J-1, J0 et J1: 54 heures de voyage, ça use …

Cinquante-quatre heures, c’est le temps qu’il nous aura fallu, au départ de chez nous pour arriver dans cette petite bourgade à moitié endormie située aux confins de trois pays …

Tout commence vendredi, ou après un trajet rapide jusqu’à la gare de Bruxelles-Midi, nous montons à bord de notre Thalys, qui part à l’heure (pour une fois, j’ai envie de dire !). Le trajet me semble très court, et pour cause, j’ai dormi durant l’intégralité du trajet jusque Paris ! C’est malgré tout ici, alors que le conducteur de train nous avait annoncé notre arrivée imminente en gare de Paris-Nord que le premier « avertissement » arrive. Nous sommes déjà tous levé, sac à dos sur les épaules, lorsque le train ralentit, ralentit, ralentit jusqu’à complètement s’arrêté … « Mesdames et Messieurs, nous sommes dans l’obligation d’attendre car la gare de Paris est sous la menace d’un colis suspect, veuillez nous en excuser. » Bon, ben, pas le choix, on va attendre … Heureusement, un quart d’heure après, nous apprenons que les démineurs ont fait sauter l’objet et nous pouvons repartir.

Nous retrouvons notre amie parisienne avec plaisir, qui est venue nous attendre directement sur le quai. C’est chez elle que nous passerons la nuit avant de repartir demain matin. Nous allons en profiter pour échanger les dernières nouvelles en dégustant un énorme et délicieux hamburger dans une petite brasserie à cinq minutes de chez elle. Il fait merveilleusement bon et nous pouvons souper en terrasse, un soir d’Halloween. Quel bonheur ! D’ailleurs, nous sommes surpris par le nombre de gens déguisés: enfants évidemment, mais aussi ados et adultes ! Ambiance … terrifiante ! Pour moi, la soirée est bientôt prête de s’achever car la digestion couplée à un réveil très matinal pour le boulot ont raison de moi. Je vais me coucher en laissant les deux amies discuter de choses … de filles, j’imagine !

La nuit a été éprouvante car suite à un problème de prise, mon gsm ne s’était pas mis en charge. Heureusement, je m’en suis rendu compte à temps car c’était la notre seul réveil pour aller prendre l’avion ! Néanmoins, à chaque réveil durant la nuit, j’étais persuadé que nous étions en retard ! Finalement, je suis prêt bien à l’avance, je réveille mon épouse et à 7h15, je reçois un sms du taxi que j’avais commandé la veille m’annoncant qu’il était en route. Nous disons au revoir à notre hôte, nous descendons les six (!) étages avec nos gros sacs (Mais quand est-ce qu’ils vont mettre un ascenseur, M. ?) et nous embarquons dans le taxi jusque l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Le trajet, à cette heure de la journée se fait sans aucun problème et notre chauffeur se payera même le luxe de rouler comme un sauvage sur une autoroute quasi-vide. Ce qui fait qu’à 8h, nous sommes arrivés ! Notre vol n’est qu’à 11h, il va falloir nous armer de patience !

Nous en profitons pour déjeuner d’un bon chocolat chaud et de viennoiseries dans un petit café de l’aéroport puis, lorsque le comptoir Alitalia est ouvert, nous allons faire enregistrer nos bagages. L’hôtesse, très sympa, nous explique qu’elle ne peut imprimer que la carte d’embarquement pour notre vol Paris-Rome mais pas pour le reste. C’est là-bas qu’ils le feront mais pas d’inquiétude, nos bagages, eux, sont bien enregistrés jusqu’au bout de notre périple. Bon, ben, pas de souci alors ! Nous passons les habituels contrôles de sécurité et notre attente commence. Nous embarquons à l’heure prévue et le décollage se fait sans problème. C’est parti pour deux petites heures de vol jusqu’à la capitale italienne ! En réalité, encore une fois, le trajet ira vite car je dormirais d’un bout à l’autre du trajet !

A peine débarqué que LA mauvaise nouvelle du jour nous tombe dessus: notre vol initialement prévu pour 18h25 (donc dans cinq bonnes heures) sera en retard de 2h20 ! Ce qui nous fait un décollage prévu à 20h45 mais surtout beaucoup de chances de ne pas attraper notre dernière correspondance ! Bon, avant de nous exciter, nous allons essayer d’avoir des réponses à nos questions. Nous nous rendons dans le terminal d’ou nous décollerons afin de chercher un bureau de l’Aerolinas, compagnie avec laquelle nous volerons durant tout notre séjour. Nous sommes bien trop à l’avance pour espérer trouver quelqu’un maintenant, nous devons donc prendre notre mal en patience et nous restons avec nos doutes. Finalement, vers 17h, une dame de la compagnie prend place derrière son comptoir et nous nous ruons sur elle. Elle est bien évidemment désolée de ce retard et nous explique que notre correspondance à Buenos Aires, nous ne l’aurons pas ! Ah ! Elle nous propose donc une solution qui, à défaut de nous emballer plus que ça, nous fera arriver malgré tout à Iguazu – notre destination finale – mais six bonnes heures plus tard. Nous n’avons pas le choix, nous devrons donc prendre une navette (payée par la compagnie, c’est la moindre des choses !) qui nous emmènera de l’aéroport international Ezeiza à l’aéroport national Jorge Newbery, situé de l’autre côté de la ville. De là, un vol nous emmènera jusqu’au terme de ce périple. Seul bémol dans tout ça, elle ne sait pas trop ou on retrouvera nos bagages mais idéalement, il faudrait les récupérer pour les faire réenregistrer à l’autre aéroport. Ben, reste plus qu’à croiser les doigts que les bagagistes aient reçus les bonnes consignes ! Nous retournons donc nous asseoir pour attendre. Vers 18h, nous profitons du coupon que la compagnie nous offre en dédommagement pour aller manger un morceau de pizza dans un restaurant de  l’aéroport. Personnel hautement détestable mais nourriture correcte au Ciao Restaurant !

C’est donc vers 20h, que enfin, les passagers à destination de Buenos Aires sont appelés à embarquer ! Halleluja, je n’en voyais plus le bout ! La patience, ça a rarement été mon truc ! Nous descendons sur la piste ou un bus nous emmène jusqu’à notre avion.

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C’est un vol de 14h35 sans histoire que nous allons passer. Les gens dorment tous, il n’y aura pas un bruit après que le souper (vraiment pas bon, pour le coup !) nous ait été servis. Le personnel est invisible et nous pouvons donc dormir tranquille. Même mon épouse qui d’habitude ne ferme pas l’oeil durant les voyages en avion arrivera à bien se reposer. Au final, pas grand-chose à raconter sur cette partie du périple.

Nous finissons par atterrir vers 6h30, heure locale, à Buenos Aires. Il fait frais, une grosse dizaine de degrés, il y a du vent et il pleut légèrement. Avec des conditions pareilles, tout paraît gris et notre petite lueur d’espoir serait de peut-être pouvoir attraper le vol que nous avions au départ. Pour cela, il faudrait pouvoir sortir de l’appareil mais nous resterons bloquer près d’une demi-heure dans l’avion, la faute à on ne sait pas trop qui ou quoi ! Il faut dire que la communication d’Aerolinas est inexistante dans toute cette affaire et tous ont l’air de trouver cela normal. Finalement, nous débarquons vers 7h, cela nous laisserait une  heure pour récupérer les bagages et les faire réenregistrer. Une dame de la compagnie nous conseille de d’abord passer la douane et de demander au bureau après. Nous nous engageons donc dans l’escalator et arriver en bas, nous comprenons que ça ne vaut même plus la peine d’espérer. Une file immense fait l’escargot pour présenter son passeport. On se résigne donc à utiliser notre plan B et nous faisons comme tout le monde. Il nous faudra une bonne demi-heure pour arriver devant le préposé aux frontières qui nous prend en photo et qui relève nos empreintes digitales. Une petite question pour la forme et il tamponne nos passeports. Arrive le moment fatidique: bagage ou pas bagage ? Hé ben finalement, non seulement ils sont la mais en plus dans les tout premiers. Allez, ça fait au moins un bon point pour cette journée !

Nous nous dirigeons ensuite vers la sortie ou nous devons encore faire passer nos bagages aux rayons X devant un douanier qui a l’air de s’en foutre royalement. Finalement, ça y est, reste à trouver le bureau de la compagnie du bus qui va nous transférer. C’est chose faite très facilement, l’employé nous échange le coupon reçu à l’aéroport contre nos tickets. Il nous explique que nous devons marcher sur une centaine de mètre pour trouver le bus. Lorsque nous arrivons, le chauffeur est déjà en train de charger les bagages dans la soute et nous nous mêlons à la masse qui s’agglutine autour de lui. Je ne sais trop comment, nos sacs sont embarqués dans les premiers et nous embarquons dans notre bus. Pas de bol pour d’autres qui devront attendre le suivant …

Le trajet durera une bonne heure, d’abord sur autoroute puis dans la ville. Autant le dire tout de suite, vu les conditions climatiques à la limite de la tempête, nous sommes bien content de ne pas nous attarder ici. C’est un parti pris que nous ne regrettons pas ! Mention spéciale quand même au bus qui offre le wifi ! Dire que chez nous, nous sommes encore nul part à ce niveau là ! En chemin, le bus s’arrête pour déposer des gens dans ce que j’imagine être la gare routière, puis c’est notre tour à l’aéroport. Nous sommes encore une fois trop à l’avance et l’enregistremennt pour notre vol n’a pas encore commencé. Nous décidons donc d’aller prendre un petit-déjeuner (horriblement cher !) dans l’aéroport. Ensuite de quoi, nos bagages sont enregistrés et nous allons attendre devant notre porte d’embarquement. Prévu à 12h35, il ne débutera finalement que vers 13h20, heure à laquelle nous étions censés décoller ! Ça ne s’arrange pas ici ! Quand finalement, nous sommes tous installés, le commandant nous annonce que l’on va devoir attendre une passagère en retard mais qui devrait arriver … Finalement, nous décollerons avec quasi une heure de retard sur le plan prévu ! Le vol me paraîtra long tant je commence à être las de ce périple qui n’en finit pas. Mon épouse en profitera pour prendre quelques photos avec mon téléphone (en mode avion, je le précise pour l’hôtesse qui n’avait pas l’air de connaître ce mode !) de notre approche d’Iguazu.

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Il est donc près de 16h quand nous nous posons enfin sur le tarmac du minuscule aéroport d’Iguazu, perdu en pleine jungle. Une piste en tout et pour tout, ce qui nous permettra de récupérer nos bagages très vite.

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Nous commandons une remise (taxi ou l’on négocie le prix avant de démarrer) qui pour 220 pesos (22 euros) nous emmènera à la pension que j’ai réservé. Notre chauffeur est charmante et souhaiterait entamer la discussion. Malheureusement, notre espagnol n’est pas assez bon et son anglais est inexistant. C’est donc dans un silence relatif que nous parcourons le gros quart d’heure de route en pleine forêt. Il est près de 17h quand enfin nous arrivons à destination, bien fatigué il faut le dire !

L’accueil par Carolina, la propriétaire, est très sympa et chance pour nous, elle parle assez bien anglais. Elle nous montre notre chambre, située au deuxième et dernier étage. Confort minimum mais appréciable: un lit double et deux lits simple, une petite table et deux chaises et une salle de douche. Il ne nous en faut pas plus ! Nous prenons une douche rapide car cela fait maintenant près de quarante heures que nous ne nous sommes pas lavés et ça commence à se sentir. De plus, contrairement à Buenos Aires, ici il fait 32° et plein soleil !

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Nous sommes donc arrivés avec presque sept heures de retard à notre hôtel. A la base, nous avions prévu d’aller jusqu’à un panorama connu dans la ville mais en avons-nous encore le courage ? Après la douche, la réponse est oui !

Nous voilà donc parti pour les Tres Fronteras, situé à une petite demi-heure à pied de notre pension. La ville est semi-déserte, les trottoirs sont complètement défoncés mais nous sommes heureux d’être la, écrasé par une chaleur dont nous n’avions plus l’habitude. Des chiens errants se baladent un peu partout sans s’intéresser le moins du monde à nous. Nous remontons toute l’avenue qui doit nous amener jusqu’à ce point de vue. Nous le trouvons très facilement et la, ben, c’est beau quoi ! Ce que nous avons devant les yeux, ce sont deux fleuves qui se coupent à angle droit, délimitant trois parties. Ces trois parties sont autant de pays. Celle sur laquelle nous nous trouvons, en Argentine bien sur, celle devant nous à droite, c’est le Brésil et à gauche c’est le Paraguay. Les fleuves sont donc les frontières naturelles de ces trois Etats !

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Le soleil commençant déjà à se coucher, nous décidons de retourner dans le « centre-ville » avec comme objectif de déguster une bonne parrilla – une grillade – qui est la spécialité argentine. Carolina nous avait indiqué ou déguster la meilleure de la ville, au restaurant Aqua. Nous le trouvons assez facilement, non loin de la gare routière. Les prix sont élevés pour notre budget de routard mais après tout les événements de ces deux derniers jours, nous décidons de nous faire plaisir ! Et effectivement, le bife de lomo (un filet pur de boeuf si je ne dis pas de bétise) est juste incroyable ! La viande se coupe presque à la fourchette et est d’un rouge profond. Ca fond en bouche tant la cuisson est parfaite ! Seul un petit motel aux USA avait réussi à me faire chavirer de plaisir. Clairement, impossible de décider qui sert la meilleure des deux mais à ce niveau-là, ça n’a plus trop d’importance ! On accompagne le tout d’une Quilmes, la bière argentine, bien glacée et qui finalement n’est pas si mauvaise que ça et nous finissons par payer la note d’une quarantaine d’euros, pourboire inclus.

Nous reprenons ensuite le chemin de la pension car nos yeux commencent à avoir du mal à rester ouvert. A tel point que je me loupe complètement sur le trajet du retour, ce qui nous oblige à un tour gratuit dans des petites rues sombres. Heureusement, un jeune que j’interpelle vient nous remettre sur le droit chemin et il est près de 22 heures quand nous éteignons la lumière !

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