer vers l’ouest par la ruta 33 jusque Payogasto avant de reprendre la ruta 40 jusque Cachi. En tout, près de cinq heures de route pour Google, un peu moins de trois pour le gps. Quoiqu’il en soit, c’est déjà nettement plus raisonnable comme projet.

Il est donc 7h quand nous nous levons. Nous nous apprêtons à notre aise avant d’aller prendre un déjeuner sommaire dans la salle commune de l’AJ. Cinq minutes avant l’ouverture du parking, nous rendons la clé de notre chambre et je pars seul récupérer la voiture. Après la fête qu’ils ont fait hier, les Salteñas (habitant de Salta) ont la gueule de bois et il n’y a quasi personne dans les rues. Mon épouse m’attend donc devant l’AJ avec nos sacs et je pourrais facilement me garer pour charger nos affaires. Lorsque j’arrive au parking, à ma grande surprise il est déjà ouvert. Par contre, le señor au guichet termine sa nuit, le menton posé sur sa poitrine. Je suis, à mon grand regret, obligé de le réveiller pour lui présenter mon ticket. Je récupère donc la voiture et deux minutes plus tard, nous sommes fin prêt à filer d’ici.

La première chose est de sortir de la ville, ce qui se fait aisément, puis de descendre au sud. Les premiers kilomètres offrent un intérêt tout relatif car nous traversons des villages à l’aspect un peu misérable. Rien de sympa à se mettre sous l’objectif mais le vrai spectacle commence quand nous rejoignons la ruta 33.

Au sortir d’un de ces villages, nous bifurquons vers l’ouest et la campagne s’ouvre à nous avec en toile de fond, les premiers contreforts montagneux. Le calme des lieux est incroyable, à peine une voiture de temps en temps et déjà nous nous arrêtons régulièrement pour prendre en photos tout ce que nous voyons. Les champs sont dorés et les montagnes recouverte de végétation offrent un contraste sympa. Quelques paysans sont la à travailler mais ne nous jettent pas un regard.

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Après tout cela, on pénètre dans une sorte de bois. La route se resserre un peu et nous sommes complètement entourés par les arbres. Au travers des feuillages, les montagnes se sont déjà bien rapprochées et la encore, nous mitraillons à tout va.

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En continuant un peu, nous entrons tout doucement dans une quebrada (dont le nom m’échappe). Nous suivons en réalité le cours d’une rivière desséchée, à quelques dizaines de mètres de hauteur. Au fond, nous apercevons un homme sur son cheval, suivi d’un chien. Cela contribue à rendre les lieux encore plus enchanteurs. La route devient piste mais de très bonne qualité, rien à voir avec ce que nous avons déjà traversé.

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Au bout de quelques centaines de mètres, nous retombons sur un bon asphalte mais nous continuons à avancer à un rythme de sénateur. Tout ce qui nous entoure nous semble déjà tellement beau que nous ne voulons rien rater. Les arrêts photos se multiplient tout au long de cette route splendide. Nous croisons bien quelques maisons dont une avec son enclos de lamas mais c’est tout. Le reste n’est que nature à perte de vue. Au loin, la roche devient rouge et nous rappelle de merveilleux souvenirs américains. Les montagnes deviennent de plus en plus haute et la route commence à grimper réellement.

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A partir de la, nous retombons à nouveau sur une piste en pente ascendante mais de très bonne facture. C’est une partie de plaisir que de gravir les nombreux lacets, probablement parce qu’il n’a pas plu depuis quelques jours. A certains endroits, nous devons traverser ce qui devrait être des gués mais qui se résume à un mince filet d’eau de quelques centimètres de profondeur. Les paysages recommencent à changer: du vert, nous sommes passés au rouge et maintenant à une espèce de jaune, résultat de l’altitude sur la végétation.

Arrivé au sommet de la montagne que nous gravissions, la vue est incroyable ! En dessous de nous serpente toute la piste que nous venons de parcourir. C’est vraiment splendide, il fait magnifique même si peu de temps avant, nous craignions les quelques nuages accrochés au sommet. Le temps d’arriver ici, ils s’étaient dissipés et le soleil brille à nouveau de mille feux.

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Sur ce point de vue s’est installée trois petites échoppes. A l’une de celle-ci, un homme au visage souriant vend des porte-clés en bois qu’il a créé lui-même. Chacun représente des symboles de la région qui ont, d’après lui, une signification: le cactus pour la persévérance, le condor pour la liberté et ainsi de suite. Il est tellement gentil que nous nous laissons finalement tenter. Nous ne sommes pas spécialement friands de souvenirs mais ceux-ci, nous les verrons tout le temps quand ils auront trouvé leur place sur notre trousseau. A coté se dresse un étal d’épices et de figues qui ne nous intéresse pas trop. Par contre, le dernier vend des saucissons de lamas et du fromage de chèvre. Le vendeur nous fait gouter chaque sorte et nous lui achetons finalement un saucisson. Ça servira pour l’apéro de ce soir !

Nous repartons finalement pour terminer de franchir le col. Un dernier point de vue, embelli par la présence d’une petite chapelle, nous permet quelques magnifiques dernières photos de cet endroit.

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A partir de la, le décor change complètement ! Fini la piste, nous sommes maintenant à 3500 mètres d’altitude, dans ce que les argentins appellent la Valle Encantado, la vallée enchantée en français. Et c’est bien vrai qu’elle est enchantée cette vallée ! En réalité, ce sont plutôt des plaines de haute altitude à l’herbe disséminée par touffe. En toile de fond, de plus hauts sommets et plus près de nous, quelques vaches en train de brouter. Un ciel bleu presque uniforme parsemé ici et la par de tout petit nuages blancs. Nous ne faisons pas cent mètres sans nous arrêter pour prendre une photo de ces lieux … enchanteurs. C’est ici que je trouve l’image que je me faisais des Andes: rude mais splendide ! Le vent souffle fort et la température redescend jusque 13°C malgré le grand soleil !

Petit à petit, nous recommençons à descendre jusqu’à arriver à un point de vue indiqué par un panneau: l’observatoire des condors. Nous n’en verrons pas un seul mais ce que nous voyons d’ici est quand même magnifique. En face de nous se dresse la Cerro Tin Tin, magnifique montagne aux multiples couleurs et qui me fait immédiatement penser à ce que nous aurions du voir à Hornocal hier.

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Entre la montagne et nous, une plaine parsemée de milliers de cactus hauts de plusieurs mètres et aux multiples branches. La route que nous suivons passe au milieu de ce joli tableau et porte un nom: la Recta Tin Tin. C’est ici que nous nous arrêterons pour manger le pique-nique emporté avec nous. Ca fait déjà 4h30 que nous sommes partis de Salta et nous ne sommes pas encore arrivé ! Finalement, Google prévoit peut-être les arrêts photos dans les lieux splendides ?

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Plus loin, deux autres points d’intérêt permettent de s’approcher des cactus au plus près, grâce à de petits sentiers aménagés et quelques panneaux explicatifs. Nous ne prenons pas le temps de tous les lire mais les paysages alentours sont à couper le souffle. Nous continuons ensuite à descendre dans des hautes plaines encerclées de montagne. C’est dans ces lieux que se trouve notre ville-étape: Cachi. Nous pensons l’apercevoir au loin, au milieu d’une tâche plus verte de végétation.

Nous arrivons au petit village de Payogasto, qui aux premiers abords ne paye pas de mine, mais qui est en fait bien mignon avec ces maisons basses écrasées par le soleil et sa petite place ombragée. C’est ici que l’on récupère la ruta 40 qui du nord vient de San Antonio de Los Cobres. Finalement, aucun regret d’avoir changé notre planning tant ce que nous avons vu nous a coupé le souffle.

Un peu plus loin se trouve effectivement le village de Cachi. Dans le même esprit que Payogasto en un peu plus grand, nous trouvons après quelques recherches, notre superbe maison d’hôte ou nous profiterons de la terrasse en buvant une bonne bière bien méritée, le thermomètre affichant 27°C. Au final, nous aurons mis 6h30 depuis Salta, tant les arrêts photos sont nombreux !

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En fin d’après-midi, nous descendrons tranquillement dans le centre du village boire un verre et manger un morceau sur la belle petite place protégée par de grands arbres !

 

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