Jour 5: Découverte du lac Pali

Réveil matinal aujourd’hui pour faire une excursion en canoë à la découverte d’un endroit peu connu: la crique Gabrielle et le Lac Pali. Il est 8h du matin quand nous arrivons à Roura, lieu de nos déboires en voiture quelques jours avant. Nous nous retrouvons au fond du village dans un beau bâtiment en bois ouvert sur les cotés, au bord de la crique,, ou nous réglons ce que nous devons.

Ceci étant fait, nous prenons place sur une pirogue électrique qui va nous remonter le plus loin possible avec nos canoës. Le trajet dure une petite vingtaine de minutes et déjà, la faune et la flore sont bien présentes. Une tortue fait de la brasse devant nous avant de plonger pour éviter l’attention dont elle fait l’objet. Des chauves-souris dérangées par notre présence s’envole, des martins-pêcheurs volent pas loin de nous. La pirogue racle quelques fois et arrivés dans un décor de savane inondée, il nous dit qu’il ne peut pas aller plus loin. On met donc les canoës à l’eau, nos sacs dessus, on empoigne nos pagaies et après avoir galéré un peu pour monter dedans, nous voila partis.

Le début est vraiment galère car mon épouse et moi nous étions placés dans le mauvais sens, nous tournions donc en rond. Le courant à contre-sens ne nous rend pas la tache plus facile et après avoir fait 500 mètres, nous accostons sur une berge boueuse pour échanger nos places. Après un plouf dans l’eau de mon épouse, la progression se révèle un peu plus aisée et nous repartons de plus belle vers le lac Pali situé à une heure de pagaie de la.

Quelques temps après, nous sommes obligés de remettre pied à terre pour faire franchir un rapide à nos embarcations, le courant à cet endroit la est trop fort. Néanmoins, c’est à partir de cet endroit la que le décor change du tout au tout. La crique, assez large jusque la rétrécit énormément, atteignant dans le meilleur des cas 2 mètres de large. Nous sommes en pleine jungle, à la limite de la mangrove. Des morphos, grand papillon aux ailes bleu électrique, volent partout autour de nous et les bruits de la jungle nous accompagnent et soulagent un peu la difficulté rencontrée par la remontée du courant.

Arrive le moment ou un arbre est couché sur notre route et nous oblige à passer en dessous, couché dans nos canoës et devant nous aidés de nos bras pour passer. Avouons-le, cette partie est très belle mais on en profitera réellement au retour car l’effort physique est important et nos esprits sont concentrés là-dessus avant tout.

Finalement, nos efforts payent et nous arrivons un peu péniblement sur le Lac, la ou le courant est inexistant. Difficile de se le représenter car il n’a pas la forme que l’on attend. Ça ressemble plus à une grosse rivière ou se trouve la jungle d’un coté et une savane inondée de l’autre. Depuis que nous sommes partis, nous n’avons croisé personne et le sentiment d’être seul au monde est vraiment incroyable. D’après notre ami, lorsque lui l’a fait, des pêcheurs amérindiens viennent poser leur filet dans le coin car les poissons prolifèrent sans jamais être dérangés. Le lac est recouvert de nénuphars, le lieu est vraiment sublime.

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Lors de leur premier passage, nos amis avaient trouvés un endroit tranquille pour déjeuner et nous remontons le lac jusqu’à le retrouver. C’est une espèce de minuscule clairière au bord du lac, l’endroit est parfait. Nous mettons donc pied à terre pour casser la croute. Ici, par contre, nous ne sommes pas seuls ! Des fourmis noires de deux centimètres côtoient leurs homologues rouges, des abeilles et des guêpes volent un peu partout mais ne nous dérangent pas. Un serpent, probablement un serpent-liane juvénile, me tombe dessus. Le vent l’a fait tomber de la branche ou il se trouvait. Sa peur a été plus grande que ma surprise et il a fuit sans demander son reste. Quelques saïmiris se font entendre sans se faire voir et le cri de grosses perruches nous ravissent. Après une pause pique-nique d’une grosse heure, il est temps de redémarrer. On se tartine de crème solaire  car le soleil tape dur et certains passages vont nous obliger à subir sa loi.

Nous essayons d’abord de remonter un peu plus loin sur le lac mais au bout de cinquante mètres, nous devons faire demi-tour car la végétation est trop forte et refuse de nous laisser passer. Nous redescendons tranquillement le lac en donnant un coup de pagaie de temps en temps, digestion oblige.

Assez vite, nous nous retrouvons à l’entrée de la mangrove et le courant nous emporte. Maintenant, nous n’avons plus besoin de forcer et nous devons donc juste diriger. Plus facile à dire qu’à faire car la crique est très étroite et nous prenons facilement de la vitesse, ce qui nous oblige à utiliser nos pagaies pour nous éloigner des rives. Néanmoins, cet endroit me parait encore plus beau qu’à l’aller et on profite pleinement. Un chapeau accroché dans une branche et tombant à l’eau plus tard, nous quittons déjà cet endroit incroyable pour nous retrouver sur la partie plus large dans ces plaines inondées. Le plus dur commence car le soleil est très fort et malgré la présence d’air, nous sentons que nos peaux sont en train de souffrir. Nous continuons néanmoins notre descente à notre aise pour observer tout ce qui nous entoure. Un spectacle permanent, tant la nature ici à tout les droits.

Arrive néanmoins l’évènement qui va rendre la fin de journée longue et épuisante: la marée. Elle n’est pas très forte en soi mais le courant qui nous portait jusque la s’arrête doucement jusqu’à finalement changer de sens. Nous voila donc de nouveau obliger de lutter contre lui et la route n’est pas finie. Longue fut cette partie, un tout petit peu moins belle que ce que nous avons vu auparavant (probablement du à la fatigue et non à une observation objective) et terriblement éprouvante.

Quand enfin nous revenons à l’embarcadère, il est 15h et au moment de sortir des canoës, je me loupe et tombe à l’eau. Ma paire de claquette reste coincée au fond de l’eau dans une épaisse couche de vase. Dommage, elle m’accompagnait depuis un bon bout de temps et était un souvenir d’un voyage précédent.

Nous rentrons à la maison tous se doucher car l’odeur qui nous entoure n’est pas très agréable. La, c’est l’heure du bilan physique. Les muscles qui font mal, quelques blessures du à des chutes mais surtout des coups de soleil terrible sur tout les endroits du corps exposé. Prudence donc pour les gens qui comme nous ont la peau blanche, le soleil est dangereux en Guyane.

Pour nous remettre de nos émotions, nous repartons dans le centre de Cayenne manger une glace au restaurant ou nous avions été prendre le petit déjeuner. Un véritable régal ! Accompagnée d’un bon jus de maracudja (c’est le nom du fruit de la passion), la découverte du voyage en terme de fruit, nous récupérons quelques forces perdues dans la bataille du courant.

Nous en profitons pour se balader un peu dans le centre-ville et la c’est mon coup de gueule du voyage. Quel dommage de laisser une ville comme celle-ci dans un état de quasi abandon général ! Ce ne sont que des cases créoles délabrées, les couleurs passées que l’on détruit pour remplacer par d’autres bâtiments soi-disant moderne et d’une laideur absolue. Bien sur, de temps en temps, l’une ou l’autre de ces cases est complètement restaurée et permet d’imaginer ce qu’il y a moyen de faire si on appliquait le même traitement aux autres habitations. Néanmoins, nous en profitons pour acheter de la crème anti-brulure, une nouvelle paire de claquette et visiter quelques boutiques d’objets en bois ou de hamacs. Nous repassons par la place des Palmistes, réel centre de la ville mais qui n’a rien d’exceptionnel. Un grand carré d’herbe avec quelques palmiers et des habitations tout autour. Mouais …

Nous revenons donc à la maison prendre un apéro bien mérité après ce que nous avons vécu aujourd’hui. Nous en profitons pour changer notre programme du lendemain. Nous devions à la base aller en rando mais vu l’état de tous, nous inversons avec notre visite du zoo de Cayenne prévue lundi pour nous laisser trois jours pour nous retaper.

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