Jour 16: Toujours plus loin dans le Delta

La nuit fût excellente, probablement une des meilleures que j’ai jamais faite. J’ai dormi d’une traite jusqu’à ce que le soleil ne me réveille. La température est encore agréable à ce moment-là et nous en profitons pour rester un petit peu sur notre lit de camp. Je me décide enfin à me lever pour aller prendre une douche dans le petit coin d’eau aménagé pour nous. En réalité, c’est un tuyau d’arrosage à l’eau froide dans une toute petite pièce ou vivent quelques insectes. Rien de dramatique, j’en profite pour me rafraichir avant les grosses chaleurs qui s’annoncent. Mon épouse suit et me retrouve près de la maison des propriétaires. Pour l’anecdote, mon épouse n’a qu’une seule phobie: les rats ! Hors, depuis qu’elle était partie, j’avais accompagné le grand-père parti relever ses pièges … à rats. Il les a tous attachés au moyen d’une ficelle et suspendue au poteau à côté duquel je me trouve. Elle ne les a remarqués qu’en se retournant et elle s’est pris la peur de sa vie !

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Le petit-déjeuner arrive et nous retrouvons notre compagnon américain de la veille, content lui aussi de sa nuit. Les deux suisses restent encore de leur côté mais bon, pas grave. Après tout ça, ils replient tous bagages et s’en vont séparément. Nous restons la car notre bateau n’arrive que début d’après-midi. Pour nous occuper, la mère et la grand-mère viennent nous voir pour nous proposer de cuisiner le repas de midi avec elles. Mon épouse est aux anges car c’est sa grande passion. Je les laisse donc toutes les trois avec Houm. Pour ma part, je décide d’aller explorer les environs seul et je repas donc vers la sortie. J’emprunte donc des sentiers, une fois à gauche, une fois à droite en notant mentalement le trajet retour. Je marche donc dans une espèce de forêt relativement profonde, enjambant des ponts et longeant des petits bassins. J’en profite pleinement et prend tout plein de photos.

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Par contre, ça ne coupe pas, je me perds légèrement pour rentrer à la guest house. Dès la première bifurcation, je pars du mauvais côté mais me rend compte après quelques centaines de mètres de mon erreur. Je reviens donc sur mes pas et rentre sans encombre. Arrivé dans la cuisine, je constate que personne ne se serait rendu compte de mon absence tant ils ont l’air de s’amuser. Ça sent bien bon ici et je m’assieds dans un coin pour regarder tout cela. Houm a un sourire encore plus grand que d’habitude !

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Je me rends compte que la grand-mère va chercher une noix de coco dehors et reviens s’installer par terre, un drôle d’outil coincé entre les jambes. Elle coupe la noix en deux et entreprend de gratter l’intérieur avec son outil. Elle récupère le tout et entreprend d’y rajouter quelques ingrédients. Elle met le tout dans une feuille de bananier qu’elle replie et me le tend en me faisant signe de goûter. C’est délicieux ! Sucré à souhait et nourrissant ! C’est en fait une friandise qu’elle vient de réaliser sous mes yeux. Je la remercie plusieurs fois et reprend ses tâches. Lorsqu’elles ont terminé, on passe à table et nous nous régalons de nems fraîchement préparé par mon épouse ! Super bon !!! Malheureusement, nous ne gardons pas beaucoup de places pour le reste et nous picorons du bout de nos baguettes le reste des plats.

Il est temps pour nous de repartir, nous faisons nos adieux à toute la famille et refaisons le chemin en sens inverse. Notre canot est la au rendez-vous et nous repartons sur My Tho. A peine arrivé, nous embarquons dans notre 4×4 direction Long Xuyen, à deux heures trente de route. En chemin, nous ferons deux petites escales.

La première à Sadec, ou j’avais repéré une maison décrite dans un roman de Marguerite Duras. J’avais émis le souhait d’aller le visiter et comme ce n’est absolument pas un détour, nous nous y arrêtons. En effet, c’est une belle maison typiquement vietnamienne. Mais ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus, à moins d’être féru d’architecture. La surprise vient plutôt du moment ou l’on sort. On se fait accoster par une équipe de la télévision officielle vietnamienne (la VTV) qui nous demande si on peut leur accorder une interview. Mon épouse se défile et va m’attendre plus loin me laissant seul avec Houm qui servira d’interprète (ils m’ont quand même demandé si je pouvais le faire en vietnamien mais … ça va pas être possible !). La journaliste me pose des questions sur la visite que je viens de faire. Pas évident quand on a pas été convaincu soi-même …

Nous reprenons ensuite la route en direction d’un temple Cao Dai. Pour la petite histoire, voici la définition de wikipédia:  » De nombreuses religions se fixent comme but l’amélioration de l’homme. C’est aussi l’objectif du caodaïsme, mais la pratique change suivant la culture et l’environnement. Le caodaïsme s’appuie principalement sur trois religions qui ont imprégné l’Asie orientale qui sont le confucianisme (comportement moral dans la vie en société), le taoïsme (recherche de la plénitude et de la sérénité par le détachement et par un certain comportement intérieur et extérieur) et le bouddhisme (qui donne une réponse à la question de l’existence et du devenir de l’homme). Mais il s’inspire aussi fortement du christianisme : la statue de Jésus est d’ailleurs représentée dans le « Grand Temple » de Tay Ninh et la structure du clergé est calquée sur le modèle de l’Église catholique. Ce temple est soutenu par 18 piliers-dragons qui sont un chef-d’œuvre de l’architecture éclectique de la période coloniale. Le caodaïsme était assez populaire dans certaines troupes coloniales.

Le siège de cette religion s’est installé à Tay Ninh puis la religion s’est scindée en plusieurs branches du fait de la volonté de la branche de Tay Ninh de s’impliquer dans la politique du pays (création d’une armée, d’un parti politique). Elle s’est rangée du côté du Sud-Viêtnam et des Américains pendant la guerre.

Le caodaïsme possède la notion de guides spirituels, ces derniers étant puisés dans toutes les cultures. On trouve par exemple Victor Hugo, Jeanne d’Arc, Pasteur, Churchill, Lénine ou Shakespeare. L’histoire et la philosophie du caodaïsme ont été écrites par un Français, Gabriel Gobron, dit « Frère Gago » qui est l’auteur d’un livre sur le sujet paru après sa mort en juillet 1949. »

Lorsque l’on lit tout ça, on comprend plus facilement le style assez hétéroclites de l’édifice, proposant des couleurs éclatantes et des représentations de multiples personnages. Le gardien accepte de nous ouvrir les portes du temple et nous en profitons complètement seul. C’est assez impressionnant et finalement assez beau.

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Nous arrivons finalement à Long Xuyen en début de soirée. A première vue, ça n’a rien d’attirant du tout, c’est plein de béton et assez mort … L’hôtel est en travaux et le restaurant ou nous mangerons vraiment pas bon. Les chambres sont elles correctes mais jamais nous n’aurons eu un matelas aussi dur que celui-ci. On verra demain !

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