Jour 6: la Quebrada de Humahuaca

Après une nuit très reposante, je me réveille bien décidé à rattraper le retard de mes articles que j’accumule. Ni une ni deux, je me rends à la salle commune pour avoir du signal car dans la chambre, c’est beaucoup trop léger, voire inexistant. Pas de bol, elle n’ouvre qu’à 8h donc dans une grosse heure. Je me résigne donc à m’installer sur une petite marche sous un ciel limpide mais à la température glaciale: 8°C au thermomètre !

Mon épouse me rejoint alors que je tente désespérément de télécharger les photos pour mon article. Il faut dire que jusqu’à présent, les connexions internet me font revenir près de dix ans en arrière, à l’époque des bons vieux modems reliés au téléphone ! Un peu avant 8h, la salle commune est ouverte et nous y entrons pour continuer notre téléchargement tout en déjeunant. C’est de loin, le meilleur petit déjeuner que nous avons fait jusqu’à présent: un très bon jus d’orange pressé, toutes sortes de petits pains, du dulche de leche, du beurre, … bref du bonheur !

Les soucis informatiques étant enfin réglé, il est temps de penser à se mettre en route. Avant le départ, j’avais repéré la photo de fond d’écran de nos hôtes: le site d’Hornocal que nous partons découvrir maintenant. Pas facile d’avoir des infos fiables étant donné qu’aucun guide n’en parle et que je devais me fier aux rares indications trouvées sur le net. A l’aide de l’ami Google Map, il me confirme la direction générale et l’embranchement ou il faut bifurquer. On va charger la voiture, on lui rend la clé et on se dit au revoir en le remerciant pour la qualité de l’accueil et de l’hébergement. Ca a l’air de lui faire plaisir et c’est mérité !

Avant le pont qui enjambe une rivière à sec et qui nous ramènerait vers Humahuaca, nous prenons une  piste sur la droite que nous suivons pendant plus d’une demi-heure. L’impression d’être seuls au monde nous reprend une fois de plus. Rien à 360°, c’est une sensation tellement vertigineuse ! J’installerais bien notre maison ici, moi !

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La piste est quand même dans un sale état par endroit, de gros cailloux parsèment le chemin et des micro-vagues dans le gravier font rebondir la voiture dans tout les sens. C’est roulant mais il faut malgré tout être prudent. Au loin, j’aperçois une moto à l’arrêt. Probablement quelqu’un qui revient du site ou qui habite dans un des petits villages perdues au milieu de nulle part, je me décide à lui demander si nous sommes bien sur la bonne route. Avant que je n’arrive jusqu’à lui, il se remet en route et va nous croiser. Je lui fais donc signe de s’arrêter mais il m’ignore superbement. Probablement un autochtone pas spécialement intéressé d’aider deux touristes ? On continue donc notre route jusqu’à arriver finalement au croisement recherché. Un panneau indique le nom des quelques villages environnant. Pour nous, ça sera à droite, direction Ocumaso !

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A partir de la, les choses s’empirent. La piste, déjà pas terrible auparavant, est encore plus défoncée ici ! Je dois faire des slaloms entre les petits rochers plantés au milieu de la piste fort étroite. L’état de la piste en elle-même s’est encore plus détériorée mais nous continuons, vaille que vaille. Au loin, les premiers signes que nous approchons se font voir: des pans entiers de la montagne se colore en rouge. Nous décidons de nous arrêter au niveau d’un panneau indiquant que Ocumaso n’est plus qu’à trois kilomètres, juste avant une pente à l’aspect peu engageant.

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A partir de la, on se pose la question de continuer. Hornocal n’est pas vraiment en vue, la piste devient de plus en plus mauvaise et nous ne voulons pas risquer bêtement la voiture. C’est rageant d’être venu jusqu’ici et nous ne savons pas quelle décision prendre. On décide après maintes changements d’avis de continuer encore un peu pour pouvoir se décider définitivement. Je m’engage donc dans la descente, le pied sur le frein pour éviter de prendre trop de vitesse dans cet enfer de piste. Une première épingle à cheveux très serrée et complètement ensablé passé, je pense déjà au retour et à la difficulté de ce passage. Une deuxième puis une piste qui ne fait que se détériorer nous oblige à lever le pouce. Nous n’irons pas plus loin, ne sachant pas combien de temps il nous faudra pour atteindre notre but et dans quel état est la piste devant nous. Je m’engage donc dans un demi-tour serré avant de remonter doucement vers des routes plus facile. Nous sommes terriblement déçu d’avoir du faire demi-tour mais on vieillit et il faut se rendre à l’évidence: avec une voiture de tourisme, ça craint !

Nous aurons donc roulé plus d’une heure aller et retour avant de rejoindre Humahuaca, notre point de départ. Déjà, l’idée de revenir lors de notre gros projet, dans un an, nous titille. Si on s’y décide, ça sera avec un bon gros 4×4 pour passer partout sans s’inquiéter ! Avant de nous diriger vers notre prochaine étape, nous refaisons le plein au même prix qu’à Salta. Pour je ne sais quelle raison, je m’attendais à payer plus cher dans ces coins reculés mais non.

Nous nous rendons donc dans le village de Tilcara, plus loin sur la route qui nous ramènera ensuite à Salta. Le GPS indique une heure de trajet que l’on bouclera en ce temps la, arrêts photos inclus. Car en effet, nous sommes en plein dans la Quebrada de Humahuaca, avec ses paysages somptueux !

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La route est ici très facile, bien bitumée sans aucune ornière. Le ciel est uniformément bleu et le soleil commence à taper sérieusement. Le thermomètre grimpe allègrement à 30°C alors que nous arrivons enfin à Tilcara, 4500 habitants qui est connu notamment pour sa forteresse de l’époque pré-colombienne: la Pucara de Tilcara. Le GPS nous indique le chemin que j’avais préparé, en nous faisant traverser le village dans toute sa longueur, sur des pavés bien défoncés. Après un petit pont à l’aspect … fragile (des planches pour les traverses et quatre planches parallèles pour poser les roues), nous finissons par arriver à l’entrée du site. Je refuse la proposition d’un gamin de me garder la voiture, qui pour le coup ne doit pas risquer grand chose ici, et nous nous présentons au guichet. Verdict: 50 pesos par personne pour accéder au site. On est venu jusqu’ici, on ne va pas faire demi-tour, nous nous acquittons donc du prix demandé.

Directement après l’entrée, sur la gauche, un « jardin botanique » se présente à nous. En tout et pour tout, ce sont des cactus dans des parterres. Rien de bien spécial à voir, nous entamons donc la petite côte qui doit nous mener à la forteresse. Des lamas en cage sont juste là, à nous regarder avec leurs grands yeux étonnés. Après en avoir vu en totale liberté la veille, nous n’accordons qu’un rapide coup d’œil à ceux-ci.

Le site se divise en trois parties qui se suivent le long du chemin. Nous préférons donc faire l’entièreté du sentier et redescendre à notre aise, d’autant plus qu’il y a encore peu de monde à cette heure. Arrivé au sommet, ce ne sont pas les ruines qui retiennent notre attention mais la vue magnifique sur la montagne en face !

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Après l’avoir mitraillé sous toutes ces coutures, nous décidons de nous attarder sur les habitations reconstituées admirablement. On peut rentrer dans chacune d’entre-elles et on est frappé par la fraîcheur qui règne à l’intérieur. Quelle différence avec l’extérieur ! Néanmoins, il n’y a rien d’autres à voir à l’intérieur, ce qui sera valable pour l’intégralité de celles dans lesquelles nous sommes rentrés. Au final, l’intérêt historique du site nous échappe un peu mais donne lieu à de chouettes photos, vu le cadre environnant. Des armées de cactus surveillent les lieux, gare à leurs épines longues de plusieurs centimètres !

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Après une petite heure passée sur le site, nous revoilà à l’entrée. La voiture est toujours bien là donc pas de souci de ce côté là ! Nous avons tellement bien mangé hier à Purmamarca que nous décidons d’y retourner, le village ne se trouvant qu’à une vingtaine de minutes. Ce qui est dit est fait et il est un peu après midi quand nous repassons les portes de notre petite cuisine familiale. Empenadas pour nous deux avec une grande bouteille de bière bien glacée ! Toujours aussi bon !

Vers 13h15, nous nous décidons à prendre le chemin du retour vers Salta par la route directe. Nous avons quelques petites courses à faire et voulons avoir une soirée un peu plus tranquille. L’autoroute ne présente aucun intérêt si ce n’est de passer au milieu de belles collines verdoyantes. L’AJ ou nous avons dormi le premier soir est plus facile à trouver maintenant que nous savons à quoi elle ressemble et je dépose mon épouse avec les sacs pendant que je retourne me garer au parking de l’avant-veille.

Au menu du reste de l’après-midi: lessives, achat d’adaptateurs car ceux que nous avons ne fonctionne pas avec les nouvelles prises à trois broches et change d’argent. A cela, on peut ajouter les récits et les photos à traiter et nous avons une après-midi bien remplie.

Alors que la ville était quasi déserte à notre arrivée vers 15h, c’est tout autre chose vers 20h. On dirait que les 550 000 habitants de la ville sont de sortie dans notre rue et sur la place principale. Je ne suis pas vraiment agoraphobe mais autant de monde, ça m’épuise. Nous croiserons sur la place une manifestation à la gloire de Dieu avec tambours et trompettes.

Ce soir, ça sera repos à la chambre !

 

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