Jour 2: Journée mémorable au Marais de Kaw

Aujourd’hui, lever matinal car nous devons nous rendre sur le lieu de notre excursion. C’est quand même à 1h30 de Cayenne que notre guide nous attend. Nous partons donc assez tôt car les embouteillages de Cayenne sont mémorables. C’est donc chargé de nos sacs à dos que nous montons dans notre petite Ford Ka, direction les Marais de Kaw.

Après avoir croisé une file de voitures de plus de dix kilomètres, qui roulaient fort heureusement dans l’autre sens, nous quittons la route principale à Roura pour nous enfoncer en jungle. La route reste d’assez belle facture malgré la présence de nombreux trous qui nous obligent à rouler prudemment. Malgré les efforts de notre ami, nous ne pouvons éviter une légère sortie de route qui aura pour conséquence de nous faire rentrer fort tard ce soir. En attendant, après cinquante kilomètres sans croiser un chat, mais en voyant des toiles d’araignées de plusieurs mètres, nous arrivons à un cul de sac ou notre bateau et notre guide nous attend.

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La chance est avec nous, seul un couple se joint à nous. Couple plus âgé mais fort sympathique.

Il est 9h quand nous embarquons sur notre pirogue accompagné de Stéphane, jeune gars qui connait les Marais comme sa poche. Nous nous retrouvons dans un monde aquatique, peuplé d’animaux en tout genre. En réalité, les marais c’est une savane inondée ce qui signifie que nous circulons au milieu d’une immense étendue d’herbe flottante.

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Le soleil est de la partie, tout va bien ! Stéphane s’arrête régulièrement pour nous montrer ici un couple de zébu en train de brouter l’herbe le corps complètement immergé, ici telle espèce d’oiseaux ou d’arbres.

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Ces explications sont vraiment pro et il arrive sans problème à nous captiver. Nous sommes en Guyane, ce qui signifie que le temps peut très vite changer. Donc après le grand soleil, voilà une petite averse qui nous permet de nous rincer.

Après avoir naviguer pendant deux heures à ce rythme de sénateur, nous arrivons à notre premier campement pour un changement de pirogue. Car, la nous allons nous enfoncer beaucoup plus profondément dans les marais, la rivière se transforme en gros ruisseau ce qui nous oblige à troquer notre pirogue par de petites embarcations avec un moteur électrique.

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Nous nous retrouvons donc dans des passages ou nous devons écarter les branches pour passer sous peine de les prendre dans l’œil en prenant soin de ne pas trop bouger. Ces barquettes ne sont pas super stables et l’eau brunâtre du marais ne donne pas envie d’y faire un plongeon. En chemin, nous avons la chance de faire la rencontre d’un paresseux perché dans son arbre qui nous accueille à grand coup de sifflet.

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Nous voyons aussi le vol de deux toucans, chose apparemment assez inhabituelle, avec leur bec proéminent. Expérience unique que d’être seul au monde au milieu de la jungle, entouré de tout ces intervenants. De plus, les touts petits moteurs électriques ne font pas un bruit ce qui nous permet de profiter de la cacophonie des animaux se prévenant mutuellement de la présence d’intrus. Magique !

Nous finissons par arriver dans le carbet de Stéphane après une courte marche en jungle. Lieu aménagé par ces soins dans une petite clairière en bord de crique, nous sommes à plus de quatre heure de la première trace de civilisation.

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Mais Stéphane ne perd pas le nord et nous offre quand même l’apéro sacré, le ti’punch.

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Une anguille électrique d’un mètre cinquante reste à nos cotés tout en chassant les petits poissons qui passent à coté d’elle.

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Moment inoubliable, nous prenons le temps de profiter pendant que Stéphane prépare le diner. Un superbe morpho – un grand papillon aux ailes d’un beau bleu brillant – nous tourne autour. Impossible de le prendre en photo, il est beaucoup trop rapide. Etant donné que nous n’avons pas réussi à sortir le moindre poisson, le menu du jour sera constitué d’un incroyable poulet boucané, de haricots rouge cuit avec du lard et de couac (farine de manioc) assaisonné. Un délice bien revigorant !

Après cela, Stéphane nous montre les techniques d’orpaillage en se jetant dans la crique. Il « suffit » de prendre une battée (une espèce de couvercle de casserole), de mettre du sable se trouvant dans la crique et de le nettoyer pendant un bon bout de temps pour finalement arrivé à trouver une ou deux paillettes d’or. Travail fastidieux qui porte ces fruits car en effet, elles sont bien la, lorsque tout le sable est éliminé. Il les remet à l’eau et nous propose à tous d’essayer. Nous sommes quatre à rentrer dans la crique et c’est parti pour du travail long et probablement frustrant. Au final, après une grosse demi-heure nous arrivons à un résultat similaire à Stéphane, fort content de nous. Nous nettoyons le matériel et c’est reparti pour une marche plus longue en jungle.

La piste n’est pas très compliquée mais la présence de moustiques nous rend vite dingue. Heureusement, le couple qui nous accompagne avait pensé à prendre de la bombe répulsive. Grace à eux, nous avons pu profiter pleinement des explications de notre guide qui nous montre toute sorte de variété d’arbres. Il nous déniche aussi un gros ver à bois (ceux de Koh-Lanta) que mon épouse s’empresse de gouter. Résultat pas terrible car le gout n’est apparemment vraiment pas génial. Néanmoins, Stéphane est impressionné car seulement deux ou trois personnes en 15 ans de travail ont osé tester la bête. Bravo mon amour !!!

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Après avoir crapahuté pendant une heure et demi, nous rejoignons nos embarcations pour retourner au premier camp. Il va déjà être temps de casser la croute car après cela, le clou du spectacle arrive: la « chasse » aux caïmans, de nuit !

A la nuit tombée, nous réembarquons dans la pirogue et préparons les lampes de poches que nous avions emporté. En effet, le seul moyen de les voir est d’arriver à voir leurs yeux qui prennent une teinte rouge dorée lorsque la lumière leur passe dessus. C’est fugace comme vision mais ca nous permettra de nous diriger dans leur direction jusqu’à les trouver.

Après un bon bout de temps sans en apercevoir la queue d’un, ca y est, Stéphane en a vu un ! Malheureusement, le temps d’arriver, la bête avait plongé. Raté ! Pas grave, on continue. Je me révèle assez bon au petit jeu de la chasse aux caïmans et nous finissons par arriver à en approcher un de très près. C’est un très jeune caïman à lunette mais qui déjà nous fait ressentir des émotions assez forte. Voir ces animaux dans leur habitat naturel, au beau milieu d’une nuit noire juste éclairée par trois malheureuses lampes de poche, ca fait des frissons ! Au final, c’est quatre ou cinq caïmans, tous très jeune, que nous arrivons à approcher. Génial ! Seul problème, les plus gros ne se laissent pas approcher et plonge directement après avoir été repéré. C’est la nature, c’est comme ca. Pour nous consoler, Stéphane arrive on ne sait trop comment à en attraper un. Il a un an et est fort tranquille. Stéphane peut donc nous montrer en détail à quoi il ressemble et nous explique en détail tout ce qu’il y a à savoir sur ces animaux. Pour finir, il le relâche et notre ami s’en va tranquillement vivre sa vie.

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Malheureusement, après trois heures de recherche et d’émotions, il est déjà temps de rentrer. Il est 22h quand nous rejoignons les voitures. Mauvaise surprise, notre pneu arrière gauche est complètement dégonflé. Pas de panique, Stéphane a un petit compresseur qui nous permet de repartir. La galère continue car contrairement à ce que l’on espérait, le pneu se redégonfle à nouveau et pas de roue de secours dans la voiture. Juste une petite bombe anti-crevaison et un petit compresseur. Nous nous faisons donc les 50 kilomètres de jungle en s’arrêtant toutes les dix minutes pour le regonfler. Comme il n’y a aucun réseau, nous sommes obligés de pousser jusque Roura de cette manière. Nous finissons par y arriver et pouvons enfin appeler la dépanneuse ! La journée se termine bien ! Il est plus d’une heure du matin quand nous rejoignons nos appartements, des souvenirs plein la tête ! Journée unique !

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