Jour 5: Une journée de rêve éprouvante

Après un petit déjeuner très sommaire, il est 8h quand nous sommes devant les grilles du parking. Un homme arrive pile à l’heure pour ouvrir, chose assez étonnante dans ces contrées. On est plutôt habitué au quart d’heure de retard et nous sommes donc tout content de retrouver notre voiture, bien à l’abri. Nous chargeons les sacs et nous mettons le GPS en route, direction Purmamarca, petit village andin se trouvant à un peu plus de trois heures de route.

Trois heures de route, c’est parce que au lieu d’utiliser la route rapide et qui nous ferait gagner une heure, nous préférons utiliser l’itinéraire bis par la ruta 9. Après avoir refait le plein en vitesse (13 pesos du litre, un tout petit plus d’un euro au taux officiel), nous voilà parti sur une jolie petite route qui serpente le long d’une colline. Petite c’est le mot car à certains moments, la route se rétrécit à ne plus faire qu’une seule bande pour les deux sens de la circulation. Néanmoins, la circulation y est tellement faible que ça ne pose aucun souci. La végétation autour de nous est toujours luxuriante pour l’instant.

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Impossible d’avancer plus de cent mètres sans avoir envie de s’arrêter, encore et encore. Ici, un lac paisible au pied d’une colline ou paisse des vaches en semi-liberté. C’est vraiment magnifique et nous sommes seuls pour en profiter.

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Au détour d’un virage, nous sommes quand même complètement surpris: un contrôle de la police, ici au milieu de rien. On nous fait signe de ralentir mais lorsqu’ils voient que nous sommes des touristes (difficile de le cacher dans ces régions), ils nous font signe de passer. Cette scène se répétera pas moins de cinq fois avant notre arrivée à destination. Des contrôles probablement du au fait que ce sont des petites routes discrètes et la proximité des frontières chiliennes et boliviennes.

Petit à petit, les paysages changent, deviennent de plus en plus minéral et la végétation commence à s’éclaircir. Nous prenons tout doucement de l’altitude lorsque nous pénétrons dans l’antichambre de la Quebrada de Humahuaca. Les routes sont ici bien plus larges mais tournent assez fort obligeant constamment à rétrograder d’une vitesse pour se relancer.

Un mot sur la conduite argentine: les limitations de vitesse sont un concept et on se retrouve bien souvent à rouler à du 110km/h dans des zones 60. Je ne cautionne pas cela mais le moins dangereux est finalement de les imiter. Tout le monde double le plus lent et donne des coups de frein brusque si quelque chose arrive en face. En regardant bien, on limite les risques et puis, soyons honnête, c’est agréable par moment de pouvoir se lâcher !

Soit, après un dernier contrôle (le cinquième donc), nous bifurquons en direction du petit village de Purmamarca. Le chemin monte encore et nous voyons apparaître devant nous une petite montagne colorée d’orange, de bordeaux et de quelques autres teintes contrastant fortement avec le décor environnant. Ca nous rappelle étrangement certains lieux de la Death Valley aux USA !

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Moins de mille habitants mais assez touristique car il faut bien l’avouer, c’est très mignon. Les maisons sont basses, un seul étage, et toute orange.

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Les chemins sont bien défoncés mais on y prête pas garde car le plus simple est de se garer juste en dehors et d’y aller à pied. La première rue ne compte que des commerces vendant tous plus ou moins les mêmes produits: des ponchos, des sacs, des housses de guitare, le tout remplis de couleurs joyeuses. Arrivé sur la place ombragée, c’est le même topo: un marché tenu par des andins vendant eux aussi les mêmes choses ainsi que des sculptures en bois représentant des lamas. Pas vraiment d’intérêt à nos yeux si ce n’est l’ambiance assez calme, due probablement à la chaleur assez forte et au soleil bien présent dans un ciel merveilleusement bleu.

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Si nous nous arrêtons ici, c’est principalement pour trouver à manger et c’est aidé de notre guide du routard que nous nous mettons en quête d’un petit resto. Celui sur lequel nous avions jeté notre dévolu est introuvable et c’est finalement dans une petite rue partant de la place (quand on est face à l’entrée de l’église, c’est celle qui débute à main droite) que nous trouvons notre bonheur. Une petite cuisine tenue par toute une famille ou il fait frais. Les prix défient toute concurrence et nous sommes heureux de voir que nous allons enfin pouvoir manger sans ruiner notre budget journalier. La vieille dame nous accueille avec le sourire et nous passons commande: pour moi, six empanadas (des chaussons fourrés et frit) au fromage et à la viande de boeuf et pour mon épouse, une milanesa (morceau de viande frit) et surtout des légumes ! Pour faire passer le tout et comme nous avons encore pas mal de route après, nous restons sage et commandons juste du coca. Au final et après un gros quart d’heure d’attente, nous n’aurons jamais aussi bien mangé que depuis que nous sommes arrivés, le tout pour 100 pesos ! Les empanadas étaient réellement excellents, fait maison et bien garnis. Bien meilleur que ceux que nous avions déjà gouté à Puerto Iguazu !

Il est donc 12h30 quand nous sortons de la, repu. Nous rejoignons notre voiture et nous nous remettons en route car notre prochaine étape se situe à une heure de route du village: la Salinas Grandes ! La route grimpe, grimpe dans des lacets de plus en plus serrés au milieu d’un décor incroyablement beau.

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Au bout d’une bonne demi-heure de ce régime la, nous finissons par franchir le col qui affiche une altitude de 4170 mètres ! Autant dire que nous n’étions jamais monté aussi haut et les effets de l’altitude se font vite sentir: le souffle est nettement plus court qu’auparavant et ce, sans même fournir d’effort ! Deux andines sont au pied de la stèle pour tenter de vendre quelques bibelots aux touristes de passage.

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Forcément, qui dit col franchi, dit descente juste après. Néanmoins, ça ne descend pas si fort que ça et nous voyons apparaître au loin, une tache blanche qui se découpe de manière très visible au milieu de cet univers de pierres rouges.

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Nous y sommes presque ! Au final, depuis le village, il nous aura fallu presqu’une heure avant d’atteindre ce plateau d’altitude ou se reflète ce sel admirablement blanc. Les lunettes de soleil ne sont même pas une option pour pouvoir marcher sur ce site incroyable ou les quelques touristes présents jouent à faire les photos les plus originales possibles. Il y a aussi ces cicatrices bleues turquoises au milieu de cette immensité qui sont le résultat de l’enlèvement d’une couche de sel laissant apparaître cette eau à la couleur irréelle.

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Pendant près d’une heure, nous jouons nous aussi à nous rendre petit ou grand en utilisant la perspective. Il faut noter néanmoins que le soleil tape fort, que la nature du sol reflète et que le sel, ben ça donne soif. Nous décidons donc de plier bagages et d’aller acheter deux petites bouteilles d’eau bien fraiche au vendeur se trouvant sur les lieux.

Nous aurions pu faire comme tout le monde et rebrousser chemin pour revenir dans des contrées plus hospitalières mais non ! Nous dormons ce soir à Humahuaca, village ayant donné son nom à la Quebrada (ou est-ce l’inverse ?), et qui est le plus gros de la région avec ces 8000 habitants. Par la route directe, ça représente 2h30 de conduite en montagne pour monter, descendre et ensuite remonter. On choisit plutôt de suivre un paragraphe indiqué dans notre guide et qui nous fera passer par la Ruta 11 et les hauts-plateaux de la Puna. Il est 14h30 quand nous quittons donc cette Salinas (la plus grande d’Argentine !) et que nous nous engageons sur une piste à première vue pas trop défoncée.

En réalité, le guide du routard affirme qu’on peut le faire en voiture de tourisme. Ce n’est pas faux car finalement nous y sommes arrivés mais je tiens à préciser que la piste est quand même dans un sale état avec des passages fortement ensablés. Je commence à avoir une petite expérience de ces conditions de conduite mais pour pouvoir boucler les 150 kilomètres de pistes jusque Abra Pampa en 3h30, j’ai vraiment du mettre les gazs, des fois à la limite du raisonnable ! Heureusement que la voiture répondait bien car sinon, c’était la sortie de route assurée à certains moments et ici, on ne peut pas compter sur qui que ce soi. Sur cette portion, nous aurons en tout et pour tout croiser une moto et trois « villages » espacés chacun de minimum trente kilomètres ! A bon entendeur !

En attendant, avec le recul, nous sommes très content d’avoir réalisé ce détour car la sensation d’être retourné au début du monde sans rien pour gâcher le paysage, aussi loin que l’on regarde, est juste merveilleuse !

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De temps à autre, on croise des minuscules maisons, seules au milieu de rien. On ne voit personne si ce n’est des petits troupeaux de lamas en train de profiter du peu d’ombre que procure la « maison ».

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Nous roulons depuis plus d’une heure quand nous croisons le seul vrai village de tout ces hauts-plateaux. Quand je dis village, je ne sais même pas si il a un nom, mais en tout cas plusieurs maisons sont construites le long de la « rue » principale. Lorsque nous nous arrêtons pour photographier ce lieu à la limite de l’insolite, une porte s’ouvre et une petite dame et son enfant sortent pour voir qui est la. Ce n’est pas tout les jours qu’ils doivent avoir de la visite ! Mais avant d’avoir même pu leur dire bonjour, ils se jettent en arrière pour échapper à l’appareil photo. Voilà le seul contact que nous aurons avec les habitants de ces lieux magiques.

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Lorsque nous finissons par arriver à la moitié du chemin et au village de Casabindo, une rivière se dresse devant nous. Heureusement, avec la sécheresse, nous pouvons aisément la franchir mais pas sur que si il avait plu, nous aurions réussi. Ca voulait dire marche arrière et près de deux heures de pistes à refaire ! Avis aux amateurs ! A partir de la, la piste se fait un peu meilleur (pas beaucoup, n’exagérons rien !) et me permet de rouler un peu plus vite. Dans certaines lignes droite, je monte même à 80 km/h en devant tenir le volant fermement des deux mains pour éviter le tête à queue. Je n’aurais pas fait cela si je ne voyais pas l’heure défiler à grande vitesse et que le fait de conduire de nuit ici aurait été encore plus inconscient. Au détour d’un virage, nous croisons à nouveau un troupeau de lamas, en totale liberté ! Un des nombreux pièges sur lesquels on peut tomber ici !

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Il est passé 18h quand nous arrivons enfin à Abra Pampa, épuisé mais content d’en être sorti sans souci pour nous et pour la voiture. Nous sommes complètement assoiffé et l’eau dans la voiture est bouillante. Je m’arrête dans le premier petit commerce annonçant « bebidas » pour acheter une grande bouteille de coca. Avec la fatigue, le besoin de sucre se fait clairement ressentir et nous buvons à grandes gorgées !

Il nous reste encore une heure de route avant d’arriver à Humahuaca ou nous attend la petite auberge de jeunesse ou nous avons réservé. Ici, c’est asphalté et je peux enfin réellement accélérer convenablement. Les paysages sont sublimes et nous nous arrêtons quand même quelques fois pour photographier les merveilles qui nous entourent !

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Après un sixième contrôle de police, nous arrivons enfin dans la petite ville typiquement andine. Notre AJ est complètement à l’écart, dans un endroit très calme. Je n’ai pas l’habitude de faire de la pub mais celle-ci vaut clairement le coup: la Posada El Sol et ses belles petites chambres double à 260 pesos. En prime, un accueil terriblement gentil par les deux propriétaires !

Après une bonne douche pour enlever les kilos de poussières qui nous collent à la peau, nous ressortons en « ville » afin de trouvr un endroit ou manger. Nous trouverons notre bonheur, non loin de la petite place quasi-vide (mais néanmoins très belle), avec un menu du jour à 65 pesos par personne. Après cela, nous rentrons dare-dare nous mettre à l’horizontale pour être en forme pour demain !

Au total, plus de dix heures de route pour 450 kilomètres ! Epuisant mais tellement unique !

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