Jour 8: Une (demi) journée en Enfer !

Lever matinal aujourd’hui car nous voulons commencer notre ascension avec le lever du soleil. Une grosse demi-heure nous sépare du Pas de Bellecombre, lieu de départ de la rando. Nous empruntons donc à nouveau cette route qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe jusqu’à retrouver la Plaine des Sables, l’antichambre du volcan. Nous ne devons pas traîner car la nuit commence à s’éclaircir et nous voulons être sur place avant le soleil. Malheureusement, je constate que nous ne sommes pas seuls à avoir cette envie . Dans mon rétroviseur, au loin, je vois des paires de phares qui suivent la même route que nous. Nous arriverons malgré tout dans les tout premiers au sommet. On gare vite la voiture et on enfile nos chaussures de marches pour arriver juste à temps aux barrières, au bord du Pas. Et ce que nous voyons valait le détour !

DSC_0577

DSC_0575

L’émotion que l’on ressent dans des moments pareils est indescriptible. On dirait que l’enfer minéral qui se trouve en bas se transforme en Paradis ! Le soleil se lève très vite et de plus en plus de monde arrive. Ce n’est pas encore la foule mais si on veut profiter de l’Enclos Fouqué à peu près seul, il ne faut pas traîner à se mettre en route. Un rapide arrêt-pipi à la cahute non loin de la et c’est parti !

Nous commençons par descendre toute une série de marches entrecoupée de parties en terre qui nous emmène au pied du Rempart sur lequel nous nous tenions juste avant. Il fait encore frais, vu l’heure matinale mais d’ici quelques heures, ça sera une vraie … fournaise, ici ! Au fur et à mesure que l’on descend, on voit de mieux en mieux le petit cratère Formica Leo que nous allons escalader ainsi que la pointe du volcan, illuminée puissamment par le soleil.

DSC_0580

Nous arrivons donc rapidement au pied du Rempart, qui parait ne jamais finir vu d’ici …

DSC_0582

Nous sommes dans l’Enclos Fouqué, lieu ou la lave s’est écoulée et peut encore le faire. C’est donc naturellement que notre marche commence sur des coulées de lave refroidie. L’architecture du sol fait penser à un lac solidifié, avec ses millions de petites vagues. Des plantes difformes avec de petites fleurs jaune recouvrent la surface. Comme quoi, rien n’est perdu et qui sait, un jour (lointain, on est bien d’accord) cet endroit sera recouvert d’une épaisse forêt, si le volcan décide de s’endormir.

Nous nous rapprochons assez vite du Formica, qui vu du sol n’est pas aussi petit que je l’imaginais.

DSC_0585

Un sentier permet de grimper au « sommet » de ce cratère constitué de scories rouges. Nous nous y rendons pour finalement ne pas voir grand chose. On apprendra par la suite que ce dernier est menacé à cause du nombre de touristes qui, comme nous, abîment ces lieux sans même le vouloir. Devant nous, le sentier balisé de traces blanches sur le sol continue en direction du pied du volcan.

DSC_0589

Arrivé à la Chapelle de Rosemont – un cône volcanique de dégazage à l’intérieur vitrifié – nous nous asseyons quelques instants pour boire une gorgée d’eau et se mettre de la crème solaire. Nous sommes ici au point de départ réel de l’ascension du volcan. Mon épouse ne se sent pas très bien et m’annonce qu’elle va remonter seule jusqu’au Pas et m’attendre pendant que je fais l’ascension. Je regarde derrière moi et voit la longue colonne qui avance petit à petit vers nous. Elle ne sera pas seule, j’accepte donc sa proposition.

Je me lance donc seul sur le chemin qui part à gauche vers le cratère Dolomieu, en pente finalement assez faible. La difficulté ne réside d’ailleurs pas dans le souffle mais dans le bon choix d’appui. En effet, on avance souvent en équilibre sur des plaques de quelques centimètres d’épaisseur et disposé en parallèle plus ou moins régulier. Certains passages s’affaissent un peu sous les pieds et il faut donc avancer prudemment. A un moment, je me retourne et je contemple l’Enclos à mes pieds et le Rempart en face.

DSC_0593

Au bout de l’Enclos à proprement parler, le sol s’incline fortement pour foncer droit sur l’océan à travers les nuages. Quand je vois cela, je comprends mieux pourquoi on ne voyait rien d’en bas il y a quelques jours. C’est aussi pour cela que l’on conseille de commencer cette marche assez tôt car les nuages arrivent en fin de matinée en général et on ne voit alors plus rien.

DSC_0594

J’ai droit à un rappel assez brutal de la dangerosité des lieux: je vois un peu plus loin un petit groupe qui se penche sur une jeune femme. Cette dernière a glissé sur ces pierres et a fait une chute d’un gros mètre. Elle ne sait plus poser son pied par terre et s’est fait vraiment très peur. Pour le même prix, elle aurait pu glisser sur plusieurs mètres avant de s’arrêter et rendre la situation encore plus grave. Je m’assure auprès d’eux qu’ils n’ont besoin de rien et me disent qu’ils ont déjà contacté les secours. Je ne suis plus très loin, je continue donc mon chemin jusqu’à enfin arriver au sommet ! On se trouve sur une petite plate-forme qui domine le fond du cratère. 1000 mètres de long pour 700 de large, 300 mètres de profondeur, on se sent vraiment tout petit face à tel spectacle. Cela fait presque deux ans qu’il n’y a plus eu d’éruption mais ça ne devrait plus tarder ! (En réalité, la suivante a eu lieu il y a 8 jours – le 21 juin 2014 – mais n’aura duré qu’une journée).

DSC_0597

Mon épouse m’attendant, je décide d’entamer la marche de retour. J’ai décidé d’essayer une technique apprise en regardant les fous qui s’entraînent pour la Diagonale. C’est effectuer la descente en trottinant, ce qui aurait pour effet d’amortir le choc aux genoux. Finalement, ça semble assez simple si on alterne les passages courant (les moins dangereux) et les passages marchant (les plus dangereux). Je me retrouve assez vite près du groupe de la blessée. Elle est avec deux sauveteurs que j’ai vu arriver en hélicoptère depuis le sommet. Ils sont en train de la préparer pour l’hélitreuillage. Je ne m’attarde pas car ils ont besoin qu’on leurs foutent la paix. A la vitesse à laquelle je dévale la pente, sans même réellement m’essouffler, je me retrouve assez vite à la Chapelle ou j’ai quitté mon épouse. Le long chemin du retour à travers l’Enclos me parait par contre interminable. Il est à peine 9h du matin et pourtant le soleil commence à vraiment chauffer. Les personnes que je croise, certaines en tongs m’étonnent quand même. La nature du sol est extrêmement coupante et il faut porter des chaussures adaptées. De plus, la chaleur et les nuages ne vont cesser de croître, ce qui va rendre cette marche assez indigeste pour eux. Tout ça pour ne pas se lever trop tôt ? Enfin soit, je ne vais pas me plaindre, je n’aurais finalement croiser du monde que sur le chemin du retour et j’aurais profiter du sommet à peu près seul (on était une dizaine à tout casser là en-haut). J’arrive maintenant au pied du Rempart, ou je suis constamment bloqué par des groupes qui descendent. Les escaliers étant assez étroit, on est obligé de laisser passer des gens qui ont à peine un sourire pour vous remercier.

Je retrouve mon épouse qui m’observait depuis un moment au sommet du Rempart et nous repartons. Le reste de la journée sera consacrée à l’accomplissement de tâches peu agréable comme faire les courses, faire les lessives mais aussi à d’autres plus agréables comme faire une bonne sieste après un énorme sandwich bouchons gratiné américain (avec des frites en plus en gros !) ou boire un rhum arrangé tranquillement installé sur notre petite terrasse.

Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :