Jour 10: La Vallée de la Mort

Nous voila donc parti vers 7h du matin de notre motel de Pasadena (très bonne adresse en passant) pour boucler les 4h30 de route qui nous attendent. Sortir de la ville se fait sans problème mais la météo est franchement pas terrible. Pluie et nuages noirs au menu. Mais je reste optimiste car nous avons une chaine de montagne à traverser, les San Bernadino Mountains. Je suis d’ailleurs bien content de les voir car l’action d’un de mes livres préférés s’y passent. Bon, ben on reviendra, nous n’avons rien vu. Mais, comme je l’espérais, le beau temps nous attendait de l’autre coté et c’est donc le soleil qui nous accompagne pour le reste du trajet. De longues lignes droites au milieu d’immenses prairies. C’est la deuxième fois du voyage que nous traversons ce genre de paysage et ça me fait toujours le même effet: c’est beau, c’est grand et on se sent vraiment minuscule.

Arrivée dans la magnifique ville de Trona (un véritable trou pour ceux qui n’aurait pas compris l’ironie), on fait le plein d’essence avant d’entrer dans la Death Valley. Déjà ici, les hommes sont différents: tout crasseux (l’usine du village doit s’occuper de charbon ou un truc du genre) avec des têtes de tueurs, la peau complètement brunie par le soleil. Les maisons sont en tôles quand ce n’est pas de simples caravanes. Bref, une vraie ambiance de road-movie un peu trash.

Les portes du désert valent déjà le détour car c’est aussi une immense plaine de terre et de caillou mais la température n’y est pas encore très chaude. On est encerclé par les montagnes et on est complètement seul.

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Enfin … Un avion de chasse est en train de jouer au dessus de nous. Il passe tout près du sol dans un bruit infernal, il fait plusieurs tours puis s’en va. On fait pareil.

Après une dernière chaine de montagnes, on pénètre enfin dans le parc et nous faisons notre premier arrêt au Mosaic Canyon. C’est bien indiqué sur la route, on s’engage alors sur une piste (état acceptable pour notre Fordy) pour arriver au pied du Canyon. On gare la voiture et on pénètre dans un étroit goulot composé de roches jaunes pareil à du marbre poli. Les parois sont vraiment toutes proches l’une de l’autre, on doit donc marcher à la file indienne. Le ciel est tout bleu et offre un contraste vraiment sympa.

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Nous n’avançons pas très loin malheureusement car la faim commence à se faire sentir (il est 13h30, on a pris plus de temps que prévu pour arriver à cause de tout les arrêts photo). On reprend donc Fordy et nous arrêtons dans un des endroits « habités » de la Vallée pour y manger notre repas.

On ne traine pas car nous sommes impatients de continuer notre exploration. Un peu plus loin du village nous attendent les Mesquite Flat Sand Dunes. Un endroit étonnant car même si nous sommes dans un désert (c’est quand même l’endroit le plus chaud de la planète dixit les rangers), le sol n’est pas fait de sables mais de terres et de roches. Pourtant, là, ce sont bien de vraies dunes qui apparaissent en plein de milieu de nulle part. Le phénomène est du au croisement des vents dans la vallée qui amènent grain par grain des montagnes voisines. C’est très surprenant car les dunes sont plus hautes et surtout plus étendues que ce que l’on dirait. C’est d’ailleurs très aveuglant sans lunettes de soleil car ça reflète pas mal le soleil toujours bien présent.

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On part ensuite vers Salt Creek Interpretative Trail que m’avait conseillé un membre du forum. C’est une petite ballade de 800 mètres sur une passerelle en bois qui permet d’admirer la faune et la flore de la Death Valley. En soi, rien de compliqué sauf que ça commence à vraiment chauffer et le thermomètre de la voiture monte jusque 109 degrés Fahrenheit (42 degrés Celsius) !!! N’importe quel effort devient compliqué dans ces conditions la. Néanmoins la ballade est sympa. On longe une espèce de ruisseau très peu profond peuplé de petits poissons nommés « Pup Fish » car on dirait qu’ils passent leur temps à jouer (Pup pour Puppies). Ils remontent le courant et puis hop se laisse repartir en arrière. Il y en a partout, c’est très rigolo. Ce qui l’est moins, c’est cette saleté de guêpe qui nous a tourné autour pendant toute la ballade mais qui mesure au moins 1m50 (j’exagère peut-être un peu mais à peine). Enfin soit, c’est à faire. Par contre, toujours pas de chance pour moi, sur le panneau explicatif, ils disent qu’il y a des vipères dans le coin. Hé ben, j’en ai pas vu !

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On change de région maintenant. En effet, le parc est divisé en trois « parties »: Stovepipe Wells (ce que l’on vient de faire), Scotty’s Castle (la ou on va maintenant) et Furnace Creek (pour demain).

Après un petit bout de route, nous arrivons dans un endroit étonnant. Un château -plutôt une espèce de mas provençal- en plein désert, au milieu d’un oasis. La construction est décrite comme kitch par notre guide du routard (gdr pour la suite) mais nous, on la trouve pas vilaine, hormis les deux grandes tours qui n’étaient pas … nécessaires. Il y a moyen de la visiter mais le temps passe et la journée n’est pas finie. Néanmoins, des personnes rencontrées après nous ont dit que c’était pas mal à l’intérieur. A faire une prochaine fois ?

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Nous partons donc pour la dernière visite de la journée: au Ubehebe Crater ! L’avantage avec les USA, c’est que ce genre d’endroit est aménagé pour qu’on puisse arriver au bord de ce cratère. Dans d’autres endroits du monde, j’ai du marcher pendant 4h pour avoir le plaisir d’admirer le fond d’un cratère de volcan. Soit, le trou est grand et il y a même moyen de descendre dans le fond. Ça sera pour une autre fois, je commence à être fatigué et je ne me sens pas de remonter ensuite (même si j’en avais très envie quand même). A la place, on longe le bord pour arriver à un deuxième cratère un peu plus haut. En réalité, tout cet espace est composé de cratères. L’endroit est vraiment reculé, très peu de monde (comme dans le reste du parc aujourd’hui) et on a une vue magnifique sur les environs.

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Il est maintenant 16h30, on a une heure de route pour rejoindre notre motel à Beatty et demain lever extrêmement matinal (03h50 !!) pour aller admirer le lever de soleil sur Zabriskie Point, toujours dans cette même vallée.

Nous quittons donc provisoirement la Californie pour aller dormir dans le Nevada.
Beatty, c’est rien au milieu de nulle part. Un bled de cow-boy avec un saloon juste en face de notre motel. Hé bien, on y a passé un début de soirée merveilleux. Pour ma part, je réalisais une espèce de rêve car on se serait cru dans un film.

On rentre donc dans ce fameux saloon. Pas un étranger, que des gens du cru. Chapeau de cow-boy ou casquette de routier, par contre les femmes se sont mis sur leur 31. Tout le monde nous dévisage et le bar se tait. Ça fait vraiment une drôle de sensation ! On s’installe au bar et on commande à boire et à manger. Deux secondes après, la conversation s’engage. Le seul qui n’avait pas l’air vraiment du coin nous demande d’où     on vient, ou on va, … questions habituelles. Le cow-boy à coté commence à parler et la … on comprend rien ! Il a un accent tellement fort qu’on dirait que sa phrase n’est composé que d’un seul très long mot. Hallucinant ! Notre premier interlocuteur nous sauve la mise en lui répondant. Pendant que tout le monde discute (j’ai décroché pour ma part, leur accent est vraiment dur à comprendre), je regarde ce saloon. La déco est vraiment surprenante car les murs sont tapissés de billet, principalement de 1 dollar mais pas que, signé par des clients du monde entier. Mais, apparemment les gens n’ont pas toujours 1 dollar. Alors il laisse, ici une jante, la une calandre de voiture, toute sorte d’objet qui sont accrochés au mur. Le barman lance le jukebox et la le rêve est lancé. Musique country, saloon, cow-boy, un juteux burger (le meilleur jusqu’à présent) et ma pinte de chope. Je vis un rêve éveillé.
Une deuxième pinte et un Jack Daniels Coca plus tard (tout le monde boit du Jack ici, à toutes les sauces), on décide d’aller se coucher. A regret, je serais rester ici des heures à m’entendre répondre: « Yep » à chaque fois que je commande un verre et à écouter nos cow-boy chanté sur le juke box. Que du bonheur !

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